Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More - Page 7
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Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

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Message  ami de la Miséricorde le Sam 22 Juil 2017 - 16:09

VII. OÙ IL EST QUESTION DE CEUX QUI NE PEUVENT TROUVER EN LEUR CŒUR LE REGRET DE LEURS FAUTES

ANTOINE : (...) Saint Jérôme dit à celui dont le cœur est rempli de contrition de se réjouir à cause même de cette contrition ; moi je conseille à celui qui ne peut se repentir de s'attrister parce qu'il ne peut le faire.

Je souhaite que jamais personne ne désespère. Mais qu'il prenne bien garde celui qui ne peut parvenir à la contrition. Car c'est l'indice d'une foi qui s'amollit, d'une piété qui se relâche.

Si nous étions pénétrés de la foi en Dieu, si nous nous inclinions devant sa majesté, si nous pensions à son immense bonté, alors nous devrions trembler de terreur devant lui ; notre cœur devrait se briser, car l'amour et la gratitude devraient le faire éclater en sanglots. J'ajoute que le fait de ne ressentir aucun regret d'un péché dénote un manque de pureté, et rien d'impur ne peut entrer au ciel. Je donne à ceux qui se trouvent dans cet état le conseil que Maître Gerson (1) donne à tout le monde : puisque l'homme a un corps et une âme, moins l'âme est affligée, plus il faut imposer de souffrance au corps, plus il faut purger l'esprit par le mortifiement de la chair.

En agissant ainsi, on finira par avoir le cœur gonflé de larmes et on sentira se répandre dans l'âme une bienfaisante tristesse en même temps qu'une céleste joie. Il ne faut jamais manquer non plus de joindre à ces pratiques vertueuses une prière pleine de confiance.

Cher neveu, je vous ai dit l'autre jour que sur ces sujets je ne voulais pas discuter avec ces hommes nouveaux, mais je ne puis pourtant pas leur donner raison, car, pour autant que mon pauvre esprit puisse discerner, la Sainte Écriture de Dieu leur donne entièrement tort, ainsi que toute la chrétienté. Ils ont contre eux les gens qui ont vécu dans le pays même de ces novateurs ainsi que les saints Docteurs et les saints interprètes de l'Écriture, qui ont vécu au cours des âges. Si ces novateurs découvrent tout à coup que l'Écriture a de tout temps été mal comprise, que parmi tous ces Docteurs des siècles passés il n'en était pas un qui eût pu l'interpréter correctement, alors je devrais me mettre à mon tour à étudier l'exégèse.

Hélas ! Je suis trop vieux pour cela. Je n'ose pourtant pas me fier à la science de ces novateurs, mon neveu, car je ne vois pas pourquoi ils ne se tromperaient pas aussi bien que les autres se sont, à les en croire, trompés avant eux. Cependant ; s'ils ne se sont pas trompés, s'ils ont vraiment trouvé un chemin si facile vers le ciel, soit ! Qu'ils ne réfléchissent pas, qu'ils mènent joyeuse vie, qu'ils ne fassent pas pénitence, mais trinquent à la santé de Notre Sauveur et qu'on remplisse les verres !

Source : livres-mystiques.com

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Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Dim 23 Juil 2017 - 17:01

VII. OÙ IL EST QUESTION DE CEUX QUI NE PEUVENT TROUVER EN LEUR CŒUR LE REGRET DE LEURS FAUTES

ANTOINE : (...) La Passion du Christ paiera l'écot ! Ce n'est pas moi qui envierai leur chance, mais je ne conseille à personne de s'aventurer avec eux sur cette voie-là !

Ceux qui jugent dangereux ce chemin, ceux qui préfèrent l'épreuve de la mortification et du repentir y trouvent le merveilleux réconfort dont je vous ai entretenu. Et puisque ces personnages s'ébaudissent si aisément au sujet de la pénitence, nous ne leur parlerons pas non plus du réconfort qu'ils y pourraient trouver.

