La Providence et la confiance en Dieu par Fr. Garrigou-Lagrange - Page 13
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La Providence et la confiance en Dieu par Fr. Garrigou-Lagrange

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Message  ami de la Miséricorde le Dim 8 Mar 2020 - 17:02

QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE V
CONDUITE DE LA PROVIDENCE A L'ÉGARD DE CEUX
QUI S'ABANDONNENT PLEINEMENT A ELLE

« Justum deduxit Dominus per vias
rectas et ostendit illi regnum Dei. -


Il y a même souvent, dans l'ordre spirituel, comme dans l'ordre physique, alternance du jour et de la nuit. Le livre de l'Imitation en parle à plusieurs reprises. Si nous étions trop tristes de ces crépuscules, le Seigneur pourrait nous répondre : comment te manifester autrement ces milliers d'étoiles qui ne se peuvent voir que dans la nuit ?

Ici se vérifie la parole de Notre-Seigneur : « Qui sequitur me, non ambulat in tenebris. Celui qui me suit, ne marche pas dans les ténèbres » Jean, VIII, 12. La lumière de la foi chasse les ténèbres inférieures de l'ignorance, du péché et de la damnation, dit saint Thomas, in Joann., VIII, 12.

Bien plus, l'obscurité divine, qui provient d'une lumière supérieure, trop forte pour nos faibles yeux, nous éclaire à sa façon, elle nous fait entrevoir non plus seulement les profondeurs du firmament, mais les profondeurs de Dieu et le mystère des voies de sa Providence. Saint Paul dit I Cor., II, 6 : « Il est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n'est pas celle de ce siècle, ni des princes de ce siècle; dont le règne va finir. Nous prêchons une sagesse de Dieu mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée à notre glorification.

Cette sagesse, nul des princes de ce siècle ne l'a connue ; ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de la gloire. Mais ce sont, comme il est écrit, des choses que l'œil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont pas montées au cœur de l'homme, - des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment. C'est à nous que Dieu les a révélées par son Esprit ; car l'Esprit pénètre tout, même les profondeurs de Dieu ».

Ainsi le Seigneur a sa manière à lui d'éclairer les âmes sur sa vie intime et sur les secrets de ses voies ; il semble parfois les aveugler ; c'est alors en réalité qu'il leur donne une lumière plus haute, au moment même où une lumière inférieure disparaît. Pour les saints la lumière de gloire suit immédiatement les obscurités de la mort.

On s'attriste autour d'eux de voir la vie présente passer si vite et s'éteindre; ils sont heureux de la voir finir pour entrer dans la vie qui ne passe pas.

Dans le cours de notre vie, s'il y a des heures où tout paraît désespéré, si, comme le dit Tauler, les mâts du navire sont brisés, et, si celui-ci, au milieu de la tempête, est réduit à n'être plus qu'un radeau, c'est le moment de s'abandonner pleinement, totalement à Dieu, sans plus aucune réserve, et si nous le faisons de toute notre âme, c'est l'heure où le Seigneur prend lui-même immédiatement la direction de notre vie, car lui seul peut nous sauver. Justum deduxit Dominus per vias rectas et ostendit illi regnum Dei. - Mais Dieu ne se contente pas de conduire le juste.

Dieu défend les âmes qui s'abandonnent à lui contre les ennemis du bien

C'est ce que nous dit saint Paul dans l'Épître aux Romains, VIII, 31 : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui l'a livré à la mort pour nous tous, comment avec lui ne nous donnera-t-il pas toutes choses ? » Le livre de la Sagesse, V, 17, dit des justes qui s'abandonnent avec confiance au Seigneur : « il les protégera de sa droite, et son bras les couvrira comme un bouclier ».

La Providence dirige tout ; même les plus petites circonstances qui paraissent insignifiantes sont en sa main, il n'y a pas de hasard pour elle ; et alors elle peut très facilement déjouer par un petit fait imprévu les savants calculs des ennemis du bien. On le voit par exemple dans la vie de Joseph vendu par ses frères. Si au moment où ils voulaient le mettre à mort, des marchands Ismaélites n'étaient pas passés par là, comme par hasard, ils l'auraient laissé dans la citerne où ils l'avaient jeté. Mais ces marchands étant survenus à cette heure et non pas une heure plus tard, comme de toute éternité Dieu l'avait ordonné, Joseph fut vendu comme un esclave. Et ainsi amené en Égypte, il devint plus tard le bienfaiteur de ceux qui avaient voulu le perdre. Rappelons-nous aussi l'histoire d'Esther, celle du prophète Daniel et de tant d'autres. De même et plus encore à la naissance de Notre-Seigneur.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Lun 9 Mar 2020 - 17:16

QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE V
CONDUITE DE LA PROVIDENCE A L'ÉGARD DE CEUX
QUI S'ABANDONNENT PLEINEMENT A ELLE

Dieu défend les âmes qui s'abandonnent à lui contre les ennemis du bien


Hérode organise tout pour mettre à mort le Messie, il demande aux Mages venus d'Orient de l'informer exactement de l'enfant ; mais ceux-ci, « avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, regagnent leur pays par un autre chemin » Matth., II, 12. « Alors Hérode voyant que les Mages s'étaient joués de lui... ordonne le massacre de tous les enfants qui étaient dans Bethléem et dans les environs », mais un ange du Seigneur apparut à Joseph pendant son sommeil pour lui dire de soustraire l'enfant à la colère du roi et de fuir en Égypte.

Dans la vie des justes l'intervention d'un ange gardien, qui sur l'ordre de Dieu donne une bonne pensée, soit dans le sommeil, soit dans l'état de veille, n'est pas un miracle, c'est un fait providentiel assez fréquent dans la vie de ceux qui s'abandonnent pleinement à Dieu. Il est dit dans le Psaume 90, 10 : « Le malheur ne viendra pas jusqu'à toi, aucun fléau n'approchera de ta tente, car le Seigneur ordonnera à ses anges de te garder dans toutes tes voies. Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte contre la pierre ».

