13 août Saint Hippolyte de Rome
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13 août Saint Hippolyte de Rome

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13 août Saint Hippolyte de Rome

Message  ami de la Miséricorde le Sam 12 Aoû 2017 - 18:42



La Prière de Saint Hippolyte de Rome « Dis-moi, ô Bienheureuse Marie, qu'as Tu conçu dans ton Sein ? » :

« En respirant ce Parfum, la Bienheureuse Vierge Marie conçut le Verbe dans Son sein. Dis-moi, ô Bienheureuse Marie, qu'as Tu conçu dans ton Sein ? Qui était Celui que Tu portais dans ton Sein virginal ? C'était le Verbe premier-né de Dieu qui, descendu des cieux en Toi, venait être pétri en ton Sein comme premier-né de l'homme, pour que le premier-né Verbe de Dieu se montrât uni à l'homme comme premier-né. Ô Bienheureuse Femme qui s’est jetée aux pieds du Christ pour être emportée avec Lui dans le ciel. C’est là ce que disent Marthe et Marie : « Nous ne te laissons pas échapper ». Monte vers le Père et présente la nouvelle offrande. Offre Ève qui désormais ne s’est plus égarée mais s’est saisie passionnément avec la main de l’arbre de vie. Ne me laisse plus sur la terre pour que je ne m’y égare plus, mais emporte-moi dans le ciel. Ô Sainte Femme qui ne voulait plus être séparée du Christ. Amen. »

Source : site-catholique.fr

DÉMONSTRATION DU CHRIST ET DE L’ANTECHRIST

PAR SAINT HIPPOLYTE.


Vous m’avez souvent demandé, mon cher frère Théophile, de vous donner des éclaircissements sur les principales propositions que j’avais livrées à vos méditations ; je me rends enfin à votre désir, sur un sujet si digne de nous occuper ; et c’est en puisant dans les saintes Écritures, comme dans une source sacrée, les preuves dont j’ai besoin, que je rendrai présents à votre esprit tous les côtés du sujet en discussion. C’est ainsi que, loin de vous contenter de quelques vains sons qui frappent votre oreille, votre esprit pénétrera dans l’essence intime des choses, et votre admiration vous fournira un nouveau sujet de louanges envers Dieu. J’ai lieu d’espérer que cette étude, en fortifiant votre esprit et en jetant dans votre cœur, comme dans une terre toute préparée, une semence féconde, vous servira de sauvegarde à l’avenir contre les dangers du monde ; elle vous fournira aussi des armes pour triompher de ceux qui refusent de croire à nos salutaires doctrines. Prenez garde, toutefois, de vous exposer aux morsures des langues méchantes des incrédules, (car c’est un redoutable écueil ;) mais ayez soin de ne livrer vos enseignements qu’à des hommes religieux et fidèles, et qui ont le désir de marcher saintement dans les voies de la justice et de la crainte de Dieu ; car c’est avec raison que le bienheureux apôtre saint Paul, s’adressant à Timothée, a dit : « Ô Timothée[1] ! gardez bien le dépôt qui vous a été confié, évitant avec soin les paroles vaines et profanes, et les disputes qu’on décore du faux nom de science ; car plusieurs ont erré en s’y abandonnant. » Et plus loin il ajoute : « Quant à vous, mon fils, fortifiez-vous par la grâce qui est en Jésus-Christ, et ayez soin de recommander aux hommes fidèles, qui seront capables de les communiquer à d’autres, les choses que je vous ai dites dans mes exhortations particulières[2]. » Lors donc que le bienheureux Apôtre ne livrait qu’avec précaution et crainte la connaissance des choses qui sont à la portée de tous, prévoyant qu’elles ne trouveraient pas créance dans tous les esprits, à quels plus grands dangers ne nous exposerions-nous pas, si, légèrement et sans nécessité, nous allions révéler aux profanes et aux indignes les plus hauts mystères de la Religion[3] !

II. Nous prendrons pour guides et pour flambeaux les saints prophètes qui, par leur foi dans le Verbe, ont entrevu les mystères, qui ont raconté le passé, le présent et l’avenir ; c’est par là qu’ils ont été non-seulement les hommes de leur siècle, mais encore les hommes des âges futurs. Remplis de l’esprit de prophétie, inspirés par le Verbe, ils étaient eux-mêmes comme un instrument harmonieux que Dieu faisait résonner, et dont il se servait pour annoncer au monde ses volontés et ses desseins. Et certes, il ne faut point croire que, s’ils parlaient de l’avenir, ce fût de leur propre mouvement ; mais c’était la sagesse même du Verbe qui parlait par leur bouche, et qui, après avoir dévoilé à leur esprit les choses futures, les chargeait de les révéler[4]. Il faut donc admettre que les choses qu’ils voyaient avec les yeux de la foi, et que Dieu leur manifestait pour les révéler ensuite, étaient des choses cachées au vulgaire. Car pourquoi aurait-on donné le nom de prophète à un prophète, si ce n’est parce qu’animé de l’esprit de Dieu, il possédait le don de prédire l’avenir ? Car le prophète lui-même cesse d’être prophète lorsqu’il parle d’un événement qui est à la connaissance de tous ; mais il est reconnu pour prophète du moment où il annonce les choses futures. C’est pour cela que le nom de prophète signifie, ceux qui voient depuis le principe des choses[5]. Quant à nous, instruits par leurs prophéties, ce n’est point notre sentiment particulier que nous exposons ; car nous ne devons pas chercher à exprimer dans des termes inusités les choses qui nous ont été annoncées, et tomber ainsi dans des explications arbitraires que chacun entend selon qu’il lui convient ; car c’est le devoir de celui qui parle d’exposer fidèlement les choses qu’il est chargé de faire connaître ; et celui qui l’écoute doit tâcher de mettre à profit ce qu’il entend. Ils ont donc l’un et l’autre un devoir à remplir : l’orateur doit s’expliquer sans contrainte et en toute liberté ; et quant à celui qui l’écoute, il doit recevoir avec une foi entière les choses qui lui sont dites ; c’est dans ces dispositions, et après avoir adressé votre prière à Dieu, que je vous prie de vouloir bien m’écouter.

