VERS BETHLEEM AVEC LES APOTRES ET LES DISCIPLES
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VERS BETHLEEM AVEC LES APOTRES ET LES DISCIPLES

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VERS BETHLEEM AVEC LES APOTRES ET LES DISCIPLES

Message  Invité le Mar 3 Jan 2012 - 5:29

VERS BETHLEEM AVEC LES APOTRES ET LES DISCIPLES
(Maria Valtorta, tome 3, chapitre 69, pages 407/417)

Après avoir quitté Béthanie au premier sourire de l’aurore, Jésus va vers Bethléem avec sa Mère, Marie d’Alphée et Marie Salomé, suivi des apôtres et précédé de Margziam [le nouveau nom de Jabé, le petit orphelin adopté par Pierre].

« Ce serait si beau d’y être tous… la Mère spécialement … car, enfin, la reine de Bethléem et de la Grotte, c’est elle et elle sait parfaitement tout… Entendu de sa bouche ce serait différent, voilà. » dit Pierre.

Jésus sourit en regardant Simon qui insinue doucement son désir.
«Quelle grotte, père ?» demande Margziam. «La grotte où est né Jésus.»
«Oh ! c'est beau ! J'y viens moi aussi !...»
«Ce serait vraiment beau !» disent Marie d' Alphée et Salomé. «Très beau !... Ce serait revenir en arrière... à l'époque où le monde t'ignorait, c'est vrai, mais ne te haïssait pas encore... Ce serait retrouver l'amour des simples qui ne surent que croire et aimer, avec humilité et foi...


Ce serait déposer ce fardeau d'amertume qui me pèse sur le coeur depuis que je te sais ainsi haï, le déposer là dans ta crèche... Elle doit avoir encore gardé la douceur de ton regard, de ta respiration, du sourire incertain que tu avais là... et tout cela me caresserait le coeur... Il est rempli de tant d'amertume !...» Marie parle doucement, exhalant son désir et sa tristesse.

«Alors nous y allons, Maman. A toi de nous conduire. Aujourd'hui tu es la Maîtresse et Moi l'enfant qui apprend.»
«Oh ! Fils ! Non ! Tu es toujours le Maître...»
«Non, Maman. Simon de Jonas a bien parlé.


Sur la terre de Bethléem, c'est toi qui es la Reine.
Ce fut ton premier château.
Marie, descendante de David, conduis ce petit peuple dans ta demeure.»
L'Iscariote va parler, mais il se tait. Jésus, qui remarque son attitude et l'interprète, dit : «si quelqu'un, à cause de la fatigue, ou pour une autre raison ne veut pas venir, qu'il poursuive librement sa route pour Bétsur.» Mais personne ne parle.
Ils continuent leur route par la fraîche vallée orientée d'est en ouest, puis ils tournent légèrement vers le nord, côtoient une colline qui se dresse là et rejoignent ainsi la route qui de Jérusalem conduit à Bethléem, justement à côté du cube surmonté d'une coupole ronde du tombeau de Rachel. Tous s'approchent pour prier avec respect.
«Ici, nous nous sommes arrêtés, Joseph et moi... Tout est comme alors. Il n'y a que la saison qui diffère. C'était alors une froide journée de Casleu. Il avait plu et les routes étaient devenues boueuses, puis il s'était levé un vent glacial et peut-être que pendant la nuit il avait gelé. Les chemins s'étaient durcis mais tous sillonnés par des chars et par la foule, ils étaient comme une mer couverte de barques et mon petit âne fatiguait beaucoup...»


«Et toi, non, Mère ?»
«Oh ! moi, je t'avais Toi !...» et son regard exprime une telle béatitude qu'il est émouvant. Puis elle se remet à parler :
«La nuit tombait et Joseph était très préoccupé...Il se levait toujours plus fort un vent cinglant... Les gens se hâtaient vers Bethléem s'entrechoquant et plusieurs prenaient à parti mon petit âne qui avançait si doucement, cherchant où il devait mettre les sabots... Il semblait savoir que tu y étais Toi... et que tu faisais ton dernier somme dans le berceau de mon sein.
Il faisait froid... mais moi, je brûlais. Je te sentais arriver...
Arriver ? Tu pourrais dire : "Depuis neuf mois j'y étais, Maman".