Sans doute il ne faut pas tenter Dieu, mais en faisant quotidiennement son devoir, il faut s'en remettre humblement à lui, et il défend ceux qui s'abandonnent ainsi, comme la mère défend son enfant. S'il permet la persécution extérieure souvent bien douloureuse, comme il la permit contre son Fils, il ne permet pas que le juste perde courage en cette persécution, il le soutient invisiblement ; et si celui-ci dans un moment d'égarement comme Pierre vient à tomber, il le relève et le conduit au port du salut.

Les saints disent même que l'âme qui s'abandonne à Dieu, au lieu de résister à ses ennemis, trouve en eux d'utiles auxiliaires. « Il n'y a, dit le P. de Caussade[86], rien de plus sûr à opposer à la prudence de la chair que la simplicité ; elle en élude admirablement toutes les ruses sans les connaître, sans y penser même. Avoir affaire à une âme simple, c'est en quelque sorte avoir affaire à Dieu. Quelle mesure prendre contre le Tout-Puissant, dont les voies sont inscrutables ? Dieu prend en main la cause de l'âme simple il n'est pas nécessaire qu'elle étudie les intrigues... (qu'on trame contre elle)... L'action divine lui inspire et lui fait prendre des mesures si justes, qu'elle surprend ceux qui la veulent surprendre.

Elle profite de leurs efforts... Ce sont des galériens, qui mènent au port à toutes rames... Toutes les contrariétés lui tournent à bien... Tout ce qu'elle doit craindre, c'est de se mettre elle-même de la partie... (en troublant) un travail où elle n'a rien à faire qu'à voir en paix ce que Dieu fait et à suivre avec simplicité les attraits qu'il lui donne... L'âme qui s'abandonne ainsi à Dieu peut s'abstenir de rien faire ou dire pour sa justification : l'action divine la justifie ». Ainsi en est-il dans la vie des saints, et la voie qu'ils ont suivie, n'est-elle pas, toutes proportions gardées, celle que nous devons suivre ?

Pendant la dernière guerre, au milieu des circonstances difficiles, bien des gens disaient sur un ton plus ou moins dégagé : « Il ne faut pas s'en faire ». C'était la matérialisation égoïste de la doctrine dont nous parlons. L'âme de cette doctrine, c'est l'abandon confiant à la Providence. Si cet abandon confiant n'existe plus, dans les recettes de vie comme celle-là : « il ne faut pas s'en faire », il n'y a plus qu'un corps sans âme, une formule, qui ne vaut que ce que vaut encore l'énergie morale de la personne qui s'en sert.

Lorsqu'on a quitté la voie salutaire dont nous parlons, voilà ce qui reste des plus hautes maximes de vie : une formule morte qui peut servir à tout excuser. Et pourtant la lumière de vie de l'Évangile est offerte à tous. L'hostie consacrée, qui est élevée tous les matins sur l'autel, est offerte pour tous, et tous pourraient s'unir à cette oblation.

C'est un immense malheur de lui préférer cette idole : la pièce d'or, et de mettre à la place de la confiance en Dieu, unie au travail de tous les jours, l'orgueilleuse assurance fondée sur le calcul humain. L'homme se met alors à la place de Dieu, il tue en lui les vertus théologales ; il est à l'antipode de la doctrine dont nous parlons, qui est par excellence la doctrine de vie.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Mer 11 Mar 2020 - 4:37

CHAPITRE V
CONDUITE DE LA PROVIDENCE A L'ÉGARD DE CEUX
QUI S'ABANDONNENT PLEINEMENT A ELLE

Dieu vivifie de plus en plus intimement les âmes qui s'abandonnent à lui


Non seulement il les conduit et les défend, mais il les vivifie par sa grâce, par les vertus, par les dons du Saint-Esprit et les inspirations toujours nouvelles qu'il leur envoie. Bien plus il les vivifie lorsqu'il paraît le plus les dépouiller et les faire mourir, selon le mot de saint Paul : « Mihi vivere Christus est et mori lucrum

Le Christ est ma vie, et la mort m'est un gain » Phil., I, 21. Tandis que la vie de certaines personnes c'est le sport, ou l'art, ou l'activité intellectuelle scientifique ou philosophique ; la vie des âmes dont nous parlons, c'est le Christ, comme dit saint Paul, ou l'union au Christ. Lui-même est leur vie, dit saint Thomas (in Epistolam ad Phil., I, 21), en ce sens qu'il est le motif constant de leurs actions vitales les plus profondes. C'est pour lui qu'elles vivent et agissent constamment ; ce n'est pas pour un but humain ; c'est vraiment pour le Seigneur qui les vivifie de plus en plus, et qui les fait vivre de cela même qui semble devoir faire mourir, comme Jésus lui-même a fait de sa Croix le plus grand instrument de salut.

Ce point de doctrine si profond a été admirablement mis en lumière par un dominicain du XVIIe siècle, le P. Chardon dans son livre La Croix de Jésus (3e entretien, ch. VIII et suivants). Il montre que l'action divine qui nous détache progressivement, et parfois de façon bien douloureuse, de ce qui n'est pas Dieu, tend à nous unir à lui de plus en plus, par ce détachement même. Par là la perte est un gain.

