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La Providence et la confiance en Dieu par Fr. Garrigou-Lagrange

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Message  ami de la Miséricorde le Mer 19 Fév 2020 - 15:18

QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE PREMIER
POURQUOI ET EN QUOI NOUS DEVONS NOUS ABANDONNER A DIEU

Pourquoi devons-nous nous abandonner à la divine Providence ?


Tout chrétien répondra : à cause de sa sagesse et de sa bonté. C'est bien certain, mais pour le bien entendre et éviter l'erreur quiétiste qui renonce plus ou moins à l'espérance et à la lutte nécessaire au salut, pour éviter aussi l'autre extrême : l'inquiétude, la précipitation et l'agitation fébrile et stérile, il convient d'énoncer quatre principes déjà accessibles en un sens à la raison naturelle et clairement exprimés par la Révélation dans l'Écriture. Ce sont les principes mêmes de la vraie doctrine de l'abandon, ils nous en montrent le motif.

Le premier de ces principes est celui-ci : Rien n'arrive que Dieu ne l'ait prévu de toute éternité et qu'il ne l'ait voulu ou du moins permis.

Rien n'arrive, soit dans le monde matériel, soit dans le monde spirituel, que Dieu ne l'ait prévu de toute éternité, car il ne passe pas comme nous de l'ignorance à la connaissance, et les événements ne peuvent rien lui apprendre de nouveau. Non seulement Dieu a prévu tout ce qui arrive et arrivera, mais, dans ces choses, ce qu'il y a de réel et de bon, il l'a voulu, et ce qu'il y a de mal, de désordre moral, il l'a seulement permis. La sainte Écriture, nous l'avons vu, est formelle sur ce point, qui ne laisse place à aucun doute, comme l'ont déclaré les Conciles.

Le second principe est que Dieu ne peut rien vouloir et rien permettre qu'en vue de la fin qu'il s'est proposée en créant, c'est-à-dire qu'en vue de la manifestation de sa bonté, de ses perfections infinies, et en vue de la gloire de l'Homme-Dieu, Jésus-Christ, son Fils unique. Comme le dit saint Paul, I Cor., III, 23 : « Tout est à vous, mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu : Omnia enim vestra sunt, vos autem Christi, Christus autem Dei ».
A ces deux principes s'ajoute celui-ci, formulé encore par saint Paul aux Rom., VIII, 28 : « Nous savons que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son éternel dessein » et qui persévèrent dans son amour.

Dieu fait concourir à leur bien spirituel, non seulement les grâces qu'il leur accorde, non seulement les qualités naturelles qu'il leur a données, mais aussi les maladies, les contradictions, les échecs, jusqu'à leurs fautes, dit saint Augustin, qu'il ne permet que pour les conduire à une humilité plus vraie et par là à un amour plus pur, comme il permit le triple reniement de saint Pierre pour le rendre plus humble et plus défiant de lui-même, par là même plus fort, plus confiant en la divine Miséricorde.

Ces trois premiers principes se résument donc ainsi : « Rien n'arrive que Dieu ne l'ait prévu et voulu ou du moins permis ; il ne veut rien et ne permet rien que pour la manifestation de sa bonté et de ses perfections infinies, pour la gloire de son Fils et le bien de ceux qui l'aiment ».

Ces trois principes nous montrent que notre confiance dans la Providence ne saurait être trop filiale, trop ferme ; nous pouvons même dire qu'elle doit être aveugle, comme la foi qui porte sur les mystères non évidents, non vus, fides est de non visis ; nous sommes en effet certains d'avance que c'est au bien que la divine Providence ordonne infailliblement toutes choses, et nous sommes plus sûrs de la rectitude de ses desseins que de la droiture de nos intentions les meilleures.

Nous n'avons donc, en nous abandonnant à Dieu, rien à craindre; que de ne pas lui être assez soumis.

Mais ces derniers mots nous obligent à formuler, contre le quiétisme, un quatrième principe, non moins certain que les précédents : cet abandon ne nous dispense pas évidemment de faire ce qui est en notre pouvoir pour accomplir la volonté de Dieu signifiée par les préceptes, les conseils, les événements ; mais, quand nous avons loyalement voulu l'accomplir au jour le jour, nous pouvons et devons nous abandonner pour le reste à la volonté divine de bon plaisir, si mystérieuse soit-elle, et éviter l'inquiétude vaine et l'agitation.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Jeu 20 Fév 2020 - 15:40

QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE PREMIER
POURQUOI ET EN QUOI NOUS DEVONS NOUS ABANDONNER A DIEU

Pourquoi devons-nous nous abandonner à la divine Providence ?

Ce quatrième principe est équivalemment formulé par le Concile de Trente, sess. VI, c. 13, lorsqu'il dit que tous nous devons très fermement espérer dans le secours de Dieu, et nous confier en lui, en veillant à l'accomplissement de ses préceptes.

Le proverbe commun dit aussi : « Fais ce que dois, advienne que pourra ».
Tous les théologiens expliquent ce qu'est la volonté divine signifiée par les préceptes, l'esprit des conseils et les événements.

