Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More - Page 8
Viens, Seigneur Jésus !
Bienvenue sur le Forum "Viens, Seigneur Jésus!"

Forum catholique consacré à la Fin des Temps, à la diffusion des Messages du Ciel, à la dénonciation du Nouvel Ordre Mondial et à la préparation de la Nouvelle Civilisation de l'Amour et au Second Retour de Jésus !

Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Page 8 sur 15 Précédent  1 ... 5 ... 7, 8, 9 ... 11 ... 15  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Mer 2 Aoû 2017 - 16:20

XIV. LA MANIE DU SCRUPULE

ANTOINE : (...) Voilà comment la mère Maud nous racontait ces deux confessions. Voyons maintenant comment l'âne et le loup ont, chacun de son côté, accompli leur pénitence. Le pauvre âne affamé, vit une truie et ses porcelets confortablement installés sur de la paille fraîche. Il s'approcha avec l'envie d'en manger quelques fétus, mais sa conscience scrupuleuse se mit à le tourmenter. La pénitence lui interdisait de faire tort à qui que ce fût par gourmandise, or s'il prenait, ne fût-ce qu'un brin de paille, l'un ou l'autre de ces petits porcelets pourrait bien prendre froid. Il resta sur sa faim jusqu'à ce qu'on lui apportât sa ration de son. Il allait se jeter dessus quand il lui vint un nouveau scrupule. Il se dit qu'en mangeant ce son il désobéirait à son confesseur, car il risquait de priver un autre animal qui pourrait être affamé lui aussi. Il jeûna donc jusqu'à ce que son confesseur le renseignât mieux. Alors, il rejeta ce scrupule, mangea ses repas sans arrière-pensée et mena dans la suite une longue et honnête existence.

Le loup, lui, quitta le confessionnal, dûment absous. Il avait le même état d'esprit qu'une femme malicieuse de ma connaissance, qui sortant du tribunal de la pénitence dit à son mari : « Me voilà bien confessée, Dieu merci ! Maintenant que j'ai renoncé à mon ancienne malice, je puis recommencer à loisir. »

VINCENT : Vraiment, mon oncle, pouvez-vous lui prêter ces paroles ? Je l'ai entendue moi-même. Elle parlait en plaisantant, pour faire rire son mari.

ANTOINE : Elle avait l'air en effet de parler à moitié en plaisantant. Elle plaisantait quand elle disait renoncer à sa malice. Mais quand elle affirma qu'elle allait recommencer à loisir, son mari vit bien qu'elle parlait sérieusement.

VINCENT : Eh bien ! Je lui raconterai ce que vous dites d'elle !

ANTOINE : Vous pouvez le lui répéter.

Revenons-en au loup. Il s'était déchargé par la confession de son brigandage mais la faim revint bientôt, et il fit comme cette femme pleine de malice dont je vous parlais tout à l'heure : il recommença. Pourtant, sa conscience le freinait. Il ne voulait pas désobéir à son confesseur en prenant un repas de plus de cent sols.

Un jour qu'il rôdait à la recherche d'une proie, il vit dans un pré deux chevaux maigres et boiteux. Le premier tenait à peine sur ses pattes, le second était déjà mort et dépouillé de sa peau. Le premier mouvement du loup fut de se jeter sur ces misérables carnes. Mais alors, il aperçut, dans un pré voisin, une belle vache avec son veau. Il soupira : « Hélas ! pauvre de moi ! J'allais désobéir à mon confesseur sans même y prendre garde. Voilà un cheval mort, dont j'ignore le prix, car, au marché, onques ne vis vendre un cheval mort, et je ne sais pas le moins du monde ce qu'il peut valoir. (...)

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
avatar
ami de la Miséricorde
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !

Messages : 4138
Date d'inscription : 20/04/2013
Age : 59

http://www.saintmichel-princedesanges.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Jeu 3 Aoû 2017 - 16:16

XIV. LA MANIE DU SCRUPULE

ANTOINE (...) Mais, en mon âme et conscience, il vaut certainement plus de cent sols, aussi n'y puis-je toucher. Cet autre cheval, qui est vivant, doit valoir une forte somme, les chevaux coûtent cher dans ce pays, surtout quand ils vont l'amble comme celui-là, car je vois qu'il ne trotte pas, c'est à peine s'il déplace une patte. Je le laisse, car il vaut sûrement plus de cent sols. Mais les vaches abondent en ces parages. Beaucoup de vaches, mais pas beaucoup d'argent. Si je tiens compte de l'abondance des bovidés et de la rareté de l'argent, il me semble que cette vache ne vaut guère plus de trois francs ; son veau ne doit guère coûter plus de vingt sols. Adonc puis-je fort bien me permettre de les manger tous les deux sans pour cela manquer à ma pénitence. »

Si les animaux d'aujourd'hui pouvaient parler comme la mère Maud prétendait qu'ils le faisaient alors, quelques-uns en raconteraient certainement d'aussi sottes. Un court sermon aurait tout aussi bien fait notre affaire, mais si puérile que paraisse cette histoire, elle nous est utile : elle nous enseigne que mieux vaut être trop scrupuleux que trop peu, bien que ce soit parfois pénible, comme nous l'avons vu pour le pauvre âne. C'est également meilleur que d'avoir une conscience élastique, ajustée au gré de la fantaisie et des commodités, comme celle du loup.

De telles gens n'ont pas besoin de consolation, nous n'en parlerons pas. Mais que celui qui pâtit d'un excès de scrupules prenne bien garde, en évitant un péché d'être tenté d'en commettre un autre : il tomberait ainsi de Charybde en Scylla. Le bateau qui entre dans un port à l'entrée duquel se trouvent de dangereux écueils sous-marins doit être dirigé par un habile pilote, qui le guidera d'une main sûre dans la passe. Il en va de même des âmes scrupuleuses : elles doivent se soumettre aux conseils avisés d'un directeur de conscience.

Et même si le scrupuleux est un théologien, qu'il imite les docteurs en médecine ! Un médecin, même très versé dans son art, prendra, s'il est malade, l'avis de ses confrères, il se mettra entre leurs mains. Il a bien des motifs d'agir ainsi. Un de ces motifs est la peur qu'il éprouve au sujet de lui-même ; certains symptômes risquent de l'effrayer plus que de raison.

En l'occurrence, il serait préférable qu'il ignorât tout de la médecine.

J'ai connu dans cette ville un des médecins les plus éminents, homme très expert, qui réussissait des cures merveilleuses. Il tomba lui-même gravement malade. J'entendis alors les confrères qui le soignaient souhaiter que ce savant praticien n'eût aucune connaissance en thérapeutique. Pourtant chacun de ses confrères avait recours à lui quand eux-mêmes étaient malades. Mais pendant cette grave maladie, il s'effrayait de chaque symptôme et cette frayeur lui faisait grand tort. (...)

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
avatar
ami de la Miséricorde
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !

Messages : 4138
Date d'inscription : 20/04/2013
Age : 59

http://www.saintmichel-princedesanges.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Ven 4 Aoû 2017 - 15:14

XIV. LA MANIE DU SCRUPULE

ANTOINE (...) Une conscience scrupuleuse doit parfois rejeter son propre jugement pour accepter celui d'un homme savant et vertueux, particulièrement pendant la confession, car Dieu y est présent et sa grâce nous est donnée par le sacrement. L'esprit doit se rasséréner, il faut oublier un moment la justice de Dieu pour ne plus penser qu'à sa bonté. Il faut persévérer dans les prières pour obtenir la grâce, et garder fidèlement l'espoir d'être soutenu par le Seigneur. Ainsi, encore un coup, se vérifieront les paroles de la Sainte Écriture : « La vérité du Seigneur, t'environnera comme d'une cuirasse, tu n'auras plus rien à craindre des terreurs de la nuit ».

XV. LES TERREURS DE LA NUIT ET LA TENTATION DU SUICIDE

VINCENT : Mon oncle, vous m'avez bien fait comprendre ce que sont ces « terreurs de la nuit ».