VIII. DE L'ÉPREUVE QUE L'ON SUPPORTE AVEC PATIENCE


VINCENT : Je vous remercie de m'avoir si bien éclairé, mon oncle. Parlez-moi maintenant de ce point que vous vous proposiez de traiter en dernier.

ANTOINE : Bien volontiers, cher neveu. Nous traiterons maintenant des épreuves que j'avais rangées dans la deuxième catégorie, celles qui sont supportées avec patience sans toutefois avoir été voulues.

Nous diviserons cette catégorie en deux branches : la première, nous l'appellerons tentation, la seconde persécution. Mais ici, il nous faut observer que je ne veux pas parler de toute espèce de persécution mais seulement de celles qu'on se résout à supporter patiemment pour ne pas déplaire à Dieu. Pourtant, si nous y réfléchissons, nous verrons que chacune d'elles agit sur l'autre et vice-versa car, par la tentation le diable nous persécute et par cette persécution il nous tente. Et, si la persécution est une épreuve pour tout le monde, la tentation est une épreuve pour l'homme de bien. Toutes deux sont des armes du Malin, mais la différence entre elles est la suivante : la tentation est une embûche et la persécution un combat à visage découvert. Cette sorte de tribulation dont nous parlons maintenant, je l'appellerai tentation et je ferai deux divisions : dans la première, nous verrons les embûches du démon, dans la seconde, ses combats à visage découvert.

IX. DE LA TENTATION EN GÉNÉRAL


Il serait trop long de parler de chaque espèce de tentation, car il faudrait également parler des persécutions. Le démon a mille ruses pour nous prendre au piège et dans ses combats il lance mille dards empoisonnés. Il nous tente par la vie du monde, il nous tente par notre propre chair, par le plaisir, par la peine, par nos ennemis, par nos amis ; il lui arrive même, à l'intérieur d'une famille, de transformer en ennemis des êtres chers. Notre Sauveur a dit : Inimici hominis domestici eius (Mt., 10, 36). (...)

Source : livres-mystiques.com

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Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Lun 24 Juil 2017 - 17:43

IX. DE LA TENTATION EN GÉNÉRAL

(...) Pourtant, dans toutes ces tentations, nous pouvons trouver une consolation merveilleuse, c'est que plus forte est la tentation plus nous devons nous en réjouir.

Écoutons saint Jacques : « Heureux celui qui supporte l'épreuve ! Sa valeur une fois reconnue, il recevra la couronne de vie que le Seigneur a promise à ceux qui l'aiment » (Jc., 1, 12).

Dans ce monde, il y a un perpétuel combat entre le peuple de Dieu et ces lutteurs puissants et rusés que sont les démons, esprits orgueilleux et damnés. En effet, ce n'est pas seulement contre notre chair que nous devons lutter mais aussi contre le démon. Et saint Paul dit : « Car ce n'est pas contre des adversaires de chair et de sang que nous avons à lutter mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les Esprits du Mal qui habitent les espaces célestes » (Eph., 6, 12). Dieu a préparé des couronnes pour ceux qui luttent à ses côtés et repoussent victorieusement l'ennemi – et celui qui ne lutte pas n'en recevra pas. Comme le dit saint Bernard : comment lutter s'il ne se présente aucun ennemi ? Saint Jacques a donc raison d'affirmer que nous devons nous sentir joyeux de subir des tentations, car sauf si nous avons la lâcheté d'y succomber, elles seront la cause même de notre éternelle félicité.

X. UN RÉCONFORT QUI PEUT SE TROUVER QUAND ON SUBIT N'IMPORTE QUELLE TENTATION

Si la foi est vive, on éprouvera un inestimable réconfort à se dire que Dieu est toujours prêt à donner de la force contre la méchanceté et les embûches du démon.

