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La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou

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Message  ami de la Miséricorde le Dim 24 Mai 2020 - 17:16

CHAPITRE II

Article II - LE PRIVILÈGE DE L'IMMACULÉE CONCEPTION

La définition dogmatique

Ce point de doctrine était déjà affirmé par la liturgie dans l'oraison propre de la fête de l'Immaculée Conception, qui fut approuvée par Sixte IV (1476) et où il est dit : « Ex morte ejusdem Filii tui praevisa, eam (Mariam) ab omni labe praeservasti. » La Sainte Vierge a été pré­servée du péché originel par la mort future de son Fils, c'est-à-dire par les mérites de Jésus mourant pour nous sur la croix.

On voit dès lors que cette préservation de Marie diffère beaucoup de celle du Sauveur lui-même, car Jésus ne fut nullement racheté par les mérites d'un autre, ni par les siens ; il a été préservé du péché originel et de tout péché, à un double titre : premièrement par l'union personnelle ou hypostatique de son humanité au Verbe, à l'instant même où sa sainte âme a été créée, car aucun péché soit originel soit actuel ou personnel ne peut être attribué au Verbe fait chair ; et secondement de par sa conception virginale, due à l'opération du Saint-Esprit, Jésus ne des­cend pas d'Adam par voie de génération naturelle. Cela n'appartient qu'à lui seul.

3° La définition du dogme de l'Immaculée Conception propose cette doctrine comme révélée, et donc comme contenue au moins implicitement dans le dépôt de la Ré­vélation, c'est-à-dire dans l'Ecriture et la Tradition, ou dans l'une de ces deux sources.

Le témoignage de l'Ecriture


La bulle Ineffabilis Deus cite deux textes de l'Ecriture : Gen., III, 15 et Luc, I, 28, 42.
Dans la Genèse ce privilège est implicitement ou confusément révélé comme en germe dans ces paroles de Dieu adressées au serpent, figure du démon (Gen., III, 15) : « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ; celle-ci t'écrasera la tête et tu la mordras au talon. » Celle-ci, c'est-à-dire la postérité de la femme, car dans le texte hébreu, le pronom est masculin et désigne les descendants de la femme ; de même dans les Septante et la version syriaque.

La Vulgate a mis ipsa, qui se rapporte à la femme elle-même. Le sens d'ail­leurs n'est pas essentiellement différent, car la femme sera associée à la victoire de celui qui représentera éminemment sa postérité en lutte avec le démon au cours des âges.

Par elles-mêmes ces paroles ne suffisent certainement pas à prouver que le privilège de l'Immaculée Conception est révélé, mais les Pères, dans leur comparaison d'Eve et Marie, y ont vu une allusion à cette grâce, c'est à ce titre que Pie IX cite cette promesse.

Une exégèse naturaliste ne voit dans ces paroles que l'expression de la répulsion instinctive qu'éprouve l'homme pour le serpent. Mais la tradition juive et chré­tienne y voit beaucoup plus. La tradition chrétienne a vu dans cette promesse, qui a été appelée le proté­vangile, le premier trait qui sert à désigner le Messie et sa victoire sur l'esprit du mal. Jésus représente en effet éminemment la postérité de la femme, en lutte avec la postérité du serpent.

Mais si Jésus est ainsi appelé, ce n'est pas à raison du lien lointain qui l'unit à Eve, car celle-ci n'a pu transmettre à ses descendants qu'une nature déchue, blessée, privée de la vie divine ; c'est bien plutôt à raison du lien qui l'unit à Marie, dans le sein de laquelle il a pris une humanité sans tache.

Comme le dit le P. X.-M. Le Bachelet, art. cit., col. 118 : « On ne trouve pas dans la maternité d'Eve le principe de cette inimitié que Dieu mettra entre la race de la femme et la race du serpent ; car Eve est elle-même tombée comme Adam, vic­time du serpent. Ce principe d'inimitié ne se trouve qu'en Marie, mère du Rédempteur. Donc dans ce protévangile, la personnalité de Marie, encore que voilée, est présente, et la leçon de la Vulgate, ipsa, traduit une conséquence, qui se dégage réellement du texte sacré, car la victoire du Rédempteur est moralement, mais réellement la victoire de sa Mère. »

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Lun 25 Mai 2020 - 16:46

CHAPITRE II

Article II - LE PRIVILÈGE DE L'IMMACULÉE CONCEPTION

Le témoignage de l'Ecriture


Là aussi l'antiquité chrétienne n'a cessé d'opposer Eve, qui participe au pêché d'Adam en suivant la suggestion du serpent, à Marie, qui participe à l'œuvre rédemptrice du Christ en croyant aux paroles de l'ange le jour de l'Annonciation.

Dans la promesse de la Genèse est affirmée une victoire complète sur le démon : « celle-ci t'écrasera la fête », et donc sur le péché qui met l'âme dans un état de servitude sous l'empire du démon. Dès lors, comme le dit Pie IX dans La bulle Ineffabilis Deus, cette victoire sur le démon ne serait pas complète si Marie n'avait pas été préservée du péché originel par les mérites de son Fils : « De ipso (serpente) plenissime triumphans, illius caput immacu­lalo pede (Maria) contrivit. »

L'énoncé de ce privilège est contenue dans la promesse de la Genèse, comme le chêne est contenu dans le germe qui se trouve dans un gland ; si l'on n'avait jamais vu de chêne on ne pourrait connaître le prix de ce germe, ni ce à quoi précisément il est ordonné ; mais une fois que nous connaissons le chêne, nous voyons que ce germe était ordonné à le produire et non pas à donner un orme ou un peuplier. C'est la loi de l'évolution qui se vérifie aussi dans l'ordre de la révélation divine progressive.

La bulle Ineffabilis Deus cite aussi la salutation de l'ange à Marie (Luc, I, 28) : « Je vous salue, pleine de grâce, vous êtes bénie entre les femmes », et les mêmes paroles dites par sainte Elisabeth sous la révélation di­vine (Luc, I, 42). Pie IX ne dit point que ces paroles suf­fisent par elles-mêmes à prouver que le privilège de l'Immaculée Conception est révélé ; pour qu'elles aient cette efficacité, il faut y joindre la tradition exégétique des Pères.

Cette tradition devient explicite avec saint Ephrem le Syrien († 373) et chez les Pères grecs au lendemain du Concile d'Ephèse (431), en particulier chez deux évê­ques adversaires de Nestorius : saint Proclus, un des successeurs de saint Jean Chrysostome sur le siège de Constantinople (434-446) et Théodote, évêque d'Ancyre (430-439), puis chez saint Sophrone, patriarche de Jéru­salem (634-638), André de Crète († 740), saint Jean Da­mascène, mort vers le milieu du VIII° siècle, dont les témoignages sont assez longuement rapportés par le P. X.-M. Le Bachelet, Dict. Apol., art. Marie, col. 223-231.

A la lumière de cette tradition éxégétique les paroles de l'ange à Marie : « Je vous salue, pleine de grâce », ou pleinement agréable à Dieu et aimée de lui, ne sont pas limitées dans le temps de façon à exclure quelque période initiale de la vie de Marie. Au contraire, la Sainte Vierge n'aurait pas reçu cette plénitude de grâce si son âme avait été un instant dans l'état de mort spirituelle par suite du péché originel, si elle avait été un instant privée de la grâce, détournée de Dieu, fille de colère, dans un état de servitude sous l'empire du démon.

Saint Proclus dit qu'elle a été « formée d'un limon pur » Théodote d'Ancyre dit que « le Fils du Très-Haut est issu de la Très Haute ». Saint Jean Damascène écrit que Marie est la fille très sainte de Joachim et d'Anne qui a a échappé aux traits enflammés du malin », qu'elle est un para­dis nouveau « où le serpent n'a pas d'entrée furtive », qu'elle est exempte de la dette de la mort, qui est une des suites da péché originel, elle doit donc être exempte de la déchéance commune.

Si Marie avait contracté le péché originel, la plénitude de grâce aurait été restreinte en ce sens qu'elle ne se serait pas étendue à toute sa vie. L'Eglise, en lisant les paroles de la salutation angélique à la lumière de la Tra­dition et avec l'assistance du Saint-Esprit, y a vu le pri­vilège de l'Immaculée Conception, implicitement révélé, non pas comme l'effet dans la cause qui peut exister sans lui, mais comme une partie dans le tout ; la partie est actuellement dans le tout au moins implicitement énoncée.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Mar 26 Mai 2020 - 16:29

CHAPITRE II

Article II - LE PRIVILÈGE DE L'IMMACULÉE CONCEPTION

Le témoignage de la Tradition


La Tradition elle-même affirme de plus en plus explicitement cette vérité Saint Justin, saint Irénée, Tertullien, opposent Eve cause de la mort et Marie cause de la vie et du salut. Cette antithèse est constam­ment rééditée par les Pères, et elle trouve place dans les documents les plus solennels du magistère suprême ; en particulier dans la bulle Ineffabilis Deus.

Cette anti­thèse est donnée comme parfaite, sans restriction; pour qu'elle le soit, il faut que Marie ait été toujours supé­rieure à Eve, et donc qu'elle ne lui ait pas été inférieure au premier moment de sa vie. Les Pères disent souvent de Marie qu'elle est immaculée, qu'elle a toujours été bénie de Dieu pour l'honneur de son Fils, qu'elle est inte­merata, intacta, impolluta, intaminata, illibata, entière­ment sans souillure.

Saint Ephrem en comparant Eve et Marie dit : « Toutes les deux sont à l'origine innocentes et simples ; mais ensuite Eve devient cause de la mort et Marie cause de la vie. » Parlant au Seigneur, il dit encore : « Vous, Seigneur, et votre Mère êtes les seuls qui soient parfaite­ment beaux sous tous rapports. En vous il n'y a aucune faute et en votre Mère aucune tache. Les autres enfants de Dieu n'approchent point de cette beauté. »

Saint Ambroise dit de même de Marie qu'elle est exempte de toute souillure du péché « per gratiam ab omni integra labe peccati. », et saint Augustin que « au sujet seulement de la Sainte Vierge Marie, l'honneur du Seigneur ne permet pas de soulever la question du péché* ». tandis que si l'on interrogeait tous les saints et si on leur demandait : « Etiez-vous sans péché ? » ils répondraient avec l'apôtre saint Jean (I Joan., I, 8) : « Si nous prétendons être sans péché, nous nous trompons nous-mêmes et la vérité n'est pas en nous. » Deux autres textes paraissent montrer que l'affirmation d'Augustin sur Marie exempte de tout péché s'étend à l'Immaculée Conception. On trouvera beaucoup d'autres témoigna­ges des Pères dans les ouvrages de Passaglia[61], Pal­mier et Le Bachelet.

Il faut ajouter que, depuis le VII° et le VIII° siècle, on célèbre dans l'Eglise, surtout dans l'Eglise grecque, la fête de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie : en Sicile au IX°, en Irlande au X°, presque dans toute l'Eu­rope au XII°.

Le Concile de Latran de 649 (Denz., 256) appelle Marie « immaculée ». En 1476 et 1483, Sixte IV parle en faveur du privilège à propos de la fête de la Conception de Marie (Denz.. 734 s.). Le Concile de Trente (Denz., 792) déclare lorsqu'il parle du péché originel qui atteint tous les hommes qu'il n'est pas de son intention d'y inclure la bien­heureuse et immaculée Vierge Marie. En 1567, Baius est condamné pour avoir enseigné le contraire (Denz„ 1073). En 1661, Alexandre VII affirme le privilège en disant que presque tous les catholiques l'admettent, quoiqu'il ne soit pas défini (Denz., 1100). Enfin, le 8 décembre 1854, est promulguée la définition solennelle (Denz., 1641).

Il faut reconnaître qu'au XII° et au XIII° siècle, de grands docteurs comme saint Bernard[64], saint Ansel­me[65], Pierre Lombard, Hugues de Saint-Victor, saint Albert le Grand saint Bonaventure, saint Thomas, paraissent peu favorables au privilège, parce qu'ils n'ont pas assez considéré l'instant même de l'ani­mation ou de la création de l'âme de Marie, et qu'ils n'ont pas assez distingué, grâce à l'idée de rédemption préser­vatrice, que Marie, qui devait encourir la tache hérédi­taire, ne l'a pas encourue de fait. Ils n'ont pas toujours assez distingué entre « debebat contrahere » et « con­traxit peccatum ».

Nous verrons cependant plus loin qu'il y a à ce sujet trois périodes dans la vie de saint Thomas, et que si dans la seconde il n'affirme pas le privilège et parait le nier, dans la première il l'affirme et aussi, sem­ble-t-il, dans la dernière.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Mer 27 Mai 2020 - 15:31

CHAPITRE II

Article II - LE PRIVILÈGE DE L'IMMACULÉE CONCEPTION

Raisons théologiques du privilège de l'Immaculée Conception


La principale raison de convenance de ce privilège est le développement de celle que donnait avec beaucoup d'autres saint Thomas pour montrer la convenance de la sanctification de Marie dans le sein de sa mère avant sa naissance (IIIa, q. 27, a. 1) : « Il faut raisonnablement croire que celle qui devait enfanter le Fils unique de Dieu, plein de grâce et de vérité, a reçu plus que, toute autre personne les plus grands privilèges de grâce. Si donc Jéré­mie et saint Jean Baptiste ont été sanctifiés avant leur naissance, il faut croire raisonnablement qu'il en a été de même pour Marie. » Saint Thomas dit aussi ibid., a. 5 : « Plus on approche de la source de toute grâce, plus on reçoit d'elle ; or Marie a approché plus que personne du principe de la grâce qu'est le Chris. »

Mais il fallait développer cette raison de convenance pour arriver jusqu'au privilège dont nous parlons.

C'est le mérite de Scot (les thomistes doivent tenir à honneur de reconnaître que leur adversaire sur ce point a vu juste) d'avoir bien mis en lumière la haute conve­nance de ce privilège en répondant à cette difficulté for­mulée par plusieurs théologiens et par saint Thomas : Le Christ est le rédempteur universel de tous les hommes sans exception (Rom., III, 23; V, 12, 19; Gal., III, 22; II Cor., V, 14; I Tim., II, 16). Or si Marie n'a pas contracté le péché originel, elle n'en a pas été libérée par le Christ. Elle n'a donc pas été rachetée par lui.

A cette difficulté, Duns Scot répond par l'idée de la rédemption non pas libératrice, mais préservatrice ; il en montre toute la convenance, et il le fait, au moins en certains endroits, sans allusion à son opinion spéciale sur le motif de l'Incarnation, et de telle façon que cette haute raison de convenance peut être admise indépen­damment de cette opinion.

Cette raison est la suivante : Il convient que le Rédempteur parfait exerce une rédemption souveraine au moins à l'égard de la personne de sa Mère qui doit lui être associée plus intimement qu'aucune autre dans l'œuvre du rachat de l'humanité.

Or la rédemption souveraine n'est pas seulement libéra­trice du péché déjà contracté, mais préservatrice de toute souillure, comme celui qui préserve quelqu'un d'un coup mortel est plus encore son sauveur que s'il le guérissait de la blessure faite par ce coup. Donc il convient hautement que le Rédempteur parfait ait, par ses mérites, préservé sa Mère du péché originel et aussi de toute faute actuelle.

L'argument avait été auparavant ébauché par Ead­mer[73], il a manifestement des racines profondes dans la Tradition.

Cette raison de convenance est indiquée d'une certaine façon dans la bulle Ineffabilis Deus avec quelques autres. Il y est dit que l'honneur des parents comme leur déshonneur rejaillit sur leurs enfants, et il ne convenait pas que le Rédempteur parfait eut une Mère qui ait été con­çue dans le péché.

De plus, comme le Verbe procède éternellement d'un Père très saint, il convenait qu'il naquit sur terre d'une Mère qui n'ait jamais manqué de la splendeur de la sain­teté.
Enfin, pour que Marie puisse réparer la chute d'Eve, vaincre les artifices du démon et donner à tous, avec le Christ, par Lui et en Lui, la vie surnaturelle, il convenait qu'elle-même n'ait jamais été dans l'état de déchéance, dans la servitude du péché et du démon.

Si l'on objecte que seul le Christ est immaculé, il est facile de répondre : seul le Christ l'est par lui-même et au double titre de l'union hypostatique et de sa concep­tion virginale, Marie l'est par les mérites de son Fils.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Jeu 28 Mai 2020 - 16:08

CHAPITRE II

Article II - LE PRIVILÈGE DE L'IMMACULÉE CONCEPTION

Raisons théologiques du privilège de l'Immaculée Conception


Les conséquences du privilège de l'Immaculée Conception peuvent se développer tel que l'ont fait de grands auteurs spirituels. Marie a été préservée des suites dites flétrissantes du péché originel, qui sont la concupiscence et l'inclination à l'erreur.
Depuis la définition du dogme de l'Immaculée Conception, il faut dire que le foyer de convoitise, n'a pas seule­ment été lié en Marie dès le sein de sa mère, mais qu'il n'a jamais existé en elle.

Aucun mouvement de sa sensibilité ne pouvait être désordonné, prévenir son jugement et son consentement. Il y eut toujours en elle la subordination parfaite de la sensibilité à l'intelligence et à la volonté, et de la volonté à Dieu, comme dans l'état d'innocence. C'est ainsi que Marie est Vierge des vierges, très pure, « inviolata, intemerata », tour d'ivoire, très pur miroir de Dieu.

De même Marie n'a jamais été sujette à l'erreur, à l'illusion; son jugement était toujours éclairé, toujours droit. Si elle n'avait pas encore la lumière sur une chose, elle suspendait son jugement et évitait la précipitation qui eut été cause d'erreur. Elle est, comme le disent les lita­nies, le Siège de la Sagesse, la Reine des docteurs, la Vierge très prudente, la Mère du bon conseil.

Tous les théologiens reconnaissent que la nature lui parlait du Créateur mieux qu'aux plus grands poètes, et qu'elle eut dès ici-bas une connaissance éminente et supérieurement simple de ce que dit l'Ecriture du Messie, de l'Incarna­lion, de la Rédemption. Elle fut ainsi parfaitement exempte de convoitise et d'erreur.

Mais pourquoi le privilège de l'Immaculée Conception n'a-t-il pas soustrait Marie à la douleur et à la mort, qui sont aussi des suites du péché originel ?

En vérité, la douleur et la mort en Marie, comme en Jésus, ne furent pas, comme en nous, des suites du péché originel qui ne les avait jamais effleurés. Ce furent des suites de la nature humaine, qui de soi, comme la nature de l'animal est sujette à la douleur et à la mort corporelle. Ce n'est que par privilège surnaturel qu'Adam innocent était exempt de toute douleur et de la nécessité de mourir.

Jésus, pour être notre Rédempteur par sa mort sur la croix, a été virginalement conçu dans une chair mortelle, in carne passibili, et il accepta volontairement de souffrir et de mourir pour notre salut. A son exemple, Marie accepta volontairement la douleur et la mort pour s'unir au sacrifice de son Fils, pour expier avec lui à notre place et nous racheter.
Et, chose étonnante, qui fait l'admiration des contem­platifs, le privilège de l'Imnaculée Conception et la plé­nitude de grâce, loin de soustraire Marie à la douleur, augmentèrent considérablement en elle la capacité de souffrir du plus grand des maux, qui est le péché. Précisément parce qu'elle était absolument pure, parce que son cœur était embrasé de la charité divine, Marie souf­frit exceptionnellement des maux les plus graves, dont notre légèreté nous empêche de nous affliger. Nous souffrons, nous, de ce qui blesse notre susceptibilité, notre amour-propre, notre orgueil.

Marie a souffert du péché dans la mesure de son amour pour Dieu que le péché offense, de son amour pour son Fils que le péché crucifiait, dans la mesure de son amour pour nos âmes que le péché ravage et tue.

Le privilège de l'Immaculée Conception, loin de soustraire Marie à la douleur, augmenta ainsi ses souffrances et la disposa si bien à les supporter, qu'elle n'en perdit aucune, et les offrit incessamment avec celles de son Fils pour notre salut.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Sam 30 Mai 2020 - 1:55

CHAPITRE II

Article II - LE PRIVILÈGE DE L'IMMACULÉE CONCEPTION

De la pensée de saint Thomas sur L'Immaculée Conception


On peut, semble-t-il, comme l'ont indiqué quelques commentateurs, distinguer à ce sujet trois périodes dans la pensée de saint Thomas.

Dans la première, au début de sa carrière théologique, en 1253-1254, il affirme le privilège, probablement à rai­son de la tradition manifestée par la fête de la Concep­tion célébrée en plusieurs Eglises, et par l'élan de sa pieuse admiration pour la sainteté parfaite de la Mère de Dieu. C'est alors qu'il écrit (I Sent., d. 44, q. 1, a. 3, ad 3) : « Puritas intenditur per recessum a contrario : et ideo potest aliquid creatum inveniri quod nihil purius esse potest in rebus creatis, si nulla contagione peccati inqui­natum sit ; et talis fuit puritas beatae Virginis, quae a peccato originali et actuali immunis fuit. » D'après ce texte, la pureté de la bienheureuse Vierge a été telle qu'elle a été exempte du péché originel et de tout péché actuel.

Dans une seconde période, saint Thomas, voyant mieux les difficultés du problème, hésite et ne se prononce pas, car des théologiens de son temps, soutiennent que Marie est immaculée indépendamment des mérites du Christ.

Il refuse d'admettre cette position à cause du dogme de l'universelle rédemption qui, sans exception, vient du Sauveur (Rom., III, 23; V, 12, 19; Gal., III, 22; II Cor., V, 14; I Tim., II, 6). - C'est alors que dans la IIIa, q. 27, a. 2, il pose ainsi la question : Est-ce que la bienheureuse Vierge a été sanctifiée avant l'animation dans la concep­tion de son corps ? car, selon lui comme selon plusieurs autres théologiens, la conception (initiale) du corps se distingue de l'animation ou création de l'âme, qui serait postérieure d'environ un mois, et qu'on appelle aujour­d'hui la conception passive consommée.

Le saint docteur donne au début de cet article quatre arguments en faveur de la conception immaculée, même chronologiquement antérieure à l'animation.

Puis il ré­pond : « La sanctification de la bienheureuse Vierge ne peut se concevoir avant son animation : 1° car cette sanc­tification doit la purifier du péché originel, lequel ne peut être effacé que par la grâce, qui a pour sujet l'âme elle­même ; 2° Si la bienheureuse Vierge Marie avait été sanctifiée avant l'animation, elle n'aurait jamais encouru la tache du péché originel et n'aurait pas eu besoin d'ê­tre rachetée par le Christ... Or c'est là un inconvénient, car le Christ est le Sauveur de tous les hommes (I Tim., II, 6. » - Item ad 2).

Même après la définition dogmatique de 1854, il est vrai de dire que Marie n'a pas été sanctifiée avant l'ani­mation, mais saint Thomas ajoute à la fin du corps de l'article : « Unde relinquitur, quod sanctifcatio B. Virgi­nis fuerit post ejus animationem. » Il reste, selon lui, qu'elle a été sanctifiée après son animation.

Et il ne dis­tingue pas, comme il le fait souvent ailleurs, la postérité de nature, qui peut et doit s'admettre encore aujourd'hui, de la postériorité de temps, qui est contraire au privilège de l'Immaculée Conception. De même, ad 2, saint Thomas dit de la bienheureuse Vierge : « Contraxit originale pec­catum[74]. »

Tout son argument a pour but de montrer que Marie, en tant qu'elle descend d'Adam par génération naturelle, devait encourir la tache originelle. Mais il ne distingue pas assez ce debituan incurrendi du fait d'encourir cette tache.

Quant à la question de savoir à quel moment exact la Vierge Marie a été sanctifiée dans le sein de sa mère, il ne se prononce pas. Il déclare, que la sanctification a suivi rapidement l'animation, cito post, dit-il Quodl. VI, a. 7; mais à quel moment, on l'ignore, « quo tempore sancti­ficata fuerit, ignoratur » (IIIa, q. 27, a. 2, ad 3).

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Sam 30 Mai 2020 - 18:22

CHAPITRE II

Article II - LE PRIVILÈGE DE L'IMMACULÉE CONCEPTION
De la pensée de saint Thomas sur L'Immaculée Conception

Saint Thomas n'examine pas dans la Somme la ques­tion : Marie a-t-elle été sanctifiée à l'instant même de l'animation. Saint Bonaventure avait ainsi posé le pro­blème et avait répondu négativement. Saint Thomas ne se prononce pas ; il s'inspire probablement en cela de l'attitude réservée de l'Eglise romaine qui ne célébrait pas la fête de la Conception célébrée en d'autres églises (cf. ibid., ad 3) Telle est du moins l'interprétation du P. N. del Prado, O. P., Santo Tomas y la Immaculada, Vergara, 1909. du P. Mandonnet, O. P., Dict. Théol. cath., art. Frères Prêcheurs, col. 899, et du P. Hugon, Tracta­tus dogmatici, t. II, ed. 5°, 1927, p. 749. Pour ces auteurs, la pensée du saint docteur, même en cette seconde période de sa carrière professorale, était celle exprimée longtemps après par Grégoire XV dans ses lettres du 4 juillet 1622 : « Spiritus Sanctus nondum tanti mysterii arcanum Eccle­siae suae patefecit. »

Les principes invoqués par saint Thomas ne concluent pas du tout contre le privilège, et ils subsistent parfaitement si l'on admet la rédemption, préservatrice.

On objecte cependant un texte difficile qui se trouve in III Sent., dist. III, q. 1, a. 1, ad 2am qm : « Sed nec etiam in ipso instanti infusionis (animae), ut scil. per gratiam tunc sibi infusam conservaretur ne culpam originalem incurreret. Christus enim hoc singulariter in humano genere habet, ut redemptione non egeat. » Le P. del Prado et le P. Hugon, loc. cit., répondent : « Le sens peut être la Sainte Vierge n'a pas été préservée de telle façon qu'elle ne devait pas encourir la tache originelle, car elle n'aurait pas eu besoin de rédemption. » On souhaiterait évidemment la distinction explicite entre le debitum incurrendi et le fait d'encourir la tache originelle.

Dans la dernière période de sa carrière, en 1272 ou 1273, saint Thomas, lorsqu'il écrit 'lExpositio super sala­latione angelica, qui est certainement authentique, dit : « Ipsa enim (beata Virgo) purissima fuit et quantum ad culpam, quia nec originale, nec mortale, nec veniale peccatum incurrit. »

Cf. J. F. Rossi, C. M., S. Thomae Aquinatis Expositio salutationis angelicae, Introductio et textus. Divus Tho­mas (Pl.), 1931, pp. 445-479. Tiré à part, Piacenza, Colle­gio Alberoni, 1931 (Monografie del Collegio Alberoni, II), in-8. Dans cette édition critique du Commentaire de l'Ave Maria, il est montré, pp. 11-15, que le passage cité relatif à l'Immaculée Conception se trouve dans seize manuscrits sur dix-neuf consultés par l'éditeur, qui conclut à son authenticité, et qui donne en appendice des photographies des principaux manuscrits.

Il serait souhaitable qu'on donnât sur chacun des prin­cipaux opuscules de saint Thomas une étude aussi cons­ciencieuse.Ce texte, malgré les objections faites par le P. P. Sy­nave, paraît bien être authentique. S'il en est ainsi, saint Thomas, à la fin de sa vie, après mûre réflexion, serait revenu à l'affirmation du privilège qu'il avait d'a­bord donnée dans le I Sent., dist. 44, q. 1, a. 3, ad 3, selon l'inclination sans doute de sa piété envers la Mère de Dieu. On peut noter aussi d'autres indices de ce retour à sa première manière de voir.
Cette évolution, du reste, n'est pas rare chez les grands théologiens, qui, portés par la Tradition, affirment par­fois d'abord un point de doctrine sans en voir encore tou­tes les difficultés ; il leur arrive d'être ensuite plus réser­vés, et finalement la réflexion les ramène à leur point de départ lorsqu'ils se disent que les dons de Dieu sont plus riches qu'il ne nous paraît, et qu'il ne faut pas les limiter sans de justes raisons. Or, nous l'avons vu, les principes invoqués par saint Thomas ne concluent pas contre le privilège, et même ils y conduisent lorsqu'on parvient à l'idée explicite de rédemption préservatrice.

Récemment, le P. J.-M. Vosté, O. P., Commentarius in IIIam P. Summae theol. S. Thomae (in q. 27, a. 2), 2° ed., Romae, 1940, accepte l'interprétation de J.-F. Rossi et tient lui aussi que saint Thomas, à la fin de sa vie, est revenu après réflexion à l'affirmation du privilège qu'il avait exprimée au début de sa carrière théologique.. Il est du moins sérieusement probable qu'il en est ainsi.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Lun 1 Juin 2020 - 3:11

Article III
- MARIE A ÉTÉ EXEMPTE DE TOUTE FAUTE, MÊME VÉNIELLE ?


Le Concile de Trente, sess. VI, can. 23 (Denz., 833), a défini que « l'homme, une fois justifié, ne peut continuel­lement éviter, dans tout le cours de sa vie, tous les péchés véniels, sans un privilège spécial, comme celui que l'E­glise reconnaît avoir été concédé à la Sainte Vierge ». Le juste peut éviter chacun des péchés véniels pris à part, mais il ne peut les éviter tous pris dans leur ensemble en s'en préservant continuellement. Au contraire, Marie a évité de fait toute faute même légère. Saint Augustin affirme que « pour l'honneur de son Fils, qui devait remettre les péchés du monde, il ne saurait être question d'elle, quand il s'agit du péché ». Les Pères et les théologiens écartent même, par leur façon de parler de Marie, toute imperfection volontaire, car, selon eux, elle n'a jamais été moins prompte à répondre à une inspira­tion divine donnée par manière de conseil. Une moindre générosité n'est pas un mal, comme le péché véniel, c'est seulement un moindre bien, une imperfection ; or cela même n'a pas existé en Marie. Il n'y a pas eu chez elle d'acte imparfait (remissus) de charité, inférieur en inten­sité au degré où cette vertu existait en elle.

Saint Thomas donne la raison de ce privilège spécial lorsqu'il dit : « Ceux que Dieu lui-même choisit dans un but déterminé, il les prépare et les dispose de telle sorte qu'ils soient capables d'accomplir ce pour quoi ils ont été choisis » En cela Dieu diffère des hommes, qui choisissent souvent des incapables ou des médiocres pour des fonctions parfois fort élevées. « Ainsi, continue saint Thomas, saint Paul dit des apôtres (II Cor., III, 6) : « C'est Dieu qui nous a rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'esprit. » Or la bienheureuse Vierge fut choisie divinement pour être la Mère de Dieu (c'est-à-dire qu'elle fut de toute éternité prédestinée d'abord à la maternité divine). Et donc on ne saurait douter que Dieu, par sa grâce, l'a rendue apte à cette mission, selon ces paroles qui lui furent adressées par l'ange (Luc, I, 30) : « Vous avez trouvé grâce devant Dieu.

Voici que vous concevrez en votre sein, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. » Mais Marie n'aurait pas été la digne Mère de Dieu si elle avait quelquefois péché, car l'honneur et aussi le déshon­neur des parents rejaillit sur leurs enfants, selon ces paroles des Proverbes. XVII. 6 : « Les pères sont la gloire de leurs fils. » De plus, Marie avait une affinité toute spéciale avec le Christ, qui par elle s'est incarné, et « quel accord y a-t-il entre le Christ et Bélial ? » (II Cor., VI, 15). Enfin le Fils de Dieu, qui est la divine Sagesse, a habité en Marie d'une façon très spéciale, non seulement dans son âme, mais dans son sein ; et il est dit (Sagesse, I, 4) : « La Sagesse n'entre pas dans une âme qui médite le mal, et n'habite pas dans un corps esclave du péché. » Et donc il faut dire purement et simplement que la bienheureuse Vierge n'a commis aucun péché actuel, ni mortel, ni véniel, de telle sorte que s'est pleinement vérifiée en elle la parole du Cantique des cantiques, IV, 7 : « Tu es toute belle, mon amie, et il n'y a pas de tache en toi. » Ainsi s'exprime saint Thomas.

Il y a eu ainsi en Marie impeccance (comme on dit inerrance) ou absence de péché, et même impeccabilité, non pas au même titre que dans le Christ, mais en ce sens que par un privilège spécial elle a été préservée de tout péché, même vénie.

Ce privilège suppose d'abord un très haut degré de grâce habituelle et de charité, qui incline très fortement l'âme à l'acte d'amour de Dieu en l'éloignant du péché. Il suppose en outre la confirmation en grâce qui d'habi­tude, chez les saints, se fait par une grande augmentation de charité, celle surtout de l'union transformante, aug­mentation accompagnée de grâces actuelles efficaces qui préservent de fait du péché et portent à des actes libres et méritoires toujours plus élevés. Il y a eu ainsi en Marie une assistance spéciale de la Providence, qui, mieux encore que dans l'état d'innocence, préservait toutes ses facultés de déviation et qui, même dans les circonstances les plus douloureuses, gardaient son âme dans la plus par­faite générosité. Cette assistance préservatrice était un effet de la prédestination de Marie, comme la confirma­tion en grâce est un effet de la prédestination des saints.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  stjeanlagneau le Lun 1 Juin 2020 - 11:37

La Vierge 1

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Message  ami de la Miséricorde le Lun 1 Juin 2020 - 15:24

Article III
- MARIE A ÉTÉ EXEMPTE DE TOUTE FAUTE, MÊME VÉNIELLE ?


Cette préservation du péché, loin de diminuer la liberté ou le libre arbitre de Marie, faisait qu'elle avait la pleine liberté dans l'ordre du bien sans aucune déviation vers le mal, comme son intelligence ne déviait jamais vers l'erreur. Ainsi sa liberté, à l'exemple de celle de la sainte âme de Jésus, était une image très pure de la liberté de Dieu, qui est à la fois souveraine et impeccable.

Si les chefs-d'œuvre de l'art humain, en architecture, en peinture, en musique, si les instruments de précision des laboratoires atteignent la dernière perfection, que penser des chefs-d'œuvres de Dieu ? Et si ses œuvres d'or­dre naturels sont si parfaites, comme le montrent les beau­tés de l'océan, celles des hautes montagnes, ou, dans un autre ordre la structure de l'oeil, celle de l'oreille, mieux encore nos facultés supérieures, sans parler des intelli­gences angéliques de plus en plus élevées, que dire de ses chefs-d'œuvres d'ordre surnaturel, comme le fut la sainte âme de Marie ornée de tous les dons gratuits, dès le pre­mier moment de son existence.

NOTE - Le problème de l'imperfection distincte du péché véniel

Ce problème a été déplacé par les casuistes, il se pose dans un domaine supérieur, celui où vivent des personnes intérieures déjà avancées, très attentives à éviter tous péché véniel plus ou moins délibéré, et il a été transporté indûment dans un domaine notablement inférieur, on a alors eu le tort d'appeler imperfection ce qui, en réalité, est un péché véniel.

D'autres fois on a trop rapproché ce problème de celui-ci : la vocation religieuse oblige-t-elle, peut-on s'y soustraire sans péché, par simple imperfection ?

On répond communément à bon droit, la vocation religieuse de soi n'oblige pas, mais de fait connue elle porte sur toute la vie, et comme les autres voies sont moins sûres, on ne s'y soustrait pas sans péché, car on ne s'y soustrait de fait, comme le jeune homme riche droit Parle l'Evangile, que par un attachement immodéré aux choses terrestres (attachement immo­déré défendu déjà par un précepte) et non pas seulement par une moindre générosité.

Le problème de l'imperfection distincte du péché véniel doit se poser dans le domaine élevé où vivent des âmes très généreuses qui sont très décidées à éviter tout péché véniel plus ou moins délibéré, et plus encore il se pose à propos de l'impeccabilité du Christ et du privilège spécial par lequel Marie a été préservée de tout péché si léger soit-il.

On pose alors la question : dans la vie du Christ et de la Sainte Vierge y a-t-il eu quelque imperfec­tion volontaire. On saisit déjà qu'il s'agit d'une question très déli­cate.

A ce dernier problème on répond communément : dans la vie du Christ et de sa sainte Mère, il n'y a jamais eu d'imperfection plus ou moins volontaire, car ils n'ont jamais été moins prompts à suivre une inspiration divine donnée par manière de conseil.

Mais s'il y avait eu de temps en temps en eux cette moindre promptitude, ce n'eut pas été pourtant un désordre proprement dit comme l'attachement immodéré aux biens terrestres, mais ç'eut été seulement une moindre générosité.

Pour les âmes intérieures, tant qu'elles n'ont pas fait le vœu du plus parfait, on peut et on doit dire qu'elles ne sont pas obli­gées sous peine de péché véniel au maximum de générosité qui est moralement possible pour elles à chaque instant.

Il convient pourtant que, sans s'y astreindre par le voeu de plus parfait sous peine de péché véniel, les meilleures promettent à la Sainte Vierge de faire toujours ce qui leur apparaîtra évidemment plus parfait pour elles.

Source : Livres-mystiques.com

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