PARABOLE DE LA BREBIS PERDUE
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PARABOLE DE LA BREBIS PERDUE

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PARABOLE DE LA BREBIS PERDUE

Message  Invité le Sam 7 Jan 2012 - 11:16

PARABOLE DE LA BREBIS PERDUE
(Maria Valtorta, tome 4, chapitre 94, pages 43/46)

Jésus parle à la foule.
Monté sur le bord planté d'arbres d'un torrent, il parle à une foule nombreuse répandue dans un champ dont le blé est coupé et qui présente l'aspect désolant des chaumes brûlés par le soleil.
C'est le soir. Le crépuscule descend, mais déjà la lune monte. Une belle et claire soirée d'un début d'été. Des troupeaux rentrent au bercail et le tintement des sonnailles se mêle au chant perçant des grillons ou des cigales, un grand: gri, gri, gri...
Jésus prend la comparaison des troupeaux qui passent.

Il dit :
«Votre Père est comme un berger attentif. Que fait le bon pasteur ? Il cherche de bons pâturages pour ses brebis, où il n'y pas de ciguë ni de plantes dangereuses, mais des trèfles agréables, des herbes aromatiques et des chicorées amères mais bonnes pour la santé. Il cherche une place où se trouve en même temps que la nourriture, de la fraîcheur, un ruisseau aux eaux limpides, des arbres qui donnent de l'ombre, où il n'y a pas d'aspics au milieu de la verdure. Il ne se soucie pas de trouver des pâturages plus gras parce qu'il sait qu'ils cachent facilement des serpents aux aguets et des herbes nuisibles, mais il donne la préférence aux pâturages de montagne où la rosée rend l'herbe pure et fraîche, mais que le soleil débarrasse des reptiles, là où l'on trouve un bon air que remue le vent et qui n'est pas lourd et malsain comme celui de la plaine.

Le bon pasteur observe une par une ses brebis. Il les soigne si elles sont malades, les panse si elles sont blessées. A celle qui se rendrait malade par gloutonnerie, il élève la voix, à celle qui prendrait du mal à rester dans un endroit trop humide ou trop au soleil, il dit d'aller dans un autre endroit. Si une est dégoûtée, il lui cherche des herbes acidulées et aromatiques capables de réveiller son appétit et les lui présente de sa main en lui parlant comme à une personne amie.

C'est ainsi que se comporte le bon Père qui est aux Cieux avec ses fils qui errent sur la terre. Son amour est la verge qui les rassemble, sa voix leur sert de guide, ses pâturages c'est sa Loi, son bercail le Ciel.


Mais voilà qu'une brebis le quitte. Combien il l'aimait !
Elle était jeune, pure, candide comme une nuée légère dans un ciel d'avril.
Le berger la regardait avec tant d'amour en pensant à tout le bien qu'il pouvait lui faire et à tout l'amour qu'il pourrait en recevoir. Et elle l'abandonne.

Le long du chemin qui borde le pâturage, un tentateur est passé.
Il ne porte pas une casaque austère, mais un habit aux mille couleurs. Il ne porte pas la ceinture de peau avec la hache et le couteau suspendus, mais une ceinture d'or d'où pendent des sonnettes au son argentin, mélodieux comme la voix du rossignol, et des ampoules d'essences enivrantes...
Il n'a pas le bourdon avec lequel le bon pasteur rassemble et défend les brebis, et si le bourdon ne suffit pas, il est prêt à les défendre avec sa hache ou son couteau et même au péril de sa vie.
Mais ce tentateur qui passe a dans les mains un encensoir tout brillant de pierres précieuses d'où s'élève une fumée qui est à la fois puanteur et parfum, qui étourdit comme éblouissent les facettes des bijoux, oh ! combien faux ! Il va en chantant et laisse tomber des poignées d'un sel qui brille sur le chemin obscur...

Quatre-vingt-dix-neuf brebis le regardent sans bouger.

La centième, la plus jeune et la plus chère, fait un bond et disparaît derrière le tentateur. Le berger l'appelle, mais elle ne revient pas.
Elle va, plus rapide que le vent, rejoindre celui qui est passé et, pour soutenir ses forces dans sa course, elle goûte ce sel qui pénètre au dedans et la brûle d'un délire étrange qui la pousse à chercher les eaux noires et vertes dans l'obscurité des forêts.
Et, dans les forêts, à la suite du tentateur, elle s'enfonce, elle pénètre, monte et descend et elle tombe... une, deux, trois fois. Et une, deux, trois fois, elle sent autour de son cou l'embrassement visqueux des reptiles, et assoiffée, elle boit des eaux souillées, et affamée, elle mord des herbes qui brillent d'une bave dégoûtante.