Ils ajoutent qu'en nous conformant à cette volonté signifiée[, nous devons nous abandonner à sa volonté divine de bon plaisir, si cachée soit-elle, car nous sommes sûrs d'avance que c'est pour le bien qu'elle veut ou permet saintement toutes choses.

Il faut ici particulièrement noter ce qui est dit dans l'Évangile de saint Luc, XVI, 10 : « Celui qui est fidèle dans les petites choses est fidèle aussi dans les grandes » ; si nous faisons chaque jour le possible pour être fidèle au Seigneur dans les choses ordinaires de la vie, ayons confiance qu'il nous accordera la grâce pour lui être fidèle dans les circonstances extrêmes, s'il permet que nous y soyons placés ayons confiance qu'il nous donnera la grâce de mourir héroïquement plutôt que de rougir de lui, et de le trahir, si un jour ou l'autre nous avons à souffrir pour lui.

Tels sont les principes de la doctrine de l'abandon confiant. Ces principes acceptés par tous les théologiens sont sur ce point comme l'expression de la foi chrétienne. On trouve ainsi l'équilibre au-dessus des deux erreurs que nous rappelions au début de cet article.

Par la fidélité au devoir de minute en minute on évite la fausse et paresseuse quiétude des quiétistes, et par l'abandon confiant on échappe à l'inquiétude vaine et à l'agitation stérile. Cet abandon serait paresse s'il ne supposait pas la fidélité quotidienne, qui est comme le tremplin pour s'élancer sûrement dans l'inconnu. Cette fidélité quotidienne à la volonté divine signifiée donne comme le droit de s'abandonner pleinement pour l'avenir à la volonté divine de bon plaisir non encore manifestée.

L'âme fidèle se rappelle souvent la parole de Notre-Seigneur : « Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père » ; elle-même se nourrit constamment de la volonté divine signifiée, et elle s'abandonne à la volonté divine non encore manifestée, un peu comme le nageur, s'appuyant sur le flot qui passe, se confie au flot qui arrive, à l'océan qui pourrait l'engloutir, mais qui en réalité le porte.

Ainsi l'âme doit avancer vers la haute mer, vers l'océan infini de l'être, comme disait saint Jean Damascène ; elle doit s'appuyer sur la volonté divine manifestée à l'heure présente, pour s'abandonner à la volonté divine dont dépendent les heures qui suivent et tout l'avenir.

L'avenir est à Dieu ; les événements sont dans sa main : si les marchands qui achetèrent Joseph vendu par ses frères étaient passés une heure plus tôt, Joseph n'eût pas été en Égypte et toute sa vie eût été changée; la nôtre dépend aussi de certains événements dont Dieu est le maître. Fidélité quotidienne et abandon confiant donnent ainsi à la vie spirituelle son équilibre, sa stabilité, son harmonie.

On vit ainsi dans un recueillement presque continuel et une abnégation progressive ; ce sont les conditions ordinaires de là contemplation et de l'union à Dieu. Voilà pourquoi nous devons vivre dans l'abandon à la volonté divine encore inconnue, en nous nourrissant de minute en minute de celle qui est déjà signifiée.

Cette union de la fidélité et de l'abandon nous fait entrevoir ce que doit être l'union de l'ascétique qui insiste sur la fidélité ou conformité à la volonté divine et de la mystique qui met l'accent sur l'abandon.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Sam 22 Fév 2020 - 1:14

QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE PREMIER
POURQUOI ET EN QUOI NOUS DEVONS NOUS ABANDONNER A DIEU

En quoi devons-nous nous abandonner à la divine Providence ?


Après nous être conformés aux principes que nous venons d'énoncer, quand nous avons fait tout ce que nous commandent la loi de Dieu et la prudence chrétienne, notre abandon doit s'étendre à tout. Qu'est-ce à dire ?

D'abord à tout l'avenir, à ce que nous serons demain, dans vingt ans et plus tard. Nous devons aussi nous abandonner à Dieu pour le présent, au milieu des difficultés où nous pouvons être à l'heure actuelle ; abandonnons aussi notre passé, nos actes et leurs suites, à la Miséricorde divine.

Il faut de même nous abandonner à Dieu pour ce qui est du corps, santé ou maladie, et pour ce qui est de l'âme, joies et épreuves, de brève ou de longue durée. Il faut nous abandonner à Dieu au sujet de la bienveillance ou de la malice des hommes à notre égard

« Si Dieu est avec nous, dit saint Paul, qui sera contre nous ? Lui qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui l'a livré à la mort pour nous tous, comment avec lui ne nous donnera-t-il pas toutes choses ?... Qui nous séparera de l'amour du Christ ? Sera-ce la tribulation ou l'angoisse, ou la persécution ou la faim, ou la nudité ou le péril ou l'épée... J'ai l'assurance que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu en Jésus-Christ Notre-Seigneur ».