La grâce, en augmentant en nous, est à la fois principe de séparation et d'union ; la séparation progressive n'est que l'envers de l'union. « De crainte, dit Chardon, que l'usage trop fréquent des consolations n'arrête l'inclination de l'âme vers lui, Dieu lui suspend le ruisseau, pour la faire soupirer avec plus d'ardeur vers la source... Il lui soustrait ses grâces pour se donner lui-même. Il s'insinue doucement, en se faisant maître de toutes les attentions de ses puissances, afin de la rendre jouissante du Bien unique et nécessaire, que l'on ne doit aimer qu'avec la même solitude, qui sépare de toutes choses la souveraineté de son être ». La disparition d'une lumière et d'une vie inférieure coïncide ainsi avec l'apparition d'une lumière de vie beaucoup plus haute.Lorsqu'un apôtre au milieu de son apostolat, en pleine maturité, est frappé de paralysie, on croit souvent que c'est la fin de son influence ; c'est parfois et ce devrait être le commencement de quelque chose de supérieur : à la place de l'apostolat direct et extérieur, l'apostolat caché mais profond, qui par la prière et l'immolation atteint les âmes dans le Christ, et fait déborder sur elles le calice de la surabondante rédemption. Une prière écrite par un inconnu qui s'est inspiré de saint Augustin résume admirablement cette doctrine :

Acte d'abandon.


« Je me laisse, ô mon Dieu ! dans vos mains. Tournez, retournez cette argile, sicut lutum in manu figuli, comme le vase qui se fait entre les mains du potier (Jérémie, XVIII, 6). Donnez-lui une forme ; brisez-la ensuite, si vous voulez ; elle est à vous ; elle n'a rien à dire. Il me suffit qu'elle serve à tous vos desseins et que rien ne résiste à votre bon plaisir pour lequel je suis fait. Demandez, ordonnez ; que voulez-vous que je fasse ? que voulez-vous que je ne fasse pas ? Élevé, abaissé, persécuté, consolé, souffrant, appliqué à vos œuvres, inutile à tout, il ne me reste qu'à dire, à l'exemple de votre sainte Mère : Qu'il me soit fait selon votre parole.
« Donnez-moi l'amour par excellence, l'amour de la croix, non pas de ces croix héroïques dont l'éclat pourrait nourrir l'amour-propre, mais de ces croix vulgaires que nous portons hélas ! avec tant de répugnance, de ces croix de chaque jour, dont la vie est semée et qui se rencontrent au milieu du chemin à toute heure, dans la contradiction, l'oubli, l'insuccès, les faux jugements, les contrariétés, la froideur ou les vivacités des uns, les rebuts ou les mépris des autres, dans les infirmités du corps, les ténèbres de l'esprit, le silence et la sécheresse du cœur. Alors seulement, vous saurez que je vous aime, bien que je ne le sache ni ne le sente moi-même, et cela me suffit ! »
Cela, c'est vraiment la sainteté, même la haute sainteté. S'il n'y avait eu dans notre vie aux moments les plus douloureux que quelques minutes semblables, ce seraient là les sommets de notre vie, où nous aurions été très près de Dieu. Or c'est à chaque instant que le Seigneur nous invite à vivre ainsi pour nous perdre en Lui. Même et surtout en ces moments, il est vrai de dire : « Justum deduxit Dominus per vias rectas, et ostendit illi regnum Dei - Le Seigneur conduit le juste par des voies droites, et il lui montre le règne de Dieu ».

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Jeu 12 Mar 2020 - 3:35

CHAPITRE V
CONDUITE DE LA PROVIDENCE A L'ÉGARD DE CEUX QUI S'ABANDONNENT PLEINEMENT A ELLE

CHAPITRE VI
LA PROVIDENCE ET LE CHEMIN DE LA PERFECTION


S'il est une chose qui doive nous intéresser dans le plan providentiel, c'est le chemin de la perfection, tracé de toute éternité par Dieu.

Tous les grands auteurs spirituels ont décrit l'itinéraire de cette ascension. Parmi eux quelques-uns l'ont plus particulièrement considéré dans ses rapports avec la Providence, c'est ce qu'a fait sainte Catherine de Sienne.

Nous voudrions rappeler sur ce point les lignes principales de son témoignage reçu d'en haut.

Nous le choisissons ici de préférence à celui d'autres saints, parce que sainte Catherine de Sienne a une large vue de la réalité concrète, qui permet d'adapter facilement ce qu'elle dit aux besoins spirituels des personnes de toutes les conditions, elle a un langage, qui sans jamais cesser d'être très élevé, est pour tous des plus réalistes et des plus pratiques. Il se rapproche de la hauteur et de la simplicité de l'Évangile.

On a dit souvent qu'il y a une parfaite harmonie entre la doctrine de saint Thomas d'Aquin et celle exposée par sainte Catherine de Sienne dans ses extases, et écrite au fur et à mesure qu'elle parlait par ses secrétaires en ce livre qui a été appelé le Dialogue.

S'il est un sujet où l'harmonie de ces deux doctrines apparaît de façon particulièrement frappante, c'est celui de la perfection chrétienne et de la voie qui y conduit selon le plan de la Providence. Pour nous en rendre compte, nous considérerons les points suivants :

1° En quoi consiste spécialement la perfection ?

2° Tombe-t-elle en un sens sous le précepte suprême, ou bien est-elle seulement de conseil ?

3° La lumière de la foi suffit-elle à la perfection chrétienne, ne faut-il pas avoir aussi la lumière du don de sagesse ? Et cette lumière est-elle normalement proportionnée au degré de charité ou d'amour de Dieu ?

4° Quelles purifications, selon le plan de la Providence, sont nécessaires pour arriver à la perfection ? Y arrive-t-on sans avoir traversé les purifications dites passives, sans avoir supporté avec patience et amour les croix de la sensibilité et celles de l'esprit ?

5° Toutes les âmes intérieures sont-elles appelées par la Providence à la contemplation infuse des mystères de la foi, sous la lumière du don de sagesse, et à l'union à Dieu, qui résulte de cette contemplation, et qui est fort différente des grâces extraordinaires telles que les révélations et visions ?