Oui, mais alors, c'était comme si tu venais des Cieux. Les Cieux s'abaissaient, s'abaissaient sur moi et moi, j'en voyais les splendeurs... Je voyais la Divinité qui brûlait dans la joie de ta toute proche naissance, et ces feux me pénétraient, m'incendiaient, m'abstrayaient... de tout... Froid... vent... foule... tout cela n'était rien ! Je voyais Dieu...
De temps à autre, avec effort, je réussissais à ramener mon esprit sur la terre et je souriais à Joseph qui avait peur pour moi du froid et de la fatigue, et qui conduisait le petit âne par crainte d'un faux pas et qui m'enveloppait dans une couverture de peur que je ne prenne froid... Mais il ne pouvait rien arriver. Les secousses, je ne les sentais pas. Il me semblait avancer sur un chemin d'étoiles, au milieu de nuées éclatantes que soutenaient les anges... Et je souriais... D'abord à Toi... Je te regardais à travers les barrières de la chair dormir avec tes petits poings fermés dans un petit lit de roses vivantes, mon bouton de lys... Puis je souriais à l'époux si affligé, si affligé, pour l'encourager... et aussi aux gens qui ne savaient pas que déjà ils respiraient dans l'aura du Sauveur...

Nous nous arrêtâmes près du tombeau de Rachel pour faire reposer le petit âne et pour manger un peu de pain et d'olives, nos provisions de pauvres. Mais moi, je n'avais pas faim. Je ne pouvais pas avoir faim... Ma joie me nourrissait... Nous reprîmes le chemin... Venez que je vous montre où nous avons rencontré le berger... Ne craignez pas que je me trompe. Je revis cette heure et je retrouve chaque endroit car je vois tout à travers une grande lumière angélique. Peut-être les multitudes des anges sont de nouveau ici, invisibles pour les corps, mais visibles pour les âmes avec leur lumineuse blancheur, et tout se découvre et tout est indiqué. Eux ne peuvent se tromper, et ils me conduisent... pour ma joie et votre joie. Voici : c'est de ce champ à celui-là que vint Elie avec ses brebis et Joseph lui demanda du lait pour moi. Et, c'est ici, dans ce pré que nous nous sommes arrêtés pendant qu'il trayait le lait chaud et nourrissant et qu'il donnait ses conseils à Joseph.
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Le Sauveur, annoncé par le prophète Nathan à David, est né.

Message  Invité le Mar 3 Jan 2012 - 6:35

Venez, venez... Voici, voici le sentier du dernier vallon avant Bethléem.
Nous l'avons pris parce que la route principale aux abords de Bethléem était encombrée de gens et de montures...


Voici Bethléem ! Oh! chère ! chère terre de mes pères qui m'as donné le premier baiser de mon Fils ! Tu es ouverte, bonne et odorante comme le pain dont tu portes le nom, pour donner le Vrai Pain au monde qui meurt de faim !

Tu m'as embrassée, toi en qui est demeuré le maternel amour de Rachel, comme une mère, terre sainte de la Bethléem de David, premier temple élevé au Sauveur, à l'Etoile du matin née de Jacob pour enseigner la route des Cieux à toute l'Humanité ! Regardez comme la ville est belle en ce printemps ! Mais alors aussi, bien que les champs et les vignes fussent dépouillés, elle était belle ! Un léger voile de givre faisait resplendir les branches nues et elles se couvraient d'une poussière de diamants comme si elles étaient enveloppés dans un impalpable voile de paradis. En chaque maison la cheminée fumait pour le souper tout proche et la fumée, montant d'échelon en échelon jusqu'à ce sommet, montrait la ville elle-même toute voilée...
Tout était chaste, recueilli, dans l'attente... De Toi, de Toi, Fils ! La terre te sentait venir... Et ils t'auraient senti aussi les Bethléemites, car ils ne sont pas méchants, bien que vous ne le croyiez pas. Ils ne pouvaient nous abriter...