Quel plus parfait abandon, dans la foi, l'espérance et l'amour ? Abandon pour ce qui est des vicissitudes du monde, des révolutions qui peuvent le bouleverser, pour ce qui est de la vie et de la mort, de l'heure de la mort et de la manière douce ou violente dont nous rendrons le dernier soupir.

Les Psaumes disaient de même : « Craignez le Seigneur, car il n'y a point d'indigence pour ceux qui le craignent ; les lionceaux peuvent connaître la disette et la faim, mais ceux qui cherchent le Seigneur ne sont privés d'aucun bien ». (Ps. XXXIII, 10).

« Qu'elle est grande ta bonté, que tu tiens en réserve pour ceux qui te craignent, que tu témoignes à ceux qui mettent en toi leur refuge... Tu les mets à couvert... contre les machinations des hommes, à l'abri des langues qui les attaquent ». (Ps. XXX, 20-21).

Job disait de même : « Je suis environné de moqueurs, mon œil ne s'ouvre que pour voir leurs outrages. O Dieu, sois auprès de toi-même ma caution. Quel autre voudrait me frapper de sa main ? » (Job, XVII, 3).

Comme il est rapporté au livre de Daniel, XIII, 42, c'est ainsi qu'une digne femme, Suzanne, fille d'Helcias, odieusement calomniée par deux vieillards, s'abandonna à Dieu en s'écriant : « Dieu éternel, qui connaissez ce qui est caché et qui savez toutes choses avant qu'elles arrivent, vous savez qu'ils ont rendu un faux témoignage contre moi, maintenant je meurs sans avoir rien fait de ce qu'ils ont méchamment inventé contre moi ».

Comme il est rapporté dans la prophétie, le Seigneur exauça la prière de cette noble femme. Comme on la conduisait à la mort, Dieu éveilla l'esprit d'un jeune enfant nommé Daniel. Celui-ci cria à haute voix : « Pour moi, je suis pur du sang de cette femme ». Tout le peuple se tourna vers lui et lui dit : « Que signifie cette parole que tu dis là ? »

C'est alors que le jeune Daniel, inspiré par Dieu, montra que les deux accusateurs avaient rendu un faux témoignage ; il les sépara l'un de l'autre, les interrogea séparément devant la foule, et, comme ils se contredirent, ils manifestèrent, sans le vouloir, qu'ils avaient menti.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Dim 23 Fév 2020 - 1:39

QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE PREMIER
POURQUOI ET EN QUOI NOUS DEVONS NOUS ABANDONNER A DIEU


En quoi devons-nous nous abandonner à la divine Providence ? Que conclure pratiquement ? C'est qu'en faisant le possible pour accomplir nos devoirs quotidiens, nous devons nous abandonner pour le reste à la divine Providence, avec la plus filiale confiance. Et si nous tâchons vraiment d'être fidèles dans les petites choses, dans la pratique de l'humilité, de la douceur, de la patience, chaque jour pour les choses courantes, le Seigneur, lui, nous donnera la grâce pour être fidèles dans les choses grandes et difficiles, s'il vient à nous les demander ; alors, dans les circonstances extrêmes, il donnera à ceux qui le cherchent des grâces extrêmes.

Il est dit dans le Psaume LIV, 23 : « Jacta super Dominum curam tuam, et ipse te enutriet: Repose-toi sur le Seigneur, et il te soutiendra ; il ne laissera pas à jamais chanceler le juste... Pour moi, je mets en toi ma confiance ».

C'est dans les mêmes sentiments que saint Paul écrit aux Philippiens, IV, 4 : « Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps : je le répète, réjouissez-vous. Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute circonstance faites connaître à Dieu vos besoins par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Que la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus ».

Saint Pierre dit aussi dans sa première Épître, V, 6, pour exhorter à la confiance : « Humiliez-vous sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève au temps marqué ; déchargez-vous sur lui de toutes vos sollicitudes, car lui-même prend soin de vous. Soyez sobres, veillez ; votre adversaire, le démon, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la foi, sachant que vos frères dispersés dans le monde endurent les mêmes souffrances que vous. Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ, après quelques souffrances, achèvera lui-même son œuvre, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables ».

« Beati omnes qui confident in Domino : Heureux ceux qui mettent en Dieu leur confiance » (Ps. II, 13). « Ceux qui se confient dans le Seigneur, dit Isaïe, prennent de nouvelles forces ; ils élèveront leur vol comme des aigles : ils courront et ne se fatigueront point ; ils marcheront et ne se lasseront point ». (Isaïe, XL, 31).

Un modèle parfait de cet esprit d'abandon à la divine Providence est saint Joseph, au milieu de toutes les difficultés qui surgissent pour lui au moment de la naissance du Sauveur, à Bethléem, puis quand il entend la douloureuse prophétie du vieillard Siméon, et lors de la fuite en Égypte loin d'Hérode, jusqu'au retour à Nazareth.

A son exemple, en pratiquant nos devoirs quotidiens, vivons dans cet esprit, et la grâce divine ne nous manquera pas ; par elle nous serons à la hauteur de ce que le Seigneur nous demandera, si difficile que ce puisse être à certaines heures.

