LA RENCONTRE AVEC LES DISCIPLES
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LA RENCONTRE AVEC LES DISCIPLES

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LA RENCONTRE AVEC LES DISCIPLES

Message  Invité le Lun 30 Jan 2012 - 15:43

LA RENCONTRE AVEC LES DISCIPLES
(Maria Valtorta, tome 4, chapitre 139, pages 339/356)


Jésus se trouve dans les plaines de Corozaïn, le long de la vallée du haut Jourdain, entre le lac de Génésareth et le lac de Méron. Une campagne pleine de vignobles où déjà commencent les vendanges. Il doit y être depuis déjà quelques jours parce que, ce matin, sont avec Lui les disciples qui étaient à Sicaminon et parmi eux, de nouveau Etienne et Hermas. Isaac s'excuse de n'avoir pu être là plus tôt, c'est que, dit-il, il se demandait s'il était bien d'amener ou non avec lui les nouveaux venus et ces réflexions l'avaient retardé.

«Mais» dit-il encore
»«j'ai pensé que le chemin du Ciel est ouvert à tous ceux de bonne volonté et il me semble que ceux-ci sont tels, bien que disciples de Gamaliel»

«Tu as bien dit et bien fait. Amène-les-moi ici.»
Isaac s'en va et revient avec les deux.
«La paix à vous. Est-ce que la parole des apôtres vous a semblé si vraie que vous voulez vous y unir ?»

«Oui, et la tienne davantage. Ne nous repousse pas, Maître.»

«Pourquoi le devrais-je ?»
«Parce que nous appartenons à Gamaliel.»
«Et avec cela ? Moi, j'honore le grand Gamaliel et je le voudrais avec Moi car il est digne d'y être. Il ne lui manque que cela pour faire de sa sagesse une perfection. Que vous a-t-il dit quand vous l'avez quitté ? Parce que, certainement, vous l'avez salué.»

«Oui. Il nous a dit :
Les apôtres qui, curieux se serrent autour de Jésus, se regardent l'un l'autre et se demandent à voix basse : « Qu'est-ce qu'il a voulu dire ? Que veut-il ? Oublier pour se souvenir ?»
"Heureux êtes-vous de pouvoir croire. Priez pour que moi j'oublie pour pouvoir me souvenir".»

Jésus entend ce chuchotement et explique :
«Il veut oublier sa sagesse pour prendre la mienne. Il veut oublier qu'il est le rabbi Gamaliel pour se rappeler qu'il est un fils d'Israël qui attend le Christ. Il veut s'oublier lui-même pour se rappeler la Vérité.»

«Ce n'est pas un menteur, Gamaliel, Maître»
dit Hermas pour l'excuser.
«Non. Mais c'est le fatras des pauvres mots humains qui est mensonge. Les paroles qui remplacent la Parole. Il faut les oublier, s'en dépouiller, venir nu et vierge à la Vérité pour être revêtu et fécondé; Cela requiert l'humilité. L'écueil...»

«Alors, nous aussi, nous devons oublier ?»
«Sans aucun doute. Oublier tout ce qui est chose humaine. Se rappeler tout ce qui est chose de Dieu. Venez, vous pouvez le faire.»

«Nous voulons le faire» assure Hermas.
«Avez-vous déjà vécu la vie des disciples ?»
«Oui, du jour où nous avons appris le meurtre du Baptiste. La nouvelle arriva très vite à Jérusalem, apportée par des courtisans et des officiers d 'Hérode. Sa mort nous a tirés de notre torpeur»
répond Etienne.
«Le sang des martyrs est toujours vie pour ceux qui sont dans la torpeur. Rappelle-le-toi, Etienne.»

«Oui, Maître. Parleras-tu aujourd'hui ? J'ai faim de ta parole.» «
J'ai déjà parlé, mais je parlerai encore beaucoup, à vous les disciples. Vos compagnons, les apôtres, on déjà commencé la mission après une active préparation. Mais ils ne suffisent pas aux besoins du monde. Et il faut avoir tout fait, dans un temps précis. Je suis comme quelqu'un qui a une échéance et qui doit avoir tout fait dans un temps limité. Je vous demande, à tous, de l'aide et, au nom de Dieu, je vous promets de l'aide et un avenir de gloire.»

L'oeil perçant de Jésus découvre un homme tout enveloppé dans un manteau de lin :
«N'es-tu pas le prêtre Jean ?»
«Si, Maitre. Plus aride que le vallon maudit est le coeur des juifs. Je me suis enfui à ta recherche.»

«Et le sacerdoce ?»
«La lèpre m'en avait banni la première fois, les hommes pour la seconde, parce que je t'aime. Ta Grâce m'attire à elle : à Toi. Elle aussi m'avait expulsé d'un lieu profané pour m'amener dans un lieu pur. Tu m'as purifié, Maître, en mon corps et en mon esprit. Et une chose pure ne peut pas, ne doit pas, s'approcher d'une chose impure. Ce serait une offense pour celui qui a purifié.»