Dans les maisons honnêtes et bonnes de Bethléem s'entassaient, arrogants comme toujours, sourds et orgueilleux ceux qui maintenant encore le sont, et eux ne pouvaient te sentir Toi... Combien de pharisiens, de sadducéens, d'hérodiens, de scribes, d'esséniens il y avait! Oh! leurs coeurs, maintenant fermés c'est la suite de leur dureté de coeur d'alors. Ils ont fermé leurs coeurs à l'amour à l'égard de la pauvre soeur ce soir là... et ils sont restés et ils restent dans les ténèbres. Ils ont repoussé Dieu dès cet instant, en repoussant loin d'eux l'amour du prochain.

Venez. Allons à la Grotte. Il est inutile d'entrer dans la ville. Les plus grands amis de mon Enfant n'y sont plus. La Nature amie nous suffit avec ses pierres, sa petite rivière, son bois pour faire du feu. La Nature qui a senti venir son Seigneur... Voilà, venez, rassurés. On tourne ici... Voici les ruines de la Tour de David. Oh ! elles me sont chères plus qu'un palais de roi ! Ruines bénies ! Ruisseau béni ! Arbre béni, que comme par miracle le vent a dépouillé de tant de branches pour que nous trouvions du bois et puissions faire du feu !

Marie descend rapidement vers la Grotte, franchit le ruisseau sur une planche qui sert de pont, court sur l'emplacement qui se trouve devant les ruines...

et tombe à genoux sur le seuil de la Grotte.
Elle se penche et en baise le sol.


Tous les autres la suivent. Ils sont émus... L'enfant, qui ne la quitte pas un instant, semble écouter une merveilleuse histoire et ses yeux noirs boivent les paroles et les gestes de Marie sans en perdre un seul.
Marie se relève et entre en disant : «Tout, tout comme alors!... Mais alors il faisait nuit... Joseph fit de la lumière à mon entrée. Alors, alors seulement, en descendant de l'âne, je sentis à quel point j'étais fatiguée et gelée... Un boeuf nous salua, j'allai à lui pour sentir un peu de chaleur, pour m'appuyer au foin... Joseph, ici, où je suis, étendit du foin pour me faire un lit et le sécha pour moi comme pour Toi, Fils, à la flamme allumée dans ce coin... car il était bon comme un père dans son amour d'ange-époux... Et nous tenant par la main, comme deux frères perdus dans l'obscurité de la nuit, nous mangeâmes du pain et du fromage et puis il alla là-bas pour alimenter le feu, enleva son manteau pour boucher l'ouverture... En réalité, il fit tomber le voile devant la gloire de Dieu qui descendait des Cieux, Toi, mon Jésus... et je restai sur le foin, dans la tiédeur des deux animaux, enveloppée dans mon manteau et dans une couverture de laine...

Mon cher époux !... En cette heure d'anxiété où j'étais seule devant le mystère de la première maternité, toujours pleine d'inconnu pour une femme et, pour moi, dans mon unique maternité, remplie aussi du mystère qu'aurait été la vision du Fils de Dieu émergeant d'une chair mortelle lui, Joseph, fut pour moi une mère, il fut un ange... mon réconfort... alors, toujours...

Et ensuite, le silence et le sommeil qui vinrent envelopper le Juste... pour qu'il ne vît pas ce qui était pour moi le baiser quotidien de Dieu...

Et pour moi, après l'intermède des nécessités humaines, voici les flots démesurés de l'extase arrivant de la mer paradisiaque et qui me soulevaient de nouveau sur des crêtes lumineuses toujours plus hautes, me portant en haut, en haut, avec eux, dans un océan de lumière, de lumière, de joie, de paix, d'amour jusqu'à ce que je me trouve perdue dans la mer de Dieu, du sein de Dieu...

Une voix de la terre, encore : "Tu dors, Marie ?" Oh ! si lointaine !... Un écho, un souvenir de la terre!... Et si faible que l'âme n'en est pas touchée, et je ne sais quelle réponse j'y fais pendant que je monte, que je monte encore dans cet abîme de feu, de béatitude infinie, d'avant-goût de Dieu... jusqu'à Lui, jusqu'à Lui...

Oh ! mais, est-ce Toi qui es né ou est-ce moi qui suis née de la fulguration Trinitaire, cette nuit-là ? Est-ce moi qui t'ai donné Toi, ou Toi qui m'as aspirée pour me donner ? Je ne sais pas...

