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La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou

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Message  ami de la Miséricorde le Mar 2 Juin 2020 - 15:36

Article IV
- LA PERFECTION DE LA PREMIÈRE GRACE EN MARIE


La grâce habituelle, que reçut la bienheureuse Vierge à l'instant même de la création de sa sainte âme, fut une plénitude, en laquelle se vérifiait déjà ce que l'ange devait dire le jour de l'Annonciation : « Je vous salue, pleine de grâce. » C'est ce qu'affirme avec la Tradition Pie IX en définissant le dogme de l'Immaculée Conception. Il dit même que Marie, dès le premier instant, « a été aimée par Dieu plus que toutes les créatures « prae creaturis universis », qu'il s'est pleinement complu en elle, et qu'il l'a comblée admirablement de toutes ses grâces, beaucoup plus que tous les esprits angéliques et que tous les saints ».

On pourrait citer ici sur ce point de nom­breux témoignages de la Tradition.
Saint Thomas explique la raison de cette plénitude initiale de grâce lorsqu'il dit : « Plus on approche d'un principe (de vérité et de vie), plus on participe à ses effets.

C'est pourquoi Denys affirme (De caelestia hierarchia, c. 4) que les anges, qui sont plus près de Dieu que les hommes, participent davantage à ses bontés. Or le Christ est le principe de la vie de la grâce ; comme Dieu, il en est la cause principale, et comme homme (après nous l'avoir méritée), il nous la transmet, car son humanité est comme un instrument toujours uni à la divinité : « La grâce et la vérité nous sont venues par lui » (Jean, I, 17). La bien­heureuse Vierge Marie, étant plus près du Christ que per­sonne, puisqu'il a pris en elle son humanité, a donc reçu de lui une plénitude de grâce qui dépasse celle des autres créatures. »

Saint Jean-Baptiste et Jérémie furent aussi, selon le témoignage de l'Ecriture, sanctifiés dans le sein de leur mère, mais sans être préservés du péché originel ; Marie, dès le premier instant, reçut la grâce sanctifiante à un degré très supérieur à eux, avec le privilège spécial d'être préservée à l'avenir de toute faute même vénielle, ce qui n'est affirmé d'aucun saint.

Dans son Explication de l'Ave Maria, saint Thomas décrit la plénitude de grâce en Marie (ce qui se vérifie déjà dans la plénitude initiale) de la façon suivante :
Tandis que les anges ne manifestent pas leur respect aux hommes, parce qu'ils leur sont supérieurs comme esprits purs et comme vivant surnaturellement dans la sainte familiarité de Dieu, l'archange Gabriel, en saluant Marie, se montra plein de respect et de vénération pour elle, car il comprit qu'elle le dépassait par la plénitude de grâce, par l'intimité divine avec le Très-Haut et par une parfaite pureté.

Elle avait reçu en effet la plénitude de grâce à un triple point de vue : pour éviter tout péché, si léger soit-il, et pratiquer éminemment toutes les vertus; pour que cette plénitude débordât de son âme sur son corps et qu'elle conçût le Fils de Dieu fait homme; pour que cette pléni­tude débordât aussi sur tous les hommes et pour qu'elle nous aidât dans la pratique de toutes les vertus.

De plus, elle dépassait les anges par sa sainte familiarité avec le Très-Haut, c'est pourquoi l'archange Gabriel en la saluant lui dit : « Le Seigneur est avec vous », comme s'il lui disait vous êtes plus intime que moi avec Dieu, car il va devenir votre Fils, tandis que je ne suis que son serviteur. De fait, comme Mère de Dieu,, Marie a une intimité plus étroite que les anges avec le Père, le Fils et l'Esprit-Saint.

Enfin elle dépassait les anges par sa pureté, bien qu'ils soient purs esprits, car elle n'était pas seulement très pure en elle-même, mais elle donnait déjà la pureté aux autres. Non seulement elle était exempte du péché originel et de toute faute soit mortelle, soit vénielle, mais aussi de la malédiction due au péché : « Tu enfanteras dans la douleur... et tu retourneras en poussière » (Gén. III, 16, 19). Elle concevra le Fils de Dieu sans perdre la virginité, elle le portera dans un saint recueillement, elle l'enfantera dans la joie, elle sera préservée de la corrup­tion du tombeau et associée par l'Assomption à l'Ascension du Sauveur.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Mer 3 Juin 2020 - 15:26

Article IV
- LA PERFECTION DE LA PREMIÈRE GRACE EN MARIE


Elle est déjà bénie entre toutes les femmes, parce qu'elle seule, avec son Fils et par lui, enlèvera la malédic­tion qui pesait sur la race humaine, et elle nous portera la bénédiction en nous ouvrant les portes du ciel. C'est pourquoi elle est appelée l'Etoile de la mer qui dirige les chrétiens vers le port de l'éternité.

L'ange lui dira : « Le fruit de vos entrailles est béni. » Tandis que, en effet, le pécheur cherche dans ce qu'il désire ce qu'il ne peut pas y trouver, le juste trouve tout en ce qu'il désire saintement. A ce point de vue, le fruit des entrailles de Marie sera trois fois béni.
Eve a désiré le fruit défendu, pour avoir « la science du bien et du mal » et savoir se conduire seule, sans avoir besoin d'obéir ; elle a été séduite par le mensonge : « Vous serez comme des dieux » ; et loin de devenir semblable à Dieu, elle s'est éloignée et détournée de lui. Au contraire, Marie trouvera tout dans le fruit béni de ses entrailles ; en lui elle trouvera Dieu même et nous le fera trouver.