«Tu as un jugement sévère, mais il n'est pas injuste.»
«Maître, les laideurs de famille sont connues de celui qui vit dans la famille et ne doivent être dites qu'à celui qui est un esprit droit. Tu l'es et, d'ailleurs, tu sais. Aux autres, je ne le dirais pas. Ici, il y a Toi, tes apôtres et deux qui sont au courant, comme Toi et comme moi. Par conséquent...»

«Cela va bien. Mais... oh !...toi aussi ?! La paix soit à toi ! Tu es venu pour donner d'autre nourriture ?»

«Non. Pour avoir, moi, ta nourriture.»
«Est-ce que tes récoltes sont perdues ?»
«Oh! non. Jamais elles n'ont été si belles. Mais, mon Maître, je cherche un autre pain, une autre récolte : les tiens. Et, avec moi, j'ai le lépreux que tu as guéri sur mes terres. Il est revenu à son Maître. Mais lui et moi, avons maintenant un maître à suivre et à servir : Toi.»

«Venez. Un, deux, trois, quatre... Une bonne récolte ! Mais avez-vous réfléchi à votre situation auprès du Temple ? Vous savez, et Moi je sais... et je ne dis rien d'autre...»

«Je suis un homme libre et je vais avec qui je veux»
dit le prêtre Jean.
«Et moi aussi» dit le nouveau venu, le scribe Jean, qui est l'homme qui a donné de la nourriture le sabbat au pied du Mont des Béatitudes.
«Et nous aussi» disent Hermas et Etienne. Et Etienne ajoute :
«Parle-nous, Seigneur. Nous ignorons ce qu'est précisément notre mission. Donne-nous le minimum pour pouvoir te servir tout de suite. Le reste viendra en te suivant.»
«Oui. Sur la montagne, tu as parlé des béatitudes. Et c'était une instruction pour nous. Mais nous, auprès des autres, pour le second amour, celui du prochain, que devons-nous faire ?»
demande le scribe Jean.
«Où est Jean d'Endor ?» demande Jésus pour toute réponse.
«Là-bas, Maître, avec ceux qui ont été guéris.»

«Qu'il vienne ici.»
Jean d'Endor accourt. Jésus lui met la main sur l'épaule en le saluant en particulier et il dit :
«Voilà, maintenant, je vais parler. Je veux vous avoir devant Moi, vous qui portez le nom saint. Toi, mon apôtre; toi, le prêtre; toi, le scribe; toi, Jean du Baptiste; et toi, enfin, pour fermer la couronne des grâces faites par Dieu. Et si je te nomme le dernier, tu sais que tu n'es pas le dernier dans mon coeur. Je te l'ai promis, un jour, ce discours. Tu vas l'avoir.»

Et Jésus, comme il le fait d'ordinaire, monte sur un petit talus pour que tous puissent le voir. Il a devant Lui, au premier rang les cinq Jean. En arrière se trouvent les disciples, mêlés à ceux qui sont accourus de toutes parts de la Palestine, pour leur santé ou pour entendre la parole.
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Le serviteur de Dieu doit se servir de la miséricorde comme d'un moyen pour amener à ...

Message  Invité le Mar 31 Jan 2012 - 3:29

«La paix à vous tous, et la sagesse sur vous.

Ecoutez. Quelqu'un, en un jour lointain, m'a demandé si Dieu est miséricordieux envers les pécheurs et jusqu'à quel point Il l'est. Celui qui le demandait était un pécheur pardonné qui n'arrivait pas à se persuader de l'absolu pardon de Dieu. Et Moi, par des paraboles, je le calmai, le rassurai et lui promis que pour lui j'aurais toujours parlé de miséricorde pour que son coeur repenti qui, semblable à un enfant égaré lui pleurait au-dedans, se sentît assuré d'être déjà en possession de son Père des Cieux.

Dieu est Miséricorde parce que Dieu est Amour.
Le serviteur de Dieu doit être miséricordieux pour imiter Dieu.
Dieu se sert de la miséricorde pour attirer à Lui ses fils dévoyés.
Le serviteur de Dieu doit se servir de la miséricorde
comme d'un moyen pour amener à Dieu les fils dévoyés.
Le précepte de l'amour doit être obligatoire pour tous,
mais il doit l'être trois fois pour les serviteurs de Dieu.

On ne conquiert pas le Ciel si on n'aime pas. Mais cela, il suffit de le dire aux croyants.

Aux serviteurs de Dieu, Moi je dis :
"On ne fait pas conquérir le Ciel aux croyants
si on n'aime pas avec perfection".

Et vous, qui êtes vous, vous qui vous pressez tout autour ? En plus grande partie, vous êtes des créatures qui tendez à une vie parfaite, à la vie bénie, à la vie pénible, lumineuse du serviteur de Dieu, du ministre du Christ. Et quels devoirs avez-vous en cette vie de serviteurs et de ministres ?

Un amour total pour Dieu, un amour total pour le prochain.

Votre but : servir. Comment ?
En rendant à Dieu ceux que le monde, la chair, le démon ont pris à Dieu.
De quelle façon ?
Par l'amour.
L'amour qui a mille façons de s'exercer et une fin unique : faire aimer.

