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La Providence et la confiance en Dieu par Fr. Garrigou-Lagrange

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Message  ami de la Miséricorde le Mer 18 Mar 2020 - 17:03

CHAPITRE VI
LA PROVIDENCE ET LE CHEMIN DE LA PERFECTION


V - Conclusion: L'Appel général


Ceux qui connaissent la doctrine spirituelle de saint Thomas peuvent voir combien lui sont conformes ces paroles prononcées par sainte Catherine de Sienne en extase ; elles sont, croyons-nous, l'expression de la doctrine traditionnelle, qui se contente de mettre l'accent où il faut dans la lecture de l'Évangile, et des Épîtres. « Qui manet in caritate, in Deo manet, et Deus in eo. - Celui qui demeure dans l'amour, demeure en Dieu et Dieu demeure en lui » I Jean, IV, 16. « Unctio ejus docet vos de omnibus. - Son onction vous enseigne sur toute chose » I. Jean, II, 27.

« Spiritus testimonium reddit spiritui nostro quod sumus filii Dei. Si autem filii et heredes : heredes quidem Dei, coheredes autem Christi, si tamen compatimur ut et conglorificemur. L'Esprit de Dieu lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, pour être glorifiés avec lui ». Rom., VIII, 17.

« Mortui enim estis et vita vestra est abscondita cum Christo in Deo. Cum Christus apparuerit, vita vestra, tunc et vos apparebitis cum ipso in gloria. Vous êtes morts et votre vie est cachée en Dieu avec Jésus-Christ. Quand Jésus-Christ, qui est votre vie, apparaîtra, alors vous apparaîtrez en gloire avec lui ». Coloss., III, 3. 4.

Avons-nous forcé le sens des textes du Dialogue ? Il vaut mieux dire que bien au contraire nous ne saurions les comprendre pleinement. Comme le disait Raphaël, « comprendre c'est égaler », et pour saisir pleinement le sens des textes que nous avons cités, c'est tout l'esprit de foi et toute la charité de Catherine de Sienne qu'il faudrait avoir.

Tel est d'après ce témoignage le chemin de la perfection tracé de toute éternité par Dieu dans le plan providentiel, pour conduire les âmes à leur destinée. C'est le chemin qui conduit à la source d'eau vive : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive et des fleuves d'eau vive couleront de sa poitrine... » « L'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle ».

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE
CHAPITRE PREMIER - PROVIDENCE ET JUSTICE DIVINE


Après avoir parlé de la Providence en elle-même et de sa conduite à l'égard des âmes, il convient de la considérer dans son rapport avec la Justice divine et avec la Miséricorde. Comme en nous la prudence est connexe avec la justice et les autres vertus morales qu'elle dirige, en Dieu la Providence s'unit à la Justice et à la Miséricorde qui sont les deux grandes vertus de l'Amour de Dieu à notre égard. La Miséricorde est fondée sur le souverain Bien en tant qu'il est diffusif de soi, communicatif de lui-même. La Justice est fondée sur les imprescriptibles droits du souverain Bien à être aimé par-dessus tout.

Ces deux vertus, dit le Psalmiste, s'unissent dans toutes les œuvres de Dieu : « Omnes viæ Domini Misericordia et veritas » Ps. 24, 10. Mais, comme le remarque saint Thomas, Ia, q. 21, a. 4, en certaines œuvres divines apparaît davantage la justice, comme dans les châtiments infligés par Dieu, en d'autres apparaît surtout la Miséricorde, comme dans la justification ou conversion du pécheur.

La Justice, qui s'attribue analogiquement à Dieu, n'est pas la justice commutative, celle qui règle les échanges entre égaux, car nous ne pouvons rien offrir à Dieu qui ne lui appartienne déjà. La justice qui lui est attribuée est la justice distributive, analogue à celle du père à l'égard de ses enfants, eu à celle du meilleur des rois à l'égard de ses sujets.

C'est ainsi que par sa justice Dieu fait trois choses : 1° il donne à chaque créature ce qui lui est nécessaire pour atteindre sa fin, 2° il récompense les mérites, 3° il punit les fautes et les crimes, surtout lorsque le coupable ne demande pas Miséricorde.
Il importe pour nous de considérer comment la Providence dirige les actes de la justice : 1° dans le cours de notre existence, 2° au moment de la mort, 3° après cette vie.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Jeu 19 Mar 2020 - 16:52

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE
CHAPITRE PREMIER - PROVIDENCE ET JUSTICE DIVINE

Providence et justice dans le cours de notre existence


La Providence et la Justice s'unissent pour nous donner pendant la vie présente ce qui nous est nécessaire pour atteindre notre fin, c'est-à-dire pour que nous puissions vivre honnêtement, selon la droite raison, pour que nous puissions connaître Dieu surnaturellement, l'aimer, le servir, et par ce moyen obtenir la vie éternelle.

Il y a sans doute ici parmi les hommes une grande inégalité de conditions naturelles et surnaturelles. Les uns sont riches, les autres pauvres ; les uns sont naturellement bien doués, les autres ont une nature ingrate, une santé débile, un tempérament chagrin. Mais le Seigneur ne commande jamais l'impossible, et nul n'est tenté au delà de ses forces aidées par la grâce qui lui est offerte. Sans doute le sauvage du centre de l'Afrique ou de l'Amérique a reçu beaucoup moins que nous ; mais s'il fait son possible selon que sa conscience le lui montre, il sera conduit par la Providence de grâce en grâce jusqu'à celle de la bonne mort ; la vie éternelle lui est accessible. Jésus est mort pour tous les hommes et parmi les adultes ceux-là seuls sont privés de la grâce nécessaire au salut, qui la refusent par leur résistance. Dieu, qui ne commande jamais l'impossible, offre à tous le nécessaire pour le salut.

