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Méditation avec Les saintes voies de la Croix du M. Henri-Marie Boudon

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Message  ami de la Miséricorde Ven 10 Fév 2023 - 17:20

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CHAPITRE VII

Qu'il faut porter sa croix avec toutes ses dimensions


Or, il faut entendre par la première dimension la croix, qui est la largeur, toutes les circonstances, effets et suites qui accompagnent, ou qui suivent les croix que nous portons.

C'est une grande pitié de voir des personnes qui s'imaginent vouloir bien porter la croix (si elles ont un peu de vertu, elles seraient honteuses de dire et de penser autrement) ; mais ce qu'elles voudraient bien, ce serait de ne pas porter telle et telle croix, à raison de ses circonstances ou de ses effets.

Elles ne se soucieraient pas, disent-elles, de la pauvreté ; mais la honte, les mépris, la dépendance qui en arrivent, c'est ce qui leur fait peine.

Elles souffriraient volontiers leurs maladies ; mais ce qui les afflige, c'est que cela les empêche d'aller à l'église, de faire les exercices communs de la communauté ; si c'est un prédicateur, un missionnaire, cela le prive du bien qu'il pourrait faire, cela est incommode aux autres personnes, cela est à charge, l'on devient inutile.

L'on serait content d'aller en un lieu, de changer de demeure, quoique la nature en souffre : mais ce qui tourmente, c'est qu'on ny aura pas plusieurs moyens que l'on avait autre part et qui semblent très utiles.

L'on serait ravi d'être crucifié, mais non pas de certaines sortes de tentations, ou de croix intérieures. L'on serait bien aise d'endurer des contradictions, mais de les souffrir de certaines personnes proches, ou qui nous sont très obligées, ou bien pour une faute que l'on na pas faite, c'est ce qui est sensible.

Or, toutes ces personnes ne voient pas que ces pensées sont suggérées par notre amour-propre, que pendant qu'il nous amuse de l'estime et de l'amour des croix que nous n'avons pas, il nous veut empêcher de porter chrétiennement celles qui nous sont données. Celles que nous avons sont les croix que Jésus-Christ veut que nous portions, et non pas celles que nous nous figurons.

Il faut donc porter sa croix avec sa première dimension, qui est la largeur, quelques circonstances qui y puissent être. Dieu ne le sait-il pas, et ne le voit-il pas bien ? Certainement c'était une chose bien fâcheuse au bienheureux Robert d'Artus d'Arbrisselles d'être noirci publiquement par des bruits qui le chargeaient des crimes infâmes propres aux hérétiques illuminés.

Il était fondateur d'ordre, et d'un ordre de filles aussi bien que d'hommes ; et ainsi il semblait qu'il avait besoin de sa réputation, et d'autant plus que cet ordre avait beaucoup de contradictions ; et nous voyons encore tous les jours des personnes qui ont peine à le goûter, quoique sans un véritable sujet.

Les crimes qu'on lui imputait regardaient la pureté, ce qui devait être bien sensible au fondateur qui gouvernait les filles ; c'était un peu auparavant sa mort, dans le temps où ordinairement la réputation doit être établie ou jamais.

Il souffrait particulièrement de Geoffroy, abbé de Vendôme, personnage très célèbre, qui lui écrivit une lettre dans laquelle il exhorte ce saint homme de se comporter plus discrètement avec les femmes, parce que, disait-il, il se montrait rude aux unes, jusqu'à les tourmenter de faim et de soif, etc., et était doux et affable aux autres, les fréquentant même la nuit.

Cependant ce grand serviteur de Dieu et de la très sainte Vierge, voyant bien que cette croix, pour honteuse qu'elle lui pût être, était sa croix, il la portait dans une grande paix, jusque-là qu'il ne fit aucune réponse à la lettre du célèbre abbé de Vendôme.

Source : livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde Sam 11 Fév 2023 - 16:42

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CHAPITRE VII

Qu'il faut porter sa croix avec toutes ses dimensions


Ses religieuses ne manquèrent pas de le soutenir glorieusement, disant qu'on lui imputait de faux crimes ; mais l'homme de Dieu abandonna sa défense à la divine Providence.

Au reste, tous les dévots de la sainte Vierge lui doivent beaucoup de reconnaissance, pour avoir établi un ordre dans l'Église, dont la fin principale est d'honorer la maternité de la sainte Mère de Dieu, qui est aussi la mère de tous les fidèles.