Pensons à notre beau Jourdain. Comme il est imposant à Jéricho! Mais, était-il ainsi à sa source ? Non, c'était un filet d'eau, et tel il serait resté s'il avait toujours été seul. Au contraire, voilà que des montagnes et des collines, de l'une et l'autre rive de sa vallée, descendent mille et mille affluents, les uns seuls, d'autres déjà formés de cent ruisseaux, et tous se déversent dans son lit, qui croît, croît, croît, jusqu'à devenir, de doux ruisseau qu'il était, cours d'eau d'argent azuré qui rit et s'amuse dans son enfance de fleuve, le fleuve large, solennel, tranquille qui déroule son ruban d'azur au milieu de ses rives fertiles couleur d'émeraude.

Ainsi en est-il de l'amour. Un filet initial chez ceux qui sont des enfants sur le Chemin de la Vie qui savent à peine se garder du péché grave par crainte de la punition et puis, avançant sur le chemin de la perfection, voilà que des montagnes de l'humanité rugueuses, arides, orgueilleuses, dures, sortent par la volonté de l'amour de nombreuses rivières de cette principale vertu, et tout sert à la faire surgir et jaillir : les douleurs et les joies, comme sur les montagnes servent à faire des ruisseaux les neiges gelées et le soleil qui les fait fondre.
Tout sert à leur ouvrir le chemin : l'humilité comme le repentir. Tout sert à les diriger vers le fleuve initial, car l'âme, poussée sur cette voie, aime descendre dans l'anéantissement du moi aspirant à remonter, attirée par le Soleil-Dieu, après être devenue un fleuve puissant, magnifique, bienfaisant.

Les ruisseaux qui nourrissent le ruisseau embryonnaire de l'amour de respect sont, outre les vertus, les oeuvres que les vertus apprennent à accomplir, les oeuvres qui justement, pour être des ruisselets d'amour, sont des oeuvres de miséricorde.

Voyons-les ensemble. Certaines étaient déjà connues à Israël, d'autres, c'est Moi qui vous les fais connaître parce que ma loi est perfection d'amour.
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Donner à manger aux affamés.

Message  Invité le Mar 31 Jan 2012 - 3:44

Donner à manger aux affamés.
Devoir de reconnaissance et d'amour.
Devoir d'imitation.

Les enfants sont reconnaissants au père du pain qu'il leur procure et, devenus hommes, ils l'imitent en procurant du pain à leurs enfants, et à leur père que l'âge rend désormais incapable de travailler, ils procurent le pain par leur propre travail, affectueuse restitution, juste restitution du bien qu'ils ont reçu. Le quatrième commandement le dit: "Honore ton père et ta mère". C'est aussi honorer leurs cheveux blancs de ne pas les réduire à demander leur pain à d'autres.

Mais, avant le quatrième commandement, il y a le premier :

"Aime Dieu de tout toi-même"
et le second : "Aime ton prochain comme toi-même".

Aimer Dieu pour Lui-même et l'aimer dans le prochain, c'est la perfection.


On l'aime en donnant du pain à qui a faim en souvenir de tant de fois où Lui a rassasié l'homme par des actes miraculeux. Mais sans regarder uniquement la manne et les cailles,

...regardons le miracle continuel du grain qui germe par la bonté de Dieu qui a donné une terre propre à la culture et qui règle les vents, les pluies, la chaleur, les saisons pour que la semence devienne épi et que l'épi devienne pain.

Et est-ce que cela n'a pas été un miracle de sa miséricorde d'avoir enseigné par une lumière surnaturelle à ses fils coupables que ces herbes grandes et fines, qui se terminent par un épi de grains d'or à la chaude odeur de soleil, renfermés dans la dure enveloppe d'écailles épineuses, étaient une nourriture qu'il fallait récolter, égrener, réduire en farine, pétrir, cuire ?

Dieu a enseigné tout cela. Et comment le récolter, le trier, l'écraser, le pétrir, le cuire. Il a mis les pierres près des épis et l'eau près des pierres, Il a allumé par des réverbérations de l'eau et du soleil le premier feu sur la terre et le vent a amené sur le feu des grains qui ont grillé en répandant une odeur agréable pour faire comprendre à l'homme qu'il est meilleur ainsi qu'au sortir de l'épi, comme les consomment les oiseaux, ou pétri après avoir été moulu formant ainsi une pâte gluante que l'on cuit au feu.

Vous n'y pensez pas, vous qui maintenant mangez le bon pain cuit dans le four familial, de quelle miséricorde est la preuve, ce fait d'être arrivés à cette perfection de cuisson, quel chemin on a fait faire à la connaissance humaine depuis le premier épi que l'homme a mastiqué comme le fait le cheval, jusqu’au pain actuel ?

Et, grâce à qui ? A Celui qui a donné le pain. Et ainsi pour toute espèce de nourriture que l'homme a su, par une lumière bienfaisante, distinguer parmi les plantes et les animaux dont le Créateur a couvert la terre, lieu de châtiment paternel pour le fils coupable.