Eve, en cédant à la tentation, a désiré la délectation et a trouvé la douleur. Au contraire, Marie trouve et nous fait trouver la joie et le salut en son divin Fils.

Enfin le fruit désiré par Eve n'avait qu'une beauté sen­sible, tandis que le fruit des entrailles de Marie est la splendeur de la gloire spirituelle et éternelle du Père. La Vierge elle-même est bénie, mais plus encore son Fils qui apporte à tous les hommes la bénédiction et le salut.

Ainsi parle saint Thomas de la plénitude de grâce en Marie en son Commentaire de l'Ave Maria ; il vise surtout la plénitude réalisée le jour de l'Annonciation, mais cela s'applique déjà dans une mesure à la plénitude initiale, comme ce qui est dit du fleuve s'applique à la source dont il procède.

Comparaison de la grâce initiale de Marie à celle des saints

O
n s'est demandé si la grâce initiale de Marie fut plus grande que la grâce finale de chacun des anges et des hommes, et même que la grâce finale de tous les anges et de tous les saints pris ensemble. Et l'on a généralement entendu cette question, non pas précisément de la grâce consommée du ciel, mais de celle qui est dite finale en tant qu'elle précède immédiatement l'entrée au ciel.

A la première partie de cette question, les théologiens répondent communément d'une façon affirmative, c'est en particulier l'avis de saint Jean Damascène, de Sua­rez, de Justin de Miéchow, O. P., de Ch. Véga, de Contenson, de saint Alphonse, des P. Terrien[99], Godts, Hugon, Merkelbach, etc.. Aujourd'hui, tous les ouvrages de mariologie sont unanimes sur ce point, con­sidéré comme certain, et c'est même exprimé par Pie IX dans la bulle Ineffabilis Deus, au passage que nous venons de citer un peu plus haut.

La raison principale est prise de la Maternité divine, motif de tous les privilèges de Marie, et cette raison se présente sous deux aspects, suivant qu'on considère la fin à laquelle la première grâce fut ordonnée en elle, ou l'amour divin qui en a été la cause.

La première grâce a été en effet accordée à Marie comme une digne préparation à la maternité divine, ou pour la préparer à être la digne Mère du Sauveur, dit saint Thomas (q. 27, a. 5, ad 2). Or la grâce même con­sommée des autres saints n'est pas encore une digne pré­paration à la maternité divine, qui appartient à l'ordre hypostatique ou d'union au Verbe. La première grâce en Marie dépasse donc déjà la grâce consommée des autres saints.

Aussi de pieux auteurs expriment cette vérité en accommodant ces paroles du Psaume LXXXVI : « Funda­menta ejus in montibus sanctis », ils l'entendent ainsi ce qui est le sommet de la perfection des autres saints n'est pas encore le commencement de la sainteté de Marie.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Ven 5 Juin 2020 - 16:10

Article IV
- LA PERFECTION DE LA PREMIÈRE GRACE EN MARIE

La première grâce en Marie fut-elle supérieure à la grâce finale de tous les saints et anges pris ensemble ?

Pour bien entendre ces deux raisons théologiques, il faut d'abord remarquer que, bien que la grâce soit de l'or­dre de la qualité et non pas de celui de la quantité, du fait que la plénitude initiale en Marie dépasse la grâce consommée du plus grand des saints, il n'est pas immé­diatement évident pour tous qu'elle dépasse celle de tous les saints réunis. La vue de l'aigle comme qualité ou puissance dépasse celle de l'homme qui a les meilleurs yeux, mais elle ne lui permet cependant pas de voir ce que voient l'ensemble des hommes répandus à la surface de la terre. Il est vrai qu'il se mêle ici une question de quantité ou d'étendue et de distance, ce qui n'arrive pas lorsqu'il s'agit d'une pure qualité immatérielle comme la grâce. Il convient pourtant d'ajouter ici une précision nouvelle sous les deux aspects déjà indiqués.

1° La première grâce en Marie, puisqu'elle la préparait à être la digne Mère de Dieu, devait étre déjà proportion­née au moins de façon éloignée à la maternité divine. Or la grâce finale de tous les saints, même pris ensemble, n'est pas encore proportionnée à la dignité de Mère de Dieu, qui est d'ordre hypostatique, comme nous l'avons vu. Et donc la grâce finale de tous les saints même pris ensemble est inférieure à la première grâce reçue par Marie.

Cet argument parait être en lui-mème certain, quoi­que certains théologiens n'aient pas saisi toute sa portée. On a objecté : la première grâce en Marie n'est pas encore une préparation prochaine à la maternité divine; aussi la preuve n'est-elle pas concluante.

Beaucoup de théologiens ont répondu : quoique la première grâce en Marie ne soit pas une préparation pro­chaine à la maternité divine, elle en est cependant une préparation digne et proportionnée, selon l'expression de saint Thomas, IIIa, q. 27, a. 5, ad 2 : « Prima quidem (perfectio gratiae) quasi dispositiva, per quam beatissima Virgo reddebatur idonea ad hoc quod esset Mater Christi. » Or la grâce consommée de tous les saints en­semble n'est pas encore proportionnée à la maternité divine qui est de l'ordre hypostatique. La preuve conserve donc sa valeur.