C'est pour ce sujet qu'il a voulu une dépendance singulière des religieux de ce saint ordre à l'égard des filles, pour imiter la dépendance du disciple bien-aimé, le glorieux saint Jean l'évangéliste, à l'égard de la Vierge des vierges.

Chose à la vérité qui est singulière à cet ordre, mais qui n'en est pas moins recommandable, et qui lui est si essentielle que (comme l'a dignement remarqué le feu P. de Condren de sainte mémoire, personnage qui avait des lumières angéliques et un amour de séraphin, n'aimant que Dieu seul), ce serait le détruire que de le changer, ayant été inspiré de Dieu pour honorer dans l'Église, d'un culte spécial, la maternité de la sainte Vierge, et la filiation adoptive de tous les fidèles en la personne de l'aimable saint Jean l'évangéliste, qui doit être le saint de la grande dévotion de tous les enfants de Marie.

Nous en avons fait un chapitre dans notre livre De l'esclavage de la Mère de Dieu.

De plus, il faut porter sa croix avec sa seconde dimension, qui est la longueur, c'est-à-dire sa durée, tant de temps qu'il plaira à Dieu tout bon de nous la faire porter.

Saint François d'Assise a toute sa vie été un homme de croix ; mais il souffrit durant deux années des peines extraordinaires d'esprit, qui lui causaient quelquefois un tel ennui dans la partie inférieure qu'il ne souffrait pas pour lors qu'aucun religieux lui parlât.

Saint Hugues, évêque de Grenoble et plusieurs autres saints, ont souffert des peines d'esprit jusqu'à la mort. Sainte Brigitte assure que le ciel lui a révélé que la très sainte Vierge eut la connaissance des tourments de son Fils bien-aimé, dès l'enfance de ce divin Sauveur.

Sainte Thérèse dit la même chose, déclarant l'avoir apprise de Notre-Seigneur par la révélation. Ainsi cette mère d'amour fut, depuis ce temps-là, une mère de douleur, qui lui a continué le reste de sa très sainte vie, par le souvenir du Calvaire.

Mais l'adorable Jésus a toujours été dans la souffrance l'espace de plus de trente-trois années, qui ont fait le cours de sa précieuse vie, et cela jour et nuit, en tout temps et en tout lieu.

C'est pourquoi le calice qu'il dit, en saint Matthieu, qu'il boira, il assure qu'il le boit en saint Marc. Après tout cela, selon le sentiment de quelques Pères, par ces paroles : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous délaissé (Matth. XXVII, 46) ? il témoignait qu'il n'était pas encore satisfait de ses peines, comme s'il eût voulu dire :

Pourquoi délaissez-vous ainsi mon corps aux faiblesses qui le conduisent à la mort ? Que ne le fortifiez-vous par miracle, afin qu'au lieu de trente-trois années que j'ai souffert, je puisse souffrir durant plusieurs siècles ? Il ne faut pas s'étonner ensuite si le glorieux saint François Xavier, qui disait à Dieu dans les consolations : En voilà assez, mon Seigneur ; lui disait-il dans les souffrances :

Encore plus, mon Dieu, encore plus ; si sainte Thérèse enseigne, en la 5e demeure du Château intérieur, que ce serait un repos, si les travaux que nous souffrons ne finissaient point jusqu'à la fin du monde, souffrant pour un Dieu si bon ; s'il se rencontre des personnes dans des croix terribles, à qui la seule pensée d'en être délivrées fait peur, qui se sentent saisies d'une certaine tristesse, quand elles pensent que Dieu tout bon pourra bien mettre fin à leurs travaux, et apporter quelque changement dans leurs affaires. J'ai connu des personnes à qui cela est arrivé plusieurs fois, et je sais que leur témoignage est véritable.

Source : livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde Dim 12 Fév 2023 - 17:07

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CHAPITRE VII

Qu'il faut porter sa croix avec toutes ses dimensions


II faut encore porter sa croix avec la troisième dimension, qui est la hauteur, c'est-à-dire la multitude de ses peines, qui arrivent les unes sur les autres ; en cela semblables aux eaux (et l'Écriture les y compare [Job XIV, 19]), que nous voyons grossir insensiblement, monter et s'élever par leur abondance, et puis ensuite se déborder.