ANTOINE : Cher neveu, il y en a bien plus que je ne puis m'en souvenir. Pourtant, en voici une qui me revient à l'esprit maintenant, et à laquelle je ne pensais pas, c'est la plus horrible, celle où l'on voit le diable pousser quelqu'un à se détruire.

VINCENT : C'est là, en effet, une étrange épreuve, et on dit que ceux qui tombent dans ces singulières obsessions ne peuvent plus, par la suite, s'en libérer.

ANTOINE : Hélas, c'est vrai, mon neveu. Ceux qui se donnent la mort font beaucoup parler d'eux et provoquent l'étonnement. Mais beaucoup de femmes et d'hommes vertueux ont pendant des années été assaillis par cette tentation, l'ont combattue ; aidés de bons conseils et soutenus par la grâce de Dieu ils s'en sont finalement affranchis. Leur épreuve est restée secrète, et nul n'en a parlé.

Il n'en est pas moins vrai qu'il est terrible d'être ainsi sollicité par le diable. J'ai entendu parler de nombreux cas semblables et je me suis entretenu moi-même avec des personnes qui ont subi cette épreuve. Ils en ont beaucoup souffert.

VINCENT : Je vous en prie, cher oncle, expliquez-moi comment vous voyez cela. Vous appelez cette tentation la fille de la pusillanimité, et vous l'apparentez aux « terreurs de la nuit ». Il me semble à moi que c'est plutôt un acte de courage et de témérité. Presque tout le monde a peur de la mort et la fuit, même les plus vaillants.

ANTOINE : J'ai dit, cher Vincent, que la tentation du suicide vient d'un manque de courage et c'est vrai, mais je n'ai pas dit qu'elle ne venait que de là. Car le diable a plus d'un tour dans son sac. (...)

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
avatar
ami de la Miséricorde
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !

Messages : 4138
Date d'inscription : 20/04/2013
Age : 59

http://www.saintmichel-princedesanges.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Dim 6 Aoû 2017 - 2:34

XV. LES TERREURS DE LA NUIT ET LA TENTATION DU SUICIDE

ANTOINE : (...) Je ne vous ai parlé que de la tentation du suicide provenant du manque de courage, car les autres sortes de morts volontaires ne font pas partie de notre sujet. Du reste, dans ces épreuves-là on a besoin de conseils mais non de réconfort. Ceux qui sont ainsi tentés se complaisent dans leur hantise et dans ses suites. Il y en a qui sont tentés par fol orgueil, par colère, sans crainte aucune, et très heureux de s'en aller, je ne le nie pas. Mais si vous pensez qu'aucun n'a peur, vous verrez bien que vous vous trompez. C'est précisément ceux dont le courage vous paraît le moins discutable qui vous prouveront que j'ai raison.

VINCENT : Vous m'étonnez, mon oncle. Ainsi, d'après vous, cette tentation ne serait pas une épreuve pour ceux qui se tuent par orgueil, par colère, ils n'auraient pas besoin de réconfort spirituel dans une si grande détresse, dans un si grand danger de perdre à la fois leur âme et leur corps ?

ANTOINE : Je vais vous donner un ou deux exemples et vous comprendrez mieux.

Au temps du roi Ladislas vivait, ici, à Buda, un homme très bon, très pauvre, très honnête. Sa femme était si perverse que le diable lui mit dans la tête le projet que voici : elle exciterait la colère de son mari jusqu'à un tel paroxysme, qu'il la tuerait, et qu'alors il serait pendu pour ce forfait.

VINCENT : Étrange dessein en vérité ! À quoi cela pouvait-il lui servir ?

ANTOINE : À rien, mais son cur satanique se réjouissait à l'idée de faire pendre son mari. Si par hasard vous regardez autour de vous, vous trouverez plus d'un cur comme celui-là. N'avez-vous jamais entendu dire : « Pour voir telle ou telle personne frappée de malheur, je veux bien rôtir en enfer pendant l'éternité ? »

VINCENT : C'est vrai, j'ai entendu des gens parler ainsi.