2° La personne qui est plus aimée par Dieu que toutes les créatures ensemble reçoit une plus grande grâce que toutes ces créatures réunies, car la grâce est l'effet de l'amour incréé et lui est proportionnée. Comme le dit saint Thomas, Ia, q. 20, a. 4 : « Dieu aime plus celui-ci que celui-là, en tant qu'il lui veut un bien supérieur, car la volonté divine est cause du bien qui est dans les créa­tures. » Or, de toute éternité, Dieu a aimé Marie plus que toutes les créatures ensemble, comme celle qu'il devait préparer dès le premier instant de sa conception à être la digne Mère du Sauveur. Selon l'expression de Bossuet : « Il a toujours aimé Marie comme Mère, il l'a considérée comme telle dès le premier moment qu'elle fut con­çue. »

Cela n'exclut pas d'ailleurs en Marie le progrès de la sainteté ou l'augmentation de la grâce, car celle-ci, étant une participation de la nature divine, peut toujours aug­menter et reste toujours finie ; même la plénitude finale de grâce en Marie est limitée, quoiqu'elle déborde sur toutes les âmes.

A ces deux raisons théologiques relatives à la mater­nité divine s'ajoute une confirmation importante qui apparaîtra de plus en plus en parlant de la médiation universelle de Marie. Elle pouvait en effet dès ici-bas et dès qu'elle a pu mériter et prier, plus obtenir par ses mérites et ses prières que tous les saints ensemble, car ils n'obtiennent rien sans la médiation universelle de la Sainte Vierge qui est comme l'aqueduc des grâces ou, dans le Corps mystique, comme le cou par lequel les membres sont unis à la tête. Bref, Marie, dès qu'elle put mériter et prier, pouvait sans les saints obtenir plus que tous les saints ensemble sans elle. Or le degré du mérite correspond au degré de la charité et de la grâce sancti­fiante. Marie a donc reçu dès le début de sa vie un degré de grâce supérieur à celui que possédaient immédiate­ment avant leur entrée au ciel tous les saints et tous les anges réunis.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Dim 7 Juin 2020 - 1:27

Article IV
- LA PERFECTION DE LA PREMIÈRE GRACE EN MARIE

La première grâce en Marie fut-elle supérieure à la grâce finale de tous les saints et anges pris ensemble ?


C'est concédé par tous s'il s'agit de Marie au ciel, mais il faut se rappeler que le degré de gloire céleste est proportionné au degré de charité du moment de la mort, et que celui-ci en Marie était proportionné lui-même à la dignité de Mère de Dieu, à laquelle la Sainte Vierge fut préparée dès le premier instant.

A cet argument d'autorité tiré de la bulle Ineffabilis Deus, il faut ajouter deux raisons théologiques qui pré­cisent celles que nous avons exposées un peu plus haut, et qui sont prises de la maternité divine, suivant qu'on considère la fin à laquelle la première grâce fut ordon­née, ou l'amour incréé qui en a été la cause.

Pour bien entendre ces deux raisons théologiques, il faut d'abord remarquer que, bien que la grâce soit de l'or­dre de la qualité et non pas de celui de la quantité, du fait que la plénitude initiale en Marie dépasse la grâce consommée du plus grand des saints, il n'est pas immé­diatement évident pour tous qu'elle dépasse celle de tous les saints réunis.

La vue de l'aigle comme qualité ou puissance dépasse celle de l'homme qui a les meilleurs yeux, mais elle ne lui permet cependant pas de voir ce que voient l'ensemble des hommes répandus à la surface de la terre. Il est vrai qu'il se mêle ici une question de quantité ou d'étendue et de distance, ce qui n'arrive pas lorsqu'il s'agit d'une pure qualité immatérielle comme la grâce. Il convient pourtant d'ajouter ici une précision nouvelle sous les deux aspects déjà indiqués.

1° La première grâce en Marie, puisqu'elle la préparait à être la digne Mère de Dieu, devait étre déjà proportion­née au moins de façon éloignée à la maternité divine. Or la grâce finale de tous les saints, même pris ensemble, n'est pas encore proportionnée à la dignité de Mère de Dieu, qui est d'ordre hypostatique, comme nous l'avons vu. Et donc la grâce finale de tous les saints même pris ensemble est inférieure à la première grâce reçue par Marie.

Cet argument parait être en lui-mème certain, quoi­que certains théologiens n'aient pas saisi toute sa portée.

On a objecté : la première grâce en Marie n'est pas encore une préparation prochaine à la maternité divine; aussi la preuve n'est-elle pas concluante.

Beaucoup de théologiens ont répondu : quoique la première grâce en Marie ne soit pas une préparation pro­chaine à la maternité divine, elle en est cependant une préparation digne et proportionnée, selon l'expression de saint Thomas, IIIa, q. 27, a. 5, ad 2 : « Prima quidem (perfectio gratiae) quasi dispositiva, per quam beatissima Virgo reddebatur idonea ad hoc quod esset Mater Christi. » Or la grâce consommée de tous les saints en­semble n'est pas encore proportionnée à la maternité divine qui est de l'ordre hypostatique. La preuve conserve donc sa valeur.