Bien plus il n'est pas rare que la Providence et la Justice par la distribution des biens surnaturels compensent l'inégalité des conditions naturelles. Il n'est pas rare que le pauvre en sa simplicité plaise plus à Dieu que le riche, et reçoive de plus grandes grâces. Rappelons-nous la parabole du mauvais riche en saint Luc, XVI, 19-31 : « Il y avait un homme riche qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui faisait chaque jour splendide chère. Un pauvre nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d'ulcères et souhaitant de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; mais les chiens mêmes venaient lécher ses ulcères.

Or il arriva que le pauvre mourut et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche mourut aussi,... et tandis qu'il était en proie aux tourments, il invoqua Abraham... qui lui répondit : « Mon fils, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie et que pareillement Lazare a eu ses maux : maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. » C'est dire que parfois la Providence et la Justice divines par la distribution des biens surnaturels compensent l'inégalité des conditions naturelles.

Il est dit aussi dans les béatitudes évangéliques que celui qui est privé des joies d'ici-bas se sent parfois plus attiré que les autres vers les joies de la vie intérieure. Notre-Seigneur nous le fait entendre en disant : « Bienheureux les pauvres en esprit..., bienheureux les doux..., bienheureux ceux qui pleurent... ceux qui ont faim et soif de justice,... ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux ».

Certains de ses serviteurs, Jésus les aime cloués sur la croix, parce que ainsi ils sont plus semblables à Lui, par l'oblation effective de tout leur être pour le salut des pécheurs. Il continue à vivre en eux ; sa prière et sa souffrance durent en eux en quelque sorte jusqu'à la fin du monde, et surtout son amour, car l'amour parfait est la donation complète de soi.
Pour certaines personnes, toutes les routes de la vie à un moment se trouvent barrées ; aucun avenir humain ne s'offre plus à elles. C'est parfois le moment où une vocation supérieure leur est donnée. Certaines sont clouées sur un lit de douleur pendant de longues années. Il n'y a plus qu'une route ouverte, celle de la sainteté.

Ainsi la Providence et la Justice, en donnant à chacun le nécessaire, compensent souvent par la grâce l'inégalité des conditions naturelles. Elles nous récompensent aussi, dès cette vie, de nos mérites et nous rappellent nos grands devoirs par de salutaires avertissements, par des corrections bien méritées, qui sont des peines médicinales pour nous faire rentrer dans le droit chemin. Ainsi une mère qui aime son enfant d'un amour éclairé et fort, le corrige.

Si nous acceptons bien ces corrections salutaires, nous expions nos fautes et à leur occasion le Bon Dieu nous inspire une humilité plus sincère, un amour plus pur et plus fort. Les âmes se divisent selon qu'elles écoutent ou ne veulent pas écouter ces avertissements de Dieu.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Sam 21 Mar 2020 - 2:30

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE
CHAPITRE PREMIER - PROVIDENCE ET JUSTICE DIVINE

La Providence et la justice au moment de la mort


Généralement ceux qui dans le cours de leur vie ont été attentifs aux avertissements de la justice de Dieu et aux imprescriptibles droits du souverain Bien à être aimé par-dessus tout, ne sont pas surpris par la mort, et trouvent la paix à ce moment suprême.Mais d'ordinaire il en est tout autrement de ceux qui n'ont pas voulu entendre les avertissements divins, et qui dans le cours de la vie ont confondu l'espérance avec la présomption.

S'il est une chose qui dépend de la Providence, c'est l'heure de notre mort. « Tenez-vous prêts, dit Notre-Seigneur, car le Fils de l'homme viendra à l'heure que vous ne pensez pas » Luc, XII, 40. De même la manière dont nous mourrons, les circonstances de notre mort, tout cela est profondément inconnu pour nous, et relève de la divine Providence à laquelle nous devons nous confier, en nous préparant par une vie meilleure à bien mourir.
Et combien sont différentes, au point de vue de la Justice divine, la mort du juste et celle du pécheur impénitent.

La mort du pécheur impénitent est appelée dans l'Apocalypse, XX, 6, 14, une « seconde mort » ; car le pécheur était déjà mort spirituellement à la vie de la grâce, et si son âme se sépare du corps en cet état, elle sera pour toujours privée de cette vie surnaturelle. Daigne le Seigneur nous préserver de cette « seconde mort ».
Le pécheur, qui ne se repent pas, dit sainte Catherine de Sienne, « est au dernier moment avec son injustice, avec la lumière de la foi éteinte, cette lumière qu'il avait reçue vive au baptême, et qui a été étouffée par le vent de l'orgueil et de la vanité du cœur. Son cœur, il l'a tendu comme une voile à tous les souffles contraires au salut : la voile de l'amour-propre, largement ouverte à tous les vents de la flatterie, en descendant le fleuve des délices et des grandeurs du monde, en s'abandonnant aux séductions de la chair fragile, aux artifices et aux pièges du démon ».

« Le remords de la conscience (qu'il ne faut pas confondre avec le repentir) se réveille alors avec une telle vivacité, dit la sainte, qu'il ronge le pécheur au plus intime de lui-même. Il reconnaît à cette heure la vérité de ce qu'il méconnaissait auparavant. Le sentiment de son erreur le jette dans une grande confusion, et le démon est là... pour le pousser au désespoir ». Que dire, lisons-nous en ce Dialogue, de cette lutte, qui trouve le pécheur, désarmé, privé de la foi vive, qui est comme éteinte en lui, privé de l'espérance ferme, qu'il n'a pas nourrie, en se confiant au jour le jour au Seigneur et en travaillant pour lui ?