Et puis la descente, de choeur en choeur, d'astre en astre, de nuage en nuage, douce, lente, bienheureuse, tranquille comme celle d'une fleur qu'un aigle a portée dans les hauteurs et qu'il a laissée tomber, et qui descend lentement sur les ailes de l'air, devenue plus belle par une pluie de pierres précieuses, par un morceau d'arc-en-ciel dérobé au ciel et qui se retrouve sur la terre natale...
Mon diadème : Toi ! Toi sur mon coeur...

M'étant assise ici, après t'avoir adoré à genoux,
je t'ai aimé.
Finalement j'ai pu t'aimer sans la barrière de la chair
et d'ici je me suis levée pour te porter à l'amour de celui
qui comme moi était digne de t'aimer dans les premiers.
Et ici, entre ces deux rustiques colonnes, je t'ai offert au Père.
Et ici, tu as reposé pour la première fois sur le coeur de Joseph...

Et puis, je t'ai emmailloté et, ensemble, nous t'avons déposé ici... Je te berçais pendant que Joseph séchait le foin à la flamme et le tenait au chaud en le mettant sur sa poitrine et puis, à cet endroit, pour t'adorer tous les deux, penchés sur Toi ainsi, ainsi comme moi maintenant, pour boire ta respiration, pour voir à quel anéantissement peut conduire l'amour, pour verser les larmes que certainement on verse au Ciel pour la joie inépuisable de voir Dieu.»
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Maintenant... maintenant je n'oserai plus te dire comme avant : "Marie". ... dit Pierre.

Message  Invité le Mar 3 Jan 2012 - 7:19

Marie est allée et venue pendant cette évocation, indiquant les endroits, haletante d'amour, une larme scintillant dans ses yeux bleus et un sourire de joie sur les lèvres,...

elle se penche réellement sur son Jésus
qui s'est assis sur une grosse pierre pendant cette évocation,
et elle baise ses cheveux en pleurant et adorant comme alors...

«Et puis les bergers... à l'intérieur, ici, pour adorer avec leur âme bonne, avec le grand soupir de la terre qui entrait avec eux, avec leur odeur d'hommes, de troupeaux, de foin; et au-dehors, et partout les anges, pour t'adorer par leur amour, par leurs chants que ne peut redire une créature humaine, et par l'amour des Cieux, par l'atmosphère des Cieux qui entrait avec eux, qu'eux apportaient avec leurs clartés... Ta naissance, béni !...»

Marie s'est agenouillée à côté de son Fils et elle pleure d'émotion, la tête appuyée sur ses genoux. Pendant quelques instants, personne n'ose parler.


Plus ou moins émus, les assistants regardent autour d'eux comme si au milieu des araignées et des cailloux raboteux ils espéraient avoir le spectacle de la scène décrite...
Marie se ressaisit et dit :


«Voilà, j'ai dit la naissance de mon Fils
dans son infinie simplicité et son infinie grandeur,
avec mon coeur de femme, non pas avec la sagesse d'un maître.
Il n'y a rien d’autre car ce fut la chose la plus grande de la terre,
cachée sous les apparences les plus communes.»

«Mais le lendemain ? Et ensuite ?» demandent plusieurs, parmi lesquels les deux Marie.
«Le lendemain ? Oh! très simple! Je fus la mère qui donne le lait à son bébé, qui le lave et l'emmaillote comme font toutes les mères. Je chauffais l'eau puisée au ruisseau, sur le feu allumé là-dehors pour que la fumée ne fasse pas pleurer ses deux yeux bleus et puis dans le coin le plus abrité, dans un vieux baquet, je lavais mon enfant et je le mettais dans des langes frais. Et j'allais à la rivière laver les petits langes et je les étendais au soleil... et puis, joie entre les joies, je Lui donnais le sein, et Lui tétait, prenait des couleurs, était heureux... Le premier jour, à l'heure la plus chaude, j'allai m'asseoir là-dehors pour bien le voir. Ici le jour filtre sans entrer et la lumière et la flamme donnaient un bizarre aspect aux choses. J'allai dehors, au soleil... et je regardai le Verbe Incarné. La Mère a alors connu son Fils et la servante de Dieu son Seigneur. Et je fus femme et adoratrice... Puis la maison d'Anne... les journées auprès du berceau, les premiers pas, la première parole... Mais cela ce fut ensuite, en son temps... Et rien, rien ne fut semblable à l'heure de ta naissance...