ANTOINE : Eh bien ! pour en revenir au mari et a sa femme, on peut dire qu'il était aussi fou qu'elle, peut-être même l'était-il plus, car peut-être la femme ne discerna-t-elle pas aussi nettement les dangers de l'entreprise. Voyons cependant quel était son projet. Un jour que son mari, charpentier de son état, était en train de fendre du bois, elle se mit à l'injurier à tel point qu'il en devint fou de colère et lui ordonna de se calmer sinon il lui caresserait le dos avec le manche de sa hache. Il ajouta que ce ne serait d'ailleurs pas grand péché si cette hache tranchait la tête dans laquelle frétillait une aussi méchante langue.

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
avatar
ami de la Miséricorde
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !

Messages : 4138
Date d'inscription : 20/04/2013
Age : 59

http://www.saintmichel-princedesanges.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Dim 6 Aoû 2017 - 17:56

XV. LES TERREURS DE LA NUIT ET LA TENTATION DU SUICIDE

ANTOINE : (...) À ces mots, le diable intervint et affûta la dite langue sur les dents de la virago. Alors elle provoqua méchamment son homme, « Par la Messe, fils de putain, vas-y ! Tiens, voici ma tête ! » Et elle posa sa tête sur le billot. « Si tu ne la coupes pas, je te maudis, fils de putain ! » À ce moment, il semble bien que le diable se tenait au côté de la femme tandis que près du mari se tenait son ange gardien, qui lui donna le courage d'agir. Et voilà comment cet homme tua sa femme. Des gens avaient entendu la mégère et s'amusaient de ses propos, mais ils ne prévoyaient pas ce qui allait se passer, et ce fut fait avant qu'ils aient eu le temps d'intervenir. Ils racontèrent avoir entendu la tête séparée du corps continuer à lancer ses insultes : « Fils de putain, fils de putain ! » Ils en témoignèrent ensuite devant le roi, sauf une femme, qui affirma n'avoir rien entendu.

VINCENT : Quelle étrange histoire ! Et qu'arriva-t-il au mari ?

ANTOINE : Le roi lui donna son pardon.

VINCENT : En conscience, il ne pouvait faire moins.

ANTOINE : Mais ensuite, on voulut promulguer un édit : en pareille circonstance, le mari (à condition de pouvoir prouver la vérité de ses accusations contre son épouse) n'aurait pas besoin de pardon mais serait libre d'agir comme le charpentier.

VINCENT : Comment se fait-il que cette bonne loi ne dépassa jamais l'état de projet ?

ANTOINE : Comment cela se fait-il ? Mais, cher neveu, bien des lois aussi justes sont restées à l'état de projet ! Ici et ailleurs, parfois, on en a même promulgué de mauvaises à la place. On dit que c'est la reine qui empêcha celle-ci de sortir. Dieu lui pardonne ! C'est la plus grande faute dont cette bonne dame eut à rendre compte quand elle mourut car, à part cela, elle fut toujours une bonne personne.

Quoi qu'il en soit, il semble bien que la tentation de provoquer sa propre mort ne fut pas une épreuve pour la femme du charpentier. Elle aimait penser à son trépas et même elle le désirait. Supposez qu'elle ait fait part de son projet à vous ou à moi, nous n'aurions pas eu l'occasion de la réconforter, comme une âme en peine, mais, naturellement, nous aurions pu la conseiller comme je vous l'ai dit plus tôt, et tâcher de la faire renoncer à son infernal projet.

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
avatar
ami de la Miséricorde
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !

Messages : 4138
Date d'inscription : 20/04/2013
Age : 59

http://www.saintmichel-princedesanges.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Mar 8 Aoû 2017 - 4:09

XV. LES TERREURS DE LA NUIT ET LA TENTATION DU SUICIDE

(...) VINCENT : C'est vrai, mais ceux qui nourrissent d'aussi noirs desseins n'en parlent à personne : ils ont trop honte.

