Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli - Page 4
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Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli

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Message  ami de la Miséricorde le Mer 31 Aoû 2016 - 18:37

CHAPITRE XX
Des moyens à prendre pour combattre la négligence

(...) Et ainsi l’habitude de la négligence se forme insensiblement en nous et elle finit par prendre sur nous un tel empire qu’au moment même où elle tient nos mains liées, la honte que nous éprouvons de notre paresse extrême nous fait prendre la résolution d’être plus soigneux et plus diligents à l’avenir. Cette négligence se répand partout ; non seulement elle infecte notre volonté de son poison en lui inspirant l’horreur du travail, mais elle aveugle notre entendement en l’empêchant de voir combien sont vaines et mal fondées les résolutions que nous prenons de remplir désormais nos obligations avec promptitude et diligence tandis qu’à l’heure même où elles s’imposent à nous, nous les omettons volontairement ou les remettons à plus tard. Il ne suffit pas de faire promptement ce que l’on a à faire ; mais il faut le faire au temps que requièrent la qualité et la nature de l’action, et y apporter le soin convenable pour qu’elle ait toute la perfection possible. Ce n’est pas de la diligence, mais un raffinement de négligence, que de remplir nos obligations avant le temps marqué et de les expédier au plus vite, sans nous soucier de les bien remplir, afin de nous livrer tout à l’aise à ce repos paresseux qui poursuivait notre pensée, quand nous nous hâtions d’accomplir l’œuvre qui nous était imposée. Ce grave désordre vient de ce que l’on ne considère pas le prix d’une bonne action faite au temps voulu et avec la ferme résolution d’affronter les difficultés que le vice de la négligence oppose aux chrétiens nouvellement engagés dans la lutte. Considérez donc souvent qu’une seule aspiration vers Dieu, une simple génuflexion faite en son honneur, a plus de prix que tous les trésors du monde et que chaque fois que nous nous faisons violence à nous-mêmes et à nos passions déréglées, les anges apportent du royaume des cieux pour notre âme une couronne glorieuse. Songez au contraire que Dieu enlève peu à peu aux négligents les grâces qu’il leur avait données, tandis qu’il prodigue ses dons aux chrétiens diligents, en attendant qu’il les fasse entrer dans sa propre gloire. Si, dans les commencements, vous ne vous sentez pas assez fort pour aller généreusement au-devant des peines et des difficultés, tâchez de vous les cacher à vous-même afin de les trouver moindres qu’elles ne paraissent aux yeux des paresseux. Peut-être aurez-vous, pour acquérir la vertu à laquelle vous vous exercez, beaucoup d’actes à poser, des fatigues de plusieurs jours à surmonter, des ennemis nombreux et puissants à combattre. Commencez à former ces actes, comme si vous en aviez peu à produire ; travaillez comme si votre travail ne devait durer que peu de jours ; luttez contre un ennemi, comme s’il n’y avait que celui-là à combattre, et faites-le avec la ferme assurance qu’aidé de la grâce de Dieu, vous êtes plus fort que tous vos ennemis ensemble. Par ce moyen, vous affaiblirez votre tendance à la paresse et vous disposerez votre âme à acquérir peu à peu la vertu contraire. Faites de même pour l’oraison. Si votre oraison doit durer une heure et si ce temps effraie votre paresse, mettez-vous en prière comme si vous n’aviez qu’un demi-quart d’heure à prier ; vous arriverez ainsi sans difficulté au demi-quart d’heure suivant, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’heure soit passée. Si, au second demi-quart d’heure ou aux demi-quarts suivants, vous sentez trop de répugnance et de difficulté, abandonnez cet exercice, de peur de vous en dégoûter ; mais ayez soin de le reprendre peu de temps après. Tenez la même conduite à l’égard des œuvres manuelles, toutes les fois qu’il vous arrivera d’avoir beaucoup de besogne et que votre paresse, en exagérant le nombre et la difficulté de vos occupations, jettera le trouble dans votre âme.(...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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Message  ami de la Miséricorde le Jeu 1 Sep 2016 - 17:23