Le prophète dit : « Ô mon Dieu, mon Seigneur, la force de mon salut, tu me couvres la tête au matin du combat » Ps., 140, 8

Demandez à Dieu la sagesse, il vous la donnera. « Revêtez l'armure de Dieu, dit saint Paul, pour pouvoir résister aux assauts du démon » (Eph., 6, 11).

Dieu étend sa main sur celui qui veut résister au péché et qui fait appel à lui. Il a promis souvent dans son Écriture, de ne pas laisser choir ses fidèles, et si parfois il leur arrive de trébucher par faiblesse, ils ne se blesseront pas, à la condition d'invoquer l'aide du Seigneur. L'Écriture dit du juste : « Quand il tombe, il ne reste pas terrassé, car Dieu lui soutient la main »(Ps., 37, 24). (...)

Source : livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Mar 25 Juil 2017 - 16:00

X. UN RÉCONFORT QUI PEUT SE TROUVER QUAND ON SUBIT N'IMPORTE QUELLE TENTATION

(...) Le prophète exprime une véritable promesse de Dieu contre les tentations quand il dit : « Celui qui se confie à Dieu est en sûreté » (Ps., 29, 25). Or, qui se confie à Dieu, cher neveu ? C'est évidemment celui qui, par une foi très vive, se garde du désespoir, celui qui sait qu'il trouvera toujours un soutien dans sa lutte contre la chair, contre le monde, contre le démon. Donc, une foi solide, une ferme confiance dans l'aide de Dieu assurent la sauvegarde divine, ce qui veut dire que, dans la tentation, Dieu ne manquera jamais de protéger ses fidèles. Et le prophète poursuit : « Il te couvre de ses ailes, tu trouveras un refuge sous son pennage » (Ps., 91).

Voici, n'est-ce pas, une promesse certaine pour tout homme dont la foi est vive ; il est assuré que dans la fièvre de la tentation ou de l'épreuve (car, je vous l'ai dit, le démon emploie chaque épreuve pour nous faire perdre patience et nous amener à blasphémer et toute tentation est une épreuve pour le juste) voici donc une promesse que Dieu fait à celui qui croit en lui, de le soutenir dans la tentation. Quelle arme satanique est assez puissante pour nous atteindre si nous sommes protégés par le Seigneur ?

Le psaume continue et dit au croyant : « Lui te couvre de ses ailes, tu trouveras un refuge sous son pennage... » C’est-à-dire, à cause de l'espoir que tu mets en lui, il t'élèvera jusqu'auprès de lui pour te protéger, comme la poule défend ses poussins du vautour en les rassemblant sous ses ailes. Ainsi, pour protéger son peuple fidèle des griffes du démon, et pour le mettre en sûreté, Dieu l'abrite dans la tutélaire chaleur de ses ailes divines. Notre-Seigneur lui-même fit allusion à cette sauvegarde quand il parla aux Juifs comme le rapporte saint Matthieu dans son chapitre XXIII : « Jérusalem, Jérusalem ! toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, que de fois j'ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes... et tu ne l'as pas voulu » (Mt., 23, 37).

Voilà, n'est-il pas vrai, des paroles très réconfortantes pour des chrétiens. Dieu nous y montre sa tendre affection et sa grande bonté. Il voudrait nous abriter, comme une poule ses poussins. Souvent il rappelle ses enfants menacés par le vautour vers l'ombre protectrice de ses ailes, mais plus il appelle, plus nous nous éloignons. Et cependant, n'en doutons point, si nous répondons à sa voix, si nous accourons vers lui, le cœur gonflé d'espoir, il nous prendra sous son aile en cas de tentation. Là, nous serons en sécurité : rien ne pourra plus nous déloger, ni porter atteinte à notre âme. « Prends-moi près de toi, dit le prophète, et que vienne m'attaquer qui voudra ! » Et pour mieux montrer à quel point nous serons en sécurité auprès de lui, le prophète précise : In velamento alarum tuarum exultabo. Cela ne veut pas seulement dire que sous ses ailes nous serons en sûreté ; cela signifie que nous nous y épanouirons dans l'allégresse.(...)