CHAPITRE II
COMMENT DEVONS-NOUS NOUS ABANDONNER A LA PROVIDENCE


Nous avons dit pourquoi nous devons nous confier et nous abandonner à la Providence : à cause de sa sagesse et de sa bonté, et en quoi nous devons nous en remettre à elle : en toutes choses, pour l'âme et le corps, à condition d'accomplir nos devoirs quotidiens, et en nous rappelant que, si nous sommes fidèles dans les petites choses, nous obtiendrons la grâce pour l'être aussi dans les grandes.

Voyons maintenant comment nous devons nous confier et nous abandonner à la Providence, selon la nature des événements qui dépendent ou non de la volonté humaine, et quel doit être l'esprit de cet abandon, de quelles vertus doit-il s'inspirer.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Dim 23 Fév 2020 - 14:55

QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE II
COMMENT DEVONS-NOUS NOUS ABANDONNER A LA PROVIDENCE

Des différentes manières de s'abandonner à la Providence selon la nature des événements


Pour bien entendre cette doctrine de sainte indifférence, il convient de remarquer, comme l'ont fait souvent les auteurs spirituels[55], que notre abandon ne doit pas s'exercer de la même manière à l'égard des événements qui ne dépendent pas de la volonté humaine, à l'égard des injustices des hommes et à l'égard de nos fautes et de leurs suites.
S'il s'agit de choses qui ne dépendent pas de la volonté humaine, comme d'accidents impossibles à prévoir, de maladies incurables, notre abandon ne saurait être trop absolu.

La résistance serait inutile et ne servirait qu'à nous rendre plus malheureux ; tandis que l'acceptation, en esprit de foi, de confiance et d'amour, rendra très méritoires ces souffrances inévitables[56]. Dans les circonstances douloureuses chaque fois que nous dirons fiat, ce sera un nouveau mérite ; par là l'épreuve réelle deviendra très sanctificatrice. Bien plus, par l'abandon nous tirerons profit d'épreuves probables, qui n'arriveront peut-être pas, comme Abraham eut un grand mérite de se préparer avec un parfait abandon à l'immolation de son fils, que le Seigneur ne lui demanda plus dans la suite. La pratique de l'abandon change ainsi les épreuves actuelles ou à venir en moyens de sanctification, et cela d'autant plus que cette pratique est inspirée par un plus grand amour de Dieu.

S'il s'agit des souffrances qui nous viennent de l'injustice des hommes, malveillance, mauvais procédés, calomnies, que faut-il faire ?

Saint Thomas, en parlant des injures, des reproches immérités et affronts, des détractions, qui n'atteignent que notre personne, dit qu'il faut être prêt à les supporter avec patience, selon ces paroles de Notre-Seigneur : « Si quelqu'un te frappe sur une joue, présente-lui l'autre » (Matth., V, 39). Mais quelquefois, ajoute-t-il, il convient de répondre, soit pour le bien de celui qui insulte, pour réprimer son audace, soit pour éviter un scandale qui pourrait naître de ces détractions ou calomnies. Si nous croyons devoir répondre ainsi et résister de la sorte, faisons-le en nous remettant au Seigneur pour le succès de cette démarche.

En d'autres termes, nous devons déplorer et réprouver ces injustices, non pas en tant qu'elles blessent notre amour-propre ou notre orgueil, mais en tant qu'elles sont une offense à Dieu, et compromettent le salut de ceux qui s'en rendent coupables et de ceux qu'ils peuvent égarer.

Pour ce qui est de nous, nous devons voir dans l'injustice des hommes à notre égard la justice divine qui a permis ce mal pour nous donner une occasion d'expier d'autres fautes, réelles celles-là, et que personne ne nous reproche. Il convient de voir aussi dans cette épreuve la Miséricorde divine, qui a voulu par là nous détacher des créatures, nous délivrer de nos affections désordonnées, de notre orgueil, de notre tiédeur, en nous mettant dans la nécessité pressante de recourir à une prière de supplication fervente.

Ces injustices sont parfois au point de vue spirituel comme un coup de bistouri très douloureux, mais libérateur. La souffrance qu'elles causent doit nous montrer le prix de la justice véritable, elle doit non seulement nous porter à la pratiquer envers le prochain, mais elle doit faire naître en nous la béatitude de ceux qui ont faim et soif de justice et qui seront rassasiés, comme il est dit dans l'Évangile.

Le mépris des hommes, au lieu de produire en nous le trouble ou l'aigreur, peut nous devenir ainsi grandement salutaire, et nous révéler toute la vanité de la gloire humaine, par contraste, toute la beauté de la gloire divine telle que les saints l'ont comprise. C'est le chemin qui conduit à la vraie humilité qui fait accepter et aimer d'être traité comme une personne digne de mépris.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Lun 24 Fév 2020 - 15:55

QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE II
COMMENT DEVONS-NOUS NOUS ABANDONNER A LA PROVIDENCE

Des différentes manières de s'abandonner à la Providence selon la nature des événements


Enfin s'il s'agit des inconvénients de tout genre qui peuvent résulter, non plus de l'injustice des autres à notre égard, mais de nos propres fautes, de nos imprudences ou de notre faiblesse, que faut-il faire ?