Donc, donner à manger aux affamés,
c'est une prière de reconnaissance au Seigneur et Père qui nous rassasie,
et c'est imiter le Père duquel nous avons la ressemblance gratuitement.
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Donner à boire à ceux qui ont soif.

Message  Invité le Mar 31 Jan 2012 - 3:59

Donner à boire à ceux qui ont soif.

Avez-vous jamais pensé à ce qui arriverait si le Père ne faisait plus pleuvoir ?
Ou bien s'Il disait : "A cause de votre dureté pour celui qui a soif, J'empêcherai les nuages de descendre sur la terre" pourrions-nous protester et maudire ?


L'eau, plus encore que le grain, appartient à Dieu. Car le grain est cultivé par l'homme, mais c'est Dieu seul qui cultive les champs de nuages qui descendent en pluie ou en rosée, comme les brouillards et les neiges, et alimentent les champs et les citernes et remplissent les fleuves et les lacs, en donnant un refuge aux poissons qui, avec d'autres animaux, rassasient l'homme.

Pouvez-vous donc dire à celui qui vous dit : "Donne-moi à boire" :
"Non. Cette eau m'appartient et je ne te la donne pas"?

Farceurs ! Qui de vous a fait un seul flocon de neige ou une seule goutte de pluie ?
Qui a évaporé un seul diamant de rosée par sa chaleur astrale ? Personne.

C'est Dieu seul qui le fait.
Et si les eaux descendent du ciel et y remontent,
c'est seulement parce que Dieu règle cette partie de la création
comme Il règle le reste.

Donnez donc à qui a soif la bonne eau fraîche qui sort des veines du sol, ou l'eau pure de votre puits, ou celle qui remplit vos citernes. Les eaux appartiennent à Dieu. Elles sont pour tous.

Donnez-les à qui a soif. Pour une si petite oeuvre, qui ne vous coûte pas d'argent, qui n'impose pas d'autre fatigue que celle de présenter une tasse ou un broc, je vous le dis, vous aurez une récompense au Ciel.

Car ce n'est pas l'eau, mais l'acte de charité
qui est grand aux yeux et à l'appréciation de Dieu.
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Vêtir ceux qui sont nus.

Message  Invité le Mar 31 Jan 2012 - 4:38

Vêtir ceux qui sont nus.

Il passe sur les routes de la terre des misères nues, honteuses, pitoyables.

Il y a les vieillards abandonnés, ceux qui sont invalides par maladies ou accidents;
il y a les lépreux qui reviennent à la vie par la bonté du Seigneur;
il y a les veuves, chargées de famille;
il y a ceux qui ont été frappés par des malheurs qui leur ont enlevé toute aisance;
il y a les orphelins innocents.

Si je porte les yeux sur la vaste terre, je vois partout des personnes nues ou couvertes de haillons qui protègent à peine la décence et ne mettent pas à l'abri du froid, et ces personnes regardent d'un oeil humilié les riches qui passent en vêtements somptueux, les pieds chaussés de confortables sandales.

Humiliation et bonté chez ceux qui sont bons,
humiliation et haine chez qui sont moins bons.

Mais pourquoi ne venez-vous pas en aide à leur humiliation,
en les rendant meilleurs s'ils sont bons,
en détruisant la haine par votre amour s'ils sont moins bons ?

Ne dites pas : "Je n'en ai que pour moi". Comme pour le pain, sur les tables et dans les armoires vous avez quelque chose de plus que ceux qui sont absolument délaissés.

Parmi ceux qui m'écoutent, il en est plus d'un qui a su, d'un vêtement mis de côté à cause de l'usure, tirer un petit vêtement pour un orphelin ou pour un enfant pauvre, et d'un vieux drap faire des langes pour un innocent qui n'en a pas, et il en est un qui, mendiant, a su pendant des années partager le pain, qu'il s'était péniblement procuré par l'aumône, avec un lépreux qui ne pouvait aller tendre la main à la porte des riches.

Et, en vérité, je vous dis que ces gens miséricordieux, il ne faut pas les chercher parmi les gens nantis, mais dans les humbles rangs des pauvres qui savent, par leur condition, combien est pénible la pauvreté.

Et ici aussi, comme pour l'eau et le pain, pensez que la laine et le lin, dont vous vous vêtez, viennent d'animaux et de plantes que le Père a créés, non pas seulement pour ceux qui parmi les hommes sont riches, mais pour tous les hommes.

Car Dieu a donné une seule richesse à l'homme : celle de sa Grâce, de la santé, de l'intelligence, mais pas la richesse souillée qu'est l'or.

Vous l'avez élevé, du rang de métal qui n'est pas plus beau qu'un autre, beaucoup moins utile que le fer avec lequel on fabrique les houes et les charrues, les herses et les faux, les burins, les marteaux, les scies, les rabots, les outils saints du saint travail, au rang d'un métal noble, d'une noblesse inutile, mensongère, à l'instigation de Satan qui, de fils de Dieu, vous a rendus sauvages comme des fauves.

La richesse de ce qui est saint vous avait donné de quoi devenir toujours plus saints !
Non pas cette richesse homicide qui fait couler tant de sang et de larmes.

