Les trois ennemis du pape Benoït XVI
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Message  Anonymus Lun 30 Aoû 2010 - 13:54

Les trois ennemis du Pape:
"Attacco a Ratzinger" de Paolo Rodari e Andrea Tornielli
Massimo Introvigne

"Attaques contre Ratzinger. Accusations, scandales, prophéties et complot contre Benoît XVI" ( ed. Piemme , Milan 2010) des vaticanistes Paolo Rodari et Andrea Tornielli n'est ni une histoire, ni une analyse sociologique du pontificat de Benoît XVI . Il s'agit au contraire d'excellent journalisme , et d'une chronique attentive aux détails et aux dessous des attaques contre Benoît XVI, qui à partir de 2006 et jusqu'à aujourd'hui en ont fait le Pape des dernières années le plus systématiquement attaqué par une incessante campagne médiatique .

Rodari et Tornielli énumèrent dix événements principaux, et fournissent des détails en partie inédits .

1. Ratisbonne

La première offensive contre le pape commence avec le discours de Ratisbonne du 12 Septembre 2006, lequel contient une citation de l'empereur byzantin Manuel Paléologue II ( 1350 - 1425 ) considérée par certains comme offensante contre l'islam et les musulmans . Le résultat est une grande campagne contre le Pape Benoît XVI , alimentée à la fois par la presse occidentale et le fondamentalisme islamique , qui dégénère en épisodes de violence . À Mogadiscio , en Somalie , une religieuse a même été tuée.

Déjà dans ce premier épisode, l'analyse des auteurs montre à l'œuvre tous les ingrédients des crises successives. Un certain nombre de médias, surtout occidentaux extrapolent la citation hors de son contexte et claquent en première page la nouvelles de la présumée offense aux musulmans . Au chœur de ces médias - deuxième élément , qui ne doit jamais être négligé - se joignent des représentants catholiques hostiles au pape , dans ce cas des gens comme l'islamologue jésuite Thomas Michel (ndt: déjà rencontré grâce à John Allen, à propos du meurtre barbare de Mgr Padovese) , représentant typique d'un establishment du dialogue interreligieux démantelé par Benoît XVI pour son angélisme pro-islamique tendant au relativisme . Interrogés par la presse internationale, ces catholiques lancent une "attaque frontale contre Benoît XVI"( p. 26) , essentielle pour rendre crédibles les arguments de la presse laïciste. Mais, en troisième lieu, Rodari et Tornielli détectent une certaine faiblesse dans le système de communication du Vatican, très lent par rapport à la rapidité des polémiques sur Internet et pas toujours capable d'anticiper les conséquences des mots «forts» du Pape, en prenant à temps les contre-mesures nécessaires .

Revenant pourtant du discours à Ratisbonne comme événement médiatique au discours de Ratisbonne comme document , les auteurs rapportent l'avis du spécialiste jésuite, le Père Samir Khalil Khalil selon qui ce n'était pas du tout une gaffe du Pape nécessitant d'être réparée, mais une étape essentielle et inévitable, par une analyse des problèmes de l'Islam contemporain et de sa difficulté à établir une juste relation entre foi et raison . Paradoxalement , notent les auteurs , ces motivations profondes du passage sur l'islam dans le texte de Ratisbonne ont été compris par de nombreux intellectuels musulmans , mais restent difficiles ou ignorés par la grande presse d'Occident .

Il se dégage ainsi un schéma à trois voies - erreurs de communication du Saint-Siège , agression de la presse laïciste, rôle essentiel des catholiques hostiles à Benoît XVI à l'appui de cette agression - qui se retrouve dans tous les autres épisodes , avec quelques variantes .