Il faut distinguer dans nos fautes et leurs suites ce qu'il y a de désordonné, de coupable, et l'humiliation salutaire qui en provient. Quoi que puisse dire notre amour-propre, ce qu'il y a de déréglé dans nos actes, nous ne saurions trop vivement le regretter comme injure faite à Dieu, comme mal fait à notre âme, et presque toujours par voie de conséquence à l'âme du prochain.

Quant à l'humiliation salutaire qui en résulte, nous devons l'accepter avec un complet abandon, comme il est dit dans le Psaume CXVIII, 71-75 : « Bonum mihi, quia humiliasti me, Domine, ut discam justificationes tuas... Cognovi, Domine, quia æquitas judicia tua, et in veritate tua humiliasti me... - Il m'est bon d'avoir été humilié, afin que j'apprenne tes préceptes. Mieux vaut pour moi la loi de ta bouche que des monceaux d'or et d'argent... Je sais, Seigneur, que tes jugements sont justes ; c'est dans ta fidélité que tu m'as humilié. Que ta bonté soit ma consolation... Que ta Miséricorde vienne sur moi et que je vive, car je fais mes délices de ta loi ».

L'humiliation qui résulte de nos propres fautes est le vrai remède à l'estime exagérée que nous avons de nous-même et que nous conservons souvent malgré la mésestime ou le mépris que d'autres nous manifestent. Il nous arrive même de nous raidir par orgueil sous l'humiliation qui nous vient du dehors et de nous donner à nous-même l'encens qu'on nous refuse. C'est une des formes les plus subtiles et les plus dangereuses de l'amour-propre et de l'orgueil.

La Miséricorde divine veut nous en corriger par l'humiliation qui provient de nos propres fautes ; dans sa bonté elle les fait concourir elles-mêmes de la sorte à notre avancement ; il faut donc, tout en travaillant à nous corriger, accepter ces humiliations avec un parfait abandon. Bonum mihi, quia humiliasti me, Domine... C'est la voie qui conduit à la pratique de la parole profonde de l'Imitation, si féconde pour qui l'a vraiment comprise : Amare nesciri et pro nihilo reputari : Aimer à être ignoré et considéré comme rien. Il faut vivre de cette doctrine selon la nature des événements qui dépendent ou ne dépendent pas de nous.

Dans quel esprit nous abandonner à la Providence ?

Serait-ce, comme l'ont dit les quiétistes, dans un esprit qui diminue l'espérance du salut, sous prétexte de haute perfection ?

Bien au contraire, ce doit être dans un grand esprit de foi, de confiance et d'amour.
La volonté de Dieu signifiée par ses commandements est que nous devons espérer en lui et travailler avec confiance à notre salut, quels que soient les obstacles ; cette volonté signifiée est le domaine de l'obéissance, et non pas celui de l'abandon. Celui-ci regarde la volonté de bon plaisir, dont dépendent l'avenir incertain pour nous, les choses qui arrivent journellement dans le cours de la vie, comme la santé, la maladie, les succès et les infortunes.

Faire, sous prétexte de perfection, le sacrifice de notre salut, de notre béatitude éternelle, serait chose absolument contraire à l'inclination naturelle vers le bonheur, inclination qui, comme notre nature, nous vient de Dieu. Ce serait contraire à l'espérance chrétienne, non seulement à celle du commun des fidèles, mais à celle des saints qui, dans les plus grandes épreuves, ont héroïquement espéré « contre toute espérance humaine », selon le mot de saint Paul, alors que tout paraissait perdu. Enfin un pareil sacrifice de notre béatitude éternelle serait contraire à la charité elle-même, qui nous fait aimer Dieu pour lui-même, et nous fait désirer le posséder pour le glorifier éternellement.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Mar 25 Fév 2020 - 16:37

QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE II
COMMENT DEVONS-NOUS NOUS ABANDONNER A LA PROVIDENCE

Des différentes manières de s'abandonner à la Providence selon la nature des événements


L'inclination naturelle, qui nous vient de Dieu et nous fait désirer le bonheur, n'est pas désordonnée, car elle nous porte déjà à aimer Dieu, souverain bien, plus que nous-mêmes. Saint Thomas[60] l'a montré : Ainsi, dit-il, dans notre organisme la main est naturellement inclinée à aimer le tout plus qu'elle-même, à se sacrifier pour lui, s'il le faut. Ainsi encore la poule par instinct rassemble ses petits sous les ailes, comme dit Notre-Seigneur, et se sacrifie s'il le faut pour les préserver contre le milan ; parce qu'elle aime inconsciemment le bien de son espèce, plus qu'elle-même.

Cette inclination naturelle existe, sous une forme supérieure, chez l'homme. Et en aimant bien la partie supérieure de lui-même, l'homme aime plus encore son Créateur ; cesser de vouloir notre perfection et notre salut serait nous détourner de Dieu[61]. Il ne saurait donc être question de sacrifier, sous prétexte de haute perfection, le désir de notre salut ou de notre béatitude éternelle, comme l'ont pensé les quiétistes.