Et donnez comme on vous a donné.
Donnez au nom du Seigneur, sans craindre de rester nus.
Il vaudrait mieux mourir de froid pour s'être dépouillé en faveur d'un mendiant,
que de se laisser geler le coeur, même sous des vêtements moelleux,
par manque de charité.

La tiédeur du bien que l'on a fait est plus douce
que celle d'un manteau de très pure laine,
et le corps du pauvre qui a été recouvert parle à Dieu et Lui dit:
"Bénis ceux qui nous ont vêtus"
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L'hospitalité donnée aux voyageurs unit la charité à la confiance et à l'estime ...

Message  Invité le Mar 31 Jan 2012 - 4:58

Si rassasier, désaltérer, vêtir, en se privant pour donner aux autres, unit la sainte tempérance à la très sainte charité et si la bienheureuse justice vous unit aussi, elle par qui on modifie saintement le sort des frères malheureux en donnant de ce que nous avons en abondance, par la permission de Dieu, en faveur de ceux qui, par la méchanceté des hommes ou par les maladies en sont privés,

...l'hospitalité donnée aux voyageurs unit la charité
à la confiance et à l'estime du prochain.

C'est aussi une vertu, savez-vous ? Une vertu qui dénote, chez ceux qui la possèdent, en plus de la charité, l'honnêteté.

En effet celui qui est honnête agit bien et puisqu'on pense que les autres agissent comme on agit à l'ordinaire, voilà que la confiance, la simplicité qui croient à la sincérité des paroles d'autrui, dénotent que celui qui les écoute est quelqu'un qui dit la vérité dans les grandes et les petites choses, sans arriver par conséquent à se méfier des récits d'autrui.

Pourquoi penser, en présence du voyageur qui vous demande l'hospitalité : "Et puis, si c'est un voleur et un meurtrier ?" Tenez-vous tant à vos richesses que vous fait trembler, pour elles, tout étranger qui se présente? Tenez-vous tant à votre vie que vous vous sentez frémir d 'horreur à la pensée de pouvoir en être privés ? Et quoi ? Vous pensez que Dieu ne peut pas vous défendre des voleurs ? Et quoi ? Vous craignez dans le passant un voleur et vous n'avez pas peur de l'hôte ténébreux qui vous dérobe ce qui est irremplaçable ?

Combien logent le démon dans leurs cœurs !
Je pourrais dire : tous logent le péché capital, et pourtant personne ne tremble à cause de lui.
N'y a-t-il donc de précieux que le bien de la richesse et de l'existence ?

Et n'est-elle pas plus précieuse l'éternité que vous vous laissez dérober et tuer par le péché ?


Pauvres, pauvres âmes, dépouillées de leur trésor, tombées aux mains des assassins, comme si c'était une chose insignifiante, alors qu'ils barricadent les maisons, mettent des verrous, des chiens, des coffres-forts pour défendre des choses qu'ils n'emportent pas avec eux dans l'autre vie !

Pourquoi vouloir voir dans tout voyageur un voleur ? Nous sommes frères. La maison s'ouvre aux frères de passage. Le voyageur n'est pas de notre sang ? Oh ! si ! Il est du sang d'Adam et Eve. Il n'est pas notre frère ? Et comment non ?! Il n'y a qu'un seul Père : Dieu qui nous a donné une même âme, comme un père donne un même sang aux enfants d'un même lit.


Il est pauvre ? Faites en sorte que ne soit pas plus pauvre que lui votre esprit, privé de l'amitié du Seigneur.

Son vêtement est déchiré ? Faites en sorte que votre âme ne soit pas davantage déchirée par le péché.

Ses pieds sont boueux ou poussiéreux ? Faites que, plus que sa sandale souillée par tant de chemin, usée par un long voyage, votre moi ne soit pas abîmé par les vices.

Son aspect est désagréable ? Faites que le vôtre ne le soit pas davantage aux yeux de Dieu.

Il parle une langue étrangère ? Faites en sorte que le langage de votre coeur ne soit pas incompréhensible dans la Cité de Dieu.


Voyez dans le voyageur un frère. Nous sommes tous des voyageurs en route pour le Ciel et tous nous frappons aux portes qui sont le long de la route qui va au Ciel.

Les portes sont les patriarches et les justes, les anges et les archanges, auxquels nous nous recommandons pour avoir aide et protection pour arriver au but, sans tomber épuisés dans l'obscurité de la nuit, dans la rigueur du froid, proie des pièges des loups et des chacals des passions mauvaises et des démons.

Comme nous voulons que les anges et les saints nous ouvrent leur amour pour nous abriter et nous redonner des forces pour continuer la route, agissons de même nous pour les voyageurs de la terre.

Et chaque fois que nous ouvrirons notre maison et nos bras
en saluant du doux nom de frère un inconnu, en pensant à Dieu qui le connaît,
je vous dis que vous aurez parcouru plusieurs milles sur le chemin
qui va aux Cieux.
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Visiter les malades.

Message  Invité le Mar 31 Jan 2012 - 5:12

Visiter les malades.

Oh ! en vérité, comme les hommes sont des voyageurs, ils sont tous malades.