Ce n'est qu'en revenant à Dieu que je retrouverai cette plénitude...»


«Mais pourtant... partir ainsi, au dernier moment ! Quelle imprudence ! Pourquoi n'avoir pas attendu ? Le décret prévoyait un délai pour des cas exceptionnels comme naissance ou maladie. Alphée le dit...» dit Marie d'Alphée.


«Attendre ? Oh ! non ! Ce soir là, quand Joseph apporta la nouvelle, moi et Toi, Fils, nous avons tressailli de joie. C'était l'appel... parce que c'était ici, ici seulement que tu devais naître comme les Prophètes l'avaient dit. Et ce décret imprévu ce fut comme une pitié du Ciel pour éteindre chez Joseph jusqu'au souvenir de son soupçon. C'était celui que j'attendais pour Toi, pour lui, pour le monde judaïque et le monde de l'avenir, jusqu'à la fin des siècles. C'était dit. Et, comme c'était dit, ce fut. Attendre ! Est-ce que l'épouse peut retarder son rêve nuptial ? Pourquoi attendre ?»

«Mais... à cause de tout ce qui pouvait arriver...» dit encore Marie d'Alphée.

«Je n'avais aucune crainte. Je me reposais en Dieu.» «Mais, savais-tu que tout se serait passé ainsi ?»
«Personne ne me l'avait dit, et moi je n'y pensais pas du tout, au point que pour rassurer Joseph je le laissai penser et vous aussi qu'il y avait encore du temps avant la naissance.

Mais moi je savais, cela je le savais
que ce serait en la fête des Lumières
que la Lumière du monde naîtrait.»
«Et toi, mère, pourquoi n'as-tu pas plutôt accompagné Marie ? Et le père, pourquoi n'y a-t-il pas pensé ? Vous deviez venir ici vous aussi. Pourquoi ne sommes-nous pas tous venus ?» demande sévèrement Jude Thaddée.
«Ton père avait décidé de venir après les Encénies et il le dit à son frère, mais Joseph ne voulut pas attendre.»
«Mais toi, au moins...» réplique encore Thaddée.

«Ne lui fais pas de reproches, Jude. D'un commun accord nous avons trouvé juste de laisser tomber un voile sur le mystère de cette naissance.»

«Mais Joseph savait-il qu'elle serait survenue avec ces signes? Si toi tu ne le savais pas, pouvait-il le savoir, lui ?»
«Nous ne savions rien, sauf que Lui devait naître.»
«Et alors ?»

«Et alors, ce fut la Sagesse divine qui nous conduisit ainsi, comme c'était juste. La naissance de Jésus, sa présence dans le monde, devait apparaître privée de tout ce qui aurait été étonnant et qui aurait excité Satan... Et vous voyez que la rancoeur actuelle de Bethléem à l'égard du Messie est une conséquence de la première manifestation du Christ. La haine du démon utilisa cette révélation pour faire répandre le sang et pour, par le sang répandu, répandre la haine.

Es-tu content, Simon de Jonas, qui ne parles pas et sembles retenir ta respiration ?»

«Tellement... tellement, qu'il me semble être hors du monde, dans un lieu encore plus saint que si j'étais au-delà du Velarium du Temple... Tellement que... que maintenant que je t'ai vue dans ce lieu, et avec la lumière d'alors, je crains de t'avoir traitée, avec respect, oui, mais comme une grande femme, une femme toujours.

Maintenant... maintenant je n'oserai plus te dire comme avant : "Marie". Tu étais auparavant pour moi la Mère de mon Maître. Maintenant, maintenant je t'ai vue au sommet de ces flots célestes, je t'ai vue comme une Reine et moi, misérable, voici ce que je fais de cet esclave que je suis» et il se jette à terre, en baisant les pieds de Marie.
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Il contemplera les oeuvres des deux, Pierre et Marie, restés sur la terre.

Message  Invité le Mar 3 Jan 2012 - 13:49

Jésus parle, maintenant :

«Simon, lève-toi, viens ici, tout près de Moi.»
Pierre va à la gauche de Jésus car Marie est à sa droite.
«Que sommes-nous, maintenant ?» demande Jésus.
«Nous ? Mais il y a Jésus, Marie et Simon.»
«C'est bien, mais combien sommes-nous ?» «Trois, Maître.»