Loin de là, l'abandon à Dieu est l'exercice excellent des trois vertus théologales, de foi, d'espérance et de charité, pour ainsi dire fondues ensemble[62].
Mais il est vrai de dire que Dieu purifie notre désir du salut de l'amour-propre qui s'y mêle, par les incertitudes qu'il permet en nous à ce sujet, et qui nous obligent à l'aimer plus purement pour luimême[63].

Il faut s'abandonner à Dieu en esprit de foi, en croyant que, comme le dit saint Paul (Rom., VIII, 28) : tout concourt au bien dans la vie de ceux qui aiment Dieu et qui persévèrent dans son amour. Cet acte de foi est celui que fit le saint homme Job, lorsque, privé de ses biens et de ses enfants, il resta soumis à Dieu, en disant : Le Seigneur a donné, le Seigneur a enlevé, que le nom du Seigneur soit béni ! » (Job, I, 21).

C'est ainsi qu'Abraham s'apprêta à obéir à Dieu qui lui demandait l'immolation de son fils, et qu'avec une très grande foi il s'abandonna pour l'avenir de sa race à la volonté divine de bon plaisir. Saint Paul le rappelle en nous disant dans l'Épître aux Hébreux, XI, 17 : « C'est par la foi qu'Abraham, mis à l'épreuve, offrit Isaac en sacrifice. Ainsi celui qui avait reçu les promesses et à qui il avait été dit : « C'est d'Isaac que naîtra ta postérité », offrit ce fils unique, estimant que Dieu est assez puissant pour ressusciter les morts ».
Certes nos épreuves sont beaucoup moins grandes, bien qu'elles nous paraissent parfois bien lourdes à cause de notre faiblesse.

Du moins, à l'exemple des saints, croyons que le Seigneur fait bien tout ce qu'il fait, quand il nous envoie l'humiliation et la sécheresse, comme lorsqu'il nous comble d'honneurs et de consolations.

Comme le remarque le Père Piny[64], il n'y a pas de plus grande et de plus vive foi que de croire que Dieu dispose tout pour notre bien spirituel, lorsqu'il semble nous détruire, renverser nos meilleurs desseins, lorsqu'il permet la calomnie contre nous, l'altération irrémédiable de notre santé ou des choses plus douloureuses encore[65]. C'est là une grande foi, car c'est croire ce qui parait le moins croyable : que Dieu nous élève en nous abaissant, et c'est le croire non seulement d'une façon théorique et abstraite, mais d'une façon pratique et vécue.

C'est vivre vraiment de la parole de l'Évangile : « Quiconque s'élève (comme le pharisien) sera abaissé, et quiconque s'abaisse (comme le publicain) sera élevé » (Luc, XVIII, 14). C'est vivre la parole du Magnificat : « Deposuit potentes de sede, et exaltavit humiles ; esurientes implevit bonis, et divites dimisit inanes : Le Seigneur a abaissé ceux qui s'enorgueillissaient, et il a élevé les petits ; il a comblé de biens les affamés, et les riches, il les a renvoyés les mains vides » (Luc, I, 52). Tous nous devons être de ces petits par l'humilité, et de ces affamés, par le vif désir de la vérité divine, qui est le vrai pain de l'âme.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Mer 26 Fév 2020 - 16:55

QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE II
COMMENT DEVONS-NOUS NOUS ABANDONNER A LA PROVIDENCE

Dans quel esprit nous abandonner à la Providence ?


Nous devons donc, en accomplissant notre devoir quotidien, nous abandonner au Seigneur avec un grand esprit de foi. Il faut le faire aussi avec une confiance toute filiale dans sa paternelle bonté. La confiance (fiducia ou confidentia) est, dit saint Thomas[66], l'espérance ferme ou fortifiée, qui vient d'une grande foi en la bonté de Dieu auteur du salut. Le motif formel de l'espérance est la bonté de Dieu, toujours secourable, selon ses promesses, Deus auxilians[67].

« Bienheureux, disent les psaumes, ceux qui se confient dans le Seigneur ». (Ps. II, 12). « Ceux qui se confient en Lui sont comme la montagne de Sion ; elle ne chancelle point, elle est assise sur sa base pour toujours ». (Ps. CXXIV, 1.) « Conservez-moi, Seigneur, parce que j'ai espéré en vous ». (Ps. XV, 1). « J'ai placé en vous mon refuge, je ne serai jamais confondu ». (Ps. XXX, 1.)

Saint Paul (Rom., IV, 18), en parlant d'Abraham, qui, malgré son âge très avancé, crut à la promesse divine qu'il deviendrait le père d'un grand nombre de nations, nous dit : « Espérant contre toute espérance, il crut ; ...devant la promesse divine, il n'eut ni hésitation ni défiance ; mais puisant sa force dans la foi, il rendit gloire à Dieu, pleinement convaincu qu'il saurait accomplir sa promesse ».