En d'autres termes : selon le plan providentiel, le sommet du développement normal de la vie de la grâce ici-bas ou le prélude normal de la vie du ciel est-il seulement d'ordre ascétique, ou d'ordre mystique ?

Ce qui le caractérise est-ce notre activité propre sous la grâce, ou plutôt notre docilité à recevoir les inspirations du Saint-Esprit ? Pour répondre à ces questions, nous procéderons par citations prises dans les chapitres du Dialogue où il est parlé directement de ces sujets.

I - En quoi consiste spécialement la perfection chrétienne ?

Serait-elle surtout dans la mortification corporelle, ou bien dans les pratiques de piété, ou bien encore dans la connaissance des choses divines ? Sainte Catherine de Sienne répond comme saint Thomas d'Aquin (IIa-IIae, q. 184, a. 1) que la perfection consiste spécialement dans la charité, principalement dans l'amour de Dieu et secondairement dans l'amour du prochain.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Ven 13 Mar 2020 - 3:29

CHAPITRE V
CONDUITE DE LA PROVIDENCE A L'ÉGARD DE CEUX QUI S'ABANDONNENT PLEINEMENT A ELLE

CHAPITRE VI
LA PROVIDENCE ET LE CHEMIN DE LA PERFECTION


Cette doctrine est nettement exprimée dans le Dialogue ch. II[87], où on lit : « Je te l'ai dit déjà, si tu t'en souviens bien, il y a quelque temps, quand tu souhaitais de faire grande pénitence pour moi. « Que pourrais-je faire, disais-tu, que pourrais-je endurer pour vous, ô Seigneur ? » - Et je te répondis dans ton esprit par ces simples mots : « Je suis Celui qui me complais à peu de paroles et à beaucoup d'œuvres, pour bien faire entendre que celui qui se contente de crier vers moi à son de voix : « Seigneur, je voudrais faire quelque chose pour vous », comme celui qui pour moi veut bien mortifier son corps par de nombreuses pénitences, mais sans renoncer à sa volonté propre, a tort de croire qu'il m'est agréable. ... Moi qui suis infini, je suis en quête d'œuvres infinies, c'est-à-dire d'un sentiment infini d'amour.

Je demande donc que les œuvres de la pénitence et autres exercices corporels soient employés à titre de moyens, et qu'ils n'occupent pas dans l'affection la place principale. Si c'est là ce qu'on aime par-dessus tout, l'on ne m'offre plus que des œuvres finies. Il en sera comme de la parole qui n'est plus rien dès qu'elle est sortie de la bouche, si elle ne procède pas de l'affection intérieure de l'âme. C'est l'âme qui conçoit et engendre la vertu dans la vérité, et c'est par cette vertu intérieure que l'œuvre finie est unie à l'amour de charité ».

Autrement il n'y aura que le côté matériel de la perfection ; l'âme et l'inspiration de la vie intérieure n'y seront plus. Il est dit au même endroit :
« On ne doit pas mettre sa fin dans la pénitence ou en tout autre acte extérieur, qui, je te l'ai dit, sont des œuvres finies... qu'il est sage parfois d'interrompre, soit par nécessité, soit par obéissance... (tandis qu'on ne doit pas interrompre la vie d'amour de Dieu). Ces pratiques sont donc un moyen, non le principe... Mais elles me plaisent quand on y cherche un instrument, non le principe de la vertu ». (Ces derniers mots montrent qu'il ne faut pas tomber dans l'autre extrême, en négligeant la mortification corporelle, pratiquée par tous les saints).

« La vertu, continue le Dialogue, est toute entière dans la charité éclairée de la lumière de la vraie discrétion. Sans la charité elle est sans valeur. Cet amour, la discrétion me le donne sans fin et sans mesure, parce que je suis la souveraine et éternelle Vérité. Elle n'impose donc ni loi ni bornes à l'amour dont elle m'aime, mais, à l'égard du prochain, elle le mesure à bon droit, selon l'ordre de la charité.

C'est dans l'ordre de la charité de ne pas se faire tort à soi-même, par le péché, pour rendre service au prochain. Quand il suffirait d'un seul péché... pour produire une action de grande importance, ce ne serait pas d'une charité ordonnée avec discrétion de le commettre...

« Voici l'ordre qu'impose la sainte discrétion. L'âme dirige toutes ses puissances à me servir virilement en toute générosité, et l'amour qu'elle a pour le prochain est tel qu'elle est prête à donner la vie du corps pour le salut des âmes, et mille fois, s'il était possible. Il n'est point de peines et de tourments qu'elle ne soit disposée à subir pour assurer à autrui la vie de la grâce. »

Voilà en quoi consiste spécialement la perfection chrétienne, principalement dans l'amour généreux de Dieu, et secondairement dans l'amour non seulement affectif, mais effectif, du prochain. C'est pourquoi Catherine de Sienne aime à dire que la charité vivifie toutes les vertus[90], qu'elle rend leurs actes méritoires de la vie éternelle[91], qu'elle est comme la mère de toutes les vertus, qu'elle est le vêtement nuptial des serviteurs de Dieu, et que, plantée dans la terre de l'humilité, elle est comparable aussi à un arbre qui élève vers le ciel ses fleurs et ses fruits nombreux, fruits de vie pour l'éternité. La sainte insiste souvent sur ceci que l'amour du prochain est inséparable de l'amour de Dieu, qu'il en est le rayonnement, le signe, la preuve certaine, et que le zèle des âmes inspire toutes les vertus[94]. Elle ajoute aussi qu'on ne peut aimer efficacement le prochain que pour Dieu et en Dieu. « L'amour du prochain est comme le vase qu'on remplit à la fontaine. Si on le retire de la source pour boire, il est bientôt vide. Mais si on le tient plongé dans la source, on peut y boire toujours, il demeure toujours plein ».