Le malheureux a placé son espoir en lui-même, sans voir que tout ce qu'il avait lui était prêté et qu'il faudrait en rendre compte un jour. Il est privé aussi de la flamme de la charité, de l'amour de Dieu qu'il a complètement perdu. Il se trouve seul dans sa nudité spirituelle, sans aucune vertu, et après avoir refusé d'entendre tant d'avertissements donnés au cours de la vie, de quelque côté qu'il se tourne, il ne voit que sujet de confusion. La justice divine n'a pas été assez considérée dans le cours de la vie. C'est son poids qui se fait sentir maintenant, et l'ennemi du bien cherche à faire croire au pécheur qu'il n'y a pas de Miséricorde pour lui. Combien il faut prier pour les agonisants ! Si nous le faisons, d'autres prieront pour nous au moment de notre mort.

A ces derniers instants la Miséricorde se penche encore sur le pécheur, comme elle se pencha sur Judas, lorsque Notre-Seigneur dit à la Cène (Matth., XXVI, 24) : « Malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme sera trahi ! Mieux vaudrait pour lui que cet homme-là ne fût pas né ». Notre-Seigneur n'a pas dit encore quel est celui qui va le trahir, il est trop bon pour le révéler. Alors dit l'Évangile : « Judas qui le trahissait, prit la parole et dit : Est-ce moi, Maître ? » - « Tu l'as dit, répondit Jésus ». - Quand Judas après les autres apôtres dit le dernier : « Est-ce moi, Maître ? » il cherche à dissimuler, comme si l'on pouvait dissimuler devant Celui qui dès ici-bas voyait les secrets des cœurs.

Il faut remarquer, note saint Thomas dans son Commentaire sur ces mots, la mansuétude avec laquelle Jésus l'appelle encore ami et lui répond : Tu l'as dit, comme pour dire : « Ce n'est pas moi qui l'affirme, qui le révèle, mais c'est toi qui l'as dit ». Notre-Seigneur se montre là encore plein de longanimité et de Miséricorde, fermant les yeux sur les péchés des hommes pour leur donner encore un avertissement salutaire et les amener à la pénitence. C'est ce que nous dit l'Écriture dans ces paroles si touchantes : Longanimis (est Dominus) et multum misericors (Ps. 102, 8) ; dissimulans peccata hominum propter pœnitentiam (Sagesse, XI, 24). Que les doux écoutent et ils se réjouiront : Audiant mansueti et lœtentur.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Dim 22 Mar 2020 - 4:09

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE

CHAPITRE PREMIER - PROVIDENCE ET JUSTICE DIVINE


Ce dernier avertissement de Dieu nous permet de dire : Les pécheurs oseraient-ils affirmer que Dieu est un tyran pour eux ? C'est eux qui sont des tyrans pour eux-mêmes ; c'est eux qui manquent de bienveillance envers eux-mêmes et de bienveillance envers Dieu en lui refusant cette joie qu'il aurait à leur dire ce qu'il dit au sujet du prodigue : « mon fils était perdu et je l'ai retrouvé : perierat et inventus est ». Luc, XV, 32.

Oh ! si le pécheur décharge sa conscience par une sincère confession, par un acte de foi, de confiance en Dieu, de contrition, il est sauvé en cette dernière minute par la Miséricorde Divine, qui vient s'unir à la justice. Par la Miséricorde, chacun, à la mort, peut, s'il le veut, s'il ne résiste pas, se rattacher à l'espérance. Le repentir succède alors au remords.

Sans cela, l'âme succombe sous le remords en s'abandonnant au désespoir : péché plus grave encore que les précédents, péché qui n'a pas l'excuse de la faiblesse, de l'entraînement de la sensualité, péché par lequel le pécheur estime son crime plus grand que la Miséricorde Divine. Et une fois ce péché commis, l'âme ne s'afflige plus que de son propre malheur, et non pas du péché comme offense à Dieu ; cette affliction diffère hélas ! beaucoup de celle de l'attrition, et de la contrition.

Oh ! bienheureux le pécheur qui se repent alors, comme le bon larron, en pensant que « la Miséricorde Divine est, comme le dit Catherine de Sienne, incomparablement plus grande que tous les péchés que peuvent commettre toutes les créatures ensemble ».
Plus heureux encore le juste, qui a considéré toute sa vie le devoir à accomplir par amour, et qui, après avoir mérité et lutté ici-bas, désire la mort pour jouir de la vision de Dieu, un peu comme saint Paul qui désirait mourir pour être avec le Christ : « cupio dissolvi et esse cum Christo ». Phil., I, 23.

Une paix plus ou moins profonde, suivant la perfection de chacun, remplit généralement l'âme des justes à l'agonie, et parfois surtout l'âme de ceux qui ont le plus redouté dans le cours de la vie la justice divine. Leur mort est paisible, parce que leurs ennemis ont été vaincus pendant la vie. La sensualité a été réduite en esclavage, par le frein de la raison. La vertu triomphe de la nature, réprime la crainte naturelle de la mort, par le désir d'atteindre la fin dernière, le souverain Bien.

La conscience, qui s'est conformée pendant la vie à la justice, demeure tranquille, bien que le démon cherche à la troubler et à l'effrayer.