Et les maladies les plus graves sont celles de l'esprit, les maladies invisibles et les plus mortelles. Et pourtant elles ne provoquent pas le dégoût. La plaie morale n'inspire pas de répugnance. La puanteur du vice ne donne-pas la nausée. La folie démoniaque ne fait pas peur. La gangrène d'un lépreux spirituel ne repousse pas. Le tombeau rempli d'ordure d'un homme dont l'âme est morte et putréfiée ne fait pas fuir. Ce n'est pas un anathème de s'approcher de l'une de ces impuretés.

Pauvre, étroite pensée de l'homme ! Mais dites : est-ce l'esprit qui a le plus de valeur ou bien la chair et le sang ? Ce qui est matériel a-t-il le pouvoir de corrompre ce qui est incorporel, par l'effet du voisinage ? Non. Je vous dis que non. L'esprit a une valeur infinie en comparaison de la chair et du sang, cela, oui; mais la chair n'a pas un pouvoir supérieur à celui de l'esprit. Et l'esprit peut être corrompu non par des choses matérielles, mais par des choses spirituelles.

Même si quelqu'un soigne un lépreux, son esprit ne devient pas lépreux, mais au contraire, à cause de la charité qu'il pratique héroïquement jusqu'à s'isoler dans des vallées de mort, par pitié pour le frère, toute tache de péché tombe de lui. Car la charité est absolution du péché et la première des purifications.

Partez toujours de la pensée : "Que voudrais-je qu'on me fasse, si j'étais comme celui-ci ?" Et faites comme vous voudriez qu'on vous fasse. Maintenant encore, Israël a ses anciennes lois.

Mais un jour viendra, et son aurore n'est plus très lointaine, où on vénérera comme un symbole d'absolue beauté, l'image de Quelqu'un en qui sera reproduit matériellement l'Homme des douleurs d'Isaïe et le Torturé du psaume de David, Celui qui, pour s'être rendu semblable à un lépreux, deviendra le Rédempteur du genre humain et vers ses plaies accourront, comme des cerfs vers les sources, tous ceux qui ont soif, qui sont malades, épuisés, tous ceux qui pleurent sur la terre, et Il les désaltérera, les guérira, les restaurera, les consolera en leur esprit et en leur chair, et les meilleurs aspireront à devenir semblables à Lui, couverts de blessures, exsangues, frappés, couronnés d'épines, crucifiés, par amour des hommes qu'il faut racheter, continuant l'oeuvre de Celui qui est le Roi des rois et le Rédempteur du monde.

Vous qui êtes encore d'Israël, mais qui déjà dressez vos ailes pour voler vers le Royaume des Cieux, commencez dès maintenant à concevoir cette valeur nouvelle des infirmités et, en bénissant Dieu qui vous garde en bonne santé, penchez-vous sur ceux qui souffrent et qui meurent. Un de mes apôtres a dit un jour à un de ses frères :

"Ne crains pas de toucher les lépreux.
Par la volonté de Dieu aucun mal ne s'attachera à nous".

Il a bien parlé.
Dieu protège ses serviteurs.
Mais même si vous étiez contaminés en soignant les malades,
vous seriez portés dans l'autre vie sur la liste des martyrs de l'amour.

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Visiter les prisonniers.

Message  Invité le Mar 31 Jan 2012 - 7:09

Visiter les prisonniers.

Croyez-vous que dans les galères il n'y ait que des criminels ? La justice humaine est aveugle d'un oeil, et l'autre a des troubles visuels. Elle voit des chameaux où il y a des nuages et prend un serpent pour un rameau fleuri. Elle juge mal. Plus mal encore parce que celui qui préside crée volontairement des nuages de fumée pour qu'elle voie encore plus mal.

Mais même si tous les prisonniers
étaient des voleurs et des meurtriers,
il n'est pas juste de nous rendre voleurs et homicides en leur enlevant
par notre mépris l'espoir du pardon.

Pauvres prisonniers ! Ils n'osent pas lever vers Dieu leurs yeux accablés comme ils le sont par leurs fautes.

Les chaînes, en vérité, lient davantage leurs esprits que leurs pieds. Mais malheur s'ils désespèrent de Dieu ! Au crime envers le prochain, ils ajoutent celui de désespérer du pardon. La galère est expiation comme l'est la mort sur le gibet.

Mais il ne suffit pas de payer ce qui est dû à la société humaine pour le crime accompli. Il faut payer aussi et surtout la part qui doit être payée à Dieu pour expier, pour avoir la vie éternelle. Et celui qui est révolté et désespéré n'expie qu'à l'égard de la société humaine.

Qu'au condamné ou au prisonnier aille l'amour des frères. Ce sera une lumière dans les ténèbres, ce sera une voix, ce sera une main qui montre les hauteurs alors que la voix dit :

"Que mon amour te dise que Dieu aussi t'aime.
C'est Lui qui m'a mis au coeur cet amour pour toi, frère infortuné"

...et la lumière permet d'entrevoir Dieu, Père plein de pitié.

Que votre charité aille avec plus de raison
consoler les martyrs de l'injustice humaine.