Enfin, il faut porter sa croix avec la quatrième dimension, qui est la profondeur, c'est-à-dire la grandeur du tourment qu'elle fait souffrir, pénétrant dans le plus interne, et touchant jusqu'au vif.

Et nous devons en tous les états ne point détourner les yeux de dessus notre divin Maitre, dont la pleine connaissance lui appliquait, à chaque moment tout à la fois ce qu'il devait souffrir successivement par parties, et en différents lieux, qui ressentait d'une manière admirable tous les tourments des martyrs, les persécutions des fidèles, les travaux de l'Église, l'horreur du péché, et spécialement de tous ceux à qui sa précieuse mort serait inutile par leur faute, ne correspondant pas à son amour, l'abandon de son Père, dont il était traité comme s'il eût commis tous les péchés des hommes.

Oh ! Que ce spectacle donne de fortes inclinations pour la croix ! En vérité il y a des âmes qui en sont insatiables, dont la soif ne peut être apaisée, qu'on ne peut rassasier d'opprobres. Mais que faisons-nous, nous autres misérables pécheurs ?

Hélas ! l'on dit assez qu'il faut supporter la croix, et l'on fait tout ce que l'on peut pour ne pas la rencontrer, ou pour s'en défaire quand on l'a trouvée. Si l'on a à se vêtir, l'on veut un bon habit ; à se loger, une belle maison ; à se nourrir, des viandes délicates ; et l'on n'oublie rien pour avoir ses aises.

Si l'on voyage, l'on demande où est la bonne hôtellerie, et dans l'hôtellerie la bonne chambre, et dans la chambre le bon lit.

Dans les saisons de l'année, l'on ne cherche que le beau temps : enfin partout, si l'on y prend garde, l'on ne veut point de la croix.

Si Dieu tout bon en envoie que l'on puisse éviter, l'on s'occupe l'imagination dans le désir d'en être délivré, ou l'on se figure que d'autres nous seraient plus propres, souhaitant par un dérèglement extrême avoir ce que l'on n'a pas, et ce que Dieu par conséquent ne veut pas de nous ; et ne pas avoir ce que l'on a, et ce que Dieu demande.

Source : livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde Lun 13 Fév 2023 - 17:24

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CHAPITRE VIII

La parfaite croix en la personne de la séraphique sainte Thérèse


Il y a des croix commencées, il y en a qui sont beaucoup avancées, et il y en a de parfaites qui sont entièrement achevées, qui sont dans leur totale consommation, et à qui rien ne manque.

Comme ces dernières sont assez rares, par le défaut d'usage, par le peu de correspondance aux mouvements de la grâce et aux desseins de Dieu, par notre peu de vigueur et de courage, et surtout parce que nous ne savons pas assez estimer le don de Dieu, que nous lui en sommes ingrats, et ne nous appliquons pas à l'en remercier, l'en bénir, l'en aimer, souffrant avec actions de grâces et dans la croyance que nous en sommes entièrement indignes, ce qui est une vérité très assurée.

Nous avons pensé de proposer un exemple de l'une des plus belles croix et des plus achevées que Notre-Seigneur ait plantées dans son Église, pour nous donner du feu dans nos glaces, et nous animer généreusement à ne point mettre d'obstacle à la grâce divine, nous abandonnant sans réserve à toutes ses divines motions, afin qu'elle achève pleinement en nous les croix qu'elle y travaille par une Miséricorde spéciale de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de sa très-sainte Mère.

C'est la divine Thérèse dont nous venons de parler, pour dire seulement un mot dans ce petit abrégé de sa très douloureuse passion, qui est un accomplissement sacré, pour m'expliquer aux termes de l'Apôtre, des passions ou souffrances inconcevables de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Tout ce qui me fait peine à ce sujet, est d'être obligé à me restreindre dans une aussi vaste matière, selon le dessein de ce petit ouvrage.

La passion ou les croix de cette amazone chrétienne, ne sont avec justice que de très grands et très dignes sujets des plus gros et étendus volumes :

comment donc en pouvoir traiter dans l'espace d'un petit chapitre d'un ouvrage qui n'est qu'un abrégé très raccourci ?

C'est pourquoi j'avoue ingénument que ce n'est pas tant un portrait des souffrances de la sainte que je fais ici, comme c'en est un faible et léger crayon que j'en donne.

Adorons seulement, vous qui lisez ceci, et moi avec vous, Jésus souffrant dans les souffrances de sainte Thérèse ; honorons la passion de notre débonnaire Sauveur dans celle de sa généreuse servante.