«Une trinité, alors. Un jour, au Ciel, dans la Divine Trinité il vint une pensée : "Il est temps que le Verbe aille sur la terre", et avec une palpitation d'amour le Verbe vint sur la terre. Il se sépara donc du Père et de l'Esprit Saint. Il vint travailler sur la terre.

Au Ciel, les Deux qui étaient restés, contemplèrent les oeuvres du Verbe restant plus unis que jamais pour répandre la Pensée et l'Amour pour aider la Parole qui oeuvrait sur la terre.

Un jour viendra où du Ciel viendra un ordre : "C'est le moment de revenir, car tout est accompli", et alors le Verbe retournera au Ciel, ainsi... (et Jésus se retire, un pas en arrière en laissant Marie et Pierre où ils étaient)...

...et du haut des Cieux, Il contemplera les oeuvres des deux restés sur la terre. Eux, dans un mouvement saint, s'uniront plus que jamais pour fondre ensemble le pouvoir et l'amour et en faire le moyen pour accomplir le désir du Verbe : "La rédemption du monde par l'enseignement continu de son Eglise". Et le Père, le Fils et l'Esprit Saint feront de leur rayonnement une chaîne pour resserrer, resserrer toujours plus les deux restés sur la terre : ma Mère, l'amour; toi, le pouvoir. Tu devras donc bien traiter Marie en reine, oui, mais sans être toi un esclave. Ne te semble-t-il pas ?»


«Ce qui me semble, c'est tout ce que tu veux. Je suis anéanti ! Moi, le pouvoir ? Oh ! si je dois être le pouvoir, alors, je dois, oui, m'appuyer sur Elle! Oh ! Mère de mon Seigneur, ne m'abandonne jamais, jamais, jamais...»

«N'aie pas peur. Je te tiendrai toujours par la main, ainsi, comme je faisais à mon Bébé jusqu'à ce qu'il fût capable de marcher seul.»

«Et après ?»

«Et après, je te soutiendrai par la prière. Allons, Simon, ne doute jamais de la puissance de Dieu. Je n'en ai pas douté, moi, ni Joseph.
Toi non plus tu ne dois pas douter. Dieu nous donne son secours, heure après heure, si nous restons humbles et fidèles...

Maintenant venez dehors près du ruisseau à l'ombre de ce bon arbre. Si l'été était plus avancé il vous donnerait ses pommes en plus de son ombre.
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Jésus répond à la question posée par Judas.

Message  Invité le Mar 3 Jan 2012 - 14:57

Venez. Nous allons manger avant de partir...
«Où, mon Fils?»


«A Jala. C'est tout près. Et demain nous irons à. Bétsur.»
Ils s'assoient à l'ombre du pommier et Marie se met contre son tronc robuste.

Barthélémy la regarde fixement, si jeune et encore de manière tellement céleste animée par l'évocation qu'elle a faite, recevoir de son Fils la nourriture qu'il a bénite et Lui sourire d'un regard d'amour, et il murmure :

"A son ombre je me suis assise et sa nourriture est douce à mon palais".

Jude Thaddée lui répond : «C'est vrai. Elle languit d'amour, mais on ne peut certainement pas dire que c'est sous un pommier qu'elle a été réveillée.»
«Et pourquoi pas, frère ? Qu'en savons-nous des secrets du Roi?»
répond Jacques d ' Alphée.

Et Jésus, en souriant :
«La nouvelle Eve a été conçue par la Pensée au pied du pommier du Paradis pour que son sourire et ses larmes mettent en fuite le serpent et désintoxiquent le fruit empoisonné. Elle est devenue l'arbre du fruit rédempteur. Venez, amis, et mangez-en car se nourrir de sa douceur c'est se nourrir du miel de Dieu.»

«Maître, réponds à un désir de savoir que j'ai depuis longtemps. Le Cantique que nous citons prévoit-il Marie ?» demande doucement Barthélémy pendant que Marie s'occupe de l'enfant et parle avec les femmes.