De même, en faisant notre devoir quotidien, nous devons attendre de Notre-Seigneur la réalisation de sa parole : « Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, elles me suivront... et nul ne les ravira de ma main » (Jean, X, 28). Comme le note le Père Piny[68] après avoir fait sérieusement son devoir, s'abandonner avec confiance entre les mains de Notre-Seigneur, c'est être vraiment comme une brebis. Peut-on mieux entendre la voix du bon Pasteur qu'en acquiesçant constamment à ce qu'il ordonne de nous, qu'en le priant avec amour d'avoir pitié de nous, et en se jetant avec confiance dans les bras de sa miséricorde, avec toutes nos fautes et nos regrets ? C'est en même temps déposer en son sein toutes nos craintes sur notre passé et notre avenir. Ce saint abandon, loin de s'opposer à l'espérance, est la confiance filiale la plus sainte, unie à un amour qui se purifie de plus en plus.

L'amour le plus pur consiste en effet à se nourrir de la volonté de Dieu, à l'exemple de Notre-Seigneur, qui a dit : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son œuvre » (Jean, IV, 34). « Je ne cherche pas ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé » (Jean, V, 30). « C'est pour cela que je suis descendu du ciel » (Jean, VI, 38). Il n'y a donc pas de manière plus noble, plus parfaite, plus pure, d'aimer Dieu, que de faire de la divine volonté la sienne propre, en accomplissant sa volonté signifiée et en s'abandonnant ensuite à son bon plaisir. Pour les âmes qui suivent cette route, Dieu est tout ; elles finissent par pouvoir dire : Deus meus et omnia. Dieu est leur centre, et elles n'ont plus de paix qu'en Lui, en soumettant toutes leurs aspirations à son bon plaisir, et en acceptant tranquillement tout ce qu'il fait. Dans les moments les plus difficiles, sainte Catherine de Sienne se rappelait la parole du Maître : « Pense à moi et je penserai à toi ».

Rares sont les âmes qui arrivent à cette perfection. Mais il faut y tendre. Saint François de Sales dit « Notre-Seigneur, aime d'un amour extrêmement tendre ceux qui sont si heureux que de s'abandonner ainsi totalement à son soin paternel, se laissant gouverner par sa divine providence, sans s'amuser à considérer si les effets de cette providence leur seront utiles, profitables, ou dommageables ; étant tout assurés que rien ne leur saurait être envoyé de ce cœur paternel et très aimable, ni qu'il ne permettra que rien ne leur arrive, de quoi il ne leur fasse tirer du bien et de l'utilité pourvu que nous ayons mis toute notre confiance en lui[69]...

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Jeu 27 Fév 2020 - 15:36

QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE II
COMMENT DEVONS-NOUS NOUS ABANDONNER A LA PROVIDENCE

Dans quel esprit nous abandonner à la Providence ?


... Quand (en faisant notre devoir quotidien) nous abandonnons tout à la providence divine, Notre-Seigneur prend soin de tout et conduit tout... L'âme est alors vis-à-vis de Lui comme le petit enfant à l'égard de sa mère ; quand elle le met à terre pour cheminer, il chemine jusqu'à ce que sa mère le reprenne, et quand elle veut le porter, il lui laisse faire : il ne sait point et ne pense point où il va, mais il se laisse porter ou mener où il plaît à sa mère.

Tout de même cette âme, aimant la volonté du bon plaisir de Dieu en tout ce qui lui arrive, se laisse porter et chemine néanmoins, faisant avec grand soin tout ce qui est de la volonté de Dieu signifiée[70]. » Elle peut dire alors vraiment, à l'exemple de Notre-Seigneur : « Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père », et c'est là qu'elle trouve la paix, cette paix qui est déjà en nous comme la vie éternelle commencée, « inchoatio vitæ æternæ ».

CHAPITRE III
LA PROVIDENCE ET LE DEVOIR DU MOMENT PRÉSENT


« Omne quodcumque facitis in verbo aut in opere, omnia in nomine Domini facite. Quoi que ce soit que vous fassiez, en parole ou en œuvres, faites tout au nom du Seigneur » Coloss., III, 17.

Pour mieux voir comment nous devons vivre au jour le jour de confiance en Dieu, d'abandon, il convient d'être très attentif au devoir du moment présent et à la grâce qui nous est offerte pour l'accomplir. Nous parlerons d'abord du devoir qui se présente de minute en minute tel que l'ont compris les saints, et nous éclairerons ensuite leur conduite par l'enseignement de l'Écriture et de la théologie qui s'adresse à nous tous.

Le devoir du moment présent tel que les saints l'ont compris et la lumière qu'il contient.

Le devoir de chaque instant, sous des apparences souvent modestes, contient l'expression de la volonté de Dieu sur nous, sur notre vie individuelle. La Vierge Marie a ainsi vécu dans l'union divine en accomplissant au jour le jour la volonté de Dieu dans le devoir quotidien de sa vie très simple, fort commune à l'extérieur, comme celle de toutes les personnes de sa condition. Ainsi ont vécu tous les saints, faisant la volonté de Dieu telle qu'elle se manifestait d'heure en heure, sans se laisser déconcerter par les contrariétés imprévues.