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Dim 15 Mar 2020 - 3:21

CHAPITRE V
CONDUITE DE LA PROVIDENCE A L'ÉGARD DE CEUX QUI S'ABANDONNENT PLEINEMENT A ELLE

CHAPITRE VI
LA PROVIDENCE ET LE CHEMIN DE LA PERFECTION


Voulez-vous qu'une amitié dure, voulez-vous vous désaltérer longtemps à cette coupe, laissez-la toujours se remplir à la source d'eau vive, autrement elle ne pourra plus répondre à votre soif.

C'est exactement la même doctrine que celle que nous trouvons dans la Somme Théologique de saint Thomas : Pour lui la perfection consiste spécialement dans la charité, qui vivifie toutes les vertus et nous unit à notre fin dernière, à Dieu auteur de la grâce, en nous le faisant aimer plus que nous-mêmes et par-dessus tout, en nous faisant aussi aimer pour lui tout ce qui mérite de l'être.

Sans la charité rien ne vaut pour la vie éternelle ; la science, même celle des choses divines, n'est fructueuse que par son union à l'amour de Dieu. Elle peut être empoisonnée par l'orgueil[96], dit la sainte, et souvent elle obtient plus de lumière par la prière que par l'étude, de cette lumière de vie, très simple et très haute, principe de la contemplation, qui unifie le savoir et le rend fécond.

II - La perfection et le précepte de l'amour

Cette perfection, qui consiste spécialement dans une haute charité, tombe-t-elle sous les préceptes, ou est-elle seulement de conseil ?

Saint Thomas a enseigné qu'elle tombe sous le précepte suprême, non pas comme matière ou chose à réaliser immédiatement, mais comme la fin vers laquelle tous les chrétiens doivent tendre, chacun selon sa condition, celui-ci dans la vie religieuse, celui-là dans la vie du siècle[97]. Le Docteur Angélique dit expressément que la perfection chrétienne consiste essentiellement dans l'accomplissement généreux des préceptes, surtout des deux préceptes de l'amour de Dieu et du prochain, et qu'elle n'est qu'accidentellement dans la pratique effective des trois conseils de pauvreté, chasteté absolue et obéissance, comme en des moyens d'arriver plus sûrement et plus promptement à la perfection de l'amour de Dieu, perfection qui reste encore accessible dans l'état de mariage, au milieu des occupations du monde, comme le montre la vie de plusieurs saints.

C'est la même doctrine que nous trouvons chez Catherine de Sienne. Son Dialogue montre que le précepte suprême n'a pas de limites, car il est ainsi formulé : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces, de tout ton esprit » Luc, X, 27. Cette loi d'amour n'oblige pas seulement jusqu'à un certain degré, au delà duquel il n'y aurait plus qu'un conseil de charité ; mais tout chrétien doit tendre à la perfection de l'amour. On lit dans le Dialogue : « Tu vois quel est le devoir pour toute âme. Il faut qu'elle m'aime, Moi, d'un amour sans mesure »[. Et même sainte Catherine dit nettement que, bien qu'on puisse observer les préceptes sans pratiquer effectivement les trois conseils évangéliques, on ne peut pas accomplir parfaitement les préceptes sans avoir l'esprit des conseils, l'esprit de détachement des créatures, qui ne fait qu'un avec l'amour de Dieu qui doit toujours grandir en nous.

La sainte l'explique fort bien par ces paroles du Seigneur, ch. 47 : « Comme les conseils sont liés aux commandements, personne ne peut bien observer les commandements, sans observer les conseils, au moins spirituellement. Si l'on possède les richesses du monde, on doit les posséder avec humilité, non avec orgueil, comme une chose prêtée et non comme une chose dont on aurait la pleine propriété, ainsi que ma Bonté les met à votre disposition pour votre propre usage. Vous ne les avez qu'autant que je vous les donne et que je vous les conserve, et je ne le fais qu'autant que je le juge utile à votre salut. C'est donc ainsi que vous devez en user ; ... en observant l'esprit des conseils, en retranchant le venin de l'amour désordonné ».

Nous devons en user comme n'en usant pas, avait dit saint Paul. C'est là « posséder les biens du monde, en seigneurs et non en esclaves », sans s'asservir à eux, comme l'avare à son trésor. Ainsi en tout état, on se conduira de façon à gagner la vie éternelle, et l'on grandira chaque jour dans la charité, comme le précepte suprême le demande, et comme la communion eucharistique nous le permet, en fortifiant notre âme suivant la mesure de son désir.

Source : Livres-mystiques.com

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CHAPITRE V
CONDUITE DE LA PROVIDENCE A L'ÉGARD DE CEUX QUI S'ABANDONNENT PLEINEMENT A ELLE

CHAPITRE VI
LA PROVIDENCE ET LE CHEMIN DE LA PERFECTION


II - La perfection et le précepte de l'amour


En suivant cette voie, même au milieu du monde, l'âme pourra arriver à la perfection de la charité, à un amour de Dieu et des âmes très pur et très fort, qui lui permettra, dit la sainte, d'accepter injures, mépris, affronts, moqueries et persécutions pour l'honneur de Notre-Seigneur et le salut du prochain.