III. Vous désirez connaître comment le Verbe de Dieu, s’assujétissant à la volonté de Dieu, après avoir été jusque là le Verbe tout-puissant, se manifesta jadis aux saints prophètes[6]. Remarquons d’abord, et avant d’aller plus loin, que le Verbe, dans sa miséricorde infinie, ne fait acception de personne ; connaissant la faiblesse humaine, il se sert du ministère de tous les saints ; il les éclaire et leur inspire ce qu’ils doivent nous enseigner, afin que nous arrivions à notre salut éternel. Ils se plaît à instruire les ignorants, à ramener dans la bonne voie ceux qui s’égarent. Il se laisse facilement trouver par ceux qui le cherchent avec foi ; il ne tarde pas d’ouvrir sa porte à ceux qui viennent y frapper avec des pensées pures et un cœur chaste. Car il ne repousse aucun de ses serviteurs comme indigne des divins mystères. Il ne fait pas plus de cas du riche que du pauvre, et il ne méprise pas le pauvre à cause de sa pauvreté. Il ne reproche pas sa barbarie à celui qui est barbare, et il ne rejette pas l’eunuque comme n’étant pas un homme complet. Il ne hait pas la femme dont la désobéissance produisit le péché originel, et il ne condamne pas l’homme à l’opprobre, parce qu’il viola la loi qui lui avait été donnée : mais il ouvre à tous le trésor de ses miséricordes, et il désire les sauver tous. Il offre son aide à tous les enfants de Dieu, et il confond tous les saints dans l’idée d’une seule et unique perfection. Car lui seul est le Fils de Dieu, et c’est par sa grâce et par celle de l’Esprit saint qu’après avoir été purifiés dans notre régénération, nous espérons tous arriver un jour à cette même et unique perfection.

IV. Le Verbe était incorporel avant qu’il vînt revêtir sa chair sacrée dans le sein de la sainte Vierge, formant lui-même le vêtement qui devait être déchiré et mis en lambeaux sur l’arbre de la croix. C’est ainsi qu’il fit participer notre corps mortel à sa propre vertu ; il rendit incorruptible ce qui était sujet à la corruption ; il rendit fort ce qui était faible ; il donna le salut à ce qui avait péri. La passion peut donc être comparée au tisserand qui a tissu la robe qui devait être déchirée sur la croix ; les fils qui la composent, c’est la vertu de l’Esprit saint ; la trame, c’est sa chair sacrée formée par le Saint-Esprit, et dont les différentes parties sont liées entre elles par la divine charité du Christ ; l’instrument qui enlace les fils, c’est le Verbe ; enfin, les ouvriers de cette tunique sacrée, ce sont les patriarches et les prophètes ; car c’est par leurs prédictions que la puissance du Verbe a pénétré de toutes parts comme des rayons de lumière, pour arriver ainsi au parfait accomplissement des desseins de son Père.

V. Mais il est temps d’aborder le sujet que nous nous sommes proposé d’expliquer ; et après avoir rendu grâce à la gloire du Tout-Puissant dans le commencement de ce discours, nous allons interroger les saintes Écritures, qui nous apprendront ce qu’il faut entendre par la venue de l’Antechrist ; dans quel temps, dans quel âge du monde doit-il apparaître[7], d’où viendra-t-il, quelle sera sa patrie, quel sera son véritable nom, que les Écritures se contentent d’indiquer par un nombre ; comment entraînera-t-il les peuples dans l’erreur, les rassemblant sous le même étendard de tous les bouts du monde ; de quelles tribulations, de quelles persécutions affligera-t-il les saints, et comment se fera-t-il passer lui-même pour un Dieu ; quelle sera sa fin ; comment s’annoncera la venue du Seigneur du haut des cieux, ainsi que la conflagration générale de l’univers ; quel sera le règne glorieux et céleste des saints ayant le Christ à leur tête, et comment s’effectuera le châtiment des impies par le feu ?