Alors, il est vrai, apparaît davantage la valeur du temps de l'épreuve, le prix de la vertu, et l'âme juste se reproche de n'avoir pas assez bien employé ce temps. Mais la peine qu'elle en éprouve n'est pas accablante ; elle est profitable et porte l'âme à se recueillir, pour se mettre en présence du précieux sang du Sauveur, de l'Agneau de Dieu, qui efface les péchés du monde.

La Miséricorde et la Justice s'unissent ainsi admirablement dans ce passage du temps à l'éternité. Le juste, en mourant, pressent le bonheur qui lui est préparé, il goûte déjà à sa destinée, et l'on peut en voir quelquefois un reflet sur ses traits.

La Providence et la Justice de l'autre vie

Sitôt après la mort la Providence et la Justice s'exercent par le jugement particulier. La révélation nous le dit assez clairement dans la parabole dont nous parlions tout à l'heure : celle du mauvais riche et du pauvre Lazare, dont les âmes sont définitivement jugées sitôt après avoir quitté ce monde. Saint Paul l'enseigne aussi clairement en plusieurs endroits : « Il nous faut tous comparaître devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive ce qu'il a mérité étant dans son corps, selon ses œuvres, soit bien, soit mal ». – « J'ai le désir de partir et d'être avec le Christ ».

- « J'ai achevé ma course... il ne me reste plus qu'à recevoir la couronne de justice, que me donnera en ce jour-là le Seigneur, le juste Juge, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui auront aimé son avènement ». - « Il est arrêté que les hommes meurent une seule fois, après quoi vient le jugement ».

L'Église primitive croyait universellement que les martyrs entrent aussitôt au ciel, et que les criminels non repentants, comme le mauvais larron, sont punis sitôt après la mort.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Dim 22 Mar 2020 - 16:42

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE
CHAPITRE PREMIER - PROVIDENCE ET JUSTICE DIVINE

La Providence et la Justice de l'autre vie


La nature de ce jugement particulier, s'explique par l'état de l'âme séparée du corps ; dès qu'elle le quitte elle se voit comme substance spirituelle, comme un esprit pur se voit, et elle connaît aussitôt son état moral ; elle reçoit une illumination intérieure, qui rend inutile toute discussion ; la sentence est portée par Dieu, transmise par la conscience qui est l'écho de la voix de Dieu ; l'âme voit alors clairement ce qui lui est dû selon ses mérites et ses démérites qui lui sont alors nettement rappelés. C'est ce que dit symboliquement la liturgie dans le Dies iræ : Liber scriptus proferetur, in quo totum continetur : L'âme verra tout ce qui a été écrit à son sujet au livre de vie.

La justice infligera alors des peines proportionnées aux fautes, soit pour un temps, soit pour toujours. Le péché mortel, dont on ne veut pas se repentir avant la mort, est après elle comme une maladie incurable mais dans un sujet immortel dans l'âme. On s'est détourné, sans repentance, du Souverain Bien ; on a pratiquement nié sa dignité infinie de fin dernière, et l'on n'est pas revenu sur cette négation pratique quand il en était temps encore. C'est un désordre irréparable et conscient ; il y a remords mais sans repentir, l'orgueil et la révolte durent toujours et la peine qui leur est due dure toujours elle aussi; c'est surtout la privation perpétuelle de la vie divine de la grâce et de la vue de Dieu, de la béatitude suprême, avec la certitude d'avoir manqué pour toujours et par sa faute sa destinée.

La Justice de Dieu apparaît ici infinie ; c'est un mystère qui nous dépasse, comme celui de sa Miséricorde. Ici-bas les concepts ou idées que nous pouvons avoir de la Justice divine et des autres perfections de Dieu restent limités, bornés, malgré la correction que nous leur apportons par la négation de toute limite. Ils nous représentent en effet les attributs divins comme distincts les uns des autres, bien que nous ajoutions qu'il n'y a entre eux aucune distinction réelle. Il s'ensuit que ces idées bornées durcissent un peu la physionomie spirituelle de Dieu, comme lorsqu'on veut avec de petits carrés de mosaïque reproduire une physionomie humaine. Notre concept de justice étant distinct de celui de Miséricorde, il nous semble que la justice divine n'est pas seulement infiniment juste, mais qu'elle est trop raide, et la Miséricorde arbitraire.

Nous verrons dans la patrie que même les perfections divines, qui semblent le plus opposées, sont intimement fondues, qu'elles s'identifient sans pourtant se détruire dans la Déité, c'est-à-dire dans la vie intime de Dieu, que nous connaîtrons alors clairement et immédiatement. Alors nous verrons que la Justice et la Miséricorde n'existent à l'état pur, c'est-à-dire pures de toute imperfection, qu'en Dieu, et qu'en Lui la justice ne peut exister sans être unie à la Miséricorde et inversement que la Miséricorde ne peut être sans la Justice et la Providence, comme en nous les vertus cardinales sont connexes et ne sauraient se sépare. Voilà ce qui apparaît aux saints dès le jugement particulier, immédiatement suivi de leur entrée dans la gloire.

Une autre manifestation de la justice aura lieu au jugement universel, après la résurrection des corps, selon ces paroles du Credo : « Credo in Jesum Christum... qui venturus est judicare vivos et mortuos ». Notre-Seigneur dit en saint Matthieu, XXV, 31-46 : « Tous les peuples de la terre verront le Fils de l'homme venant sur les nuées du ciel avec une grande puissance et une grande majesté. Et il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité du ciel à l'autre. » Si Jésus n'était pas le Fils de Dieu, comment aurait-il pu prononcer, lui pauvre ouvrier de village, de telles paroles ? Ce serait la folie la plus manifeste ; tout nous montre au contraire qu'elles sont la sagesse même.