Pensons aux douleurs de la sainte, pour nous élever à celles du Saint des saints. Faisons-en quelquefois le sujet de nos entretiens et de nos communions, faisons célébrer la sainte messe en actions de grâces du grand usage que cette âme séraphique en a fait, afin d'obtenir par ses puissantes intercessions la grâce de l'imiter en sa fidélité.

Source : livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde Mar 14 Fév 2023 - 19:29

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CHAPITRE VIII

La parfaite croix en la personne de la séraphique sainte Thérèse


Allons voir ensuite, ô mon âme, ce prodige de grâces qui a paru à toute l'Église, en nos derniers siècles. Ô Dieu, quel spectacle se présente à nos yeux ! Mon âme, le peu de vue que nous en avons, et hélas !

ce n'est rien, nous découvre l'une des plus belles et des plus achevées croix qui aient jamais paru. Nous avons dit que nous n'en dirions qu'un mot ; en un mot donc je vois le ciel, la terre, lenfer, Dieu, la très sainte Vierge, les anges, les saints, les bonnes et méchantes personnes d'ici-bas, et les démons mêmes conspirer tous unanimement, quoique avec des fins différentes, à bâtir cette croix.

Jamais y a-t-il eu d'ouvrage travaillé avec une plus grande, plus savante ou plus expérimentée multitude douvriers ?

La manière dont on compose cette croix vivante renferme son corps et toutes ses parties, ses sens extérieurs, son âme et ses puissances ; ce qui la touche dans le bien naturel, temporel et moral : soit que vous y regardiez l'utile ou l'agréable, soit que vous y considérez l'honorable ; ce qui la touche dans le bien spirituel et surnaturel ; peut-on se figurer une plus vaste et plus riche matière de croix ?

Si toutes les peines, selon le témoignage de cette sainte, sont autant de pierres précieuses, peut-on rien voir de plus précieux et plus brillant ?

Il faut que toutes les plus fortes vues des créatures mortelles d'ici-bas se ferment à tant de divines lumières, il n'y a pas moyen d'en supporter l'éclat. Mais, mon âme, ne vois-tu point que cette femme forte, et dont l'on aurait de la peine à trouver le prix, quand on la chercherait jusqu'au bout du monde, travaille elle-même à se faire d'elle-même une croix ?

Voilà ce qui la rend parfaite ; Dieu veut qu'avec tout le reste de ses créatures, et même avec sa divine main, nous y mettions la nôtre ; sans cela l'ouvrage ne s'achève point.

Le corps de la sainte n'est qu'une pure croix. Apprenons-en la vérité de sa bouche : elle assure qu'elle était pleine de douleurs depuis les pieds jusqu'à la tête. Hélas !

voilà bien de quoi être crucifiée, quand elles seraient légères, à raison de leur multitude ; mais elle déclare qu'elles étaient si aigues, que l'on pensait que ce fut une rage ; et de vrai elles l'empêchaient de prendre aucun repos, ni le jour, ni la nuit même, qui est destinée pour quelques soulagements. Elle fut si desséchée et brulée, que ses nerfs commencèrent à se retirer.

Il lui semblait que ses os étaient hors des jointures : cela allait quelquefois jusqu'à la priver de sentiment, ce qui lui est arrivé une fois durant quatre jours.

Elle fut même jugée morte, et mise en état d'être enterrée, les cierges brûlant à l'entour de son corps, dont les yeux se trouvèrent fermés par la cire qui tombait dessus. D'autres fois elle était comme une personne qu'on étrangle, l'on ne pouvait plus la toucher. Mais peut-être que ces peines corporelles ne lui ont pas duré longtemps. Elle a été trois ans percluse. Durant vingt ans elle a eu des vomissements.

Source : livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde Mer 15 Fév 2023 - 17:22

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CHAPITRE VIII

La parfaite croix en la personne de la séraphique sainte Thérèse

Elle dit, dans la 6e demeure du Château intérieur, parlant d'elle, qu'elle connaît une personne qui ne peut pas dire avoir passé un jour sans douleur, et qu'elle en a de toutes les sortes. Remarquez bien ceci, et qu'elle en a de toutes les sortes.