Leur secret était celui de devenir de moment en moment ce que l'action divine voulait faire d'eux. En cette action, ils ont vu tout ce qu'ils avaient à faire et à souffrir, tous leurs devoirs et toutes leurs croix. Ils étaient persuadés que l'événement actuel est un signe d'une volonté ou d'une permission de Dieu pour le bien de ceux qui le cherchent. Même la vue du mal en exerçant leur patience, leur montrait par contraste ce qu'il faut faire pour éviter le péché et ses suites funestes.

Les saints voient ainsi dans la suite des événements comme un enseignement providentiel et ils croient qu'au-dessus de la suite des faits extérieurs de notre vie il y a comme une série parallèle de grâces actuelles, qui nous sont incessamment offertes pour nous faire tirer de ces événements agréables ou pénibles le meilleur profit spirituel. La suite des événements, si on savait la bien regarder, contient comme les leçons de choses du bon Dieu, qui sont comme la révélation prolongée ou l'Évangile appliqué, jusqu'à la fin des temps.

En presque tous les domaines on distingue de l'enseignement théorique et abstrait l'enseignement pratique ou appliqué ; il en est de même dans l'ordre des choses spirituelles. Le Seigneur y donne lui-même à sa manière ces deux enseignements, l'un dans l'Évangile, l'autre dans le cours de la vie.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Sam 29 Fév 2020 - 4:46

QUATRIÈME PARTIE

L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE III
LA PROVIDENCE ET LE DEVOIR DU MOMENT PRÉSENT

Le devoir du moment présent tel que les saints l'ont compris et la lumière qu'il contient.


Cette très grande vérité de vie est souvent bien méconnue. Dès qu'il nous arrive des contrariétés, des revers, ce ne sont généralement que plaintes et murmures. Nous trouvons que cette maladie nous prend lorsque nous avions tant à faire, que telle chose nous manque absolument, qu'on nous enlève les moyens nécessaires, qu'on met des obstacles insurmontables au bien que nous devons accomplir, à l'apostolat que nous devons exercer.

Les saints, en ces circonstances, et même en d'autres bien plus pénibles, disent : Faire au jour le jour la volonté de Dieu est au fond la seule chose nécessaire. Le Seigneur ne commande jamais l'impossible, mais il y a un devoir qu'à chaque moment il rend réellement possible pour chacun de nous, et pour l'accomplissement duquel, il demande notre amour et notre générosité.

Si donc tel événement douloureux est la suite de nos fautes, c'est une leçon providentielle que nous devons recevoir avec humilité pour en tirer profit. Si, sans faute de notre part, le Seigneur permet que nous soyons privés de certains secours, c'est qu'ils ne sont pas vraiment nécessaires à notre sanctification et à notre salut.

Les saints trouvent qu'en un sens rien ne leur manque, si ce n'est un plus grand amour de Dieu. Si nous savions ce que sont les événements que nous appelons obstacles, contrariétés, revers, contretemps, infortune, échecs, nous déplorerions certes le désordre qui peut s'y trouver (et les saints le déploraient plus que nous et en souffraient plus que nous), mais nous nous reprocherions nos murmures, et nous serions plus attentifs au bien supérieur que Dieu poursuit en tout ce qu'il veut et même en ses divines permissions[71].

Devons-nous être surpris de ce que les voies de la Providence soient parfois bien mystérieuses, et de ce que le mystère déconcerte notre raison. « Le juste vit de la foi » dit l'Écriture; en particulier il vit du mystère de la Providence et de ses voies. Et il finit par saisir que, loin d'être contradictoire, ce mystère ne peut être nié sans que tout devienne contradiction en notre vie.

L'Écriture dit à plusieurs reprises : Dieu mortifie et il vivifie, il conduit à toute extrémité et il en ramène [72].

Plus l'action divine fait mourir au péché et à ses suites, plus elle détache de tout ce qui n'est pas Dieu, et plus elle vivifie. On a dit que la grâce est parfois un bourreau, et pourtant, dans l'œuvre qu'elle poursuit en nous, loin de détruire la nature en ce qu'elle a de bon, elle la perfectionne, la restaure et la surélève. D'elle on peut dire ce qui est dit de Dieu : mortificat et vivificat.

Comme le dit le Père de Caussade[73] expliquant ces voies de la Providence : « Plus le mystère est obscur, plus il contient de lumière », car son obscurité provient d'une trop grande lumière pour nos faibles yeux.

De plus ce qui peut nous instruire davantage, c'est ce qui nous arrive à nous en particulier d'un moment à l'autre, selon ce que la Providence a voulu ou permis. Nous pouvons y trouver la manifestation de la volonté divine sur nous pour le moment présent. Et c'est là ce qui forme en nous la connaissance expérimentale de la conduite de Dieu à notre égard, connaissance sans laquelle on ne sait guère se diriger comme il faut dans les choses spirituelles, ni faire aux autres un bien profond[74].

Source : Livres-mystiques.com

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