Source : livres-mystiques.com

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Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Mer 26 Juil 2017 - 15:39

XI. QUATRE FORMES DE TENTATIONS DONT IL EST QUESTION DANS LES PSAUMES

Dans les deux vers suivants, le prophète mentionne quatre formes de tentations et par la même occasion les épreuves dont je voudrais vous entretenir maintenant et même quelques-unes dont nous avons déjà parlé. Ainsi en terminerai-je, je l'espère, avec le sujet qui nous occupe.

Le prophète dit dans le psaume quatre-vingt-dixième : « Sa fidélité t'environnera d'une armure, tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole de jour, ni le trafic se déplaçant dans les ténèbres, ni l'agression du démon de midi ».

Voyons d'abord le premier vers. Sa fidélité t'environnera comme une armure, un bouclier, une cuirasse : cela signifie que Dieu a promis de défendre et de protéger ceux qui mettent en lui leur confiance et qu'il tiendra sa promesse. Sa fidélité te défendra toi aussi qui lui es fidèle, non seulement d'un écu de petit format qui pourrait tout juste te couvrir la tête mais bien d'une grande cuirasse qui préserve tout le corps. « Le bouclier de ce psaume, dit saint Bernard, est large en son chef car la partie supérieure, c'est la divinité, et étroit dans sa pointe, car sa partie inférieure c'est l'humanité de Notre Sauveur Jésus-Christ. » Pourtant, ce bouclier ne ressemble pas à ceux que nous connaissons, qui protègent seulement une partie du corps et laissent les autres vulnérables. Mais, comme dit le prophète : il te ceindra de tous côtés, et tes ennemis ne pourront en aucune façon blesser ton âme. Puis il montre que le diable nous attaque par quatre sortes de tentations et épreuves à la fois et qu'il est nécessaire d'être bien protégés. La fidélité du Très-Haut nous défendra le mieux du monde et nous n'aurons rien à craindre aussi longtemps qu'elle nous enveloppera.

XII. LA PREMIÈRE DES QUATRE TENTATIONS

« Tu ne craindras pas les terreurs de la nuit ». Par le mot « nuit », l'Écriture entend parfois épreuve, souffrance, comme il apparaît dans le ch. 34 du livre de Job : « Dieu connaît leurs œuvres et il les plonge dans la nuit », ce qui veut dire qu'il les enfonce dans la douleur pour les punir de leur méchanceté. Vous savez que la nuit nous apporte malaises et frayeurs. Aussi donnerai-je à ces mots : « terreurs de la nuit » le sens d'épreuves par lesquelles le diable tente les justes et s'efforce de les amener à regimber, comme il le fit pour Job. Mais celui qui garde vive en son cœur la confiance en Dieu sera merveilleusement cuirassé et n'aura rien à craindre de ce qu'on appelle ici les terreurs de la nuit. On les appelle ainsi pour deux raisons : la première est que, le plus souvent, celui qui en souffre discerne mal la cause de son épreuve. Ces épouvantes nocturnes diffèrent en cela de ces combats à visage découvert que sont les luttes engagées par le diable lorsqu'il veut empêcher un juste de faire le bien ou l'inciter à commettre une mauvaise action. (...)

Source : livres-mystiques.com

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Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Jeu 27 Juil 2017 - 17:56