De plus, il faut savoir que ce n'est pas une imagination qui se flatte dans la grandeur de ses peines, puisque, selon le sentiment des médecins rapporté au chapitre 32 de sa Vie, elle a enduré des douleurs des plus terribles qui se puissent souffrir en ce monde.

Après tout, cette incomparable sainte, très véritable en ses paroles, et très éloignée de toute complaisance, qui avait un courage invincible, et qui surpassait son sexe, assure que Dieu seul sait les maux qu'elle a soufferts en son corps ; elle rend ce témoignage à la vérité dans les premiers chapitres de sa Vie, où elle rapporte encore tout ce que nous avons dit ici, quand nous n'avons point cité le lien où elle le dit.

N'est-il donc pas bien vrai que son corps virginal était une pure croix ? Croix dont la grandeur et le prix ne peuvent être connus des hommes, puisque, comme elle le déclare, il n'y a que Dieu seul qui en sait les maux et les peines.

Si la sainte était une croix en son corps, elle l'était encore d'une manière bien plus parfaite en son esprit. L'esprit ne surpasse pas tant en noblesse le corps, comme les croix intérieures et spirituelles surpassent en excellence les croix corporelles et extérieures.

Ayant été conduite par le Saint-Esprit dans le désert intérieur, elle y passa une bonne partie de sa vie, sans y recevoir de ces rosées du ciel, qui ne laissent pas de tomber pour les autres, de temps en temps, dans ces affreuses solitudes.

Pour elle, elles ne lui étaient que comme ces montagnes de Gelboé, où la pluie ne tombe point ; ou comme cette terre du Psalmiste, qui est sans eau et sans chemin.

Elle ressentait une profonde tristesse, et ne savait que devenir parmi tous ces maux intérieurs. Elle ne recevait que des plaies du ciel, en même temps que la terre la faisait souffrir de toutes parts.

Elle était toute crucifiée en son corps, elle était toute crucifiée en son esprit. Mais si vous me demandez ce que c'est que ces croix, la sainte vous répondra d'elle-même dans l'histoire de sa vie, qu'il n'y a que Dieu seul qui sache les maux qu'elle a soufferts extérieurement, comme nous l'avons déjà dit ; à bien plus forte raison donc les maux intérieurs ne seront pas connus des créatures : aussi dit-elle, en la 6e demeure du Château intérieur, que ce sont des angoisses qu'on ne peut nommer.

Si pourtant vous la pressez au moins de nous en rapporter quelque chose de ce qu'elle ne peut dire, elle qui y était si savante, elle assure dans le même lieu que nous venons de citer, que ce sont des peines qu'elle ne sait à quoi comparer, qu'à celles des enfers. Hélas ! c'en est beaucoup dire en peu de paroles ; et cependant nous conjecturons ce que ce peut être, quand avec tout cela elle déclare qu'on ne les peut nommer.

Source : livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde Jeu 16 Fév 2023 - 16:15

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CHAPITRE VIII

La parfaite croix en la personne de la séraphique sainte Thérèse


Mais, me direz-vous, ces grâces extraordinaires que le ciel lui faisait la consolaient beaucoup au milieu de ses souffrances, aussi bien que tant d'approbations de notre bon Sauveur, de sa sainte Mère et des anges et des saints. Il est vrai que cela était bien capable de la consoler : mais parmi des peines horribles qu'elle portait, comme celle qui lui arriva le jour de l'établissement de sa première maison, on lui ôtait la liberté de réfléchir sur ses lumières, sur les apparitions et sur tous les ordres que Notre-Seigneur lui avait donnés.

D'ailleurs ses grâces lui paraissaient un songe, une imagination ; il lui venait mille doutes des plus grands, elle pensait être trompée ; et dans cette vue, hélas ! ses grâces, au lieu de la soulager, lui étaient un sujet d'une extrême douleur. Il lui venait en esprit qu'il suffisait bien qu'elle fût déçue, sans encore tromper les autres.
Que fera donc cette incomparable sainte au milieu de toutes ces angoisses ? Si elle cherche un secours, Dieu, dit-elle au chapitre 20 de sa Vie, ne permet pas qu'elle en trouve.

Étrange croix, dont les tourments, selon la sainte, sont intolérables, et avec cette extrémité de peines laissent l'âme sans secours ni soulagement. Si l'on veut rentrer en soi-même pour y rencontrer quelque remède, on a les yeux bandés (c'est la sainte qui parle) ; on ôte à l'âme le pouvoir de penser à aucune bonne chose, et le désir d'aucun acte de vertu.