Ceux qui ne sont pas du tout coupables ou ceux qu'une force cruelle a amenés à tuer. Ne jugez pas vous aussi là où un jugement a été porté.

Vous, vous ne savez pas pourquoi un homme peut tuer. Vous ne savez pas que bien des fois, ce n'est qu'un mort celui qui tue, un automate privé de raison parce que, sans verser le sang, un assassin lui a enlevé la raison par la lâcheté d'une trahison cruelle. Dieu sait. Cela suffit.

Dans l'autre vie on verra au Ciel beaucoup de galériens, beaucoup qui auront tué et volé, et on en verra en Enfer beaucoup qui sembleront avoir été volés ou tués parce qu'en réalité ils auront été les vrais voleurs de la paix d'autrui, de l'honnêteté, de la confiance, les véritables assassins d'un cœur : les pseudo-victimes.

Victimes, parce qu'ils ont été à la fin frappés, mais après que, pendant des années, ils ont eux-mêmes silencieusement frappé.

L'homicide et le vol sont des péchés, mais entre celui qui tue et vole parce qu'il y a été amené par d'autres et puis s'en repent, et celui qui en porte d'autres au péché et ne se repent pas, sera davantage puni celui qui amène au péché sans en éprouver de remords.

Par conséquent, sans jamais juger, soyez pleins de pitié pour les prisonniers. Pensez toujours que si tous les homicides et les vols devaient se trouver punis, il y aurait peu d'hommes et peu de femmes qui ne mourraient pas aux galères ou sur un gibet.

Ces mères qui conçoivent et qui ne veulent pas amener leur fruit à la lumière,
comment les appellera-t-on ?
Oh ! ne faisons pas de jeux de mots !
Disons-leur sincèrement leur nom : "Assassins".

Ces hommes qui volent des réputations et des places, quel nom leur donnera-t-on ? Mais simplement ce qu'ils sont : "Voleurs".

Ces hommes et ces femmes qui sont adultères ou qui, tourmentant leurs conjoints, les poussent à l 'homicide ou au suicide et semblablement ceux qui, étant les grands de la terre, portent au désespoir leurs sujets et par le désespoir à la violence, quel est leur nom ? Le voilà : "Homicides".

Eh bien ? Personne ne fuit ? Vous voyez bien que parmi ces galériens, échappés à la justice, qui remplissent maisons et villes et nous frôlent sur les routes, et dorment avec nous dans les auberges, et partagent les repas avec nous, on vit sans y penser.

Eh bien, qui est sans péché ? Si le doigt de Dieu écrivait sur les murs de la pièce où banquettent les pensées de l'homme : sur le front, les paroles accusatrices de ce que vous avez été, êtes ou serez, peu de fronts porteraient en lettres de lumière, la parole : "Innocent".

Les autres fronts, en caractères verts comme l'envie, ou noirs comme la trahison, ou rouges comme le crime, porteraient les mots : "Adultères" "Assassins" "Voleurs" "Homicides".

Soyez donc, sans orgueil,
miséricordieux pour vos frères moins heureux humainement
qui sont aux galères, expiant ce que vous n'expiez pas
pour la même faute.
Cela profitera à votre humilité.


( à suivre)
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Ensevelir les morts.

Message  Invité le Mar 31 Jan 2012 - 12:41

Ensevelir les morts.

La contemplation de la mort est une école de la vie.
Je voudrais pouvoir vous amener tous en face de la mort et vous dire :

"Sachez vivre en saints pour n'avoir que cette mort :
séparation temporaire du corps et de l'esprit
pour ressusciter ensuite triomphalement pour l'éternité,
réunis, bienheureux".

Tous, nous naissons nus. Tous nous mourons en devenant des dépouilles vouées à la décomposition. Rois ou gueux, on meurt comme on vient au monde.

Et si le luxe des rois permet une plus longue conservation des cadavres, la décomposition est toujours le sort de ce qui est la chair morte.
Les momies elles-mêmes, que sont-elles ? De la chair ? Non. Une matière fossilisée par les résines, lignifiée. Pas la proie des vers parce qu'elle est vidée et brûlée par des essences, mais proie des vers rongeurs comme le vieux bois.


Mais la poussière redevient poussière, comme Dieu l'a dit.
Et pourtant, uniquement parce que cette poussière a enveloppé l'esprit et en a été vivifiée, voici que comme une chose qui a touché une gloire de Dieu -telle est l'âme de l'homme- il faut penser que c'est une poussière sanctifiée d'une manière qui ne diffère pas des objets qui ont touché le Tabernacle.

Il y a eu un moment, au moins, où l'âme a été parfaite : pendant que Dieu la créait.
Et si ensuite la Tache l'a souillée, en lui enlevant sa perfection, par sa seule Origine elle communique de la beauté à la matière et, à cause de cette beauté qui vient de Dieu le corps s'embellit et mérite le respect.
Nous sommes des temples, et comme tels nous méritons l'honneur comme ont toujours été honorés les endroits où avait séjourné le Tabernacle.