III - La Perfection et la lumière du don de sagesse dans l'oraison: Les visites du Seigneur
Pour atteindre cette haute charité en laquelle consiste spécialement la perfection chrétienne, suffit-il d'avoir la lumière de la foi et de prier vocalement, ne faut-il pas recourir aussi à l'oraison mentale où le Saint-Esprit éclaire l'âme par lumière de ses dons ? La sainte nous dit : la prière est un des grands moyens d'arriver à la perfection. Fondée sur la connaissance de Dieu et de soi-même, la vraie prière consiste dans l'ardeur du désir. La prière vocale doit être accompagnée de la mentale, autrement elle serait comme un corps sans âme. Et il faut quitter la prière vocale pour la mentale, quand Dieu y invite. On lit dans le Dialogue ch. 66 : « L'âme doit unir aux paroles qu'elle prononce la connaissance de moi et d'elle-même. Ainsi de la prière vocale imparfaite, elle arrivera avec de la persévérance dans cet exercice, à l'oraison mentale parfaite. Mais si elle vise simplement à réciter un certain nombre de formules, et si la prière vocale lui fait négliger l'oraison mentale, elle n'y arrivera jamais...

Qu'elle soit attentive lorsque je visite son esprit d'une manière ou d'une autre. Tantôt je lui enverrai ma lumière, pour qu'elle se connaisse mieux elle-même et conçoive un vrai repentir de ses fautes ; tantôt je lui ferai largesse de ma charité. D'autres fois, je placerai devant son esprit, de différentes manières, la présence de ma Vérité, suivant qu'il me plaît, ou selon que l'âme l'avait elle-même désiré ... Aussitôt qu'elle est avertie dans son esprit des approches de ma visite, elle doit abandonner la prière vocale, quitte à la reprendre, si elle en a le temps, quand l'oraison mentale est terminée. Exception pourtant doit être faite pour l'office divin, que les clercs et religieux ont l'obligation de réciter... Si, à l'heure consacrée à cette récitation, ils sentent leur esprit attiré et élevé par le désir, ils doivent prendre leurs dispositions pour dire l'office avant ou après... Ainsi, avec de l'exercice et de la persévérance, l'âme goûtera l'oraison véritable et se nourrira du sang de mon Fils unique.

C'est ainsi que quelques-uns participent spirituellement au corps et au sang du Christ, bien que non sacramentellement, en communiant à la divine charité, qu'ils goûtent par le moyen de la sainte oraison, peu ou beaucoup, suivant le désir de celui qui prie. Celui qui y apporte peu, trouve peu. Celui qui apporte beaucoup reçoit beaucoup. Plus l'âme s'applique à recueillir sa puissance affective et à l'unir à moi par la lumière de l'intelligence, plus elle connaît. Qui connaît davantage, aime davantage, et qui aime davantage, goûte davantage ».

Sainte Catherine de Sienne montre bien comment ceux qui sont parvenus à l'état d'union sont éclairés dans leur intelligence, par une lumière surnaturelle infuse. « Le regard de leur intelligence, dit-elle[108], se porte alors vers moi, pour contempler ma Divinité, emportant à sa suite la volonté qui s'unit à moi pour s'y nourrir. Cette vue est une grâce infuse que j'accorde à l'âme qui m'aime et me sert en toute vérité ». C'est ainsi qu'on dit communément qu'un saint Thomas a reçu plus de lumière dans l'oraison que dans l'études
e généralement, dit-il, aux avancés et aux parfaits.

La sainte ajoute : « C'est cette lumière infuse que possédaient les Docteurs, les Confesseurs, les Vierges et les Martyrs, qui tous en furent éclairés. Et chacun l'a reçue de manière différente, suivant que le demandait son propre salut ou le salut du prochain... Cette lumière surnaturelle est donnée par grâce aux humbles qui veulent la recevoir... mais les orgueilleux s'aveuglent à cette lumière ; leur orgueil et le nuage de l'amour-propre cachent pour eux cette clarté... C'est pourquoi ils ne goûtent de l'Écriture que la lettre, à force de compulser des livres ; ils n'en savourent pas la moelle, parce qu'ils sont privés de la lumière qui l'a composée et qui aussi en révèle le sens ».

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Dim 15 Mar 2020 - 16:48

CHAPITRE V
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CHAPITRE VI
LA PROVIDENCE ET LE CHEMIN DE LA PERFECTION


III - La Perfection et la lumière du don de sagesse dans l'oraison: Les visites du Seigneur


On voit que cette lumière de vie, qui est celle du don de sagesse, est normalement donnée, comme l'avait dit saint Thomas, à un degré qui correspond à celui de la charité.

Ce qui, fait dire à la sainte, ibid., « Avec cette lumière on aime, parce que l'amour suit l'intelligence. Plus on connaît, plus on aime, et plus on aime, plus on connaît. Amour et connaissance s'alimentent ainsi l'un l'autre réciproquement .

Si ceux qui écrivent sur Raphael et Michel-Ange ne négligent rien pour approfondir leur sujet, nous ne devons évidemment rien négliger pour approfondir l'Évangile et pour vivre vraiment de la sainte Messe !

Il est dit ailleurs, au ch. 28 : « La joie que ressent celui qui suit la voie véritable, nulle langue ne la peut dire, aucune oreille ne peut l'entendre, il n'est point d'œil qui la puisse voir, car celui-là possède et goûte déjà le bien qui est préparé pour la vie du ciel ». « Est quædam inchoatio vitæ æternæ », avait dit saint Thomas.

Cet état d'union est décrit au ch. 89, où il est tout à fait distingué des visions et révélations, dont il est parlé ch. 70. En lui s'unissent la connaissance vécue de notre indigence et la connaissance quasi expérimentale de l'infinie bonté de Dieu ; elles sont, dit la sainte, comme le point le plus bas et le point le plus élevé d'un cercle qui grandirait toujours jusqu'à notre entrée au ciel. Cette belle image montre combien ces deux connaissances expérimentales de soi-même et de Dieu sont unies, et diffèrent d'une connaissance abstraite et spéculative. Nous sommes ici au cœur même de la vraie vie spirituelle. « En s'exerçant et en progressant encore dans la connaissance d'elle-même, est-il dit en ce chapitre, l'âme apprend à se mépriser, à se haïr parfaitement, en même temps qu'elle arrive à une vraie connaissance de ma Bonté, où s'enflamme son amour.