2. Summorum Pontificum

Le rôle de la dissidence progressiste est particulièrement crucial dans les campagnes suivant le motu proprio Summorum Pontificum de 2007, libéralisant la messe selon le rite de Saint Pie V , et la rémission de l'excommunication en 2009 pour les quatre évêques consacrés en son temps par Mgr Marcel Lefebvre (1905-1991) .
Dans le premier cas Rodari et Tornielli brossent un tableau déprimant de la résistance de liturgistes , revues catholiques et intellectuels ayant un accès direct aux grands media comme Enzo Bianchi, mais aussi d'évêques et conférences épiscopales entières qui s'agitent, se réunissent, recrutent la presse laïciste et trament de mille manières pour saboter le motu proprio. L'enjeu , font à juste titre remarquer les auteurs qui se réfèrent en particulier à une étude de Don Pietro Cantoni publiée dans la revue Cristianità, n'est pas seulement la liturgie, mais l'interprétation de Vatican II . Ceux qui combattent le motu proprio défendent l'hégémonie de cette interprétation de Vatican II en termes de discontinuité et de rupture avec toute la tradition antérieure que Benoît XVI a tenté de nombreuses façons de corriger et de déboulonner.

3. L'affaire Williamson

Le cas de la rémission de l'excommunication des évêques "lefebvristes" s'est transformé, comme on le sait, en "affaire Williamson". Le Pape a été la cible d'attaques très dures quand il est apparu que l'un des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre, Mgr Richard Williamson , est un partisan de thèses sur l'Holocauste qui nient l'existence des chambres à gaz et réduisent le nombre de Juifs tués par le national-socialisme à moins de trois cent mille. Sans entrer dans le fond de la question, il est clair que le Saint-Siège ne partage pas ces vues - Benoît XVI lui-même les a condamnées à maintes reprises - et que toute personne de bon sens aurait pu se rendre compte qu'une quelconque mesure favorable à un partisan d'une position "révisionniste " sur l'Holocauste ne manquerait pas de déclencher une tempête médiatique. Le problème est donc à quel moment les thèses de Mgr Williamson sur l'Holocauste sont venues à la connaissance du Saint-Siège.

Rodari et Tornielli reconstituent l'épisode avec minutie, et concluent qu'une note sur le sujet avait été adressée par des évêques suédois à travers le Nonce apostolique auprès de la Suède - pays où, en Novembre 2008 , Mgr Williamson avait déjà accordé à une chaîne de télévision non pas la seule mais la plus récente, et la plus argumentée de ses interventions sur le sujet - à la Secrétairerie d'État , où sa portée potentielle avait été sous-estimée, et où elle avait été gérée par des fonctionnaires subalternes en charge des relations avec la Scandinavie . En passant de la télévision suédoise à l'hebdomadaire allemand Spiegel et de là aux medias du monde entier, le 21 Janvier 2009, le décret de remise de peine d'excommunication n'a certes pas encore été publié, mais il a déjà été envoyé le 17 janvier aux évêques "lefebvristes" concernés. Il n'est donc plus possible de le retirer ou de le modifier. Selon les auteurs, toutefois, ce fut une erreur de communication du Saint-Siège ne pas accompagner immédiatement sa publication, le 24 Janvier 2009, par une explication claire du fait que la remise de l'excommunication n'avait rien à voir avec les thèse de Williamson sur l'Holocauste, que le Pape ne partage en aucune façon. Cette précision n'est venue que quelques jours plus tard, donnant l'impression que le Saint-Siège était embarrassé et sur la défensive. En outre, comme le pape lui-même l'a noté dans sa lettre du 11 Mars 2009 sur le sujet, avant même que l'interview ne soit diffusée en Suède, les positions de Mgr Williamson étaient apparues sur plusieurs sites Web et "suivre de près les nouvelles accessibles par Internet auraient donné la possibilité de connaître rapidement le problème. J'en tire la leçon qu'à l'avenir, au Saint-Siège, nous accorderons davantage d'attention à cette source de nouvelles".

De la lettre de Benoît XVI, notent les auteurs, deux éléments ressortent .
Le premier est la grandeur d'âme d'un Pape qui assume personnellement la responsabilité de chaque erreur éventuellement commise, rompant avec une longue pratique selon laquelle, dans ces cas, toute la faute retombe sur les collaborateurs.
Le second est que, s'il est clair qu'au moment de la signature du décret, Benoît XVI ne connaissait pas les positions de Mgr Williamson sur l'Holocauste, là aussi la campagne de la presse laïciste a atteint son but en raison de l'attaque immédiate contre le Pape par d'insignes représentants catholiques qui ont voulu ainsi se "venger" du motu proprio. Le Pontife lui-même écrit : "J'ai été attristé par le fait que même les catholiques, qui au fond auraient pu savoir mieux ce qu'il en était vraiment ont cru devoir me toucher avec une hostilité prête à l'attaque."