Ce jugement universel convient manifestement parce que l'homme n'est pas seulement une personne privée, mais il vit en société et ce jugement manifestera à tous la rectitude des voies de la Providence, la raison de ses décisions et leur résultat. La justice divine apparaîtra souverainement parfaite, alors que si souvent la justice humaine est boiteuse. La Miséricorde apparaîtra infinie à l'égard de tous les pécheurs repentants et pardonnés. Tout genou fléchira devant le Christ-Sauveur, victorieux du péché, du démon et de la mort. La gloire des élus apparaîtra aussi, celui qui aura été humilié sera élevé, et le règne de Dieu sera établi à jamais dans la lumière de gloire, dans l'amour et dans la paix.
C'est ce règne que nous désirons, en disant tous les jours dans le Pater : « Que votre règne arrive, que votre volonté (signifiée par vos préceptes et l'esprit des conseils) soit faite sur la terre comme au ciel.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Lun 23 Mar 2020 - 17:32

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE
CHAPITRE II -
PROVIDENCE ET MISÉRICORDE


Nous avons considéré les rapports de la Providence avec la Justice divine, qui distribue à tous les secours nécessaires pour atteindre leur fin, qui récompense les mérites et punit les fautes et les crimes. Il nous faut parler maintenant des rapports de la Providence avec la Miséricorde Divine.

Au premier abord il semble que la Miséricorde soit si différente de la Justice qu'elle lui soit contraire, il semble qu'elle s'oppose à la Justice et vienne restreindre les droits de celle-ci. En réalité deux perfections divines, si différentes soient-elles, ne peuvent être contraires l'une à l'autre ; l'une ne peut être la négation de l'autre ; mais, bien loin de là, elles s'unissent, avons-nous dit, jusqu'à s'identifier dans l'éminence de la Déité ou de la vie intime de Dieu.

La Miséricorde, loin de s'opposer à la Justice en la restreignant, s'unit à elle en la dépassant, dit saint Thomas. « Toutes les voies du Seigneur sont miséricorde et vérité (ou justice), » lisons-nous dans le Psaume 24, 10. Mais, ajoute l'Apôtre saint Jacques : « La Miséricorde s'élève au-dessus de la Justice ». En quel sens faut-il l'entendre ? « En ce sens, dit saint Thomas, que toute œuvre de justice suppose une œuvre de Miséricorde ou de bonté toute gratuite et se fonde sur elle. Si, en effet, Dieu doit quelque chose à sa créature, c'est en vertu d'un don précédent... (S'il se doit de nous accorder la grâce nécessaire au salut, c'est que d'abord par pure bonté il nous a créés et nous a appelés à une béatitude surnaturelle ; et s'il doit récompenser nos mérites, c'est qu'il nous a d'abord donné la grâce pour mériter). La Miséricorde (ou la pure Bonté) est ainsi comme la racine et le principe de toutes les œuvres de Dieu ; elle les pénètre de sa vertu et les domine. A titre de source première de tous les dons, c'est elle qui influe le plus fortement et c'est pourquoi elle dépasse la Justice, qui vient seulement en second lieu et lui reste subordonnée ».

La Justice est comme une branche sur l'arbre de l'Amour de Dieu ; la Miséricorde ou la pure bonté, communicative et rayonnante, c'est l'arbre même.

Nous allons le mieux entendre en considérant notre propre vie. Il convient de considérer les rapports de la Providence et de Miséricorde, comme nous l'avons fait en parlant de la Justice, premièrement dans le cours de la vie présente, deuxièmement à l'article de la mort, et troisièmement dans l'autre vie.

Providence et Miséricorde dans le cours de notre existence

Si la Justice divine dans la vie présente donne à chacun le nécessaire pour vivre comme il faut et atteindre sa fin, la Miséricorde, elle, donne bien au delà du strict nécessaire. En ce sens, elle dépasse la Justice.

Par exemple, Dieu pouvait nous créer dans un état purement naturel, nous donner seulement une âme spirituelle et immortelle, sans la grâce ; c'est par pure bonté qu'il nous a donné dès le jour de la création, de participer surnaturellement à sa vie intime ; il nous a donné la grâce sanctifiante, principe de nos mérites surnaturels.

De même, après notre chute, il pouvait en justice nous laisser dans la déchéance. Il pouvait aussi nous relever du péché par un simple pardon, annoncé par un prophète, à telles et telles conditions. Il a fait infiniment plus : par pure Miséricorde, il nous a donné son propre Fils, comme victime rédemptrice ; et nous pouvons toujours faire appel aux mérites infinis du Sauveur. La Justice ne perd pas ses droits, mais la Miséricorde l'emporte.

Après la mort de Jésus, il suffisait que nos âmes soient portées par des grâces intérieures et par la prédication de l'Évangile ; la divine Miséricorde nous a donné beaucoup plus : elle nous a donné l'Eucharistie, qui perpétue en substance le sacrifice de la Croix sur nos autels et nous en applique les fruits.

Enfin chacun de nous, en naissant dans une famille chrétienne et catholique, a reçu de la Divine Miséricorde incomparablement plus que le nécessaire accordé par Dieu au sauvage du centre de l'Afrique. Avec ce nécessaire, s'il ne résiste pas aux premières grâces prévenantes, ce sauvage recevra les autres grâces indispensables au salut. Mais nous avons reçu depuis l'enfance bien davantage. Si nous y prenons garde nous avons été conduits par les mains invisibles de la Providence et de la Miséricorde, qui nous a préservés de bien des faux pas, et nous a individuellement relevés après nos chutes.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Mar 24 Mar 2020 - 16:28

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE
CHAPITRE II -
PROVIDENCE ET MISÉRICORDE

Providence et Miséricorde dans le cours de notre existence


De même encore si la Justice divine récompense dès ici-bas nos mérites, la Miséricorde nous a donné au delà de nos mérites.