Elle commence dès lors à unir et à conformer sa volonté à la mienne et à éprouver en elle-même une joie et une compassion toute nouvelle. La joie qu'elle ressent en elle c'est de m'aimer ;... et en même temps elle s'afflige avec amour de l'offense qui m'est faite et de la perte du prochain...Elle se désole de ne pouvoir rendre honneur et gloire à mon nom comme elle le voudrait, et dans l'angoisse de son désir, elle trouve délicieux d'être admise à se rassasier à la table de la sainte Croix, pour ressembler à l'Agneau sans tache, humble et patient, mon Fils unique ». Nous sommes ici au centre du mystère de la Rédemption.

La contemplation, que comporte cette union à Dieu, qui caractérise la pleine perfection de la vie chrétienne, est bien une contemplation infuse car il est dit, ch. 60 fin, et 61 : « Si mes serviteurs rougissent de leur imperfection, s'ils se mettent à aimer la vertu, s'ils arrachent avec une sainte haine la racine de l'amour-propre spirituel qui est en eux..., alors ils me seront si agréables... que je me manifesterai à eux...

En plus de la manifestation commune, mes amis goûtent et connaissent, ils éprouvent, ils sentent par expérience ma charité au fond de leur âme. La seconde manifestation de ma charité a lieu, dans l'âme même, quand je me révèle moi-même à elle par sentiment d'amour... Quelquefois même je me révèle à l'âme en lui donnant l'esprit de prophétie ». Mais, on le voit par le ch. 70, cette dernière faveur n'est plus normale, elle est extraordinaire.

IV - Les épreuves providentielles et l'union à Dieu
Cette union à Dieu dont nous venons de parler suppose manifestement la mortification ou purification active, que nous devons nous imposer à nous-mêmes pour faire mourir en nous la concupiscence de la chair, celle des yeux et l'orgueil de la vie. Suppose-t-elle aussi des purifications passives ou l'acceptation patiente et généreuse de la croix ?
Bien certainement. La doctrine exposée par sainte Catherine de Sienne est des plus nettes sur ce point, quand elle parle de la tentation, des tribulations des justes, et des différentes sortes de larmes fort distinctes les unes des autres, suivant qu'elles procèdent soit de l'amour-propre, soit du pur amour.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Lun 16 Mar 2020 - 17:05

CHAPITRE V
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CHAPITRE VI
LA PROVIDENCE ET LE CHEMIN DE LA PERFECTION


IV - Les épreuves providentielles et l'union à Dieu


Aux tentations l'âme peut toujours résister par la vertu du sang du Sauveur, Dieu ne commande jamais l'impossible. Ces tentations lorsqu'on y résiste, nous font mieux connaître et nous-mêmes et la bonté de Dieu, et elles fortifient la vertu.

De même Dieu nous envoie des tribulations pour nous purifier de nos fautes et imperfections et nous mettre dans la nécessité de grandir dans son amour, lorsqu'il n'y a plus pour nous d'air respirable qu'en Lui. La manière d'accueillir ces épreuves est la pierre de touche de la perfection de l'âme.

Alors peu à peu, après les larmes stériles de l'amour-propre, après celles de la crainte servile qui redoute le châtiment plus que le péché, l'âme finit par connaître les larmes du pur amour, comme il est dit au ch. 89 : « Lorsque l'amour sensitif a été vaincu (par la mortification et les premières épreuves), il reste l'amour-propre spirituel, avec ce besoin égoïste de consolations spirituelles, qu'elles viennent de moi directement ou de quelque créature aimée d'une affection spirituelle.

Quand donc l'âme éprouvée se voit privée de ce qu'elle aime, des consolations, soit intérieures qui viennent de Moi, soit extérieures, qui lui viennent des créatures, et qu'elle se trouve en butte aux tentations ou aux persécutions des hommes, son cœur est en souffrance. Aussitôt les yeux, qui sympathisent avec la douleur et la peine du cœur, se mettent à pleurer.

Ce sont des larmes de tendresse et de compassion que l'âme répand sur elle-même, d'une compassion spirituelle, il est vrai, mais qui n'en procède pas moins de l'amour-propre... Mais en progressant encore dans la connaissance d'elle-même, elle apprend à se mépriser et à se haïr parfaitement... et elle en arrive à ne s'affliger vraiment et profondément que de l'offense faite à Dieu et de la perte des âmes... Alors, ses yeux répandent les larmes du pur amour… ; elle est tout ensemble bienheureuse et affligée, bienheureuse à cause de l'union qu'elle a avec moi, en goûtant l'amour divin, et affligée par l'offense qu'elle voit faire à ma Bonté et à ma Grandeur qu'elle contemple et savoure dans la connaissance d'elle-même et de moi. Cette affliction ne fait pas obstacle à l'état d'union ». Elle rappelle l'affliction de Notre-Seigneur qui s'unissait, même sur la croix, à la paix parfaite.

Les purifications qui conduisent à cet état d'union sont manifestement, on le voit, les purifications passives dont parlera si longuement saint Jean de la Croix ; il suffit pour s'en rendre compte de lire le ch. 24 : De quelle manière Dieu coupe les rameaux vivants unis au cep pour leur faire porter beaucoup de fruit ; de même le ch. 43 : de l'utilité des tentations, le ch. 45 : quels sont ceux à qui ces épines ne font aucun mal, et encore le ch. 20 : comment sans les tribulations supportées avec patience, il est impossible de plaire à Dieu.

V - Conclusion:

L'Appel général Que conclure ? Les textes que nous venons de citer le montrent assez clairement : L'union à Dieu, en laquelle consiste normalement la pleine perfection de la vie chrétienne, n'est pas seulement une union active, fruit de notre activité personnelle, aidée de la grâce commune ; c'est aussi une union passive, fruit de la docilité au Saint-Esprit, aux divines inspirations des sept dons, qui grandissent normalement avec la charité.