ANTOINE : Il y en a, en effet, qui n'en parlent pas, mais d'autres vont jusqu'à trouver des gens qui les aident à les réaliser. Il n'y a pas bien longtemps, un voyageur venu de Vienne nous raconta cette autre histoire : Une riche veuve, orgueilleuse et méchante (les deux vont de pair) était en brouille avec son voisin. Elle entra en relation avec un autre voisin, peu fortuné, dont elle pensait pouvoir se servir en l'achetant. Elle lui parla secrètement et lui offrit dix ducats s'il acceptait de venir un matin chez elle et de lui couper la tête avec une hache, puis d'aller, toujours secrètement, déposer la hache dans la propriété du voisin avec qui elle était en querelle, de façon à faire croire qu'il était l'assassin. Elle pensait qu'elle serait considérée comme une martyre et même, se disait-elle, en y ajoutant une somme d'argent qu'on enverrait à Rome en même temps qu'un rapport, elle pourrait être canonisée.

L'homme pauvre promit, sans avoir l'intention de tenir sa promesse. Mais quand il voulut renvoyer à plus tard l'exécution de ce noir projet, elle lui fournit elle-même une hache. Ils décidèrent du jour où il viendrait chez elle. Ce matin-là, il vint, mais il plaça aux environs des gens qui seraient témoins de la folie de cette femme, il les cacha de telle sorte qu'ils pussent entendre. Quand il eut parlé pendant un moment avec la femme, il lui dit de se préparer et il saisit la hache d'une main. De l'autre, cependant, il tâta le tranchant et lui trouva un défaut ; il déclara qu'il fallait aiguiser cette hache, sans quoi il risquait de faire souffrir la patiente. Exaspérée de ces retards, elle se pendit de ses propres mains.

VINCENT : Voilà une bien tragique histoire, je n'ai jamais entendu rien de pareil.

ANTOINE : Celui qui me l'a racontée jura que c'était la vérité. Et c'est quelqu'un de confiance. Voici donc une femme qui n'hésita pas à faire part de ses projets à un tiers, et je connais personnellement celui à qui elle confia l'argent qui devait lui assurer la canonisation. La tentation que subissait cette femme n'était pas, je crois, causée par la peur, mais par la méchanceté et l'orgueil. Elle caressait avec délices ses diaboliques projets et, comme je vous l'ai dit, cela ne lui causait aucun souci, aucune peine. Elle n'aurait eu que faire de paroles réconfortantes. Tout ce qu'on aurait pu tenter, c'eût été de la conseiller sagement. Je vous l'ai dit, dans cette tentation du suicide c'est de conseils qu'on a besoin, non de réconfort ; nous sortons donc ici de notre sujet. (...)

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
avatar
ami de la Miséricorde
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !

Messages : 4138
Date d'inscription : 20/04/2013
Age : 59

http://www.saintmichel-princedesanges.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Mar 8 Aoû 2017 - 19:44

XVI. DE CEUX QUI VEULENT SE TUER POUSSÉS PAR LE DÉMON QUI LEUR FAIT CROIRE À UNE RÉVÉLATION DIVINE

Pour bien vous montrer que ces deux exemples ne sont pas inventés, je vous rappellerai une histoire que vous avez lue dans les conférences de Cassien. Si vous ne l'avez pas lue vous pourrez facilement l'y trouver. Je l'ai moi-même à moitié oubliée. Voici ce dont je me souviens : Un moine vécut longtemps comme un saint dans le désert. Il jouissait de l'estime de ses confrères et des anachorètes. Pourtant, quelques-uns craignaient que les nombreuses révélations qu'il faisait ne fussent des tromperies du démon. Par la suite, on vit bien que c'en étaient, car le diable l'avait si subtilement envoûté, il lui avait insufflé un tel orgueil que, finalement, il l'amena à se tuer. Pour autant que je m'en souvienne sans avoir l'ouvrage sous les yeux, il lui persuada que telle était la volonté divine et qu'ainsi il irait droit au ciel. Si tel était le motif de son suicide, il n'entre pas dans notre propos de parler de ce moine, car il se complaisait dans son idée de suicide et il avait plus besoin d'être sagement conseillé pour ne pas céder aux séductions du Malin, que d'être réconforté. Mais si le diable lui avait fait comprendre comment il avait été trompé et s'il l'avait poussé à se suicider par honte ou par désespoir, alors cette histoire entrerait dans notre sujet. Car alors son orgueil serait tombé et il aurait souffert de pusillanimité, de cette sorte de « terreur nocturne » dont je vous parlais. Si tel avait été son cas, le conseil à lui donner eût consisté en une parole encourageante.