Les temps de l'affaire Williamson ne doivent rien au hasard .
Les auteurs rappellent l'hypothèse selon laquelle, derrière la diffusion mondiale des informations sur l'évêque «révisionniste» simultanée avec la rémission de l'excommunication, il y aurait la mise en scène d'un couple de journalistes françaises lesbiennes connues pour leurs campagnes anti - cléricales et leur proximité avec le "Grand Orient de France", c'est à dire la direction de la franc-maçonnerie française , Fiammetta Venner et Caroline Fourest .
Selon Rodari et Tornielli l'interview suédoise avec Mgr Williamson n'a pas été convenue à l'avance. "Le journaliste s'est présenté le séminaire et a pu obtenir l'interview de Williamson" (p. 88). Il semble donc que Mgr Williamson n'a pas «organisé» l'épisode. Toutefois, à la date de l'interview, la rumeur que le pape était sur le point de signer le décret de remise d'excommunication s'était déjà répandue sur Internet. Les auteurs se demandent qui a armé le micro de l'obscur journaliste suédois Ali Fegan. Personnellement, je me pose aussi quelques questions sur Mgr Williamson, lequel connaissait l'imminence de la rémission de l'excommunication, est connu pour être critique de toute idée de compromis de la Fraternité Saint- Pie X avec Rome, et a pour le moins agi avec le journaliste suédois de façon très imprudente.

4&5. Deux évêques nommés par le Pape "recalés"

Le rôle des catholiques progressistes était déjà (?) apparu dans deux autres campagnes contre Benoît XVI , particulièrement graves, car couronnées de succès . Deux évêques régulièrement choisis par le pape avaient dû renoncer à leurs charges: Mgr Stanislaw Wielgus, nommé primat de Pologne, en raison de la découverte de documents relatifs à sa collaboration avec les services secrets du régime communiste lorsqu'il était jeune, et Mgr Gerhard Wagner, nommé évêque auxiliaire de Linz, en Autriche, contre lequel le clergé et de nombreux évêques autrichiens s'étaient soulevés en raison de déclarations sur la nature de punition de Dieu de l'ouragan Katrina, la nature satanique des romans du cycle Harry Potter et la possibilité de guérir l'homosexualité par le biais de thérapies réparatrices. Comme le notent les auteurs, les opinions de Mgr Wagner sur ces trois questions sont partagées par beaucoup dans l'Eglise - le cardinal Ratzinger lui-même avait exprimé sa sympathie en 2003 pour un livre critique sur Harry Potter par un chercheur allemand de ses amis, tout en admettant de ne pas avoir lu les romans - mais il est également vrai que le prélat autrichien les avait exprimées sur un ton particulièrement enflammé.

Les deux cas, expliquent les auteurs , sont moins éloignés qu'il n'y paraît à première vue . Mgr Wielgus , bien que dénoncé d'abord par des chasseurs de collaborateurs "de droite", a ensuite été systématiquement attaqué par la presse polonaise, qui l'avait en aversion, non pas à cause de son passé de collaborateur avec les services secrets communistes - un passé partagé par plus de cent mille personnes en Pologne, y compris de nombreux prêtres et plusieurs évêques - mais pour son présent d'évêque très conservateur. Si dans le cas de Mgr Wielgus, qui avait maladroitement tenté de dissimuler des documents sur son passé, l'acceptation de la démission était inévitable , on ne peut que partager les perplexités des auteurs sur le cas de Mgr Wagner. Céder à la pression d'une partie du clergé et de l'épiscopat autrichien - menée, dans cette affaire par un prêtre qui a admis plus tard en public vivre en concubinage depuis des années - a déclenché en Autriche une contestation globale contre le Saint-Siège, impliquant de plus en plus ouvertement la haute hiérarchie catholique du pays, et qui n'est à ce jour toujours pas résolu.