CHAPITRE XX
Des moyens à prendre pour combattre la négligence


(...) Commencez courageusement et paisiblement le premier ouvrage comme si c’était le seul que vous eussiez à faire. Mettez-y tout votre soin et vous viendrez à bout de la besogne avec bien moins de peine que votre paresse ne vous le faisait croire. Si vous
négligez ce moyen, si vous n’allez pas au-devant des peines et des traverses, le vice de la paresse prendra sur vous un tel empire que les difficultés attachées aux débuts de la vie spirituelle seront pour vous une cause d’inquiétude et d’ennui, non seulement quand elles seront présentes, mais alors même qu’elles seront encore bien loin de vous. Vous craindrez toujours d’être tourmenté et assailli par vos ennemis, et de voir arriver près de vous des personnes prêtes à vous imposer des obligations nouvelles, si bien qu’au sein même du repos, votre vie sera en proie à une inquiétude continuelle. Sachez que ce vice infecte de son poison caché non seulement les jeunes et tendres racines qui devaient produire les habitudes des vertus, mais les racines mêmes des habitudes déjà acquises. Comme le ver ronge le bois, ainsi ce vice ronge insensiblement la moelle de la vie spirituelle. Le démon s’en sert pour tendre des embûches et des pièges à tous les hommes, mais particulièrement à ceux qui aspirent à la perfection. Veillez donc, priez et faites de bonnes œuvres, et n’attendez point pour tisser le lin de votre robe nuptiale que le temps soit venu de vous en revêtir pour aller au-devant de l’époux. Souvenez-vous chaque jour que celui qui vous donne le matin ne vous promet pas le soir, et qu’en vous donnant le soir, il ne vous promet pas le matin suivant. Employez donc tous les moments de l’heure selon le bon plaisir de Dieu et comme si vous n’aviez pas d’autre temps à attendre ; d’autant plus que vous aurez à rendre au Seigneur un compte détaillé de tous les moments de votre vie. Je finis en vous avertissant de regarder comme perdue toute journée, si occupée qu’elle ait été, où vous n’aurez pas remporté de victoire sur vos inclinations mauvaises et sur votre volonté propre, où vous n’aurez pas remercié le Seigneur de ses bienfaits et en particulier de la douloureuse Passion qu’il a endurée pour vous, ainsi que de ses doux et paternels châtiments, lorsqu’il vous aura jugé digne de recevoir le trésor inestimable de quelque tribulation.


CHAPITRE XXI
De la manière de gouverner les sens extérieurs et comment on peut les faire servir à la contemplation des choses divines


La direction et le bon gouvernement des sens extérieurs exige une grande vigilance et une application constante ; car l’appétit sensitif qui est, pour ainsi parler, le capitaine de notre nature corrompue, se précipite éperdument à la poursuite des plaisirs et des satisfactions charnelles. Dans l’impuissance où il est de se les procurer par lui-même, il emploie les sens, comme autant de soldats et d’instruments naturels, pour saisir les objets de sa convoitise ; et après s’en être formé une image, il l’attire à lui et l’imprime dans l’âme. C’est de là que vient le plaisir ; à la faveur de l’alliance étroite qui existe entre l’esprit et la chair, il se répand dans tous les sens qui en sont capables ; et il en résulte une contagion qui infecte tout ensemble le corps et l’âme, et finit par tout corrompre. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli

Message  ami de la Miséricorde le Sam 3 Sep 2016 - 2:09

CHAPITRE XXI
De la manière de gouverner les sens extérieurs et comment on peut les faire servir à la contemplation des choses divines