Faites donc aux morts la charité d'un repos honoré dans l'attente de la résurrection, en voyant dans les admirables harmonies du corps humain l'esprit et la main de Dieu qui l'a pensé et modelé avec perfection, en vénérant même dans sa dépouille l'oeuvre du Seigneur.
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Mais l'homme n'est pas seulement chair et sang.

Message  Invité le Mar 31 Jan 2012 - 14:34

Mais l'homme n'est pas seulement chair et sang.

Il est aussi âme et pensée. Celles-ci souffrent aussi et il faut miséricordieusement subvenir à leurs besoins.

Il y a des ignorants qui font le mal parce qu'ils ne connaissent pas le bien. Combien ne connaissent pas ou connaissent mal les choses de Dieu et même les lois morales ! Ils languissent comme des affamés parce qu'il n'y a personne pour leur donner la nourriture et ils tombent en langueur par manque de vérités qui les nourrissent.

Allez les instruire car c'est pour cela que je vous rassemble et vous envoie.

Donnez le pain de l'esprit à la faim des esprits.

Instruire les ignorants correspond, dans l'ordre spirituel, à rassasier les affamés, et si on donne une récompense pour un pain donné au corps qui languit pour qu'il ne meure pas ce jour-là, quelle récompense sera donnée à celui qui rassasie un esprit des vérités éternelles, en lui donnant la vie éternelle ?

Ne soyez pas avares de ce que vous savez.
Cela vous a été donné gratuitement et sans mesure.
Donnez-le sans avarice car c'est chose de Dieu
comme l'eau du ciel, et il faut la donner comme elle a été donnée.

Ne soyez pas avares et orgueilleux des choses que vous savez, mais donnez avec une humble générosité.

Et donnez le rafraîchissement limpide et bienfaisant de la prière aux vivants et aux morts qui ont soif de grâces. On ne doit pas refuser l'eau aux gosiers desséchés. Que faut-il donner alors aux coeurs des vivants angoissés et aux esprits souffrants des morts ? Des prières, des prières, fécondes parce qu'elles sont inspirées par l'amour et l'esprit de sacrifice.

La prière doit être vraie, non pas mécanique comme le bruit d'une roue sur le chemin. Est-ce le bruit ou la roue qui fait avancer le char ? C'est la roue qui s'emploie à faire avancer le char. Il en est de même de la prière vocale et mécanique et de la prière active.

La première : du bruit, rien de plus.
La seconde : un travail où les forces s'usent et où s'accroît la souffrance,
mais on arrive au but.

Priez davantage par vos sacrifices que par vos lèvres et vous donnerez le repos aux vivants et aux morts en faisant la seconde oeuvre de miséricorde spirituelle. Le monde sera davantage sauvé par les prières de ceux qui savent prier, que par les batailles bruyantes, inutiles, meurtrières.

Beaucoup de personnes dans le monde savent. Mais ne savent pas croire avec fermeté. Comme si elles étaient prises entre deux camps opposés, elles hésitent, elles hésitent sans avancer d'un seul pas, et elles épuisent leurs forces sans arriver à rien.

Ce sont les hésitants. Les gens des "mais" des "si" des "et puis". Ceux qui demandent : "Après, il en sera ainsi ?" "Et si ce n'était pas ainsi?" "Et est-ce que je pourrai ?" "Et si je ne réussis pas ?" et ainsi de suite.
Ce sont les velléitaires qui, s'ils ne trouvent pas où s'accrocher, ne montent pas et, même s'ils trouvent, s'agrippent ici et là, et non seulement il faut les soutenir, mais les faire monter à chaque nouveau tournant de la journée.
Oh ! vraiment ils exercent la patience et la charité plus qu'un enfant retardé !

Mais, au nom du Seigneur, ne les abandonnez pas !
Donnez toute votre foi lumineuse, toute votre force ardente
à ces gens prisonniers d'eux-mêmes, de leur maladie brumeuse.
Conduisez-les vers le soleil et les hauteurs.

Soyez des maîtres et des pères pour ces hésitants,
sans vous lasser ni vous impatienter.

Ils vous font tomber les bras ?
Très bien. Vous aussi, tant de fois, vous me les faites tomber, à Moi, et encore plus au Père qui est dans les Cieux, qui doit souvent penser qu'il semble inutile que la Parole se soit faite Chair, puisque l'homme est encore hésitant, même maintenant qu'il entend parler le Verbe de Dieu.

Vous ne voudrez pas présumer d'être plus que Dieu et que Moi ! Ouvrez donc les prisons à ces prisonniers des "mais" et des "si". Délivrez-les des chaînes des "Pourrai-je ?" "Si je ne réussis pas ?". Persuadez-les qu'il suffit de tout faire de son mieux pour que Dieu soit content. Et si vous les voyez tomber de l'appui, ne les laissez pas, mais relevez-les une fois de plus.

Comme font les mères qui ne passent pas outre
si leur petit vient à tomber,
mais s'arrêtent, le relèvent, le nettoient, le consolent, le soutiennent
jusqu'à ce qu'il ne craigne plus une nouvelle chute.
Et elles agissent ainsi pendant des mois et des années
si l'enfant a des jambes faibles.
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