La foi est pour lors comme amortie, et toutes les autres vertus. Elle croit n'aimer pas Dieu. Il semble que jamais l'on ne s'est souvenu de Dieu. L'entendement demeure quelquefois si obscurci, que l'on est comme sans lumière et sans raison, et il ne vient en l'esprit que ce qui peut contrarier. Si l'on veut s'appliquer à l'oraison, c'est encore augmenter sa croix et redoubler ses peines.

La sainte tâchait de faire de bonnes oeuvres extérieures, et elle dit que cela lui servait peu. Si elle se retirait en solitude, elle y était tourmentée ; si elle conversait avec quelques personnes, elle y endurait beaucoup : la conversation est pour lors insupportable ; il semble qu'on aurait le courage de manger tout le monde.

Si elle s'appliquait à la lecture, elle lui était inutile. Quand elle parlait de son état à ses confesseurs, souvent ils la criaient et grondaient beaucoup, quelques résolutions qu'ils eussent prises du contraire ; dans plusieurs occasions, toutes les assurances qu'ils lui donnaient ne lui faisaient aucune impression de consolation, quoiquelle s'assujettît à leurs ordres ; il lui paraissait qu'elle ne s'expliquait pas bien, qu'elle ne se faisait pas entendre, ou bien qu'elle les trompait.

Mais au moins Dieu lui restait, il est vrai ; mais elle pensait en être réprouvée, elle le regardait comme contraire et opposé, et croyait n'avoir plus d'accès auprès de sa divine majesté. Vers les grandes fêtes, ses tourments redoublaient.

Elle était privée de toute consolation du côté du ciel et de la terre. Elle était insensible au bien comme une bête. Elle était crucifiée au corps, à l'esprit, en elle-même, par ses pensées, par sa mémoire, son imagination, par l'oraison, par les vertus, par les bonnes oeuvres, par la lecture, par la solitude, par la conversation, par toutes les créatures ; les choses créées lui étaient comme aux damnés pour ce qui regarde la peine.

Enfin elle était crucifiée par Dieu même. Tout ceci est tiré particulièrement du chapitre 50 de sa Vie, et de la 6e demeure du Château intérieur, quoiqu'elle en parle encore en plusieurs autres lieux.

Source : livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde Ven 17 Fév 2023 - 16:37

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CHAPITRE VIII

La parfaite croix en la personne de la séraphique sainte Thérèse


Après cela, il faut encore remarquer que les contradictions des hommes ont grandement servi à travailler et embellir une si précieuse croix.

Elle s'est vue sur les bras presque de toutes sortes de personnes de toutes conditions et états. Les nobles lui ont résisté, les magistrats lui ont été fortement opposés, les officiers du roi, le gouverneur de la ville où elle établissait sou premier monastère ont agi puissamment contre elle.

Dans plusieurs assemblées de ville où tous les corps étaient appelés, l'on a conclu à la destruction de ses plus saints desseins.

Ce qui est encore de bien fâcheux, toute une populace qui n'a point d'autre raison que ses caprices, et qui s'emporte ordinairement dans toutes sortes d'excès, était mutinée contre la sainte, criait contre elle, lui disait des paroles injurieuses et en voulait venir aux mains pour renverser de force sa pauvre maison, avec le gouverneur, qui menaçait d'en rompre la porte, d'en chasser quatre pauvres orphelines, qui ont été les premiers et dignes sujets de la réforme du Carmel.

Ce n'est pas tout ; cela serait peu, si elle n'avait souffert des ecclésiastiques, des religieux, des prélats, de ses propres surs, de ses supérieurs, de son général, de ses amis, de ses confesseurs, de ceux qui d'autre part tâchaient de la soutenir.

Elle a souffert des princes de siècle, disent les leçons du jour de sa fête ; mais elle a beaucoup enduré des princes et des prélats de l'Église. Avec toute la modestie elle écrit franchement, parlant de l'un de ces prélats, qu'il semble que Dieu l'avait suscité pour exercer sa patience.

Son général, qui lui avait dit de faire autant de fondations qu'elle avait de cheveux à la tête, se trouva tout changé et lui donna un couvent pour prison, lui défendant de ne plus se mêler de rien et la rendant, de cette sorte, ce semblait, inutile.