(...) Vous connaissez le mal, apprenez le remède. Soyez attentif à ne point laisser errer vos sens en liberté ; ne vous en servez point quand le seul plaisir vous y porte et qu’aucune raison d’utilité ou de nécessité n’en légitime l’usage. Et si, trompant votre vigilance, ils s’élancent trop en avant, faites en sorte de les retirer en arrière et de si bien les régler que les créatures, au lieu de les rendre comme auparavant misérablement esclaves des vains plaisirs, leur offrent un riche butin qu’ils pourront ensuite porter au-dedans de l’âme. Que l’âme alors recueillie en elle-même étende les ailes de ses puissances et s’élève à la contemplation de Dieu. C’est ce que vous pourrez faire de la manière suivante. Lorsqu’un objet se présente à l’un de vos sens, efforcez-vous par la pensée de dégager de cet objet créé ce qu’il y a en lui de spirituel ; songez qu’il ne possède par lui-même aucune des propriétés qui tombent sous vos sens, mais qu’il doit à Dieu tout ce qu’il est ; que Dieu, par son Esprit, lui donne d’une manière invisible l’être, la bonté, la beauté et toutes les qualités que vous admirez en lui. Réjouissez-vous alors de voir que votre Dieu est l’auteur et le principe unique des perfections si nombreuses et si variées des créatures, qu’il les renferme toutes éminemment en lui-même, et qu’elles ne sont qu’une imitation grossièreté de ses perfections infinies. Quand vous vous surprendrez à admirer de belles choses, vous les réduirez, par la pensée, à leur propre néant ; puis vous tournerez l’œil de votre âme vers le souverain Créateur qui est présent en elles et qui leur a donné l’être et, ne prenant plaisir qu’en lui seul, vous vous écrierez : Ô essence divine, essence souverainement désirable, combien je me réjouis de ce que vous êtes le principe unique et infini de tout être créé ! Quand vous verrez des arbres, des plantes ou d’autres choses semblables, vous réfléchirez que la vie dont ces êtres sont doués, ils ne la tiennent pas d’eux-mêmes mais de l’Esprit invisible qui seul les vivifie, et vous direz : Voilà la véritable vie, de laquelle, en laquelle et par laquelle vivent et croissent toutes choses. Oh ! quelle joie j’en ressens en mon cœur ! De même, en voyant les animaux privés de raison, vous élèverez votre âme à celui qui leur donne la sensibilité et le mouvement, et vous lui direz : Ô premier moteur qui, en imprimant le mouvement à tous les êtres, demeurez immobile en vous-même, que je me réjouis de votre stabilité et de votre immutabilité ! Quand vous vous sentez attiré par la beauté des créatures, séparez ce que vous voyez de l’Esprit que vous ne voyez pas, et considérez que c’est l’Esprit invisible qui leur a donné ces charmes extérieurs ; dites-vous alors dans la joie de votre âme : Voilà les ruisseaux de la fontaine infini de tout bien. Oh ! quelle joie je ressens au fond de mon cœur, quand je pense à la beauté infinie, éternelle, qui est la source et le principe de toute beauté créée ! Faites la même distinction lorsque vous verrez briller dans votre prochain la bonté, la justice, ou quelque autre vertu, et dites à votre Dieu : Ô trésor inépuisable de toutes les vertus, que j’aime à voir que tout bien dérive de vous et se maintient par vous, et que tout n’est que néant en comparaison de vos perfections divines.(...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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Message  ami de la Miséricorde le Sam 3 Sep 2016 - 18:57

CHAPITRE XXI
De la manière de gouverner les sens extérieurs et comment on peut les faire servir à la contemplation des choses divines


(...) Je vous remercie, Seigneur, de ce bien et de tout le bien que vous avez fait à mon prochain ; souvenez-vous, mon Dieu, de ma pauvreté et de l’extrême besoin que j’ai de la vertu de… (Nommez la vertu qui vous manque). Quand vous vous mettez à faire quelque chose, pensez que Dieu est la première cause de cette action, que vous n’êtes entre ses mains qu’un instrument vivant, et élevez votre pensée vers lui, en disant : Quelle joie j’éprouve au fond de moi-même, ô Maître suprême de l’univers, en songeant que je ne puis rien faire sans vous, et que vous êtes le premier et le principal artisan de toute chose ! Lorsque vous mangez ou que vous buvez, considérez que c’est Dieu qui donne la saveur à la nourriture, et ne prenant votre plaisir qu’en lui seul, dites-vous à vous-même : Réjouis-toi, mon âme, à la pensée qu’il n’y a point en-dehors de Dieu de contentement véritable, mais que, d’un autre côté, tu peux en toutes choses te réjouir uniquement en lui. Si vous respirez une odeur agréable, gardez-vous de vous arrêter au plaisir qu’elle vous procure, mais élevez-vous en esprit vers celui qui a fait pour vous ce parfum délicieux et dites-lui dans la joie de votre cœur : Ah ! mon Dieu, faites, je vous en conjure, que tandis que je prends plaisir à penser que toute suavité dérive de vous, mon âme, dégagée des plaisirs terrestres, s’élève vers vous comme un parfum d’agréable odeur. Quand des chants harmonieux viennent frapper votre oreille, élevez votre âme vers Dieu et dites-lui : Quelle joie j’éprouve, ô mon Seigneur et mon Dieu, quand je songe à l’harmonie plus que céleste que vos infinies perfections toutes ensemble rendent au-dedans de vous-même, et au merveilleux concert qu’elles forment par leur union avec les anges, les cieux et toutes les créatures.