Que fait pendant ce temps le bon pasteur ?


Il enferme en lieu sûr les quatre-vingt-dix-neuf brebis fidèles et puis se met en route et ne s'arrête pas jusqu'à ce qu'il trouve des traces de la brebis perdue. Puisqu'elle ne revient pas à lui, qui confie au vent ses appels, il va vers elle. Il la voit de loin, enivrée et enlacée par les reptiles, tellement ivre qu'elle ne sent pas nostalgie du visage qui l'aime, et elle se moque de lui.

Et il la revoit, coupable d'être entrée comme une voleuse dans la demeure d'autrui, tellement coupable qu'elle n'ose plus le regarder. ..Et pourtant le pasteur ne se lasse pas... et il va. Il la cherche, la cherche, la suit, la harcèle. Il pleure sur les traces de l'égarée : lambeaux de toison : lambeaux d'âme; traces de sang : délits de toutes sortes; ordures : témoignages de sa luxure. Il va et la rejoint.

Ah ! je t'ai trouvée, mon aimée ! Je t'ai rejointe !

Que de chemin j'ai fait pour toi ! Pour te ramener au bercail.
Ne courbe pas ton front souillé. Ton péché est enseveli dans mon coeur.
Personne, excepté moi qui t'aime, ne le connaîtra. Je te défendrai contre les critiques d'autrui, je te couvrirai de ma personne pour te servir de bouclier contre les pierres des accusateurs.
Viens. Tu es blessée ? Oh! montre-moi tes blessures. Je les connais, mais je veux que tu me les montre, avec la confiance que tu avais quand tu étais pure et quand tu me regardais moi, ton pasteur et ton dieu, d'un oeil innocent.
Les voilà. Elles ont toutes un nom. Oh! comme elles sont profondes! Qui te les a faites si profondes ces blessures au fond du cœur ?
Le Tentateur, je le sais. C'est lui qui n'a ni bourdon ni hache mais qui blesse plus profondément avec sa morsure empoisonnée et, après lui, ce sont les faux bijoux de son encensoir, qui t'ont séduite par leur éclat... et qui étaient un soufre infernal qui se produisait à la lumière pour te brûler le coeur. Regarde combien de blessures, combien de toison déchirée, combien de sang, combien de ronces ! Oh ! pauvre petite âme illusionnée !

Mais dis-moi : si je te pardonne, tu m'aimeras encore ?
Mais dis-moi : si je te tends les bras, tu t'y jetteras ?
Mais dis-moi : as-tu soif d'un amour bon ?

Et alors : viens et reviens à la vie. Reviens dans les pâturages saints.
Tu pleures. Tes larmes mêlées aux miennes lavent les traces de ton péché, et Moi, pour te nourrir, puisque tu es épuisée par le mal qui t'a brûlée, je m'ouvre la poitrine, je m'ouvre les veines et je te dis : "Nourris-toi, mais vis !"
Viens que je te prenne dans mes bras. Nous irons plus rapidement aux pâturages saints et sûrs.
Tu oublieras tout de cette heure de désespoir et tes quatre-vingt-dix-neuf soeurs, les bonnes, jubileront pour ton retour.

Je te le dis, ma brebis perdue, que j'ai cherchée en venant de si loin, que j'ai retrouvée, que j'ai sauvée, qu'on fait une plus grande fête parmi les bons pour une brebis perdue qui revient que pour les quatre-vingt-dix-neuf justes qui ne se sont pas éloignées du bercail.»

Jésus ne s'est jamais retourné pour regarder vers le chemin qui se trouve derrière Lui et par lequel est arrivée, dans la pénombre du soir, Marie de Magdala, encore très élégante, mais habillée, du moins, et couverte d'un voile foncé qui cache ses traits et ses formes. Mais, quand Jésus arrive à ces paroles: «Je t'ai trouvée, mon aimée», Marie passe la main sous son voile et pleure doucement et sans arrêt. Les gens ne la voient pas car elle est au-delà du talus qui borde le chemin. Il n'y a pour la voir que la lune désormais haute, et l'esprit de Jésus...
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