Il est dit dans l'oraison du XIe dimanche après la Pentecôte : « Dieu tout-puissant et éternel, qui dans l'effusion de vos bontés surpassez les mérites et les désirs de ceux qui vous prient, répandez sur nous votre Miséricorde, faites-nous remise des châtiments que notre conscience nous fait craindre et accordez-nous ce que nous n'osons attendre de nos prières, par Jésus-Christ Notre-Seigneur ».

La grâce de l'absolution après un péché mortel n'est pas méritée, c'est un don gratuit. Combien de fois nous a-t-il été accordé !

De même la grâce de la communion n'est pas obtenue par nos mérites ; elle est le fruit du sacrement de l'Eucharistie qui par lui-même la produit en nous, et tous les jours, si nous le voulons. Que de communions la Miséricorde Divine nous a accordées !

Pensons que si nous étions fidèles à combattre toute attache au péché véniel, chacune de nos communions deviendrait substantiellement plus fervente que la précédente ; puisque chacune doit, non seulement conserver, mais augmenter en nous la charité, et nous disposer ainsi à recevoir Notre-Seigneur le lendemain avec une ferveur substantielle, une promptitude de volonté, non seulement égale, mais plus grande.

Si nous étions attentifs à cette loi d'accélération de l'amour de Dieu dans l'âme des justes, nous serions dans l'admiration. Nous verrions que de même que la pierre tombe d'autant plus vite qu'elle se rapproche de la terre qui l'attire, ainsi les âmes justes doivent marcher d'autant plus vite vers Dieu qu'elles se rapprochent de lui et qu'elles sont par suite plus attirées par lui.

On comprend dès lors la parole du Psaume : « Misericordia Domini plena est terra ». « La terre est remplie de la Miséricorde du Seigneur ». Ps. 32, 5. Et les pécheurs peuvent dire comme il est écrit dans le Psaume 89, 14 : « Reviens, Seigneur, aie pitié de nous, rassasie-nous le matin de ta bonté, et nous serons dans la joie et l'allégresse. ».

Si nous voyions le cours de notre existence, tel qu'il est écrit au livre de vie, combien y verrions-nous d'interventions de la Providence et de la Miséricorde, qui sont venues reconstituer la chaîne de nos mérites qui avait été peut-être souvent brisée par nos péchés.

Mais non moins belle est l'intervention de la Miséricorde au moment suprême.

Providence et Miséricorde à l'article de la mort

Si la Justice seule intervenait à ce moment, tous ceux qui ont mal vécu mourraient de même : après avoir négligé tant d'avertissements de la Providence, ils ne répondraient pas non plus au dernier, et leur remords ne se changerait pas en repentir salutaire. Mais, grâce à la Miséricorde, ce dernier appel se fait plus pressant. Si la Justice inflige la peine due au péché, la Miséricorde ici encore la dépasse, en pardonnant.

Pardonner veut dire « donner au delà » de ce qui est dû. Les droits de la Justice sont sauvegardés, mais la Miséricorde l'emporte, en inspirant souvent au pécheur qui va mourir un grand acte d'amour de Dieu, de contrition, qui efface le péché et la peine éternelle due au péché mortel.

Ainsi par l'intervention de la Miséricorde, par les mérites infinis du Sauveur, par l'intercession de Marie, refuge des pécheurs, et de Joseph, patron des mourants, beaucoup meurent autrement qu'ils n'ont vécu .Ce sont les ouvriers de la dernière heure, dont il est parlé dans la parabole évangélique (Matthieu, XX, 9) ; ils reçoivent comme les autres la vie éternelle au degré proportionné aux quelques actes méritoires qu'ils ont accomplis avant de mourir, dans leur agonie.

Ainsi expira le bon larron, qui, touché de la bonté de Jésus mourant, se convertit, et eut le bonheur d'entendre le Sauveur lui dire : « Tu seras avec moi ce soir en paradis ».

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Mer 25 Mar 2020 - 17:05

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE

CHAPITRE II -
PROVIDENCE ET MISÉRICORDE

Providence et Miséricorde à l'article de la mort


Ces interventions de la Miséricorde à l'article de la mort sont une des choses les plus sublimes de la vraie religion. Ce fut assez clair souvent pendant la dernière guerre ; beaucoup, en y mourant de façon tragique après une absolution, ont été sauvés, qui se seraient peut-être perdus s'ils avaient continué à vivre dans les circonstances ordinaires, au milieu de leurs occupations et de leurs plaisirs.

De même, là où les hôpitaux sont chrétiens, combien de pauvres gens, avertis par la maladie qui va les emporter, vont se préparer à une bonne mort en ces hôpitaux, entendre les paroles d'une religieuse et celles d'un prêtre qui finalement les réconcilie avec Dieu après des trente et quarante ans de vie presque indifférente et qui laissait beaucoup à désirer.

La Miséricorde Divine appelle tous les mourants ; Jésus a dit : « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et qui ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai » (Matth., XI, 28). Il est mort pour tous les hommes. Il est l'Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde, comme il est rappelé dans les belles prières pour les agonisants.