CHAPITRE XXII
Comment les choses extérieures peuvent nous aider à régler nos sens et à passer à la méditation des mystères de la vie et de la Passion du Verbe incarné


Je vous ai montré comment nous pouvons nous servir des choses sensibles pour nous élever à la contemplation de la divinité. Apprenez maintenant à vous exciter par leur moyen à la méditation des mystères de la vie et de la Passion du Verbe incarné. Toutes les créatures peuvent servir à cette fin. Considérez en elles, ainsi que nous venons de le dire, ce Dieu suprême, cause première et unique de leur être, de leur beauté et de toutes leurs perfections ; et considérez ensuite quelle grande, quelle immense bonté il nous a témoignée en daignant, lui, l’unique principe et le maître souverain de toute chose, se ravaler jusqu’à se faire homme, jusqu’à souffrir et mourir pour sa créature, jusqu’à souffrir et mourir pour sa créature, jusqu’à permettre aux œuvres mêmes de ses mains de s’armer contre lui pour le crucifier. Vous trouverez une infinité de choses qui mettront ces mystères adorables sous les yeux de votre âme. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli

Message  ami de la Miséricorde le Lun 5 Sep 2016 - 3:12

CHAPITRE XXII
Comment les choses extérieures peuvent nous aider à régler nos sens et à passer à la méditation des mystères de la vie et de la Passion du Verbe incarné


(...) Les armes, par exemple, les cordes, les fouets, les colonnes, les épines, les clous, les marteaux, tous les objets enfin qui ont servi d’instruments à la Passion vous rappelleront ses souffrances cruelles. Les logements pauvres et incommodes rendront présents à votre mémoire l’étable et la crèche du Sauveur. La pluie vous fera souvenir de cette pluie de sang divin qui attisa le jardin des oliviers ; les pierres que nous foulons aux pieds nous rappelleront les pierres qui se brisèrent à sa mort ; la terre, le tremblement qui l’agita à cette heure suprême ; le soleil, les ténèbres qui l’enveloppèrent ; l’eau des fontaines, l’eau mêlée de sang qui sortit de son côté entrouvert ; et ainsi de tant d’autres choses qui se présenteront à vos yeux. Si vous buvez du vin ou quelque autre liqueur, rappelez-vous le vinaigre et le fiel dont on abreuva votre divin Maître. Si l’odeur des parfums vous attire, reportez votre pensée à l’odeur infecte que les cadavres lui envoyaient sur le mont Calvaire. Quand vous vous habillez, songez que le Verbe éternel s’est revêtu de votre chair mortelle pour vous revêtir de sa divinité ; et quand vous vous déshabillez, pensez que votre Sauveur a été dépouillé de ses vêtements pour être flagellé et crucifié pour vous. Quand vous entendez les clameurs et le bruit confus de la foule, souvenez-vous de ces cris abominables qui retentirent à ses oreilles : Qu’il meure, qu’il meure ! Crucifiez-le, crucifiez-le ! Quand la cloche gémit sous le marteau qui la frappe, songez à ce mortel battement de cœur que fit éprouver à Jésus, dans le jardin des oliviers, la crainte de sa Passion et de sa mort prochaine ; ou bien figurez-vous entendre les coups de marteaux qui l’attachèrent à la croix. Quand vous vous sentez vous-même, ou que vous voyez les autres en proie à la tristesse et à la douleur, songez que ces afflictions ne sont rien, comparées aux inconcevables angoisses qui transpercèrent le corps et l’âme de votre Sauveur.

CHAPITRE XXIII
De quelques autres moyens de régler nos sens selon les diverses circonstances qui se présentent


Après vous avoir enseigné la manière d’élever votre esprit des choses sensibles à la considération de la divinité et des mystères du Verbe incarné, j’ajouterai ici quelques autres moyens d’en tirer divers sujets de méditation, afin de procurer aux âmes une nourriture abondante et appropriée à la diversité de leurs goûts, et de rendre service, non seulement aux personnes simples, mais même aux personnes d’un esprit plus élevé et plus versé dans les choses spirituelles ; car quelque avancé que l’on soit dans la voie de la perfection, on ne se sent pas toujours également disposé aux plus hautes spéculations. Vous n’avez point à craindre de vous embarrasser dans cette variété de pratiques, du moment que vous usez de discrétion et que vous prenez conseil d’un sage directeur. Abandonnez-vous entre ses mains avec humilité et confiance, non seulement pour ce qui regarde ce que je vais dire maintenant, mais pour tout ce que je vous dirai dans la suite. (...)
Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli

Message  ami de la Miséricorde le Mar 6 Sep 2016 - 4:22

CHAPITRE XXIII
De quelques autres moyens de régler nos sens selon les diverses circonstances qui se présentent


(...) Quand vous jetterez lez yeux sur des objets qui flattent la vue ou jouissent de l’estime des hommes, persuadez-vous bien que toutes ces choses sont souverainement méprisables, qu’elles ne sont pour ainsi dire que de la boue en comparaison des richesses du Ciel, et foulez aux pieds les biens de ce monde pour n’aspirer qu’à la possession des biens éternels. Quand vous tournez les yeux vers le soleil, pensez que votre âme, lorsqu’elle est ornée de la grâce, est plus radieuse et plus belle que l’astre du jour ; et que, sans la grâce, elle est plus noire et plus affreuse que les ténèbres de l’enfer. Quand vous levez vos regards vers la voûte céleste, pénétrez des yeux de l’âme jusqu’au divin empire, et arrêtez-vous-y par la pensée, comme dans le lieu destiné à devenir le séjour de votre éternelle félicité, si vous suivez ici-bas le chemin de l’innocence. Quand vous entendez le chant des oiseaux ou de suaves mélodies, élevez votre esprit au séjour des délices où résonne l’éternel alléluia, et priez le Seigneur de vous rendre digne de chanter éternellement ses louanges avec les esprits célestes. Quand vous vous apercevez que vous prenez plaisir à la beauté des créatures, songez que le serpent infernal se cache sous ces charmes trompeurs ; qu’il vous observe et s’apprête à vous donner la mort, ou du moins à vous blesser grièvement. Dites-lui alors : Eh quoi ! serpent maudit, tu me tends des embûches pour me dévorer ? Vous tournant ensuite vers Dieu : Soyez béni, lui direz-vous, de m’avoir découvert l’ennemi et de m’avoir délivré de sa rage meurtrière. De ces attraits séducteurs, fuyez soudain aux plaies de Jésus crucifié ; et, retiré dans cet asile, considérez combien le Seigneur a souffert dans sa chair adorable pour vous délivrer du péché et vous inspirer l’horreur des plaisirs charnels. Un autre moyen de vous dérober aux dangereuses amorces du plaisir, c’est de rentrer en vous-même et de penser à ce que deviendra après sa mort cette créature dont les charmes vous attirent. Quand vous êtes en chemin, souvenez-vous que chacun de vos pas vous approche du tombeau ; et à la vue des oiseaux qui traversent l’air et du ruisseau qui fuit, pensez que votre vie vole à son terme avec plus de rapidité encore. Lorsque s’élèvent des vents impétueux, que l’éclair brille et que l’orage gronde, souvenez-vous du jour épouvantable du jugement et, fléchissant le genou, adorez le Seigneur et priez-le de vous donner la grâce et le temps de vous bien préparer à paraître devant sa majesté souveraine. Dans les accidents nombreux auxquels votre vie est sujette, voici la conduite que je vous engage à tenir. S’il arrive, par exemple, que la douleur ou la mélancolie vous accable, que la chaleur, la froidure ou toute autre incommodité vous fasse souffrir, élevez votre esprit à cette volonté éternelle qui se plaît, pour votre bien, à vous envoyer cette peine et qui sait la proportionner à vos forces. Vous réjouissant alors de l’amour que Dieu vous témoigne et de l’occasion qu’il vous présente de le servir de la manière qui lui est le plus agréable, vous direz du fond du cœur : C’est maintenant que s’accomplit en moi la volonté de la divine Providence qui a décrété de toute éternité de m’envoyer aujourd’hui cette affliction. Que sa bonté en soit louée à jamais ! Et quand vous découvrirez un saint désir dans votre cœur, tournez-vous à l’instant vers le Seigneur ; reconnaissez que cette bonne pensée vient de lui et rendez-lui grâces. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli

Message  ami de la Miséricorde le Mar 6 Sep 2016 - 17:39

CHAPITRE XXIII
De quelques autres moyens de régler nos sens selon les diverses circonstances qui se présentent