XII. LA PREMIÈRE DES QUATRE TENTATIONS

(...) La seconde raison c'est que la nuit pousse tout naturellement à la terreur, et, l'imagination aidant, on se voit alors entouré d'objets effrayants. Le prophète dit dans les psaumes : « Tu poses les ténèbres, c'est la nuit, toutes les bêtes des forêts s'y remuent ; les lionceaux rugissent après la proie et réclament à Dieu leur manger » (Ps., 104, 20). Sachez bien que si les lionceaux rugissent dans la nuit et y cherchent leur proie, ils n'en trouveront point d'autre que celle qu'il plaît à Dieu de leur accorder. Ils n'en sont pas conscients, mais c'est pourtant à Dieu qu'ils la demandent et de lui qu'ils la reçoivent. Et ceci peut être un réconfort pour tous les justes dans leurs effrois nocturnes : même s'ils sont les victimes des démons, ceux-ci ne peuvent s'attaquer qu'à leur corps, lequel n'est que l'enveloppe de l'âme. L'âme elle-même, qui est la substance de l'homme, est trop fermement protégée par le bouclier de Dieu pour qu'un simple lionceau puisse lui faire le moindre mal, aussi longtemps qu'elle gardera sa confiance en l'aide de Dieu. Le « grand lion » lui-même ne put tourmenter Job que dans la mesure où Dieu lui en accorda la permission.

Les sombres ténèbres de la mi-nuit plongent l'infidèle dans une grande terreur. Il lui manque la lumière de la foi, qui lui ferait comprendre que le danger n'est pas aussi grand qu'il le craint. Mais nous sommes habitués à attribuer une grande importance à notre corps parce que nous le voyons, nous le sentons, son entretien et sa nourriture font l'objet de tous nos soins, tandis que rarement, hélas ! nous pensons à notre âme. Nous ne pouvons la voir que par les yeux de la foi, dans les méditations spirituelles auxquelles nous accordons si peu de temps que nous en arrivons à considérer la perte de notre corps comme un malheur beaucoup plus grand que la perte de notre âme.

Notre Sauveur nous dit de n'avoir nulle crainte de ces petits lions qui ne peuvent s'attaquer qu'à notre corps, mais il nous recommande de redouter le Lion dévorant qui, après avoir frappé le corps, peut entraîner l'âme dans le feu éternel. Pourtant, une fois plongés dans la sombre nuit de la souffrance, nous n'avons plus confiance dans la parole de Dieu ; les terreurs de la nuit nous enveloppent et nous font craindre de souffrir dans notre corps. Saint Paul affirme à divers endroits que le corps n'est que l'enveloppe de l'âme. Mais si faible est notre foi en la parole de Dieu, si obscure la nuit où nous plonge la souffrance que nous craignons plus pour notre corps que pour notre âme, pour le contenant que pour le contenu et même pour tout ce qui pourrait flatter le contenant. Nous sommes encore plus stupides qu'un homme qui se jette à l'eau plutôt que d'abîmer un vieux vêtement. Rappelez-vous que, dans les versets que je vous ai cités, le prophète ne parle pas seulement des lionceaux rugissant dans la nuit mais aussi de toutes les bêtes des bois. Vous savez aussi bien que moi que, la nuit, on a peur de choses qui sont en réalité parfaitement inoffensives. La nuit, pour un homme qui a peur, chaque buisson est un brigand. (...)

Source : livres-mystiques.com

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Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Sam 29 Juil 2017 - 16:57

XII. LA PREMIÈRE DES QUATRE TENTATIONS

(...) Quand j'étais jeune, je fus à la guerre avec le roi mon maître (Dieu ait son âme !). Nous campâmes en territoire turc, bien au-delà de Belgrade (plût à Dieu que cette ville fût encore nôtre comme en ce temps-là !).