La mort du pécheur repentant est une des plus grandes manifestations de la Divine Miséricorde. Il y a de cela les exemples les plus frappants, dans la Vie de sainte Catherine de Sienne écrite par son confesseur le bienheureux Raymond de Capoue.

A force de prier pour deux criminels condamnés au dernier supplice, et qui blasphémaient pendant qu'on les torturait avec des tenailles brûlantes, elle obtint que Notre-Seigneur apparût tout couvert de ses blessures à ces misérables condamnés, les invitant à se convertir et leur promettant le pardon.

Ils demandèrent alors très instamment un prêtre, confessèrent leurs péchés avec une vive contrition, changèrent leurs blasphèmes en louanges, et allèrent joyeusement à la mort, comme aux portes du ciel. Les témoins de ce fait en furent extrêmement surpris et ne surent à quelle cause il fallait attribuer un si subit changement de leurs dispositions intérieures.

Une autre fois la sainte assista elle-même au supplice du jeune noble Nicolas Tuldo, condamné à mort pour avoir mal parlé du gouvernement. Comme il tenait excessivement à la vie et ne pouvait accepter une peine qui lui paraissait si injuste, elle prépara elle-même son âme à paraître devant Dieu.

Elle raconta ainsi cette mort dans une lettre à son confesseur Raymond de Capoue : « En m'apercevant (au lieu du supplice), il s'est mis à sourire. Il a voulu que je trace sur lui le signe de la croix. Je l'ai fait, puis je lui ai dit : « A genoux ! aux noces, mon doux frère ! Tu vas avoir la vie qui ne finit jamais ».

Alors, il s'est étendu avec une grande douceur et je lui ai étendu le cou. Penchée sur lui, je lui rappelais le sang de l'Agneau ! Lui ne savait que répéter : Jésus ! Catherine ! Il le redisait encore quand j'ai reçu sa tête dans mes mains. Alors j'ai fixé mon regard sur la divine Bonté et j'ai dit : « Je veux ! »

« Et j'ai vu, comme on voit la clarté du soleil, l'Homme-Dieu, le côté ouvert. Il recevait le sang dans son Sang, et le feu du saint désir donné par grâce à cette âme dans le feu de sa divine Charité ».

Si la mort du pécheur repentant est une manifestation de la Miséricorde Divine, plus belle encore est la mort du juste qui a toujours été fidèle. Ses derniers instants sont généralement paisibles, parce qu'il a vaincu ses ennemis pendant sa vie, et que l'âme est préparée à son passage à l'éternité.

Le juste fait alors de sa mort, en union avec les messes qui se célèbrent, un dernier sacrifice de réparation, d'adoration, d'action de grâces et de supplication pour obtenir la dernière grâce de la persévérance finale, qui porte avec elle l'assurance du salut.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Jeu 26 Mar 2020 - 16:08

CINQUIÈME PARTIE
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CHAPITRE II -
PROVIDENCE ET MISÉRICORDE

Providence et Miséricorde après la mort


« La Miséricorde et la Justice, nous a dit l'Écriture, s'unissent dans toutes les œuvres de Dieu » (Ps. 24, 10), bien que la première domine en certaines œuvres comme la conversion du pécheur, et la seconde en d'autres comme le châtiment dû au péché.

C'est ainsi qu'après la mort, « la Miséricorde, dit saint Thomas[149], s'exerce même à l'égard des réprouvés, en ce sens qu'ils sont punis moins qu'ils ne le méritent ». Si la Justice seule intervenait, ils souffriraient plus encore. Sainte Catherine de Sienne parle de même. La Miséricorde vient adoucir la Justice même à l'égard de ceux qui ont soulevé la haine entre les individus, entre les classes, entre les peuples, même à l'égard des plus pervers, de ces monstres, qui ont montré comme un Néron une malice raffinée, et une opiniâtreté qui a résisté à tous les conseils.

Évidemment la Miséricorde Divine s'exerce plus encore à l'égard des âmes du purgatoire, en leur inspirant l'amour de la réparation, amour qui adoucit en quelque sorte la vive douleur purificatrice qu'elles éprouvent, et confirme leur certitude du salut.

Au ciel, la Miséricorde Divine éclate dans les saints, selon le degré de leur amour de Dieu. Notre-Seigneur les accueille en disant, comme il est rapporté en saint Matthieu, XXV, 34 : « Venez, les bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès l'origine du monde. Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli ; nu, et vous m'avez vêtu ; malade, et vous m'avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi. »

Les justes répondront : « Seigneur, quand avons-nous vu que vous aviez faim... que vous aviez soif... et sommes-nous venus à vous ? » Et le Roi leur répondra : « En vérité, je vous le dis, toutes les fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi-même que vous l'avez fait ».

Quelle joie sera celle de l'instant de notre entrée dans la gloire, quand nous recevrons la lumière de gloire pour voir Dieu face à face de cette vision qui ne finira plus et qui aura pour mesure l'unique instant de l'immobile éternité.

Quelle consolation de penser à cette infinie Miséricorde, qui est au-dessus de toute malice et qui ne saurait être épuisée. C'est pourquoi nulle rechute, si honteuse ou si criminelle qu'elle soit, ne doit porter le pécheur au désespoir. Le plus grand outrage qu'on puisse faire à Dieu, c'est de penser qu'il n'est pas assez bon pour nous pardonner. Comme nous l'a déjà dit sainte Catherine de Sienne, « sa Miséricorde est incomparablement plus grande que tous les péchés que peuvent commettre toutes les créatures ensemble ».

Soyons attentifs aux paroles des Psaumes que la liturgie nous rappelle souvent à ce sujet : Misericordias Domini in æternum cantabo... Je chanterai à jamais les Miséricordes du Seigneur... Dans les cieux tu as établi ta fidélité... Tu es puissant, Seigneur, et ta fidélité t'environne... C'est toi qui domptes l'orgueil de la mer, et la présomption des méchants, pour venir au secours des faibles ». (Ps. 88, 2...)

« Misericors Dominus, longanimis et multum Misericors. Le Seigneur est Miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté. Ce n'est pas pour toujours qu'il réprimande. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sa bonté est grande. Comme un père a compassion de ses enfants, il a compassion de ceux qui le craignent, car il sait de quoi nous sommes formés. Il se souvient que nous sommes poussière.

« L'homme ! Ses jours sont comme l'herbe ; il fleurit comme la fleur des champs. Qu'un souffle passe sur lui, il n'est plus... Mais la Miséricorde de Dieu dure à jamais pour ceux qui le craignent. Misericordia autem Domini ab æterno et usque in æternum super timentes eum » Ps. 102, 8-17.

Daigne le Seigneur réaliser en nous ces divines paroles, pour que nous le glorifiions à jamais : « Misericordias Domini in æternum cantabo ».
Rarement les rapports de la Miséricorde, de la Justice et de la Providence ont été mieux exprimés que dans le Dies iræ.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Ven 27 Mar 2020 - 17:52

CINQUIÈME PARTIE
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CHAPITRE II -
PROVIDENCE ET MISÉRICORDE

Providence et Miséricorde après la mort


Dies iræ, dies illa, solvet sæclum in favilla... Jour de colère, jour terrible, où l'univers sera réduit en cendres, selon les oracles de David et les prédictions de la Sibylle.
Quantus tremor est futurus, Quando Judex est venturus... Quelle sera la terreur des hommes, lorsque le souverain Juge viendra scruter toutes leurs actions, cuncta stricte discussurus !

Mors stupebit et natura, Cum resurget creatura, Judicanti responsura : La nature et la mort seront dans l'effroi, quand l'homme ressuscitera pour répondre à son Juge.
Liber scriptus proferetur, In quo totum continetur, Unde mundus judicetur. Alors sera présenté un livre qui contient tout ce qui doit être la matière du jugement universel sur le monde.

Judex ergo cum sedebit, Quidquid latet apparebit : Nihil inultum remanebit. Quand le juge sera assis sur son tribunal, tout ce qui était caché sera révélé, aucun crime ne demeurera impuni...

Rex tremendæ majestatis, Qui salvandos salvas gratis, Salve me, fons pietatis. O Roi, dont la majesté est si redoutable, qui sauvez vos élus par une Miséricorde gratuite, qui salvandos salvas gratis, sauvez-moi, ô source de bonté !

Recordare Jesu pie, Quod sum causa tuæ viæ, Ne me perdas illa die. Souvenez-vous, ô Jésus, plein de douceur, que pour moi vous êtes descendu du ciel, ne me perdez pas en ce jour.

Quærens me, sedisti lassus : Redemisti, crucem passus : Tantus labor non sit cassus. Vous vous êtes épuisé de lassitude en me cherchant ; vous m'avez racheté par les souffrances de la croix : qu'un si grand travail ne soit point sans fruit !

Juste judex ultionis, Donum fac remissionis, Ante diem rationis. O Juge qui punissez avec justice, accordez-moi le pardon de mes fautes avant le jour de votre jugement...
Qui Mariam absolvisti, Et latronem exaudisti, Mihi quoque spem dedisti. Vous avez absous Marie-Madeleine, et pardonné au bon larron ; à moi vous me donnez l'espoir...

Oro supplex et acclinis, Cor contritum quasi cinis, Gere curam mei finis. Prosterné, suppliant, le cœur brisé, comme réduit en cendres, pitié, Seigneur, à mon dernier moment...
Huic ergo parce Deus : Pie Jesu Domine, Dona eis requiem. Ayez pitié de nous, mon Dieu ! Doux Jésus, ô Seigneur, donnez-nous l'éternel repos. Amen.

Prenons l'habitude de prier pour les agonisants pour que la Miséricorde Divine s'incline sur eux, et nous-mêmes nous serons ainsi assistés par la prière d'autres âmes au moment de notre mort. Nous ne savons pas où et comment nous mourrons, peut-être serons-nous seuls, mais si nous avons souvent prié pour les agonisants, si nous avons souvent dit avec attention et avec cœur : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort », alors la Miséricorde s'inclinera aussi sur nous, au moment suprême.

CHAPITRE III
LA PROVIDENCE ET LA GRACE DE LA BONNE MORT


Une des questions vitales, qui doit le plus intéresser toutes les âmes, quel que soit l'état où elles se trouvent, est celle de la bonne mort, question sur laquelle saint Augustin écrivit un de ses derniers et de ses plus beaux livres, où s'exprime sa pensée définitive sur le mystère de la grâce, De dono perseverantiæ.

Cette question vitale a été entendue en des sens très différents et radicalement opposés par les semipélagiens d'une part et par les protestants et les jansénistes de l'autre. C'est même à l'occasion de ces hérésies contraires que l'Église a précisé sa doctrine sur ce point, en montrant toute l'élévation de la vérité au milieu et au-dessus des erreurs extrêmes.
Rappelons brièvement ces erreurs, pour mieux voir par contraste le prix de la vérité, pour mieux saisir ce qu'est la grâce de la bonne mort ; nous verrons ensuite comment nous pouvons l'obtenir.

Source : Livres-mystiques.com

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