Les religieuses du monastère où elle était quand elle commença à vouloir établir sa réforme criaient qu'elle leur faisait affront et parlaient de la mettre en prison.

Ses confesseurs, comme il a été dit, la grondaient d'une manière fâcheuse, l'improuvaient, trouvaient à redire à son peu d'avancement, selon leurs pensées, lui disaient que ses grâces étaient des illusions, et qu'elle était trompée du démon ; ils lui écrivaient des lettres insupportables :

on ne manquait pas de leur donner avis qu'ils se donnassent de garde d'elle, et l'affaire en vint à un tel point qu'elle ne faisait que pleurer, dans la crainte qu'elle avait de ne point trouver de confesseur qui la voulût confesser. Hélas ! s'écrie-t-elle si l'on prétend quelquefois recevoir de la consolation d'un confesseur, il semble que tous les démons sont de son conseil pour l'induire à me tourmenter.

Il y a plus ; elle souffrait même de ses directeurs qui la soutenaient plus courageusement, comme du saint homme le P. Balthazar Alvarez. La raison est que ce lui était une peine extrême d'apprendre les persécutions qu'on leur faisait à son sujet. On blâmait étrangement leur conduite, en même temps que la sienne était improuvée. Ajoutons ici que ses amis n'ont pas peu contribué à la crucifier.

Source : livres-mystiques.com

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Méditation avec Les saintes voies de la Croix du M. Henri-Marie Boudon - Page 11 Empty Re: Méditation avec Les saintes voies de la Croix du M. Henri-Marie Boudon

Message  ami de la Miséricorde Dim 19 Fév 2023 - 16:39

Méditation avec Les saintes voies de la Croix du M. Henri-Marie Boudon - Page 11 Voies

CHAPITRE VIII

La parfaite croix en la personne de la séraphique sainte Thérèse


Les uns interprétaient ses actions d'une manière qui ne lui était point avantageuse ; les autres croyaient qu'elle manquait d'humilité ; ceux-ci trouvaient à redire à sa conduite, et les autres la taxaient d'opiniâtreté, en ce qu'elle ne suivait point leur avis.

L'histoire de l'ordre rapporte que ses amis communs s'assemblèrent, et qu'ils prirent la résolution de la faire conjurer comme une possédée.

Quelquefois ils ne savaient où ils en étaient, à raison de quantités d'avis qu'on leur donnait de se donner de garde delle et de bien veiller sur eux à son occasion.

Mais ce lui fut un grand tourment de les avoir sur les bras à la fondation du premier monastère. Après qu'il se fut passé beaucoup de temps dans les disputes, tintamarres, travaux et procès au sujet de cet établissement, le gouverneur et la ville promirent de s'apaiser, et témoignèrent qu'ils seraient contents pourvu que le monastère fût renté.

Ses amis, après en avoir délibéré, estimèrent, qu'il fallait contenter le gouverneur et la ville ; qu'il n'était pas à propos de continuer le trouble et de risquer même une fondation d'une telle conséquence pour une chose qui ne détruisait pas la perfection de l'observance que l'on avait dessein d'y établir.

L'histoire dit que tous ses amis furent de ce sentiment. Cependant, pour le fortifier davantage, l'on proposa de consulter des docteurs, et les docteurs furent du même avis que tous ses amis. Représentez-vous l'extrémité où était réduite en cet état cette grande sainte :

elle ne pouvait se résoudre à prendre des rentes ; mais c'était une pensée opposée à celle des docteurs et de ses amis.

Cependant, comme elle demeurait dans ses sentiments, c'était pour passer pour opiniâtre, pour n'agir que par sa tête, pour n'avoir point de soumission et pour donner lieu de croire qu'elle était trompée et qu'elle n'avait point de véritable vertu.

Il est vrai qu'elle avait l'avis du saint homme le P. Pierre d'Alcantara, qui lui avait mandé qu'en matière de perfection les docteurs n'étaient pas les gens à qui il fallait s'adresser, et qu'il fallait savoir par expérience ce que c'est que pauvreté pour en parler dignement.

C'est ce que la sainte a écrit, qu'en matière de foi, et pour savoir si les actions sont conformes à la raison, il faut consulter les doctes, et qu'elle n'en avait jamais été trompée ; mais, pour le reste, qu'ils ne se doivent pas mêler de ce qu'ils ne savent point.

Nous avons rapporté au long les témoignages de la sainte dans notre livre Du règne de Dieu en l'oraison mentale, dans les chapitres où nous avons traité des directeurs et de la direction.