Vers minuit, un cri s'éleva dans le camp : « L'armée turque marche vers nous. » Là-dessus, branle-bas de combat et ordre à toute notre armée de se tenir prête. Ensuite, on questionna plus à fond les observateurs qui avaient rapporté cette nouvelle. L'un d'entre eux dit qu'à la clarté de la lune, il les avait vus de ses yeux s'avançant en bon ordre, tous bien alignés et en rangs si larges qu'on n'en voyait pas les extrémités. Ses compagnons interrogés à leur tour dirent que celui-là les avait un peu distancés puis était revenu les prévenir en hâte et qu'ils avaient estimé préférable de rentrer bien vite au camp donner l'alarme sans aller vérifier eux-mêmes. Du reste, de l'endroit où ils étaient, ils avaient eux-mêmes entrevu l'armée ennemie. Nous veillâmes le reste de la nuit. De temps en temps, l'un de nous s'écriait : « Silence ! Il me semble entendre des pas » si bien qu'à la fin tout le monde croyait les entendre. Puis, le jour se leva. Personne ! On envoya l'observateur accompagné de quelques officiers, à l'endroit où il avait vu l'ennemi. C'est alors qu'on se rendit compte que cette terrible armée turque avançant silencieusement dans la nuit était en réalité une longue et large haie.

Ainsi en est-il de maintes terreurs. Le diable s'empare de notre imagination et nous fait voir tout en noir pour nous faire perdre tout espoir en Dieu. Ce que dans notre détresse nous prenons pour le rugissement d'un lion n'est souvent que le braiment d'un âne. Sur mer, un simple nuage peut paraître un écueil. Pourtant, comme le dit le prophète, celui qui garde en son cœur la confiance en Dieu sera si bien préservé qu'il ne devra craindre ni l'âne, ni le poulain, ni le lionceau, ni le rocher, ni la brume, ni enfin aucune des terreurs de la nuit.

XIII. LA PUSILLANIMITÉ


Les terreurs de la nuit sont souvent dues à la pusillanimité, au manque de courage. L'homme pusillanime est effrayé par un danger imaginaire mais sa fuite même encourage l'ennemi à l'attaquer. Dans l'épreuve, le couard perd patience puis se rebelle, se met à blasphémer contre Dieu, comme le font les damnés en enfer. La pusillanimité empêche souvent l'éclosion de bonnes actions qu'aurait permis le courage, puisé dans la confiance en Dieu. Le diable nous rend lâches et déguise cette lâcheté en humilité : il fait croire à l'incapacité d'accomplir ces actes justes, et l'homme ne saisit pas l'occasion que Dieu lui offre. Ceux qui souffrent de cette infirmité doivent demander secours à Dieu et avec l'aide de conseillers spirituels ils doivent débarrasser leur imagination de la lâcheté que le démon y a mise. (...)

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Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Dim 30 Juil 2017 - 17:21

XIII. LA PUSILLANIMITÉ

(...) Qu'ils relisent donc la parabole des trois talents. Celui qui avait enterré son talent au lieu de le faire fructifier se vit accusé de pusillanimité, alors qu'il croyait pouvoir s'excuser en alléguant qu'il avait craint de le placer à intérêt chez les banquiers (Mt., 25). Cette crainte vient du démon, qui profite de la faiblesse de notre confiance dans le Seigneur

Gardons bien vive notre foi en Dieu et il nous entourera de son bouclier et nous n'aurons plus à craindre les terreurs de la nuit.

XIV. LA MANIE DU SCRUPULE


La pusillanimité dont nous venons de nous entretenir tenir donne naissance à une fille bien timorée, sotte, minable, toujours geignante, appelée « manie du scrupule ». Dans la maison, c'est une bonne servante, point paresseuse, toujours active. Sa maîtresse, douce et bonne, se déclare satisfaite de son travail et est toujours prête à pardonner quand il n'est pas bien fait. Pourtant, cette fille timide ne cesse de se plaindre et de pleurnicher : elle craint perpétuellement d'être grondée et punie. Pensez-vous que sa maîtresse soit satisfaite de cet état de choses ? Bien sûr que non !

J'en ai connu une dont la maîtresse était sage et (chose rare chez une femme) extrêmement bienveillante. Mais elle avait horreur du comportement geignard de sa servante et disait : « Mais qu'a donc cette fille ? Cette petite sotte a l'air de s'imaginer que je suis le diable. Elle me ferait dix fois plus de travail que j'aurais encore du mal à supporter dans ma maison ce caractère chagrin. »

Voilà comme sont les scrupuleux ! Ils grossissent démesurément les dangers qu'ils courent et souvent, ils les imaginent, tout simplement. Ils croient avoir commis au moins un péché véniel, alors qu'ils n'ont fait aucune faute ; ils se mettent en tête qu'ils se sont rendus coupables d'un péché mortel quand il n'était que véniel... Pourtant ils ne peuvent pas plus que les autres s'empêcher de commettre des fautes. Alors ils se disent qu'ils se sont mal confessés, que leur contrition n'était pas assez profonde et que les péchés n'ont pas été entièrement pardonnés. Ils se confessent et se confessent de nouveau, jusqu'à lasser leur confesseur et eux-mêmes par surcroît. Quand ils prient, ils le font aussi bien que le permet l'imparfaite nature humaine, mais ils ne sont jamais satisfaits et recommencent éperdument. Quand ils ont répété trois fois la même prière, ils n'en sont pas plus satisfaits. Ils ont le cœur triste, inquiet, plein de doutes, ils ne peuvent trouver de consolation spirituelle. (...)

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Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Lun 31 Juil 2017 - 18:20

XIV. LA MANIE DU SCRUPULE

(...) C'est le diable qui trouble de cette façon de nombreuses âmes droites. Il le fait pour les amener à pécher gravement. Il essaie d'obséder l'esprit par l'idée de la rigoureuse justice divine, de lui faire oublier l'idée réconfortante de la pitié de Dieu et de lui couper tout élan dans ses bonnes œuvres, de telle sorte qu'il n'y trouve plus la moindre consolation.

Au stade suivant, le démon en arrive, à force de la décourager, à dégoûter sa victime de toutes les bonnes œuvres et de tous les exercices spirituels, lui suggérant je ne sais quelle doctrine fallacieuse ou quelle théorie faussement latitudinaire. Il le rend bien plus coupable encore en lui faisant croire qu'il va trouver bientôt dans ces opinions trompeuses le moyen d'apaiser sa conscience. Le malheureux tombe alors dans le laxisme, sa conscience devient aussi large qu'elle était étroite au stade précédent. Pourtant, mieux vaut encore une conscience un peu trop étroite qu'une conscience un peu trop large.

Quand j'étais petit garçon, ma mère employait, pour garder ses enfants, une bonne vieille qu'on appelait mère Maud. En avez-vous entendu parler ?

VINCENT : Oui, souvent.

ANTOINE : Quand elle s'asseyait avec nous près du feu, elle nous racontait des histoires. Pline dit qu'il n'est pas de livre si mauvais qu'on n'y puisse glaner quelque idée utile, moi je pense qu'il n'est guère d'histoire d'enfant qui ne puisse illustrer l'une ou l'autre pensée.

Elle nous conta, une fois, l'histoire de l'âne et du loup qui s'en allèrent se confesser au renard. Le pauvre âne s'en vint un jour ou deux avant le mercredi des Cendres. Mais le loup n'y voulut point penser avant les Rameaux ; puis il remit la chose de jour en jour jusqu'au vendredi saint.

Avant de le bénir, le renard demanda à l'âne pourquoi il venait si tôt, avant même le commencement du carême. Le pauvre animal répondit qu'il craignait de perdre le bénéfice des prières que les prêtres dans ces jours de purification disent pour ceux qui se sont déjà confessés. Il s'accusa d'une faute qui lui causait un cuisant remords : un jour, il avait mis son maître en colère en l'éveillant au petit matin par son braiment peu harmonieux.

Le renard, en confesseur avisé, lui ordonna de ne plus recommencer, mais de dormir lui-même, comme un bon fils jusqu'au lever de son maître. De la sorte il serait assuré de ne plus le réveiller.

La confession de l'âne se poursuivit. La raconter toute serait beaucoup trop long. Il considérait toutes ses actions comme des péchés mortels : pauvre âme, et si scrupuleuse ! Mais son sage et avisé confesseur compta ces fautes pour des bagatelles (ce qu'elles étaient en effet). Puis il déclara au pénitent qu'il était fatigué de l'écouter, et qu'il aurait mille fois préféré passer tout son temps à table devant une belle oie bien grasse. Mais quand vint le moment d'indiquer une pénitence, le renard déclara que le plus gros péché de toute cette confession était la gloutonnerie. Aussi ordonna-t-il à l'âne de ne jamais faire tort à aucun animal pour se procurer de la nourriture. Mais à part cela, ajouta-t-il, l'âne devait manger tranquillement, sans se faire de souci. (...)

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Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Mar 1 Aoû 2017 - 16:47

XIV. LA MANIE DU SCRUPULE

(...) ANTOINE : Quand le loup vint se confesser, continuait la mère Maud, c'était le vendredi saint. Le confesseur lui demanda en secouant furieusement son chapelet, dont les grains étaient gros comme des balles, pourquoi il venait si tard. « Père Renard, dit le loup, je vous dirai la vérité ; c'est d'ailleurs pour cela que je suis ici. Je n'ai pas osé venir plus tôt tant je craignais qu'en pénitence de ma gloutonnerie vous ne me prescriviez de jeûner pendant une partie du carême. » — « Voyons, dit Père Renard, je ne suis pas si déraisonnable. Je ne jeûne même pas moi-même. Je vous le dis, mon fils, ici, entre nous, en confession, ce jeûne n'est pas un commandement de Dieu, mais une invention des hommes. Les prêtres, en faisant jeûner les gens, leur donnent du souci pour un reflet dans l'eau ; ils les font tourner à bourrique. Mais moi je ne m'y laisse pas prendre, mon fils, j'ai fait gras tout le carême. Mais pour ne pas causer de scandale, je mange en cachette dans ma chambre, à l'insu de ces frères stupides dont la conscience faible et timorée eût été troublée de me voir. Je vous conseille de faire comme moi. » « C'est bien ce que je fais, autant que possible, dit le loup, Dieu merci ! Je ne prends mes repas qu'en la compagnie de frères dont je suis sûr et qui ont ma complexion. Ils n'ont pas la conscience faible, eux, je vous le garantis, et leur estomac est aussi solide que le mien. »

« C'est sans importance », dit le renard.

Cependant, au cours de la confession, le loup lui apprit qu'il dévorait parfois en seul repas tant de nourriture que, pour le même prix, une famille modeste aurait pu vivre une semaine. Prudemment, le renard lui en fit grief et lui fit un beau sermon où il louait sa propre frugalité : « Je ne dépense mie plus de cent sols par repas, dit-il, souvent mon écot n'atteint même pas cette somme. Quand j'ai envie d'une oie, je ne vais pas l'acheter chez le marchand de volailles, où elles sont toutes plumées, parées et où on peut aisément choisir la plus grasse ; non, je me fournis directement à la ferme, c'est moins cher. Je ne vais même pas les choisir de jour, mais j'y vais la nuit et je prends au hasard, la première qui se présente. Bien sûr, il me faut la plumer moi-même. Parfois elle est vraiment maigre et ne vaut même pas vingt sols, mais je trouve encore le moyen d'en faire deux repas. Vous me dites que vous vivez de rapine. Je n'y vois aucun mal. Vous avez toujours vécu ainsi, et je ne pense pas que vous puissiez agir autrement, ce serait folie y de vous l'interdire, vraiment ce serait contre ma conscience. Il vous faut vivre, et vous n'avez pas d'autre moyen d'existence : vous devez donc garder celui-là.

Pourtant, vous devez observer quelque mesure, et je vois, d'après votre confession, que vous n'en avez pas la notion. Je vous donne donc pour pénitence, de ne pas dépasser la somme de cent sols pour un repas, vous évaluerez vous-même le prix, en conscience. » (...)

Source : livres-mystiques.com

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