Mais, comme je vous le disais, cet acte ne relève ni du courage, ni de la force de caractère, non seulement parce que la véritable force (qui est une vertu chez les gens raisonnables) doit toujours être accompagnée de prudence, mais aussi parce que en y réfléchissant bien on verra que le motif du suicide est une peur folle, même chez ceux qui sont connus pour leur bravoure.

Prenez par exemple Caton d'Utique, qui se tua après la victoire de Jules César. Saint Augustin déclare dans son ouvrage De civitate Dei qu'en se suicidant Caton ne fit preuve d'aucune grandeur, d'aucune force de caractère, mais seulement de manque de résistance dans l'adversité. Il n'avait pas le courage d'assister au triomphe d'un autre ni de souffrir les malheurs qu'il pressentait. Ainsi, comme saint Augustin le prouve, cet acte horrible n'exige aucun courage. Il peut être causé par une imagination perverse, qui détourne du respect de soi-même. Dans ce cas, l'homme doit être ramené à la raison par de bons conseils, ou alors, cet acte est le fait d'un homme qui manque de force de caractère. Dans ce cas, ce qu'il lui faut c'est une solide consolation, un puissant réconfort. (...) Si nous nous trouvions devant un homme très pieux, comme le père dont parle Cassien, un homme connu pour son austérité, pour sa très grande vertu, ayant une vie spirituelle très profonde, et sujet à de nombreuses et étranges visions, si donc nous nous apercevions que cet homme nourrit secrètement des idées de suicide, nous devrions, avant d'agir pour l'empêcher de les mettre à exécution, étudier son caractère et ses comportements. (...)

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
avatar
ami de la Miséricorde
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !

Messages : 4138
Date d'inscription : 20/04/2013
Age : 59

http://www.saintmichel-princedesanges.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Mer 9 Aoû 2017 - 18:53

XVI. DE CEUX QUI VEULENT SE TUER POUSSÉS PAR LE DÉMON QUI LEUR FAIT CROIRE À UNE RÉVÉLATION DIVINE

ANTOINE : (...) Il nous faudrait voir s'il est gai et joyeux, ou mélancolique et triste, et s'il vit dans l'espoir de mériter le ciel ou s'il a le cur lourd d'ennui et de dégoût du monde. S'il était du premier type, il faudrait croire que le diable l'a rempli de puérile vanité au moyen d'hallucinations. Un tel homme prend ses hallucinations pour la preuve que Dieu veut qu'il se tue de ses propres mains.

VINCENT : Quels conseils donner dans un tel cas ?

ANTOINE : Ce serait hors de notre sujet, puisque cet homme ne serait pas un personnage tourmenté par une épreuve mais plutôt la victime consentante d'une tentation mortelle. En parler serait allonger considérablement cette conversation et nous n'en terminerions pas aujourd'hui. Je vous dirai pourtant que le conseil à donner doit viser à ceci : se garder des embûches du démon. Mais il faut avoir beaucoup de délicatesse et de doigté pour ne pas heurter l'intéressé, car il est engourdi par la malice du démon, son esprit est occupé par un rêve fascinant et il n'écouterait pas celui qui le viendrait secouer. Il faut le réveiller avec douceur, comme un enfant.

Commencez donc par un éloge ; s'il est fier il écoutera plus volontiers les compliments que les reproches ; une fois que vous aurez gagné sa faveur, vous pourrez insinuer que ses visions sont mises en doute par telle ou telle personne. Si vous n'avez pas trop peur d'un innocent mensonge pour faire le bien (de cette espèce que saint Augustin, tout en le considérant comme un péché, déclare qu'il n'est que véniel, tandis que saint Jérôme n'est même pas aussi sévère), alors vous pouvez feindre qu'un de vos amis est dans un cas semblable. Vous pouvez dire que vous craignez pour lui le danger et que c'est par amitié pour cette tierce personne que vous venez le trouver comme un bon père à qui vous demandez son avis.