«Dès le commencement du Livre, on parle d'Elle et on en parlera dans les livres de l'avenir jusqu'à ce que la parole de l'homme se changera en l'éternel hosanna de l'éternelle Cité de Dieu»
et Jésus se tourne vers les femmes.
«Comme on voit qu'il vient de David ! Quelle sagesse, quelle poésie !» dit le Zélote en parlant à ses compagnons.

«Voilà»
interrompt l'Iscariote qui,encore sous l'impression de la veille, parle peu tout en cherchant à retrouver la liberté qu'il avait auparavant.

«Voilà, je voudrais comprendre pourquoi devait vraiment se produire l'Incarnation. Dieu seul peut parler de façon à vaincre Satan. Dieu seul peut avoir le pouvoir de racheter et je n'en doute pas. Cependant, voilà, il me semble que le Verbe pouvait se dégrader moins qu'il ne l'a fait en naissant comme tous les hommes, en s'assujettissant aux misères de l'enfance et au reste. N'aurait-il pas pu apparaître sous une forme humaine, déjà adulte, sous les apparences d'un adulte? Ou, s'il voulait vraiment avoir une mère, en choisir une, mais adoptive comme il a fait pour le père ? Il me semble qu'une fois, je le Lui ai demandé mais il ne me répondit pas longuement, ou bien je ne me souviens pas.»

«Demande-le-Lui ! Puisque nous sommes dans le sujet...» dit Thomas.

«Moi, non. Je l'ai fâché et je ne me sens pas encore pardonné. Demandez-le-Lui pour moi.»


«Mais excuse-nous ! Nous acceptons tout sans tant d'explications et c'est à nous de poser des questions? Ce n'est pas juste !» riposte Jacques de Zébédée.

«Qu'est-ce qui n'est pas juste ?» demande Jésus. Un silence, et puis le Zélote se fait l'interprète de tous et répète les questions de Judas de Kériot et les réponses des autres.

«Moi, je ne garde pas rancune. C'est la première chose que je dois dire. Je fais les observations que je dois faire, je souffre et je pardonne. Ceci dit pour qui éprouve la peur qui est encore le fruit de son trouble.
En ce qui concerne mon Incarnation réelle, je dis : "Il est juste qu'il en ait été ainsi".

Dans l'avenir, beaucoup et beaucoup tomberont dans des erreurs au sujet de mon Incarnation. Ils me prêteront précisément les formes que Judas voudrait que j'eusse pris. Un homme dont le corps était en apparence formé de matière, mais fluide en réalité, comme un jeu de lumière, grâce auquel je serais et ne serais pas une chair. Et elle existerait, sans vraiment exister la maternité de Marie.

En vérité, je suis une chair, et Marie est la Mère du Verbe fait Chair. Si l'heure de ma naissance ne fut qu'extase, c'est parce qu'Elle est la nouvelle Eve qui ne porte pas le poids de la faute ni l'héritage du châtiment.

Mais cela n'a pas été pour Moi une dégradation de reposer en Elle. Est-ce que par hasard la manne était avilie du fait qu'elle était dans le Tabernacle ? Non, elle était au contraire honorée de se trouver en ce lieu.

D'autres diront que Moi, n'étant pas une Chair réelle, je n'ai pas enduré la souffrance ni la mort durant mon séjour sur la terre. Oui, ne pouvant nier mon existence, on niera la réalité de mon Incarnation ou la vérité de ma Divinité.

Non, en vérité, je suis Un éternellement avec le Père et je suis uni à Dieu en tant que Chair car l'Amour peut avoir rejoint ce qui ne peut être rejoint dans sa Perfection en se revêtant de Chair pour sauver la chair.

A toutes ces erreurs répond ma vie entière qui donne son sang depuis ma naissance jusqu'à ma mort et qui est assujettie à tout ce qu'elle partage avec l'homme, à l'exception du péché.

Né, oui, d'Elle. Et pour votre bien. Vous ne savez pas à quel point s'adoucit la Justice du moment qu'elle a la Femme comme collaboratrice. Es-tu satisfait, Judas ?»

«Oui, Maître.»

«Fais-en sorte que toi aussi tu me satisfasses.»

L'Iscariote baisse la tête, confus et, peut-être est-il réellement touché par tant de bonté.

La halte se prolonge sous l'ombre fraîche du pommier. Certains dorment, d'autres sommeillent. Mais Marie se lève et retourne dans la grotte et Jésus la suit…
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