Ainsi l'âme arrive normalement à une manière contemplative de prier, de lire l'Écriture, d'assister à la messe, en contemplant toujours plus profondément la valeur infinie du sacrifice de l'autel, qui perpétue en substance celui de la Croix. Elle arrive à une manière contemplative d'exercer l'apostolat, sans perdre l'union à Dieu, mais au contraire en la conservant, pour la donner aux autres.

A cet état d'union toutes les âmes intérieures sont-elles appelées ? - Sainte Catherine, ne répond-elle pas à cette question, en expliquant, au ch. 53, les paroles de Notre-Seigneur : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive et des fleuves d'eaux vives couleront de sa poitrine. (Jean, VII, 37).

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Mar 17 Mar 2020 - 15:57

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LA PROVIDENCE ET LE CHEMIN DE LA PERFECTION


V - Conclusion: L'Appel général


« Tous, dit le Dialogue, vous avez été appelés, en général et en particulier par ma Vérité, mon Fils, lorsque plein d'un ardent désir, il criait dans le temple : « Qui a soif vienne à moi et boive »... Ainsi vous êtes invités à la source d'eau vive de la grâce. Il vous faut donc passer par mon Fils, qui est devenu votre pont, et marcher avec persévérance, sans que ni épines, ni vents contraires, ni prospérités, ni adversités, ni d'autres peines que ce soit, vous puissent faire regarder en arrière. Persévérez, jusqu'à ce que vous me trouviez, Moi, qui vous donne l'eau vive ; et c'est par l'intermédiaire de ce doux Verbe d'amour, mon Fils unique, que je vous la donne... « La première condition, c'est d'avoir soif. Car ceux-là seuls qui ont soif sont invités : « QUI A SOIF, est-il dit, qu'il vienne et qu'il boive ». Celui donc qui n'a pas soif, ne saurait persévérer dans son voyage, la moindre fatigue l'arrête... la persécution l'épouvante et dès qu'elle l'effleure, le voilà qui tourne le dos. Il a peur parce qu'il est seul... Il faut donc que vous ayez soif...

« Lorsque l'homme est rempli de ma charité et de l'amour du prochain, il se trouve par là même accompagné de nombreuses et réelles vertus. C'est alors que l'âme est disposée à avoir soif, soif de la vertu, de mon honneur, et du salut des âmes... Alors elle se met en marche sur le chemin qui mène à la source d'eau vive... Arrivée là, l'âme passe par la porte du Christ crucifié, et goûte l'eau vive, en se désaltérant en moi, qui suis l'Océan de la Paix ».

Cette même idée est exprimée par sainte Catherine sous forme d'un autre symbole, au ch. 26, où le Père lui dit de passer par un pont qui relie la terre au ciel et qui est Notre-Seigneur Jésus-Christ, la voie, la vérité et la vie. « Les pieds du Sauveur percés de clous, y est-il dit, doivent te servir de degré pour arriver au côté, qui est le second degré où te sera révélé le secret du cœur... Alors l'âme s'emplit d'amour, en voyant qu'elle est tant aimée. Elle monte alors du deuxième degré au troisième, c'est-à-dire à cette bouche pleine de douceur, où elle trouve la paix ».

Enfin quel est le signe par lequel on voit que l'âme est arrivée à l'amour parfait ? Le Seigneur l'explique à Catherine du ch. 74 au 79 : « Il me reste maintenant à te dire à quel signe l'on voit que l'âme est arrivée à l'amour parfait. Ce signe est celui-là même qu'on vit dans les apôtres, quand ils eurent reçu le Saint-Esprit.

Ils sortirent du cénacle, délivrés de toute crainte, ils annonçaient ma parole, et prêchaient la doctrine de mon Fils unique. Loin de redouter les souffrances, c'est de leurs souffrances qu'ils se faisaient gloire. Ceux qui ont la passion de mon honneur, et qui ont faim du salut des âmes courent à la table de la sainte Croix. Ils n'ont d'ambition que de souffrir et d'affronter mille fatigues pour le service du prochain... Ceux-là courent avec ardeur dans la voie du Christ crucifié ; ils suivent sa doctrine, et rien ne peut ralentir leur course, ni les injures, ni les persécutions, ni les plaisirs que le monde leur offre. Ils passent par-dessus tout cela, avec une force inébranlable, une persévérance que rien ne trouble, le cœur transformé par la charité, goûtant et savourant cette nourriture du salut des âmes, prêts à tout supporter pour elles. Voilà qui prouve, à n'en pas douter, que l'âme aime son Dieu à la perfection et sans aucun intérêt...

Si ces parfaits s'aiment eux-mêmes, c'est pour Moi ; s'ils aiment le prochain, c'est pour Moi, pour rendre honneur et gloire à mon nom... Au milieu de toutes les injures, c'est la patience qui brille et qui 'affirme sa royauté. A ceux-là je fais la grâce de sentir que je ne suis jamais séparé d'eux, tandis que dans les autres je m'en vais et je reviens, non que je leur retire ma grâce, mais bien le sentiment de ma présence. Avec ces très parfaits, parvenus à la grande perfection et qui sont morts entièrement à toute leur volonté, je n'agis pas de la sorte. Sans interruption je me repose en eux par ma grâce et par l'expérience que je leur donne de ma présence » (Ch. 78).

C'est là manifestement l'exercice éminent de la charité et du don de sagesse, qui nous donne, dit saint Thomas[126], la connaissance quasi expérimentale de Dieu présent en nous. C'est là vraiment la vie mystique, sommet du développement normal de la vie de la grâce, et prélude de la vie du ciel.

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