Il faut vous rappeler ces mots de saint Jean : « Ne vous fiez pas à tout esprit, mais éprouvez les esprits pour voir s'ils viennent de Dieu » (1 Jn., 4, 1) ; et ces mots de saint Paul : « Satan lui-même se déguise bien en ange de lumière » (2 Cor., 11, 14). Vous tâcherez alors de reconnaître par quel signe infaillible on peut distinguer les vraies révélations des fausses. On en trouvera dans maints auteurs et aussi dans un traité intitulé De probatione spirituum du maître Jean de Gerson. Il faut observer si le comportement de celui qui prétend avoir des visions est naturel ou non, s'il paraît « pauvre d'esprit » ou vaniteux, s'il se complaît dans ses propres louanges. Il se peut qu'il soit trop fin, ou qu'il désire être admiré pour son humilité, alors il refusera d'écouter les compliments. Mais s'il montre la moindre méfiance à l'égard des révélations qui lui sont faites, s'il laisse percer la crainte de se trouver devant des illusions diaboliques, il faudrait, d'après maître Gerson, considérer que ce sont là des signes que le diable est bel et bien dans son coeur. (...)

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
avatar
ami de la Miséricorde
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !

Messages : 4138
Date d'inscription : 20/04/2013
Age : 59

http://www.saintmichel-princedesanges.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Jeu 10 Aoû 2017 - 18:51

XVI. DE CEUX QUI VEULENT SE TUER POUSSÉS PAR LE DÉMON QUI LEUR FAIT CROIRE À UNE RÉVÉLATION DIVINE  

ANTOINE : (...) Si le diable est assez subtil pour rester caché et ne souffler mot, alors il faut bien observer vers quel but tendent ces révélations, si c'est vers quelque profit spirituel pour lui-même ou pour quelqu'un d'autre ou seulement de vains sujets d'émerveillement. Il faut voir si elles le libèrent de quelque vertueux devoir auquel l'oblige sa qualité de chrétien ou sa profession, ou s'il tombe dans quelque singularité d'opinion contre la sainte Écriture ou contre l'Église catholique. Maître Jean de Gerson parle de maints autres signes auxquels on peut voir si une personne qui n'a ni révélations divines ni illusions démoniaques feint d'en avoir, en vue de gagner de l'argent, de conquérir quelque faveur ou de tromper le monde.

Mais maintenant, revenons à notre sujet. Si parmi tous ces signes qui permettent de distinguer les vaines apparences des vraies révélations, cet homme avance n'importe quoi contre la Sainte Écriture ou la foi de l'Église, alors vous avez une entrée en matière par laquelle, si vous voulez, vous pouvez aborder votre sujet, et il ne vous échappera plus. Ou encore, vous pouvez aussi, si vous le voulez, feindre que cet ami pour qui vous venez demander conseil a été amené à des pensées de suicide par une apparition. Lui l'appelle un ange, vous, vous craignez bien que ce ne soit le diable. Vous affirmez ne pas parvenir à le persuader qu'il se trompe quand il soutient que Dieu veut qu'il se tue. Il s'imagine que, par ce suicide, il participera à la passion du Christ et que des anges l'emporteront au ciel. Dites que votre ami se réjouit à cette pensée, qu'il est aussi fermement résolu à se donner la mort qu'un autre à l'éviter. Vous venez demander comment vous y prendre pour détourner votre ami de son funeste projet et lui montrer son erreur, vous ne voulez pas qu'il perde son corps et son âme à cause de ces hallucinations diaboliques qu'il prend pour des révélations divines.

C'est en cherchant à vous renseigner au profit d'autrui, que l'homme, s'il est pieux, trouvera ce qui convient le mieux à son propre cas. Les arguments qu'il donnera, même s'ils sont moins bons que d'autres, auront beaucoup de prise sur lui, parce qu'il les aura trouvés lui-même. S'il refuse de vous aider, alors il ne vous reste plus qu'à attaquer de front le problème, lui dire que vous avez entendu parler de ses projets et que vous venez l'exhorter à y renoncer. À moins que vous ne désiriez dire que vous avez déjà discuté le projet avec votre ami imaginaire, ainsi vous pourriez introduire la preuve que les révélations ne sont qu'illusions.