2° La personne qui est plus aimée par Dieu que toutes les créatures ensemble reçoit une plus grande grâce que toutes ces créatures réunies, car la grâce est l'effet de l'amour incréé et lui est proportionnée. Comme le dit saint Thomas, Ia, q. 20, a. 4 : « Dieu aime plus celui-ci que celui-là, en tant qu'il lui veut un bien supérieur, car la volonté divine est cause du bien qui est dans les créa­tures. »

Or, de toute éternité, Dieu a aimé Marie plus que toutes les créatures ensemble, comme celle qu'il devait préparer dès le premier instant de sa conception à être la digne Mère du Sauveur. Selon l'expression de Bossuet : « Il a toujours aimé Marie comme Mère, il l'a considérée comme telle dès le premier moment qu'elle fut con­çue. »

Cela n'exclut pas d'ailleurs en Marie le progrès de la sainteté ou l'augmentation de la grâce, car celle-ci, étant une participation de la nature divine, peut toujours aug­menter et reste toujours finie ; même la plénitude finale de grâce en Marie est limitée, quoiqu'elle déborde sur toutes les âmes.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Dim 7 Juin 2020 - 15:45

Article IV
- LA PERFECTION DE LA PREMIÈRE GRACE EN MARIE

La première grâce en Marie fut-elle supérieure à la grâce finale de tous les saints et anges pris ensemble ?


A ces deux raisons théologiques relatives à la mater­nité divine s'ajoute une confirmation importante qui apparaîtra de plus en plus en parlant de la médiation universelle de Marie. Elle pouvait en effet dès ici-bas et dès qu'elle a pu mériter et prier, plus obtenir par ses mérites et ses prières que tous les saints ensemble, car ils n'obtiennent rien sans la médiation universelle de la Sainte Vierge qui est comme l'aqueduc des grâces ou, dans le Corps mystique, comme le cou par lequel les membres sont unis à la tête.

Bref, Marie, dès qu'elle put mériter et prier, pouvait sans les saints obtenir plus que tous les saints ensemble sans elle. Or le degré du mérite correspond au degré de la charité et de la grâce sancti­fiante. Marie a donc reçu dès le début de sa vie un degré de grâce supérieur à celui que possédaient immédiate­ment avant leur entrée au ciel tous les saints et tous les anges réunis.

Il y a d'autres confirmations indirectes ou des analo­gies plus ou moins éloignées : une pierre précieuse comme le diamant vaut plus que quantité d'autres pierres réu­nies. De même dans l'ordre spirituel, un saint comme le Curé d'Ars pouvait plus par sa prière et ses mérites que tous ses paroissiens pris ensemble. Un fondateur d'ordre comme un saint Benoît vaut plus à lui seul par la grâce divine qu'il a reçue et que tous ses premiers compagnons, car tous réunis ils n'auraient pu faire cette fondation sans lui, tandis que lui aurait pu trouver d'autres frères comme ceux venus à lui dans la suite.

On a donné aussi d'autres analogies, l'intelligence d'un archange dépasse celle de tous les anges inférieurs à lui pris ensemble. La valeur intellectuelle d'un saint Thomas dépasse celle de tous ses commentateurs réunis. La puissance d'un roi est supérieure non seulement à celle de son premier ministre, mais à celle de tous ses ministres ensemble.

Si les anciens théologiens n'ont pas explicitement traité cette question, c'est très probablement parce que la solu­tion leur paraissait évidente. Ils disaient par exemple, à la fin du traité de la grâce ou de celui de la charité, pour en montrer la dignité tandis qu'une pièce de dix francs ne vaut pas plus que dix d'un franc, une grâce ou une charité de dix talents vaut beaucoup plus que dix cha­rités d'un seul talent, c'est pourquoi le démon cher­che à maintenir dans la médiocrité des âmes qui, par la vocation sacerdotale ou religieuse, sont appelées très haut, il veut empêcher ce plein développement de la cha­rité, qui ferait beaucoup plus de bien qu'une charité infé­ieure simplement multipliée à son degré très commun où elle s'accompagne de tiédeur.

Il faut faire ici attention à l'ordre de la pure qualité immatérielle qui est celui de la grâce sanctifiante. Si la vue de l'aigle ne dépasse pas celle de tous les hommes réunis, c'est qu'il se mêle ici une question de quantité ou de distance locale, du fait que les hommes répandus en différentes régions à la surface de la terre peuvent voir ce que l'aigle placé sur un sommet des Alpes ne peut atteindre. Il en est autrement dans l'ordre de la pure qualité.

Si cela est vrai, il n'est pas douteux que Marie, par la première grâce qui la disposait déjà à la maternité divine, valait plus aux yeux de Dieu que tous les apôtres, les martyrs, les confesseurs et les vierges réunis, qui se sont succédé et se succéderont dans l'Eglise, plus que toutes âmes et que tous les anges créés depuis l'origine du monde.

Si l'art humain fait des merveilles de précision et de beauté, que ne peut faire l'art divin dans la créature de prédilection, dont il est dit : « Elegit eam Deus et prae­elegit eam », et qui a été élevée, dit la liturgie, au-dessus de tous les choeurs des anges.

La première grâce reçue par elle était déjà une digne préparation à sa maternité divine et à sa gloire exceptionelle qui vient immédiate­ment au-dessous de celle de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Elle a souffert, du reste, comme lui, à proportion, car elle devait être victime avec lui, pour être victorieuse aussi avec lui et par lui.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Lun 8 Juin 2020 - 15:35

Article IV
- LA PERFECTION DE LA PREMIÈRE GRACE EN MARIE

La première grâce en Marie fut-elle supérieure à la grâce finale de tous les saints et anges pris ensemble ?


Ces raisons théologiques nous permettent d'entrevoir déjà toute l'élévation et la richesse de la première grâce en Marie.

Si les chefs-d'œuvre de la littérature classique, grecque, latine, française et des autres langues, contiennent beau­coup plus de beautés qu'on ne le croirait à première lec­ture lorsqu'on les lit entre quinze et vingt ans, si ces beautés ne nous apparaissent que lorsque nous reprenons la lecture de ces œuvres à un âge plus avancé ; s'il en est de même des écrits d'un saint Augustin ou d'un saint Thomas, que penser des beautés cachées dans les chefs-­d'œuvre de Dieu même, dans ceux composés immédiate­ment par lui, et en particulier dans ce chef-d'œuvre spiri­tuel de nature et de grâce qu'est la très sainte âme de Marie, Mère de Dieu !

On est porté d'abord à affirmer la ri­chesse de la plénitude initiale de grâce en elle à raison de sa beauté entrevue ; il arrive ensuite qu'un se demande si l'on n'a pas forcé la note, en transformant une probabi­lité en certitude ; finalement une étude approfondie nous ramène à la première affirmation, mais en connaissance de cause, non plus seulement parce que c'est beau, mais parce que c'est vrai, et parce qu'il y a là des convenances non seulement théoriques, mais des convenances qui ont effectivement motivé le choix divin et dans lesquelles s'est reposé le bon plaisir de Dieu.

Article V - LES SUITES DE LA PLÉNITUDE INITIALE DE GRÂCE

De la plénitude initiale de grâce en Marie dérivèrent dès l'instant de sa conception les vertus infuses et les sept dons du Saint-Esprit, qui sont les diverses parties ou fonctions de l'organisme spirituel. La grâce habituelle ou sanctifiante est même appelée à cause de cela, dès avant saint Thomas, « la grâce des vertus et des dons », car les vertus infuses, théologales et morales, dérivent d'elle à titre de propriétés et selon un degré proportionné au sien, comme les facultés procèdent de l'âme. Les sept dons en dérivent aussi selon le même degré, à titre de dispositions infuses permanentes qui rendent l'âme promptement docile aux inspirations du Saint-Esprit, un peu comme la barque est docile par ses voiles à l'impulsion du vent favorable.

De plus, les vertus infuses et les dons sont connexes avec la charité qui rend leurs actes méritoires, et ils grandissent avec elle comme les cinq doigts de la main se développent ensemble. Il se peut bien que les dons de sagesse, d'intelligence et de science, qui sont à la fois spéculatifs et pratiques, apparaissent davantage en tel saint sous une forme plus nettement contemplative, et dans un autre sous une forme plus pratique, mais nor­malement, en toute âme en état de grâce, toutes les ver­tus infuses et les sept dons existent à un degré propor­tionné à celui de la charité, qui correspond lui-même au degré de la grâce sanctifiante.

De ces principes généralement reçus et exposés dans le traité des vertus en général et des dons, on déduit com­munément qu'en Marie, dès le premier instant de sa conception, de la plénitude initiale de grâce sanctifiante dérivèrent, selon un degré proportionné, les vertus infu­ses théologales et morales et les sept dons.

Marie, ainsi déjà préparée à sa destinée de Mère de Dieu et de Mère de tous les hommes, ne devait pas être certes moins par­faite qu'Eve à sa création. Quoiqu'elle n'eût pas reçu en son corps les privilèges de l'impassibilité et de l'immor­talité, elle avait dans son âme tout ce qui appartenait spi­rituellement à l'état de justice originelle et plus encore, puisque la plenitude initiale de la grâce en elle dépassait déjà la grâce finale de tous les saints réunis; ses vertus initiales dépassaient donc les vertus héroïques des plus grands saints.

Sa foi, éclairée par les dons de sagesse, d'intelligence et de science, était d'une fermeté inébranlable, de la plus grande pénétration ; son espérance était invincible, supérieure à tout mouvement de présomption ou de découragement ; sa charité très ardente dès la première minute. Bref, sa sainteté initiale, qui dépassait celle des plus grands serviteurs de Dieu, était innée et ne devait pas cesser de grandir jusqu'à sa mort.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Mar 9 Juin 2020 - 14:56

Article V - LES SUITES DE LA PLÉNITUDE INITIALE DE GRÂCE

La seule difficulté qui se rencontre ici est celle relative à l'exercice de ces vertus infuses déjà si élevées et des sept dons; cet exercice suppose l'usage de la raison et du libre arbitre; on doit donc se demander si Marie a eu dès le premier instant l'usage de ses facultés.

Tous les théologiens l'accordent s'il s'agit de la sainte âme du Christ, ils reconnaissent même qu'il a eu dès ce premier instant la vision béatifique ou vision immédiate de l'essence divine, et le Saint Office, le 6 juin 1918, a déclaré cette doctrine certaine. Jésus en effet, en sa qualité de chef de l'ordre de la grâce, jouis­sait dès le premier instant de la gloire qu'il devait donner aux élus et c'était en lui une conséquence de l'union per­sonnelle de son humanité au Verbe.

Il avait aussi la science infuse à la manière des anges à un degré supé­rieur à celui où cette science infuse a existé chez plu­sieurs saints, chez ceux par exemple qui avaient le don des langues sans les avoir apprises. Les théologiens reconnaissent même que ces deux sciences ont été par­faites en Jésus dès le début, car le progrès n'a convenu qu'à sa science acquise par l'expérience et la réflexion. Jésus, souverain prêtre, juge et roi de l'univers, dés son entrée dans le monde s'est offert pour nous, dit saint Paul, et a connu tout ce qui, dans le passé, le présent ou l'avenir, pouvait être soumis à son jugement.

On distingue enfin, à propos du Sauveur, la science de soi infuse (per se infusa) qui atteint un objet inaccessible à la science acquise, et qui peut s'exercer sans le concours de l'imagination dès le sein maternel, alors qu'aucune image n'a été reçue du monde extérieur, et puis la science accidentellement infuse (per accidens infusa), dont l'ob­jet n'est pas inaccessible à la science acquise et qui s'exerce avec le concours de l'imagination, comme le don des langues qu'on aurait pu apprendre avec le temps.
Sur ces points, l'accord existe généralement entre théo­logiens, quand il s'agit du Christ lui-même.

Pour Marie, rien ne permet d'affirmer qu'elle a eu la vision béatifique dès ici-bas, surtout dès le premier ins­tant. Mais beaucoup de théologiens soutiennent qu'elle a eu dès ce moment la science de soi infuse (per se infusa) au moins de façon transitoire, et d'autres disent d'une façon permanente. De la sorte, elle aurait eu dès le sein maternel, au moins à certains moments, l'usage de l'in­telligence et du libre arbitre, et par suite celui des ver­tus infuses et des dons qu'elle possédait déjà à un degré très élevé. On ne peut même le nier sans supposer qu'en Marie l'intelligence, la liberté et les vertus infuses sont restées en quelque sorte endormies comme chez les autres enfants et ne se sont éveillées que plus tard à l'âge ordinaire du plein usage de la raison.

Tout d'abord il est au moins très probable, selon la grande majorité des théologiens que Marie a eu dès le premier instant de sa conception l'usage du libre arbitre par science infuse au moins de façon transitoire. Ainsi pensent saint Vincent Ferrier, saint Bernardin de Sienne, saint François de Sales, saint Alphonse, et aussi Suarez, Véga, Contenson, Justin de Miéchow, avec eux communément les théologiens modernes. Le P. Terrien déclare même n'avoir trouvé que deux adversaires de cette doctrine : Gerson et Mura­tori. Les raisons alléguées en faveur de ce privilège sont les suivantes :

1° Il ne convient pas que Marie, reine des patriarches, des prophètes, des apôtres, de tous les saints, ait été pri­vée d'un privilège qui a été accordé à saint Jean Bap­tiste. Or, en saint Luc, I, 41 et 44, il est dit de lui, lorsqu'il était encore dans le sein de sa mère : « Dès qu'Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, l'enfant tressaillit dans son sein », et Elisabeth dit elle-même : « Votre voix, lorsque vous m'avez saluée, n'a pas plus tôt frappé mes oreilles, que mon enfant a tressailli de joie dans mon sein, exultavit infans in gaudio. »

Saint Irénée, saint Ambroise, saint Léon le Grand et saint Gré­goire le Grand ont remarqué que la joie de Jean Baptiste, avant sa naissance, n'était pas seulement d'ordre sensi­ble, mais qu'elle était provoquée par la venue du Sau­veur dont il devait être le précurseur. Aussi Cajetan ajoute : cette joie d'ordre spirituel supposait une con­naissance et l'usage du libre arbitre ; or à ce moment il ne pouvait être question de connaissance acquise, mais de connaissance infuse. L'Eglise dit aussi dans sa liturgie, à l'hymne des vêpres de saint Jean Baptiste : « Senseras Regem thalamo manentem... Suae regenera­tionis cognovit auctorem : Tu as reconnus ton roi et l'au­teur de ta régénération. »

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Mer 10 Juin 2020 - 15:13

Article V - LES SUITES DE LA PLÉNITUDE INITIALE DE GRÂCE

Si donc saint Jean Baptiste a eu, avant sa naissance, l'usage de l'intelligence et du libre arbitre, comme pré­curseur du Christ, on ne saurait le refuser à celle qui devait être la Mère de Dieu.

2° Puisque Marie a reçu dès le premier instant la grâce, les vertus infuses et les dons à un degré supérieur à la grâce finale de tous les saints, elle a dû être justifiée comme il convient aux adultes, c'est-à-dire avec l'usage du libre arbitre, en se disposant par une grâce actuelle à la grâce habituelle et en méritant par cette dernière dès l'instant de sa réception ; c'est-à-dire que, dans la mesure de sa connaissance, elle s'est déjà offerte à Dieu, comme son Fils « en entrant en ce monde dit à son Père : Me voici, je viens, que votre volonté soit faite et non la mienne » (Hébr., X, 5-9). Marie ne savait certainement pas alors qu'elle serait un jour la Mère de Dieu, mais elle a pu s'offrir à tout ce que le Seigneur voulait d'elle et lui demanderait dans la suite.

3° La plénitude initiale de grâce, des vertus infuses et des dons, qui dépassait déjà la grâce finale de tous les saints, n'a pas dû rester inactive, inopérante en Marie au début de sa vie. Cela paraît contraire à la façon très suave et surabondante avec laquelle la Providence opère très spécialement à l'égard de la Mère du Sauveur. Or, sans l'usage du libre arbitre par, connaissance infuse, les vertus et les dons existant déjà à un degré éminent seraient restés inactifs et comme stériles pendant une période assez longue de la vie de la Sainte Vierge.

Aussi presque tous les théologiens reconnaissent au­jourd'hui qu'il est au moins très probable que Marie a eu dès le sein de sa mère l'usage du libre arbitre par science infuse au moins de façon transitoire.

Ils reconnaissent de même qu'elle a eu l'usage de cette science infuse en certaines circonstances plus notables, comme au moment de l'Incarnation, de la Passion, de la Résurrection du Sauveur, de son Ascension, et aussi pour avoir une con­naissance plus parfaite des perfections divines et du mystère de la Sainte Trinité.

Si la science infuse a été accordée aux apôtres à la Pentecôte quand ils reçurent le don des langues et la connaissance plus profonde de la doctrine du Christ, si sainte Thérèse, arrivée à la VII° Demeure du Château intérieur, jouissait souvent d'une vision intellectuelle de la Sainte Trinité, qui ne s'explique que par des idées infuses, on ne saurait refu­ser cette faveur à la Mère de Dieu, dont la plénitude ini­tiale de grâce dépassait déjà la grâce finale de tous les saints réunis.

Ainsi parlent généralement les théologiens, même ceux qui sont le plus attentifs à ne rien avancer que sur de très sérieuses raisons.

C'est le moins qu'on puisse dire de la Mère de Dieu qui a joui de l'apparition de l'archange Gabriel, de la sainte familiarité du Verbe fait chair, qui a été constamment éclairée par lui pendant tout le cours de sa vie cachée, qui a dû recevoir pendant et après la Passion des révéla­tions spéciales et, au jour de la Pentecôte, l'abondance des lumières du Saint-Esprit plus que les apôtres eux mêmes.

Ce privilège en Marie de l'usage de la raison, et du libre arbitre dès le sein maternel a-t-il été seulement transitoire et interrompu ?

Selon saint François de Sales, saint.Alphonse, des théologiens comme Sauvé, Terrien, Hugon, etc., ce privilège n'a pas été interrompu. Le P. Merkelbach, avec quelques autres, dit au contraire : rien ne permet d'affirmer qu'il a été permanent.

Nous répondrons : rien ne permet d'affirmer cette per­manence avec certitude, mais elle est sérieusement pro­bable et il est bien difficile de la nier. En effet, s'il en était autrement, Marie, une fois privée de ce privilège, eût été moins parfaite qu'au premier instant, et il ne paraît pas convenable qu'une si sainte créature ait pu en quelque sorte déchoir sans sa faute, d'autant plus que sa dignité demandait qu'elle marchât sans cesse de progrès en pro­grès, et que son mérite ne fût pas interrompu.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Jeu 11 Juin 2020 - 15:01

Article V - LES SUITES DE LA PLÉNITUDE INITIALE DE GRÂCE

Ce privilège en Marie de l'usage de la raison, et du libre arbitre dès le sein maternel a-t-il été seulement transitoire et interrompu ?


On a objecté que saint Thomas paraît nier ce privi­lège, en disant qu'il est propre au Christ.

Il est certain que l'exercice permanent de l'intelligence et de la volonté est dans le Christ seul comme un « droit propre » et comme suite de la vision béatifique; c'est à ce titre, son apanage exclusif. Pour Marie, il n'est pas dû au même titre, mais de hautes convenance et la seule dignité de future Mère de Dieu paraissent le demander et inclinent sérieusement à l'admettre.

De plus, comme à l'époque de saint Thomas, le privilège de l'Immaculée Conception n'était pas encore mis en pleine lumière, on n'avait pas encore approfondi les raisons qui viennent d'étre invoquées en faveur de l'usage, dès le sein mater­nel, du libre arbitre.

Aujourd'hui, après la bulle Ineffabilis Deus, nous voyons mieux que Marie, dès le pre­mier instant, a été plus comblée de grâces que tous les saints réunis ; aussi presque tous les théologiens admet­tent en elle dès ce moment l'usage au moins transitoire du libre arbitre, et, après l'avoir admis, il est bien difficile de dire, qu'elle en a été ensuite privée, car elle serait devenue moins parfaite et non seulement elle n'aurait pas en cette période progressé dans le mérite, mais celui­-ci aurait été interrompu et la plénitude initiale de grâce serait restée pendant un temps assez long improductive et comme stérile, ce qui paraît contraire à la Providence spéciale qui a veillé fortiter et suaviter sur Marie plus que sur toute autre créature.

Telle a été en elle la plénitude initiale de grâce, unie au privilège de l'Immaculée Conception, et telles ont été les premières conséquences de cette plénitude.

Nous voyons ainsi de mieux en mieux le sens de la salutation de l'ange : « Je vous salue, pleine de grâce. »

CHAPITRE III

- La plénitude de grâce à l'instant de l'Incarnation et après


Dans ce chapitre nous parlerons du progrès spirituel en Marie jusqu'à l'Annonciation, de l'augmentation con­sidérable de la grâce en elle à l'instant de l'Incarnation, de sa virginité perpétuelle, puis de l'accroissement de la charité en elle dans la suite, à certaines heures plus im­portantes, surtout au Calvaire ; enfin de l'intelligence de Marie, de sa sagesse, de ses principales vertus et de ses charismes ou grâces dites gratuitement données et en quelque sorte extérieures comme la prophétie et le dis­cernement des esprits.

Article I - LE PROGRÈS SPIRITUEL EN MARIE JUSQU'A L'ANNONCIATION

La méthode que nous suivons nous oblige à insister sur les principes pour rappeler leur certitude et leur élé­vation, de façon à les appliquer sûrement ensuite à la vie spirituelle de la Mère de Dieu.

Le progrès spirituel est avant tout celui de la charité, qui inspire, anime les autres vertus et rend leurs actes méritoires, si bien que toutes les autres vertus infuses, étant connexes avec elle, se développent proportionnelle­ment, comme chez l'enfant, dit saint Thomas, grandissent ensemble les cinq doigts de la main.

Il convient donc de voir pourquoi et comment la cha­rité s'est constamment développée ici-bas en Marie, et quel a été le rythme de ce progrès.

Source : Livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde le Sam 13 Juin 2020 - 1:28

CHAPITRE III

Article I - LE PROGRÈS SPIRITUEL EN MARIE JUSQU'A L'ANNONCIATION

L'accélération de ce progrès en la Sainte Vierge


Pourquoi la charité a-t-elle dû incessamment grandir en elle jusqu'à la mort ? - Tout d'abord parce que c'est conforme à la nature même de la charité au cours du voyage vers l'éternité et conforme aussi au précepte su­prême : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces, de tout ton esprit », selon la gradation ascendante exprimée dans le Deutéronome, VI, 4, et en saint Luc, X, 27. Selon ce pré­cepte, qui domine tous les autres et tous les conseils, tous les chrétiens, chacun selon sa condition, doivent tendre à la perfection de la charité et par suite des autres vertus, celui-ci dans l'état du mariage, celui-là dans l'é­tat religieux ou dans la vie sacerdotale.

Tous ne sont pas tenus à la pratique des trois conseils évangéliques, mais ils doivent aspirer à avoir l'esprit des conseils, qui est l'esprit de détachement des biens terrestres et de soi-même, pour que grandisse en nous l'attachement à Dieu.

C'est seulement en Notre-Séigneur qu'il n'y a pas eu augmentation ou progrès de la grâce et de la charité, parce qu'il en avait reçu, dès l'instant de sa conception, la plénitude absolue, conséquence de l'union hypostatique, si bien que le II° Concile de Constantinople affirme que Jésus n'est pas devenu meilleur par le progrès des bon­nes œuvres, quoiqu'il ait successivement accompli les actes de vertus correspondants aux différents âges de la vie.

Marie, au contraire, est toujours devenue meilleure au cours de sa vie terrestre. Bien plus, il y a eu en son pro­grès spirituel une accélération merveilleuse selon un prin­cipe qui a été formulé par saint Thomas à propos de cette parole de l'Epitre aux Hébreux, X, 25 : « Exhortons-nous les uns les autres, et cela d'autant plus que vous voyez approcher le jour. »

Le Docteur angélique écrit dans son Commentaire sur cette Epitre en cet endroit : « Quel­qu'un pourrait demander : Pourquoi devons-nous ainsi progresser toujours davantage dans la foi et dans l'a­mour ? C'est que le mouvement naturel (ou connaturel) devient d'autant plus rapide qu'il se rapproche de son terme (de la fin qui attire). C'est l'inverse pour le mouve­ment violent. (De fait nous disons aujourd'hui : la chute des corps est uniformément accélérée, tandis que le mou­vement inverse d'une pierre lancée en l'air verticalement est uniformément retardé.)

Or, continue saint Thomas, la grâce perfectionne et incline au bien à la manière de la nature (comme une seconde nature) ; il s'ensuit donc que ceux qui sont en état de grâce doivent d'autant plus gran­dir dans la charité qu'ils se rapprochent de leur fin der­nière (et qu'ils sont plus attirés par elle). C'est pourquoi il est dit en cette Epitre aux Hébreux, X, 25 : « Ne déser­tons pas nos assemblées..., mais exhortons-nous les uns les autres, et cela d'autant plus que vous voyez approcher le jour », c'est-à-dire le terme du voyage. Il est dit ail­leurs : « La nuit est avancée, le jour approche » (Rom., XIII, 12). « Le chemin des justes est comme la brillante lumière du matin dont l'éclat va croissant jusqu'au milieu du jour » (Prov., IV, 18).

Saint Thomas a fait cette remarque profonde d'une façon très simple, avant la découverte de la loi de la gravitation universelle, lorsqu'on ne connaissait encore que de façon très imparfaite, sans l'avoir mesurée, l'ac­célération de la chute des corps ; il y a vu tout de suite un symbole de ce que doit être l'accélération du progrès de l'amour de Dieu dans l'âme des saints qui gravitent vers le soleil des esprits et la source de tout bien.

Le saint docteur veut dire que, pour les saints, l'inten­sité de leur vie spirituelle s'accentue de plus en plus, ils se portent d'autant plus promptement et généreusement vers Dieu qu'ils se rapprochent de Lui et qu'ils sont plus attirés par Lui. Telle est, dans l'ordre spirituel, la loi de l'attraction universelle. Comme les corps s'attirent, en raison directe de leur masse, et en raison inverse du carré de leur distance, c'est-à-dire d'autant plus qu'ils se rapprochent, ainsi les âmes justes sont attirées par Dieu d'autant plus qu'elles se rapprochent de Lui.

Source : Livres-mystiques.com

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