(...) Quand vous faites une lecture pieuse, imaginez-vous que c’est le Seigneur qui vous adresse les paroles que vous lisez, et acceptez-les comme si elles sortaient de sa bouche divine. Quand vous regardez la croix, pensez qu’elle est votre enseigne de guerre, qu’en vous éloignant d’elle vous tomberez aux mains de vos ennemis, et qu’en la suivant vous entrerez dans le Ciel, chargé de glorieuses dépouilles. Quand vous voyez l’image bien-aimée de la Vierge Marie, tournez votre cœur vers cette auguste Reine du Ciel ; remerciez-la de ce qu’elle est soumise en toute occasion à la volonté de Dieu, de ce qu’elle a enfanté, allaité et nourri le Rédempteur du monde, et de ce qu’elle est toujours prête à nous accorder sa faveur et son aide dans votre combat spirituel. Que les images des saints vous rappellent le souvenir de ces soldats généreux qui, en fournissant vaillamment leur carrière, vous ont frayé le chemin que vous devez suivre pour obtenir comme eux la couronne d’éternelle gloire. Lorsque vous verrez une église, vous pourrez, entre autres considérations pieuses, penser que votre âme est le temple de Dieu, et que vous devez la conserver pure et nette, comme sa demeure. En quelque temps que vous entendiez la cloche avertir les fidèles de réciter trois fois la salutation angélique, vous pouvez faire de courtes réflexions en rapport avec les paroles que l’on a coutume de dire avant chaque Ave Maria. Au premier coup, remerciez Dieu du céleste message qu’il envoya sur la terre et qui fut le commencement de notre salut. Au second coup, réjouissez-vous avec la Vierge Marie des grandeurs auxquelles Dieu l’a élevée, à cause de sa profonde et incomparable humilité. Au troisième coup, unissez-vous à la bienheureuse Mère et à l’ange Gabriel pour adorer le divin Enfant nouvellement conçu. N’oubliez pas de faire, en signe de respect, une légère inclination de tête à chaque tintement de la cloche, et tout spécialement au dernier. Ces courtes méditations ainsi divisées peuvent servir pour tous les temps. En voici d’autres relatives à la Passion de Notre Seigneur que l’on pourra faire le soir, le matin et le midi. On ne saurait se rappeler trop souvent les douleurs que notre divine Reine a ressenties à la vue des souffrances de son Fils ; y manquer serait de notre part une noire ingratitude. Le soir, souvenez-vous des angoisses que causèrent à cette Vierge très pure la sueur de sang, la prise de Jésus au jardin des oliviers et tant de douleurs secrètes que son bien-aimé Fils a endurées durant cette nuit affreuses. Le matin, compatissez à l’affliction que lui causa la présentation de Jésus à Pilate et à Hérode, sa condamnation à mot et le portement de croix. À midi, pensez au glaive de douleur qui transperça le cœur de l’inconsolable Mère, quand elle fut témoin du crucifiement et de la mort de Jésus, et qu’elle vit une lance cruelle ouvrir son côté sacré. Vous pourrez faire ces méditations sur les douleurs de la Sainte Vierge du jeudi soir au samedi, et faire les premières aux autres jours. Suivez pourtant votre dévotion particulière et les inspirations qui vous viendront des circonstances extérieures. Et pour résumer en peu de mots la méthode à suivre pour le règlement de vos sens, tenez-vous sur vos gardes afin de ne vous laisser émouvoir et attirer ni par l’amour, ni par l’aversion que les objets extérieurs vous inspirent, mais uniquement par la volonté de Dieu, n’embrassant ou ne rejetant jamais que ce que Dieu veut que vous embrassiez ou que vous rejetiez. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli

Message  ami de la Miséricorde le Jeu 8 Sep 2016 - 3:46

CHAPITRE XXIII
De quelques autres moyens de régler nos sens selon les diverses circonstances qui se présentent


(...) Et remarquez que je ne vous ai pas donné ces moyens de régler vos sens pour que vous en fassiez votre occupation. Ce que vous devez faire, c’est vous tenir presque continuellement faire,
c’est vous tenir presque continuellement recueilli en Dieu et vous attacher, pour accomplir sa volonté sainte, à vaincre vos ennemis et vos passions mauvaises, en résistant à leurs suggestions et en produisant les actes des vertus contraires. Je ne vous ai signalé ces règles de conduite que pour que vous sachiez vous en servir au besoin. Vous devez savoir que la multiplicité des exercices, même les meilleurs, bien loin d’être favorable à l’avancement spirituel, n’est souvent qu’un embarras pour l’esprit, une illusion d’amour-propre, une marque de légèreté et un piège du démon.