Cette âme séraphique n'agissait donc pas par sa propre lumière : mais cela lui servait de peu pour sa défense, les docteurs et ses amis étant d'un sentiment opposé à celui du bienheureux Pierre d'Alcantara.

Source : livres-mystiques.com

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Message  ami de la Miséricorde Lun 20 Fév 2023 - 16:12

Méditation avec Les saintes voies de la Croix du M. Henri-Marie Boudon - Page 11 Voies

CHAPITRE VIII

La parfaite croix en la personne de la séraphique sainte Thérèse


Voilà donc notre sainte dans une contradiction terrible de toutes sortes de personnes, et, ce qui est plus fâcheux, dans la persécution des bons aussi bien que des méchants. Voyons un peu quelque chose de ce qu'elle souffre dans ces oppositions. Si la médisance est une des plus grandes persécutions, il faut dire que la sienne est bien grande, puisque non-seulement l'on parlait mal d'elle, mais que l'on en disait toute sorte de mal.

Voici ce qu'en écrit le pieux évêque de Tarassone en sa Vie : Les choses que l'on déposa contre la sainte mère et les religieux et religieuses de son ordre, et celles qu'on leur imposa, furent en si grand nombre, qu'on n'épargne aucune action infâme dont on peut tacher la réputation d'une vile femmelette, de laquelle celle de la sainte fut noircie et injurieusement souillée, puisque en ce qui concerne l'honnêteté, on dit d'elle le dernier des opprobres qu'on puisse reprocher à une coureuse, à une femme destituée de la crainte de Dieu. Dieu permit même que, dans un de ses voyages, elle fût maltraitée par une dame qui crut qu'elle lui avait dérobé un de ses patins, et qui, de l'autre, lui donna quantité de coups sur la tête, où elle souffrait de grandes douleurs, lui disant cent choses injurieuses pour rendre ses médisances publiques.

L'on composa plusieurs mémoires et libelles diffamatoires, et l'on tâcha de faire une voix commune de tous ces mensonges. Sa réputation était de la sorte perdue, non-seulement dans les coins secrets de la ville, mais encore dans les places publiques, voire même dans les cloitres et en sa présence.

L'on en disait mille maux de tous côtés. Dans une assemblée de la ville de Médine, un religieux, qui était en grande estime, en parla fort mal, et la compara à une créature remplie de l'esprit de mensonge, qui avait fait grand bruit dans toute l'Espagne.

Dans la fondation de Tolède, les femmes voisines lui contaient mille injures, et l'on venait quelquefois jusqu'à la grille pour l'accabler de reproches sanglants.

Que fera cette incomparable sainte an milieu de toutes ces tempêtes ? Si elle parle avec franchise, l'on crie à la superbe ; on assure que sa vertu est imaginaire puisqu'elle manque d'humilité. Si elle répond de son état, on dit qu'elle veut faire la spirituelle et enseigner les autres.

Quand elle disait quelque chose par mégarde, et sans y faire attention, les serviteurs de Dieu la prenaient d'un autre biais, et entrevoyaient des conséquences. Il ne se peut dire les discours, les risées, les blâmes d'extravagances dont elle fut accablée.

Lorsqu'elle proposa sa réforme, les religieuses où elle était criaient qu'elle leur faisait tort, et qu'il fallait la mettre en prison. Mais voici une étrange épreuve ; c'est celle qu'elle souffrit de la part de son général. Comme il était fort saint, on ne pouvait le soupçonner de n'être pas très bien intentionné ; comme il était d'une grande expérience et d'une haute sagesse, il eût été inutile de dire qu'il n'agissait pas avec tant de prudence ; comme il l'aimait beaucoup, il était facile de se persuader qu'il ne lui était en rien opposé ; comme il s'était servi avec confiance d'elle, on jugeait qu'il fallait qu'il eût de grandes raisons pour être ainsi changé à son égard ; comme il avait fait faire quantité d'informations à son sujet, qui lui furent données dans un chapitre général des Carmes mitigés, et qu'il avait pris avis des plus graves Pères qui y étaient assemblés, et que le tout avait été conclu par le définitoire, on ne pouvait pas penser qu'il y eût de la préoccupation ou de la tromperie.

Au reste, il y avait des témoins et des déposants, qui la chargeaient de crimes qui étaient fort griefs.

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