6. Le préservatif et le voyage en Afrique

En Mars 2009, avec le voyage du Pape en Afrique , l'attaque entre dans une nouvelle phase . Dans l'avion qui l'emmène au Cameroun, comme à l'accoutumée Benoît XVI répond aux questions des journalistes . A un journaliste français qui lui pose une question sur le sida, le Pape répond que la distribution massive de préservatifs ne résout pas mais aggrave le problème. Le Pape, soulignent les auteurs, a techniquement raison, et dans les jours qui suivent, la fine fleur des immunologistes le confirme: en favorisant la promiscuité sexuelle et en créant une fausse illusion de sécurité, les politiques basées sur le préservatif ont régulièrement aggravé le problème du sida dans les pays où elles ont été mises en œuvre. Mais la réponse du Pape occupe la chronique internationale durant tout le Voyage, ignorant, au moins en Europe et aux Etats-Unis, les profonds enseignements sur la crise du continent africain - et la dénonciation ponctuelle des méfaits des institutions internationales et de quelques multinationales en Afrique : n'était-ce pas le but recherché?

On n'est désormais plus surpris de voir entrer en lice contre le pape les habituels théologiens progressistes. Mais le fait nouveau est l'intervention des gouvernements : l'Espagne, la France et l'Allemagne demandent au pape de présenter des excuses, au Parlement européen une motion de censure contre le Pape ne passe pas , mais recueille quand même 199 votes. En Belgique, en revanche, une motion semblable est adoptée par le Parlement et provoque une dure réponse du Vatican , déclenchant une crise diplomatique sans précédent entre les deux pays, qui prépare les attitudes violentes de la police belge dans l'épisode à venir des prêtres pédophiles .

7&8. La droite s'en mêle : Fatima et l'encyclique

Deux attaques citées par Tornielli Rodari sont intéressantes car elles ne viennent pas «de gauche» , mais «de droite» , et montrent que même les personnes qui sont généralement respectueuses, sont induites par le climat général à user contre le pape et ses collaborateurs un langage qu'en d'autres temps, elles ne seraient pas permis. Il s'agit des critiques du monde catholique conservateur en termes d'économie, contre l'encyclique Caritas in veritate de 2009, jugée par des universitaires américains tels que George Weigel et Michael Novak injustement hostile au modèle de capitalisme dominant aux États-Unis , et de la controverse au sujet du troisième secret de Fatima et de l'existence présumée d'une partie du texte encore tenu secrète par le Vatican. Sur le fond, on peut certainement discuter - même si sur l'encyclique les intellectuels américains semblent particulièrement irrité de n'avoir pas été consulté, comme cela avait été au contraire le cas avec les textes de Jean-Paul II - mais le ton et les poisons sont toujours des signes d'un climat malsain .

9. et l'ouverture aux anglicans de la TAC

L'ouverture vers les anglicans qui, déçus par les ouvertures de leur communauté au sacerdoce féminin et au mariage homosexuel , retournent à Rome, si elle est contrée «à gauche» comme une menace pour l'œcuménisme - mais quel œcuménisme est possible avec ceux qui célèbrent à l'église des mariages gay ? - est également attaquée « à droite » parce que, prévoyant des parcours d'accueil dans l'Église catholique de prêtres anglicans mariés, elle semble compromettre la défense du célibat. Là encore, ce qui est le plus grave, c'est l'incompréhension du caractère mondial de l'attaque au pape de la part de certains soi-disant « conservateurs » qui jettent de l'huile sur le feu plutôt que de l'eau.

10. Pédophilie dans le clergé

Les neuf autres crises font de toutes façons pâle figure face à la dixième, sur les prêtres pédophiles . Puisque les auteurs me citent abondamment et reprennent la matière de mon livre "Prêtres pédophiles" ( San Paolo , Cinisello Balsamo 2010), partageant en substance son contenu, peut-être n'ai-je pas besoin ici de résumer la large section du livre consacrée à ce thème, et me permettre de me référer à mon texte .
Le livre de Rodari et Tornielli rappelle, contre les critiques absurdes qui malheureusement sont aussi venues d'évêques et de cardinaux, ce que j'ai aussi souligné: s'il y a eu dans l'Église un prélat extrêmement dur contre les prêtres pédophiles , au point d'être accusé de violer leur droit à la défense et d'avoir affronté sur ce point plusieurs collègues évêques, c'est bien le cardinal Ratzinger lorsqu'il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Le présenter, au contraire, comme tolérant sur ce point est tout simplement ridicule , mais trouve parfois crédit auprès des lecteurs les moins bien informés des quotidiens.

Au point que les auteurs se demandent si les obstacles que le cardinal Ratzinger rencontra dans les dernières années du pontificat de Jean Paul II - lorsque ses exigences d'une sévérité encore plus grande n'ont pas toujours été acceptées - ne jettent pas une ombre sur le grand Pape polonais et ne risquent pas d'entraver la cause de béatification. En effet, dans le procès en cours, la question a été abordée. Mais il a été conclu à juste titre que certains freins à l'action du cardinal Ratzinger remontent aux dernières années du pontificat de Wojtyla quand Jean-Paul II, de plus en plus gravement malade, ne suivait plus ces affaires personnellement, les déléguant à des collaborateurs qui doivent donc assumer les critiques .

Conclusion: les trois ennemis

En conclusion Rodari et Tornielli se demandent si on peut parler d'un complot contre le pape , citant différentes opinions, y compris la mienne , dans une interview que je leur ai spécialement accordée pour ce livre.
Leur conclusion est qu'il y a en œuvre trois attaques séparées contre Benoît XVI, venant de trois ennemis différents.
- Le premier est constitué par la galaxie du lobby laïciste, homosexuel, maçonnique, féministe, des compagnies pharmaceutiques qui vendent des produits abortifs, des avocats réclamant des milliards d'indemnisation pour les affaires de pédophilie. Cette galaxie, trop complexe pour être considérée comme répondant à une seule direction, dispose pourtant avec les nouvelles technologies d'informations d'un pouvoir qu'aucun autre ennemi de l'Eglise n'a eu à travers l'histoire de l'homme, et voit dans le pape le principal obstacle à la construction d'une dictature du relativisme universel dans lequel Dieu et les valeurs de la vie et de la famille ne comptent pas. Un obstacle qui doit être balayé à tout prix et par n'importe quel moyen .

- Ces lobbies rencontrent le succès parce qu'ils ont enrôlé un deuxième ennemi du pape constitué par le progressisme catholique et ces catholiques et théologiens - y compris de nombreux évêques - qui voient leur autorité et leur pouvoir dans l'Eglise menacée du démantèlement par Benoît XVI de cette interprétation du Concile en termes de discontinuité et de rupture avec la tradition sur laquelle ils ont construit des décennies durant leur carrière et leur fortune.
Les interviews de catholiques progressistes permettent aux médias laïcistes de présenter leur propagande non pas comme anti- catholique, mais comme soutien contre le pape réactionnaire qui veut "abolir le Concile", c'est-à-dire remettre en question son prétendu "esprit ", dès lors que la lettre des documents du Concile n'est pas connue des journalistes anti-catholique et qu'elle est jugée insignifiante par leurs compagnons de route "catholiques adultes".

- En troisième lieu, Benoît XVI a également un troisième ennemi, inconscient et involontaire, mais non moins dangereux pour autant. Il y a des "attaques" qui se sont auto-produites involontairement à cause des nombreuses imprudences et des fréquentes erreurs de collaborateurs du pape". Les auteurs rapportent différentes opinions sur la difficulté de communication du Saint-Siège, à l'ère non seulement d'Internet mais de Facebook et du téléphone portable connecté à Internet qui fait que les nouvelles arrivent à des centaines de millions de personnes - comme les cinq cents millions d'utilisateurs de Facebook actifs chaque jour - quelques secondes après avoir été lancées, et sont archivées comme vieilles quelques heures plus tard. Si un fausse nouvelle n'est pas démentie au bout de deux ou trois heures, si une attaque n'est pas contrée dans un délai maximal de vingt-quatre heures, les chances de réplique efficace sont réduites à pratiquement zéro.

Si tout cela est vrai , les opinions des personnes interrogées par les auteurs qui regrettent l'ancien porte-parole du pape, le laïc Dr Joaquin Navarro Valls , jugé plus habile que son successeur le père jésuite Federico Lombardi peuvent être débattues sans fin, mais ne vont peut-être pas au cœur du problème .
C'est notre façon de communiquer qui a changé radicalement, et a changé après la mort de Jean Paul II, parce que le problème n'est pas Internet, mais le nombre croissant de personnes - des centaines de millions , en fait, et pas une petite élite - qui sont connectés à Internet vingt-quatre heures sur vingt-quatre, via les smartphones, les netbooks ou autres iPad, et ont un temps de réaction aux questions ou aux provocations qui se mesure en minutes plutôt qu'en heures. Sur ce point, le livre du journaliste italien Marco Niada "Il tempo breve" ( Garzanti , Milan 2010) devrait peut-être être lu par certains au Vatican.

Benoît XVI n'ignore pas ces attaques. Il s'intéresse beaucoup aux nouvelles technologies et à la nécessité d'améliorer les stratégies de communication du Saint-Siège. Mais, concluent Rodari et Tornielli, il est également très serein. Il est disponible pour suivre les problèmes que la révolution des communications - une révolution peut-être pas moins importante que celle des années 60 en termes de morale et de crise d'autorité - pose à l'Eglise, mais pas pour les poursuivre. Il insiste sur le fait que le salut de l'Eglise persécutée ne viendra pas des stratégies, de la diplomatie, des technologies - aussi importantes qu'elles soient, et qu'il ne faut pas négliger -, mais de la fidélité à la prière, à la méditation, au Christ crucifié. Il est probable qu'il a raison, non seulement, bien sûr, sur le plan spirituel, mais aussi sur les plans culturel et sociologique, où on ne demande pas à l'Eglise d'imiter les modèles dominants, mais d'être elle-même.
Tout le monde, même parmi les catholiques, ne semble pas l'avoir compris.

Note (1)

Julien Gunzinger, sur son site Eschaton, consacre aujourd'hui un long article à Caroline Fourest, sous le titre Caroline Fourest est-elle ignare ou manipulatrice?
Il a pris le temps de démolir méthodiquement tous les arguments de son livre-charge "Les nouveaux soldats du Pape".
L'article, bien que très long, doit être lu en entier, car il fournit un argumentaire impressionnant.
Le plus gênant, ce n'est pas ce que cette médiocre pamphlétaire écrit (en vérité, ça n'intéresse personne, comme tous les sujets qui touchent à l'Eglise!), mais plutôt que les medias, par calcul cynique, font semblant de l'inviter comme experte sur un sujet auquel elle ne connaît rien, et qui ne la concerne pas. Par exemple, le dimanche 7 septembre 2008, juste avant l'arrivée du Saint-Père en France, le cardinal Vingt-Trois était invité à l'émission politique du dimanche sur Europe 1. Comme par hasard, Caroline Fourest était venue dans la tranche horaire précédente, pour démolir avec autorité par anticipation, les propos du malheureux prélat - et bien entendu, tirer à boulets rouges sur Benoît XVI (cf. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] et aussi [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ).

Julien Gunzinger écrit:

Caroline Fourest fait partie de la communauté des experts régulièrement sollicités par les médias pour s’exprimer sur les questions de laïcité ou de radicalisme religieux. Mais son statut d’experte n’est qu’un paravent destiné à tromper le public, car Caroline Fourest est avant tout une militante enragée de l’idéologie du genre (elle fait partie, avec sa compagne Fiammetta Venner, des fondatrices de l’association prochoix). Caroline Fourest et Fiammetta Venner sont également acharnées à défendre le laïcisme dans toute sa radicalité. Mademoiselle Fourest n’a donc rien de l’observatrice neutre et détachée que laisse entendre son statut d’experte. Tout comme un Christian Terras, systématiquement invité à vomir sur les plateaux de télévision (souvent sans contradicteur) les choix de l’Eglise catholique, Caroline Fourest est donc une créature des médias (dans le couple qu’elle forme avec Fiammetta Venner c’est elle qui est la plus exposée médiatiquement). Sa fonction est de promouvoir la relégation dans la sphère privée de la foi chrétienne pour assurer la domination, dans la sphère publique, de la foi laïciste et prochoix. Si elle jouit, dans le monde médiatique, d’un verni de neutralité c’est au motif qu’elle s’en prend à toutes les traditions religieuses. Or si elle est en effet critique envers toutes les formes de radicalité religieuse, il ne faut pas être dupe. En « extrême-occident », la dénonciation de tous les intégrismes n’est qu’un procédé pour créer des amalgames, renvoyer dos à dos catholicisme et islam. C’est un procédé assez récent pour pousser encore plus en avant la foi laïciste en diabolisant le catholique qui oserait défendre que sa foi a un horizon politique, qui oserait au nom de sa foi mener un combat politique contre l’avortement ou se battre, conformément à toute la tradition catholique, pour que la loi morale naturelle soit la boussole de la démocratie.

Caroline Fourest se prétend naturellement indépendante mais elle est intégralement aliénée au politiquement correct, juste bonne à déblatérer les inepties, les mensonges, les déformations et les approximations qui constituent le fond de commerce de ce prêt-à-penser. La preuve par son livre insane, bourré d’erreurs, de partis pris idéologiques, de superficialité. Ce qui est le plus navrant c’est qu’une telle personne recueille également de l’audience auprès de certains catholiques. Car elle se joue de la crise actuelle de l’Eglise, cherchant à pousser les progressistes au clash avec la hiérarchie. Caroline Fourest est une des pires ennemies de l’Eglise catholique. Tout fidèle doit être instruit de ses méthodes. Le livre de Caroline Fourest et de Fiammetta Venner ayant largement inspiré celui d’une autre créature des médias, très en cours auprès des catholiques progressistes, le tristement célèbre, pour ses désinformations et manipulations, Henri Tincq, je vais dans un premier temps analyser le livre de Caroline Fourest et dans un second temps, dans un prochain article, celui de Tincq en dégageant tout ce qu’il doit aux élucubrations de Caroline Fourest de Fiammetta Venner .
(...)

Référence : E.S.M. Eucharistie Sacrement de la Miséricorde, 27.08.2010


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Message  Octo Lun 30 Aoû 2010 - 20:31

@ Anonymus :

Décidément, Anonymus, vous vous surpassez depuis votre retour de vacances !

Félicitations pour ce brillant post !

Octo !

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Message  LaCastafiore Mer 1 Sep 2010 - 14:16

Une amie, cantatrice italienne comme moi, m'avait signalée ce livre de Paolo Rodari et de Andrea Tornielli.

Mieux, elle a rencontré les deux auteurs et, pour moi, leur a demandé qu'ils me dédicacent une copie de leur livre : Attacco a Ratzinger ! Ce qu'ils ont fait avec plaisir !

Le premier m'a écrit cette dédicace en iltalien, que je traduis ici, disant : "Bianca, Mon père fut votre plus grand admirateur. Dès mon jeune âge, il m'initia à écouter des chants classiques et des opéras. Sa discographie était, si je me souviens bien, complète de toutes vos oeuvres ! Paolo Rodari, 25 août 2010."

Le second m'avoua, en français, ceci : "Madame La Castafiore, Permettez-moi de vous dire qu'en écoutant vos interprétations lyriques des plus grands opéras du monde, je fus régulièrement inspiré en écrivant ce livre avec Paolo. En effet, dans notre dernier livre, il y a un peu de vous à travers cette oeuvre ! Je vous en serai toujours reconnaissant ! Andrea Tornielli, 25 août 2010."

Je tenais à partager avec vous tous ces mots adressés à mon endroit !

Votre humble cantatrice,

Bianca XOX

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