VI. Notre Seigneur Jésus-Christ est annoncé dans sa venue semblable à un lion[8], à cause de la hauteur et de la splendeur de sa gloire ; les Écritures désignent aussi l’Antechrist sous la figure du lion, à raison de sa tyrannie et de sa violence. Car le tentateur voudrait se montrer en tout semblable au Fils de Dieu. Le Christ est un lion, l’Antechrist est pareillement un lion : le Christ est roi, l’Antechrist est roi ; le Seigneur s’est montré comme un agneau[9], l’Antechrist cachera sa nature de loup sous la douceur d’un agneau. Le Sauveur a été circoncis lors de sa venue dans le monde ; l’Antechrist le sera pareillement. Le Seigneur a envoyé ses apôtres prêcher toutes les nations ; il enverra aussi en tous lieux de faux apôtres. Le Sauveur[10] est venu ramener au bercail les brebis égarées ; l’Antechrist rassemblera également autour de lui ceux des siens qui seront dispersés. Le Sauveur a donné à ses fidèles un signe de ralliement ; il en donnera un également aux siens. Le Sauveur s’est montré sur la terre sous une forme humaine ; l’Antechrist viendra sous la même forme. Le Sauveur a construit un temple avec sa chair[11] ; l’Antechrist construira aussi un temple à Jérusalem. Nous énumèrerons plus loin tous les artifices qu’il emploiera pour séduire. Reprenons quant à présent le sujet que nous avons annoncé.

VII. Lorsque le patriarche Jacob donna sa bénédiction à ses enfants, il prophétisa la venue du Sauveur du monde, en ces termes : « Juda, tes frères chanteront tes louanges. Tes ennemis éprouveront la pesanteur de ton bras : les fils de ton père t’adoreront. Juda est semblable à un lionceau. Dans ton repos, tu t’es endormi comme un lion et comme le petit d’une lionne : qui l’éveillera ? Le sceptre et la puissance resteront dans la tribu de Juda, jusqu’à ce que celui qui doit être envoyé soit venu, et il sera l’attente des nations. Il attachera son ânesse à une vigne par son licol, et son ânon à un cep de vigne. Il lavera sa robe dans le vin, et son manteau dans le sang du raisin. Ses yeux seront plus rouges que le vin, et ses dents seront plus blanches que le lait[12]. »

VIII. J’aurais pu rapporter ces paroles avec des expressions équivalentes ; j’ai préféré vous faire connaître le texte même. La parole divine a une puissance particulière de persuasion. Celles que je viens de citer sont divines et sublimes, et elles s’expliquent naturellement. Le prophète désigne par un lionceau celui qui est de la race de David selon la chair, bien qu’il n’ait pas été engendré de la semence de David, mais il a été conçu du Saint-Esprit, et il procède d’un germe sanctifié, quoiqu’il appartienne à la terre. Ce qui était annoncé par Isaïe en ces termes : « Une verge sortira de la tige de Jessé, et une fleur naîtra d’elle[13]. » Ce que Jacob appelle le germe, Isaïe le désigne par une fleur. Car le Christ a germé d’abord, et puis il a fleuri dans le monde. Ensuite, lorsque Jacob a dit qu’il s’est couché, qu’il a dormi comme un lion, et comme le petit d’une lionne, il a voulu signifier le sommeil du Christ pendant trois jours dans le tombeau. Et aussi Isaïe a dit : « Comment la fidèle Sion est-elle devenue une prostituée, et s’est-elle remplie de crimes ? Celle qui se reposait dans la justice est pleine d’homicides[14]. » Et aussi David a dit : « Je me suis endormi, et j’ai été comme anéanti dans mon sommeil ; mais je me réveille, parce que le Seigneur viendra à mon aide[15]. » Il fallait que cette prophétie montrât qu’il s’est endormi, et qu’ensuite il s’est éveillé. Or, Jacob dit : « Qui l’éveillera ? » Ce qui revient à la même pensée exprimée par David, et comme l’explique saint Paul : « Puisque c’est Dieu le Père qui l’a rappelé d’entre les morts[16]. »

IX. Et ensuite Jacob, en disant : « Le sceptre et la puissance resteront dans la maison de Juda, jusqu’à la venue de celui qui a été promis : et il sera l’attente des nations, » montre par-là l’accomplissement de la prophétie. Car le Messie est notre attente. C’est lui que nous voyons des yeux de la foi, venant vers nous du haut du ciel par sa propre vertu.

X. Il attachera son ânesse à un cep de vigne : c’est-à-dire qu’il marque son peuple élu par le signe de la circoncision. Car lui-même il était la vigne[17]. Et il attachera son ânon à la vigne ; c’est-à-dire il ramènera son peuple à lui du milieu des nations, et il aura une seule foi, et sera marqué du même signe, celui de la circoncision.

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https://fr.wikisource.org/wiki/Les_P%C3%A8res_de_l%E2%80%99%C3%89glise/Tome_8/D%C3%A9monstration_du_Christ_et_de_l%E2%80%99Antechrist_%28saint_Hippolyte%29

Source : wikisource.org

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