VINCENT : Cher oncle, je vous accorde que si on veut faire du bien à quelqu'un il faut trouver une manière agréable de le faire. Si on se rend antipathique, on ne sera pas écouté et les conseils seront inutiles. Mais une fois cette sympathie acquise, quels arguments employer pour convertir ? (...)

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
avatar
ami de la Miséricorde
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !

Messages : 4138
Date d'inscription : 20/04/2013
Age : 59

http://www.saintmichel-princedesanges.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Message  ami de la Miséricorde le Ven 11 Aoû 2017 - 16:45

XVI. DE CEUX QUI VEULENT SE TUER POUSSÉS PAR LE DÉMON QUI LEUR FAIT CROIRE À UNE RÉVÉLATION DIVINE

ANTOINE : (...) Tous ceux qui feront comprendre qu'on s'est trompé, que ces « révélations » ne sont que diableries. Tout cela dépendra de la personne et des circonstances. Vous pouvez vous inspirer de l'évolution qu'a subie son caractère en lui montrant que depuis ses « révélations » il a faibli dans tel et tel domaine (ceux qui fréquentent les victimes de telles illusions remarquent des transformations semblables). Ces personnes deviennent plus orgueilleuses, plus capricieuses, plus envieuses, plus méfiantes, leur jugement n'est plus droit, ils corrompent leur entourage en se grisant de louanges et d'autres faiblesses de l'âme.

Cette évolution vous permettra de conclure si ces révélations sont fausses, ou si elles sont plus étranges que profitables. C'est le critère qui permet de distinguer les miracles de Dieu des hallucinations du démon. Le Christ et les saints font des miracles qui apportent toujours grand profit ; le diable, ses sorcières, ses nécromanciens font, avec beaucoup d'ostentation, des tours qui n'apportent rien à personne, comme un jongleur qui émerveille son monde dans une fête foraine.

En vous inspirant de la loi de Dieu vous pourrez prouver par les saintes Écritures que ce qu'on croit être ordonné par l'ange du Seigneur est justement ce que Dieu a défendu. Dans le cas qui nous occupe, c'est si facile à trouver que je n'ai pas besoin de vous le rappeler : dans les dix commandements, Dieu a formellement proscrit l'homicide, par conséquent il est interdit de se tuer soi-même.

VINCENT : C'est vrai, mon oncle, je ne puis discuter cette défense, mais puisque Dieu peut à la fois ordonner et dispenser de suivre ses commandements, cet homme, s'il désire tuer soit un autre soit lui-même peut être amené à croire que Dieu lui ordonne de se tuer et, par conséquent, se croire dégagé de la défense et engagé par l'ordre contraire, comment dès lors lui ferons-nous admettre que ses visions ne sont qu'illusions ?

ANTOINE : Non, mon neveu Vincent, vous n'avez pas besoin de me demander cela à moi. Vous savez parfaitement que c'est à Dieu qu'il faut le demander. Puisque Dieu l'a défendu lui-même, un jour, il peut aussi dispenser quelqu'un de lui obéir, mais il ne faut pas oublier que le diable peut se faire passer pour Dieu et tromper qui il veut dans une apparition prestigieuse. Si cette apparition entraîne à désobéir aux commandements de Dieu, il y a de grandes chances pour que ce soit une hallucination démoniaque et non une apparition divine. Vous pourrez le faire remarquer et demander à la personne comment elle peut connaître l'authenticité de ses visions (...)

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
avatar
ami de la Miséricorde
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !
C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !

Messages : 4138
Date d'inscription : 20/04/2013
Age : 59

http://www.saintmichel-princedesanges.com/

Revenir en haut Aller en bas

Page 8 sur 15 Précédent  1 ... 5 ... 7, 8, 9 ... 11 ... 15  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum