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Méditation : Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu

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Message  ami de la Miséricorde Mar 2 Aoû 2022 - 17:22

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DEUXIÈME TRAITE

CHAPITRE VII

De la charité incomparable de la très sainte Vierge


L'amour, dit saint François de Sales, ne se paye que par l'amour ; ainsi les bontés incomparables du très-saint coeur de notre glorieuse maitresse demandent de nos coeurs toutes les tendresses possibles.

Mais elles ne peuvent être des marques d'une véritable affection, si nous ne prenons soin de lui plaire ; ce que nous ne ferons jamais bien que par l'imitation de son amour envers Dieu et envers le prochain.

Il faut donc aimer Dieu ; et premièrement il le faut aimer souverainement, faisant plus d'état de son amitié que de tout le monde et de toutes les choses du monde, et étant en la disposition de perdre plutôt tout son honneur, tous ses biens, ses charges, ses amis et sa vie même, et de souffrir toutes sortes d'injures et de peines, que de l'offenser par un seul péché mortel.

Sans cette disposition il n'y a point de salut, et il faut être damné. Davantage, il faut tâcher à ne commettre jamais aucun péché véniel avec une entière advertance : l'âme qui sait un peu ce que c'est que le pur amour aimerait mieux mourir de mille morts que de commettre la moindre imperfection volontairement.

Secondement, il le faut aimer généralement, l'aimant en tout ce que l'on aime, ne cherchant que ses intérêts dans nos intérêts et dans les intérêts de toutes les créatures.

Quelque part donc que l'on aille, c'est à Dieu qu'il faut aller ; quelque chose que l'on fasse, c'est pour Dieu qu'on la doit faire ; tout ce que l'on dit doit être dit pour la gloire de Dieu : il faut porter toutes les peines pour son amour, et dans toutes les affaires n'avoir qu'une seule affaire, qui est d'exécuter sa sainte volonté.

En troisième lieu, il le faut aimer uniquement. Oh ! Que trop est avare à qui il ne suffit ! Il ne faut donc pas aimer avec lui des choses qu'il n'aime pas, comme l'imperfection et les bagatelles du monde, il ne faut aimer que ce qu'il aime, et comme il veut qu'on l'aime.

Un enfant aime son père, une femme son mari, et Dieu le veut ; non pas par nature, mais par grâce ; et en aimant ce que Dieu veut qu'on aime, et comme il le veut, c'est lui seul qui doit être uniquement aimé en tous les objets aimés.

O Dieu seul, Dieu seul, Dieu seul, et toujours Dieu seul ! Quand l'âme est arrivée à ne plus aimer que Dieu seul, elle entre dans une parfaite indifférence pour toutes choses, ne voulant plus rien autre chose que ce Dieu seul.

Elle ne se soucie plus d'intérêts, elle ne se voit plus, elle ne pense plus à elle, elle ne s'attriste ou ne se réjouit que de ce qui déplaît à Dieu, ou de ce qui lui est agréable.

Dieu seul est son tout, et tout le reste ne lui est rien ; elle est dans le monde comme s'il n'y avait que Dieu seul et elle, et elle n'est touchée d'autre chose.

Source : livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde Mer 3 Aoû 2022 - 16:42

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DEUXIÈME TRAITE

CHAPITRE VII

De la charité incomparable de la très sainte Vierge


Si l'on demande ce qu'il faut faire pour aimer Dieu, l'on répond, selon l'Évangile, qu'il faut se haïr ; et, pour se haïr, il faut être bien aise dans les voies de la pauvreté, du mépris et de la douleur ; il faut porter sa croix, renoncer à sa propre humeur, ne pas suivre ses inclinations, mortifier les sens intérieurs et extérieurs, et les trois puissances de l'âme, et les mettre dans le rien, afin qu'il n'y ait que Dieu seul.

C'est ce chemin admirable du vénérable Père Jean de la Croix, homme tout séraphique, où il y a cinq fois rien, où l'on ne marche que par le néant. Il ne faut donc jamais mettre sa joie dans aucune chose créée : et la fidélité de l'âme, qui cherche Dieu seul, consiste à ne se chercher jamais avec une entière vue dans toutes ses actions.

C'est ici qu'il faut prendre les véritables marques de l'amour de Dieu, de qui nous nous approchons que par l'éloignement de la créature ; et l'on ne peut trop répéter ces maximes. Où il y a moins de créature, il y a plus de Dieu ; où il n'y a rien de la créature, Dieu seul y est. Oh ! Que bienheureuses donc sont les humiliations, les opprobres, les calomnies, les abandonnements, les pauvretés, puisque tout cela éloigne la créature de nous.

C'est donc Dieu seul qu'il faut aimer, et c'est lui seul qu'il faut aimer dans le cher prochain, premièrement, en ne lui faisant aucun tort en ses biens temporels, comme en lui prenant ou retenant quelque chose qui lui appartient, ou donnant aide et secours à ceux qui lui font quelque injustice.

Secondement, prenant bien garde d'en relever le péché secret, quoique véritable, à moins que ce ne soit au supérieur pour y remédier, et encore lorsqu'il est seul, et non pas en présence d'autres personnes ; car il n'est permis de le dire précisément qu'à ceux qui sont en autorité d'y apporter le remède, si ce n'est d'autres personnes qui y sont encore nécessaires et dont l'on a besoin.

À bien plus forte raison ne doit-on pas parler de péchés que l'on ne sait pas être véritables, et que souvent l'on impose ou bien qui sont douteux. Mais la dernière malice est lorsqu'on les invente, ou bien qu'on les publie légèrement sur des rapports incertains : ce qui est une méchanceté de diable plutôt que d'homme. Il ne faut pas écouter volontiers tous ces gens, ni coopérer à leurs médisances, soit en leur témoignant bon visage, soit en ne les reprenant pas : ce qui est d'obligation à ceux qui ont quelque pouvoir ; et lorsqu'on ne peut pas reprendre, au moins il faut faire voir autant que l'on peut que ces discours ne plaisent pas, et tâcher de les divertir sagement.

« Le diable, dit saint François de Sales, est sur la langue de ceux qui parlent, et sur les oreilles de ceux qui les écoutent. » Ces pêchés obligent à la restitution, à quoi plusieurs médisants ne pensent guère ; obligation très étroite, qui sera la cause de la damnation de plusieurs confesseurs qui donnent l'absolution sans l'imposer, et passent assez légèrement par-dessus un crime, « lequel, s'il était ôté, dit encore le glorieux évêque de Genève, la plupart des péchés seraient ôtés. »

Vous verrez, dit l'angélique Docteur, des personnes qui, étant exemptes presque de tous les péchés, tomberont dans celui-ci. Le cardinal Tolet l'appelait « une maladie dont tout le monde est malade. » Il est d'autant plus dangereux que l'horreur s'en fait moins connaître : car souvent on traite de galanterie et de bon mot une parole dite au désavantage du prochain ; et celui qui l'a dite n'en passe pas pour moins honnête homme.

Source : livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde Jeu 4 Aoû 2022 - 16:50

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DEUXIÈME TRAITE

CHAPITRE VII

De la charité incomparable de la très sainte Vierge


Cela est cause que ce vice devient très ordinaire, qu'il y a peu de compagnies où il ne se glisse. En venant de la communion, on y récidive ; et quelquefois même au lit de la mort, une personne qui aura liberté de parler le commettra facilement dans l'entretien qu'elle aura avec ceux qui la visitent.

Si l'on jurait, si l'on se mettait en colère, chacun y prendrait garde ; mais une médisance se glisse imperceptiblement dans le discours, et très peu de personnes réparent le tort qu'elles font : c'est pourquoi il y a peu d'espérance de salut pour les médisants.

Il faut aussi se donner de garde des jugements téméraires, des envies, qui sont encore un mal dangereux qui ronge malheureusement le coeur de plusieurs ; des querelles, des dissensions, des rapports que l'on fait de ce que l'on entend aux personnes qui sont offensées, leur déclarant ceux qui les ont blessées, et ce qui met l'inimitié entre eux.

Ces gens sont en horreur à Dieu, et il les a en abomination, et ils sont obligés à rétablir la paix qu'ils ont ôtée. Dieu hait aussi extrêmement un esprit moqueur, et qui raille aux dépens d'autrui. Jamais il ne faut rien dire ou faire qui puisse blesser le cher prochain, soit qu'on le fasse en riant ou d'une autre manière.

Mais il faut avoir un coeur tout de charité pour tout le monde, estimant un chacun, en parlant toujours avec respect, se prévenant d'honneur les uns les autres, évitant tout ce qui lui peut être désagréable, lui condescendant en toutes choses licites, se donnant de garde d'un esprit pointilleux qui trouve à redire à tout, qui dispute sur toutes choses, qui contrarie à ce que les autres veulent, qui a toujours des sentiments particuliers, qui s'opiniâtre dans le soutien de ses pensées.

Mais tâchant de faire plutôt la volonté d'autrui que la nôtre. La charité demande encore que l'on assiste libéralement les personnes qui sont dans le besoin : car si elle est véritable, elle n'a rien à elle, mais tout ce qu'elle a est pour les autres.

Un coeur attaché au bien ne sait guère ce que c'est que la véritable charité. Enfin, il faut même aimer ceux qui nous haïssent, les bénissant lorsqu'ils nous maudissent, les obligeant lorsqu'ils nous désobligent, priant pour eux d'un coeur sincère, les pénétrant dans les témoignages de toute sorte d'amitié, cherchant les occasions de les servir.

Ce qu'il faut faire avec joie lorsque ces bienheureuses occasions se présentent, les ménageant avec action de grâce, comme des moments précieux qui nous donnent lieu de témoigner à notre Maitre et notre Dieu que c'est en vérité que nous l'aimons.

Cette pensée est étrangement forte à l'âme qui a de l'amour pour son Dieu : car que ne voudrait-elle pas faire pour lui en donner des marques ?

Source : livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde Ven 5 Aoû 2022 - 16:57

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DEUXIÈME TRAITE

CHAPITRE VII

De la charité incomparable de la très sainte Vierge



Il est vrai qu'il est dur à la nature d'obliger et de bien faire à ses ennemis ; mais il est doux de surmonter la nature pour l'amour de son Dieu. Ce sentiment remplissait de mouvements de charité les coeurs des saints, qui non-seulement faisaient du bien à ceux qui leur faisaient du mal, mais ils s'appliquaient à les obliger et à leur rendre les services les plus notables que l'on peut faire à ses meilleurs amis.

Saint Ignace, fondateur de la Compagnie de Jésus, avait été très maltraité d'un certain homme qui demeurait avec lui à Paris, et qui avait même emporté le peu de chose qu'il avait, vivant pour lors dans une grande pauvreté : ce qui était une grande perfidie aussi bien qu'une extrême malice.

Ce misérable s'étant retiré à Rouen, et saint Ignace ayant appris qu'il y était demeuré malade, fit à pied le chemin qu'il y a de Paris à Rouen, qui est de vingt-huit lieues, et sans prendre aucune nourriture, pour aller le secourir.

C'est ce que font les saints, parce que les saints aiment Dieu. Aussi quand on voulait parler d'un Chrétien dans la primitive Église, l'on disait que c'était un homme qui aimait ceux qui le haïssaient. C'est en cela que nous montrerons à la très sainte Vierge, notre douce et très bonne mère, que nous sommes ses véritables enfants.

CHAPITRE VIII

De l'humilité de la très sainte Vierge


Si à proportion qu'un édifice doit être élevé, les fondements doivent en être jetés plus avant en terre, que devons-nous penser de l'humilité de la très sacrée Vierge, qui a été le fondement de toutes ses vertus et de la gloire immense dont son Fils bien-aimé l'a couronnée.

Tout est grand en la divine Marie, tout y est admirable, tout y est surprenant : mais il n'y a point d'esprit qui ne se doive perdre dans la profondeur incroyable de son humilité. Que celui-là qui nous peut faire connaitre ses grandeurs presque infinies, nous découvre l'abîme de son humilité.

« Elle est élevée, dit saint Bernard, à la dignité de Mère de Dieu, et elle s'en appelle la servante » : elle porte un Dieu dans ses entrailles, dont elle est la Mère, et elle fait un voyage pénible pour aller rendre visite à sa cousine sainte Élisabeth, de même pour la servir en sa maison.

Si on la loue, elle renvoie tout l'honneur qui lui est rendu, à Dieu seul : elle est la souveraine du ciel et de la terre, et elle ne fait point difficulté d'obéir au commandement de César : celle qui comptait quatorze rois dans sa famille, loge volontiers dans une caverne, où elle ne trouve pour compagnie que des bêtes : celle qui est plus pure que les anges, veut bien passer pour immonde le jour de sa purification : celle qui doit commander aux anges et aux hommes, épouse un pauvre charpentier et lui obéit avec une soumission très respectueuse.

« Celle, dit le saint dévot Bernard que nous venons de citer, qui est la première de toutes les créatures, se met la dernière dans le cénacle après l'ascension de Notre-Seigneur, au-dessous des veuves et des pénitentes, et de celle dont il est écrit, que sept démons en avaient été chassés !

Source : livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde Sam 6 Aoû 2022 - 17:24

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DEUXIÈME TRAITE

CHAPITRE VIII

De l'humilité de la très sainte Vierge


Si elle parle, elle ne se nomme pas la première. » Elle ne dit pas dans l'Évangile, dit un Père : Voici que moi et votre père, entendant saint Joseph, vous cherchions ; mais elle dit : Votre père et moi. (Luc. II, 48) Comme elle devait recevoir en soi un Dieu infini, et renfermer dans ses pures entrailles celui que les cieux et la terre ne peuvent comprendre, elle devait aussi avoir une disposition comme infinie pour la communication de cet être infini ; c'est pourquoi elle se mit dans le néant par une humilité tout abîmale ; et, selon la version de Vatable, si elle chante (Luc, I, 48), que toutes les nations la diront bienheureuse, c'est parce qu'elle croit que le Seigneur a arrêté les yeux sur son néant.

Elle a révélé à sainte Brigitte, qu'elle souhaitait de voir le temps du Messie, pour avoir l'honneur d'être la servante de sa mère, et, comme il est rapporté dans une autre révélation, la servante des servantes de sa mère. Saint Bonaventure nous apprend qu'elle demandait à Dieu la grâce d'être et de vivre dans le temps que son Fils devait s'incarner, et le priait de lui conserver les yeux pour voir sa très pure mère ; sa langue pour pouvoir la louer ; ses mains pour pouvoir lui servir ; ses pieds pour aller à l'exécution de ses ordres.

Mais, ce qui est bien admirable, c'est qu'étant remplie de grâces et ornée de toutes les vertus, et enfin, étant la Mère d'un Dieu, elle a révélé qu'elle ne s'est jamais préférée à aucune créature.

Après cela, où se mettra le pécheur, le ver de terre, le morceau de boue et de crachat, l'ennemi de Dieu et l'esclave de l'enfer ? Y a-t-il des abîmes assez profonds pour nous perdre, dans la vue d'une humilité si prodigieuse en la personne de la mère d'un Dieu ? Je ne vois que des abaissements ineffables en celle que Dieu élève au-dessus des séraphins, et je ne vois que des élévations superbes dans ceux qui méritent d'être abaissés jusque dans les enfers : je ne vois que des anéantissements épouvantables en celle qui est la mère du grand tout, et à qui tout est donné ; car comment y aurait-il quelque réserve pour une Vierge à qui Dieu se donne pour Fils ?

Et l'on ne remarque qu'un orgueil détestable en ceux qui n'ont pour apanage que le rien et le péché. Malheur à nous qui pensons être quelque chose, quoique nous ne soyons rien, et qui voulons être considérés des autres, et occuper quelque place dans le monde.

Hélas ! Les saints en qui la vertu de Jésus-Christ deviennent grands, qui disent et font bien ce qu'ils disent et ce qu'ils font, pensent toujours ne rien faire, et ne se croient dignes que de mépris et de confusion, pendant que nous autres, pauvres pécheurs, qui ne sommes que corruption, estimons faire quelque chose et mériter quelque approbation.

La misère nous environne de tous côtés, et nous courons après la gloire de toutes parts ; nos malheurs ne sont-ils pas extrêmes, et nos malices étrangement criminelles, d'être ce que nous sommes, c'est-à-dire rien, et moins que rien, et cependant vouloir toujours être quelque chose ? Le néant nous appartient, car c'est du néant que nous sommes tirés, et c'est dans ce néant que nous retomberions, si Dieu, tout bon, cessait un moment de nous conserver.

Mais à ce néant naturel nous ajoutons le néant criminel du péché ; ainsi voilà le néant sur néant. Nous ne sommes rien par notre origine naturelle, et nous ne sommes rien par le péché. Ce n'est pas tout, nous sommes même moins que rien, parce que celui qui fait le péché est l'esclave du péché : n'étant donc rien en tant de manières, nous nous mettons encore au-dessous du rien.

Oh ! Que de néants se présentent à une âme véritablement éclairée ! Celui donc qui a la lumière de Dieu, et qui ne marche pas dans les voies ténébreuses de la corruption des sens et du monde aveugle, ne peut jamais avoir que de très bas sentiments de soi-même, et ne se voit jamais que dans son rien. Oh ! Que Dieu parait grand à ses yeux, et qu'il y est petit ! Que de lumières il a sur son incapacité, son impuissance, ses faiblesses, ses misères ! Qu'il connaît clairement, que quand il a tout fait, il n'a rien fait, et qu'il est toujours un serviteur inutile !

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Message  ami de la Miséricorde Dim 7 Aoû 2022 - 16:30

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DEUXIÈME TRAITE

CHAPITRE VIII

De l'humilité de la très sainte Vierge


Sainte Thérèse recherchant pourquoi Dieu aimait tant l'humilité, elle découvrit que c'est parce qu'il est le Dieu de vérité. Ceux donc qui marchent dans la vérité, sont toujours humbles : la vanité vient de l'erreur et de l'ignorance.

C'est pourquoi les pécheurs qui sont enveloppés dans les nuages du péché, sont plus sujets à la présomption ; et les saints qui cheminent dans le beau chemin de la grâce, en sont bien éloignés.

L'on s'étonne de ce que l'angélique Docteur disait qu'il n'avait jamais eu de pensées de vanité ; l'on est surpris de ce que saint Ignace, le fondateur de la Compagnie de Jésus, assurait qu'il ne savait pas comme l'on pouvait en prendre.

Et de vrai il y a bien à s'étonner que de pauvres malheureux comme nous sommes, qui y sommes si exposés, quelque misère que nous ayons, pendant que ces sains tout environnés de gloire en étaient si éloignés.

Mais c'est, comme nous l'avons dit, que les saints voient les choses dans la vérité, pendant que nous ne les regardons que dans l'illusion ; que souvent nous faisons pitié aux saints anges, par l'estime que nous avons de ce que nous sommes, ou de ce que nous faisons !

Que ces pensées vaines qui roulent dans nos esprits, leur paraissent ridicules ! Et qu'elles nous sont ennuyeuses à l'heure de notre mort ! Que notre orgueil nous deviendra abominable au temps du Jugement rigoureux de notre Dieu !

Nous découvrirons pour lors la sottise de toutes ces pensées et de tous ces discours de noblesse, de condition, de talents naturels, de grand esprit, de sciences, de charges, d'honneurs, de biens, de beauté de corps, et de choses semblables.

Mais pourquoi attendons-nous à connaitre la vanité des choses créées, dans un temps où la connaissance en sera inutile ? Pourquoi n'ouvrons-nous pas nos yeux aux pures lumières de la foi ?

Et si nous les ouvrons, si nous savons la vanité de nos pensées et de nos paroles, pourquoi nous trompons-nous nous-mêmes, agissant d'une manière contraire à ce que nous pensons ?

Celui donc qui est véritablement humble, demeure toujours dans son néant, et il parle et agit, ne se retirant jamais de son rien. De là vient que premièrement il ne s'estime et ne se préfère jamais à aucune créature, mais il se voit au-dessous de toutes.

C'étaient les sentiments du divin Paul, qui se qualifiait le premier des pécheurs (I Tim., I, 15) : c'étaient les pensées du grand saint François, qui se reconnaissait pour le plus grand pécheur du monde.

En cet état, l'on ne s'occupe pas tant d'une multitude de raisonnements que le propre esprit donne ; mais l'on porte une impression de grâce qui fait entrer dans ces sentiments, qui est fondée sur quelque chose de bien plus solide que les raisonnements de nos petits esprits.

J'ai connu à Paris un vénérable vieillard, qui marchant dans les rues allait le long du ruisseau, quoique avec incommodité, dans la vue dont il était pénétré, qu'il le devait céder à tout le monde, et se mettre au-dessous des pieds de toute créature.

Source : livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde Lun 8 Aoû 2022 - 17:23

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DEUXIÈME TRAITE

CHAPITRE VIII

De l'humilité de la très sainte Vierge

Le saint homme le P. de Condren se trouvant un jour obligé de coucher, faisant voyage, dans un lieu où les chiens passaient la nuit.

Et ayant pris un peu de paille qu'il y trouva, pour se reposer : comme il s'aperçut que cette paille servait à un chien qui était auprès de lui, il la quitta pour la lui laisser, dans la vue que ce grand serviteur de Dieu avait, qu'il était au-dessous des chiens par ses imperfections, qui assurément étaient bien légères, puisqu'ayant l'usage de raison depuis l'âge de deux ou trois ans, il avait été tellement appliqué à Dieu seul, qu'une personne ayant trouvé un papier où il avait écrit une confession de plusieurs années qu'il avait passées à la campagne à recevoir les compagnies, et dans les divertissements de la chasse, y étant obligé par ses parents, et étant encore bien jeune, et cette personne en ayant lu le commencement par mégarde, ne sachant ce que c'était, elle y trouva qu'il s'accusait d'avoir perdu la présence de Dieu tout au plus neuf ou dix fois durant plusieurs années, et dans des occupations si peu propres au recueillement.

Ce sont à la vérité des prodiges de la grâce : mais si ces personnes qui sont les miracles du christianisme, se mettent si bas, ces personnes qui doivent occuper les premières places d'un empire éternel, où se mettront celles dont les péchés méritent le dernier lieu de l'enfer ?

Le bienheureux François de Borgia disait, qu'il ne pouvait trouver de place assez basse, après qu'un Dieu s'était mis au-dessous des pieds de Judas.

Ajoutons à cette pensée, et qu'il s'est laissé porter par le démon. Disons encore, et que dans le très-saint sacrement il s'humilie sous une apparence de pain et de vin, et est exposé à la rage des impies qui l'ont plusieurs fois foulé aux pieds, qui l'ont jeté aux pourceaux, et aux sorciers qui l'ont porté à leur infâme Sabath.

Il faut que tout esprit s'arrête dans ces vues terribles, pour se perdre sans ressource dans des abimes anéantissants.

Plus de place donc pour nous dans le monde, plus de place dans aucun esprit pour y trouver la moindre estime, plus de place dans aucun coeur pour y trouver la moindre affection.

Dieu seul, Dieu seul, Dieu seul ; ou si nous y avons quelque place, que ce soit pour y être crucifiés par le mépris et les opprobres, pour y être anéantis par le rebut des créatures.

Notre lieu est l'enfer, nous ne sommes dignes que de l'ire de Dieu et de sa colère éternelle.

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Message  ami de la Miséricorde Mar 9 Aoû 2022 - 17:34

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DEUXIÈME TRAITE

CHAPITRE VIII

De l'humilité de la très sainte Vierge


Cette vérité est certaine, pénétrant l'âme du véritable humble, il ne se plaint jamais, il ne pense pas qu'on lui fasse jamais tort ; il croit, quelque mal qu'on lui procure, qu'il est toujours trop bien traité : ainsi il ne regarde jamais ses plus cruels ennemis que comme des gens qui lui font grâces.

Et de vrai, si un homme qui serait condamné à être brûlé, n'était puni que d'un soufflet, aurait-il sujet de se plaindre ? Si nous donc qui méritons des confusions infinies, souffrons quelques affronts qui passent bientôt, devons-nous nous en étonner ?

N'est-ce pas une grâce très grande de souffrir dans le temps, quelques peines que nous puissions avoir, et quand elles dureraient toute notre vie, pour éviter les peines des enfers qui n'auront jamais de fin ?

Y a-t-il quelque comparaison entre les souffrances qui nous peuvent arriver de la part des hommes, pour grandes qu'elles puissent être, et celles que nous méritons d'endurer pour jamais des démons ?

Tous les tourments de la vie présente ont-ils quelques rapports avec ceux de l'éternité ? Je dis donc que quand l'on viendrait nous prendre pour nous faire mourir sur un gibet, nous n'aurions pas sujet de murmurer, mais d'adorer avec soumission la justice divine.

Et c'est ce que nous devons faire dans tous les maux qui nous arrivent, soit de la part de Dieu immédiatement, soit de la part des hommes et des démons par la conduite de la divine Providence, qui s'en sert pour notre bien et pour sa gloire.

Enfin, le véritable humble n'a pas seulement de très bas sentiments de lui-même, mais il est bien aise que les autres aient les mêmes pensées de lui.

Ainsi, s'il voit sa misère, il bénit Dieu lorsqu'elle est connue des autres. Davantage, il se réjouit lorsqu'on lui impose des maux qu'il n'a pas faits, à l'exemple de son divin maitre, qui étant l'innocence même, non-seulement a passé pour criminel, mais a été condamné et jugé à la mort ignominieuse de la croix?

Et à l'exemple de sa bonne maîtresse, qui étant la plus pure créature qui fut jamais, n'a pas laissé de subir la loi de la purification, qui était ordonnée aux femmes dans l'ancienne loi.

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
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C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !
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Méditation : Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu - Page 12 Empty Re: Méditation : Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu

Message  ami de la Miséricorde Hier à 17:07

Méditation : Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu - Page 12 Sainte_20vierge

DEUXIÈME TRAITE

CHAPITRE IX

De la pauvreté de la très-sainte Vierge


L'union intime de la très sainte Vierge avec son Fils bien-aimé ayant été si grande, qu'elle a été qualifiée par quelques Pères, d'unité, ne peut laisser aucun doute qu'elle ne lui ait été parfaitement conforme en sa très pure vie et en toutes ses actions.

C'est pourquoi il est assuré quelle a chéri tendrement la pauvreté, et l'a pratiquée dans un dénûment entier de tous les biens temporels, puisque l'adorable Jésus a voulu naitre, vivre et mourir très pauvre, la pauvreté avant été l'une de ses plus chères vertus.

Mais l'on demande comment la sainte Vierge a pu être pauvre, ses parents ayant des biens considérables, dont elle devait hériter, étant fille unique ? Saint Joachim et sainte Anne avaient des terres, des bois, et nombre de troupeaux, qui faisaient en ce temps-là une partie des richesses des plus accommodées. Saint Joachim avait de son côté, selon saint Ildephonse, une maison en Nazareth, et une autre en Jérusalem, selon saint Jean Damascène.

Saint Germain, patriarche de Constantinople, nous apprend que sainte Anne avait aussi un jardin et un héritage en Nazareth ; ce qui leur donnait lieu, selon l'ancienne tradition, de partager tous les ans leurs revenus en trois parties, dont ils offraient la première au temple, et donnaient la seconde aux pauvres, et ils se réservaient la troisième pour leur nourriture et entretien.

Si l'on dit que la très sainte Vierge a donné tous ces biens aux pauvres, l'on répond qu'il était défendu par la loi d'aliéner le bien de sa famille.

Cependant il est très certain qu'elle était pauvre ; car autrement Notre-Seigneur ne laurait pas été, étant son Fils unique, et à qui par suite appartenait son bien.

Davantage, n'ayant offert que deux tourterelles, qui était le présent des pauvres, le jour de la présentation de son Fils bien-aimé

Il faut nécessairement conclure qu'elle n'avait pas le moyen d'acheter un agneau, pour faire l'offrande accoutumée. Il faut donc dire qu'elle avait cédé tout le droit qu'elle avait à ses biens, aux personnes de sa famille qui lui étaient les plus proches ; car il n'était pas permis d'en priver ceux à qui la succession touchait de plus près

Et elle avait fait cette cession auparavant l'incarnation du Verbe en ses chastes entrailles, car autrement elle ne l'aurait pu faire, ayant un fils. Si elle s'était réservée une maison, c'était à raison de l'honnêteté, et même l'on peut dire qu'elle n'en avait que l'usage, et pour pouvoir vivre plus retirée.

Mais la pauvreté n'en souffrait rien, puisque ce n'était qu'une chétive chambre, qui avait plutôt la forme d'une prison que non pas d'une maison, et qui était toute destituée de meubles, ayant donné ceux dont elle avait hérité aux pauvres.

Source : livres-mystiques.com

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