CHAPITRE XXIV De la manière de régler sa langue

La langue de l’homme a grand besoin d’être bien réglée et tenue en bride, parce que nous sommes tous fort enclins à parler à tout propos des choses qui flattent les sens. L’intempérance de langage vient le plus souvent d’un certain orgueil qui nous persuade que nous avons de grandes connaissances. Pleins d’admiration pour nos propres pensées, nous nous efforçons, à force de les redire, de les imprimer dans l’esprit des autres et de nous constituer leurs maîtres, comme s’ils avaient besoin de nos leçons. Il faudrait un long discours pour dire les maux qui naissent de cette surabondance de paroles. La loquacité est une source d’oisiveté, une marque d’ignorance, une folie, une porte ouver te à la médisance, une source de mensonges et un obstacle à la ferveur. L’affluence des paroles fortifie les passions mauvaises, et cette force qu’elle donne aux passions porte la langue à se livrer de plus en plus à l’indiscrétion du langage. Ne vous étendez pas en longs discours avec les personnes qui ne vous écoutent pas volontiers, de peur de les ennuyer, et faites de même avec ceux qui vous prêtent une oreille attentive, de peur d’excéder les bornes de la modestie. Évitez le ton magistral et les éclats de voix. Cette manière de parler est fort désagréable et dénote beaucoup de suffisance et de présomption. Ne parlez jamais de vous, de vos actions, de vos parents, à moins que la nécessité ne vous y oblige ; et en ce cas, faites-le brièvement et avec beaucoup de retenue. S’il vous semble qu’un autre parle trop de lui-même, croyez qu’il le fait pour un bon motif mais ne l’imitez point, parlât-il pour s’humilier et s’accuser lui-même. Parlez le moins possible du prochain et des choses qui le concernent, si ce n’est pour en dire du bien quand l’occasion s’en présente. Parlez volontiers de Dieu et tout spécialement de son amour et de sa bonté pour nous, mais en cela même craignez de dépasser les bornes ; prenez plutôt plaisir à écouter ce que les autres disent à cet égard, et conservez leurs paroles dans le fond de votre cœur. Quant aux discours profanes, qu’ils s’arrêtent à vos oreilles et laissent votre pensée absorbée dans le Seigneur.

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Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli

Message  ami de la Miséricorde le Jeu 24 Nov 2016 - 6:26

CHAPITRE XXIV De la manière de régler sa langue

(...) Que s’il est nécessaire d’écouter celui qui parle pour le comprendre et être à même de lui répondre, ne laissez point pourtant d’élever de temps en temps un regard vers le Ciel où votre Dieu habite ; considérez sa majesté suprême, comme lui-même regarde votre bassesse. Pesez bien les choses qui vous viennent à l’esprit avant de les confier à la langue, et vous en trouverez beaucoup qu’il serait mieux de taire. Parmi les choses même qui vous sembleront bonnes à dire, plusieurs pourront avec avantage être passées sous silence ; pour vous en convaincre, pensez-y quand l’occasion de les dire sera passée. Le silence est une grande force dans le combat spirituel ; c’est le gage assuré de la victoire. Le silence est ami de celui qui se défie de lui-même et se confie en Dieu ; il conserve l’esprit d’oraison et nous aide merveilleusement dans l’exercice des vertus. Pour vous accoutumer à vous taire, considérez souvent les maux et les dangers qu’entraîne l’intempérance de langage, les avantages immenses que procure le silence. Excitez-vous à l’amour de cette vertu et, pour en acquérir l’habitude, taisez-vous durant quelque temps, alors même que vous auriez sujet de parler, pourvu toutefois que votre silence ne soit préjudiciable ni aux autres, ni à vous-même. Un excellent moyen encore, ce sera de vous tenir éloigné des conversations ; au lieu de la compagnie des hommes, vous aurez celle des anges, des saints et de Dieu lui-même. Enfin, songez à la guerre que vous avez entreprise, et la considération de ce qui vous reste à faire vous détournera des entretiens inutiles.

CHAPITRE XXV Que pour bien combattre les ennemis, le soldat du Christ doit éviter avec tout le soin possible ce qui est de nature à troubler la paix de son cœur


S’il n’y a point d’efforts que nous ne devions faire pour recouvrer la paix du cœur, quand nous l’avons perdue, il n’y a point non plus d’accident au monde qui doive raisonnablement nous la ravir ou même la troubler. Nous devons, sans doute, avoir le regret de nos fautes mais, comme je l’ai dit plusieurs fois déjà, ce doit être une douleur paisible et modérée ; nous devons également avoir une tendre compassion pour les autres pécheurs et pleurer leurs fautes au moins intérieurement, mais tout cela encore doit se faire sans inquiétude d’esprit. Pour ce qui regarde les autres maux auxquels nous sommes sujets, tels que la maladie, les blessures, la perte de nos proches, la peste, la guerre, les incendies et tant d’autres accidents pour lesquels les hommes éprouvent une horreur instinctive, nous pouvons, moyennant le secours de la grâce, les accepter non seulement avec résignation, mais même avec amour. Il suffit pour cela que nous les regardions comme autant de châtiments équitables infligés aux pécheurs et d’occasions de mérites offertes aux justes.(...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli

Message  ami de la Miséricorde le Ven 25 Nov 2016 - 4:26

CHAPITRE XXV Que pour bien combattre les ennemis, le soldat du Christ doit éviter avec tout le soin possible ce qui est de nature à troubler la paix de son cœur

(...) Ces deux considérations font que Dieu même prend plaisir à nous éprouver ; et si nous savons nous conformer à sa volonté sainte, nous traverserons, l’esprit paisible et tranquille, toutes les contrariétés et les amertumes de la vie. Tenez pour assuré que
toutes nos inquiétudes déplaisent aux yeux du Seigneur parce que, quelle que soit leur nature, elles sont toujours accompagnées d’imperfections et procèdent d’une mauvaise racine d’amour-propre. C’est pourquoi il vous faut avoir une sentinelle toujours éveillée qui, à la première apparition d’une cause quelconque de trouble et d’inquiétude, s’empresse de vous donner l’éveil, afin que vous vous armiez pour la défense, en considérant que tous ces maux, et beaucoup d’autres du même genre, ne sont que des maux apparents ; qu’ils sont impuissants à nous enlever les biens véritables et que Dieu les envoie ou les permet pour les fins que nous avons indiquées plus haut, ou pour d’autres raisons cachées à nos yeux, mais assurément très équitables et très saintes.

Si nous conservons, au milieu des accidents même les plus fâcheux, cette tranquillité d’âme et cette paix inaltérable, nous pourrons faire beaucoup de bien ; sinon, nos efforts n’auront que peu ou point de succès. Notre ennemi déteste souverainement cette paix du cœur, car il sait que l’Esprit de Dieu choisit ce séjour pour y opérer de grandes choses. Aussi, il n’est point d’efforts qu’il ne fasse pour nous ravir ce précieux trésor. Le plus souvent, il vient à nous inspire des désirs excellents en apparence, mais dont la nature réelle se reconnaît à plusieurs marques, et à celle-ci spécialement qu’ils nous enlèvent la paix du cœur. Si vous voulez prévenir un mal si dangereux, gardez-vous bien, quand la sentinelle vous avertira de la présence d’un nouveau désir, de lui ouvrir immédiatement l’entrée de votre cœur. Dépouillez-vous auparavant de toute volonté propre, présentez ce désir à Dieu et, confessant votre aveuglement et votre ignorance, priez-le instamment de vous faire connaître, aux rayons de sa lumière, s’il vient de lui ou de votre ennemi ; recourez en outre, si vous le pouvez, à l’avis de votre père spirituel. Alors même que vous auriez la certitude que ce désir vient de Dieu, ne le mettez pas à exécution, que vous n’ayez auparavant mortifié votre ardeur excessive : votre bonne œuvre, précédée de cet acte de mortification, plaira beaucoup plus au Seigneur que si vous vous y portiez avec l’empressement qui vous est naturel ; bien plus, il arrivera parfois que la mortification lui sera plus agréable que l’œuvre même. En chassant ainsi loin de vous les désirs mauvais et en n’exécutant les bons qu’après avoir réprimé les mouvements de la nature vous parviendrez à maintenir en paix et en sécurité la forteresse de votre cœur. Pour conserver cette tranquillité parfaite, il faut en outre défendre et garder votre cœur contre certains remords de conscience qui, par le fait même qu’ils vous reprochent un défaut véritable, semblent être inspirés par Dieu, tandis qu’en réalité ils vous viennent du démon. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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