Cardinal Burke - Interview intégral !
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Cardinal Burke - Interview intégral !

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Message  Admin le Lun 21 Aoû 2017 - 12:48

CARDINAL BURKE - INTERVIEW INTÉGRAL !


Cardinal Burke - Interview intégral ! Burke10


par :  Don Fier
Le 14 août 2017
SOURCE : The Wanderer

(Note de la rédaction : Son Éminence Raymond Leo Cardinal Burke, Patron de l'Ordre Souverain Militaire de Malte et Fondateur du Sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe à La Crosse, Wisconsin, a gracieusement pris de son temps hors de son horaire chargé pour accorder à The Wanderer un imposante entrevue pendant une récente visite au Sanctuaire. Parmi les sujets pour lesquels il a fourni ses idées éclairantes, on trouve le Message de Notre-Dame de Fatima, une évaluation de la situation dans laquelle l'Église se retrouve à l'époque contemporaine et la célébration de la Liturgie Sacrée)

(Le présent texte contient les deux premières parties de trois. La troisième partie sera publiée assez tôt après sa publication dans The Wanderer )

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Partie 1

QUESTION :  Nous sommes en train de célébrer l'année du Centenaire des Apparitions de Notre-Dame à trois enfants-bergers à Fatima, au Portugal, de mai à octobre 1917. L'aînée des voyants, Soeur Lucie dos Santos, dans une lettre à Carlo Cardinal Caffarra publié en 1983 ou 1984, a indiqué que « la bataille finale entre le royaume de Christ et Satan porterait sur le mariage et de la famille ». Avec toutes les attaques contre le mariage et la famille qui se sont produites ces dernières années et qui continuent de s’intensifier, pensez-vous que nous sommes entrés dans cette période de l'histoire et que cette « bataille finale » est en cours ? Dans l'affirmative, comment les laïcs doivent-ils y répondre ?

RÉPONSE :  Oui, je crois fermement que nous sommes entrés dans cette période de l'histoire. Dans la société civile, nous voyons des attaques contre l'intégrité de la famille par l'omniprésente « théorie du genre » et le soi-disant mariage de personnes du même sexe qui, bien sûr, ne peut pas être un véritable mariage. C'est un signe qu'une situation vraiment apocalyptique est présente dans la société.

De plus, ces idées sont même entrées dans l'Église comme en témoigne le Synode des Évêques sur le mariage et la famille en 2014 et 2015. Ces types d'idées ont été poussées au Synode en ce qui concerne le soi-disant « changement » rendu nécessaire par les « signes des temps ».

Ce changement, comme on le prétendait, n'a pas eu lieu dans la Doctrine, mais plutôt dans la pratique. L'idée promue était que l'enseignement de l'Église sur le mariage est un idéal et que le Synode se concentrait sur la pratique pastorale adaptée aux problèmes de notre temps tout en laissant l'idéal intact.

Cependant, vous ne pouvez pas avoir une pratique pastorale qui ne respecte pas la Doctrine sous-jacente. La Doctrine n'est pas un idéal mais une expression de la réalité, la réalité de la grâce d’être homme et femme, la grâce d'être appelés à l'union conjugale, la grâce que les deux se confèrent dans le Sacrement du Mariage, ce que font vraiment les époux et les épouses lorsqu'ils entrent en mariage.

Au cours de la session de 2014, je me souviens d'un Cardinal déclarant que cet enseignement sur le mariage était bien en tant qu’idéal. Cependant, étant donné qu'il est tellement difficile à le suivre dans la pratique, nous ne nous attendons pas à ce que les gens soient si héroïques pour répondre à ses exigences. Ma réponse a été : « Nous nous attendons certainement à cela, que chacun soit appelé à vivre une vie Chrétienne héroïque et à lutter contre la tendance au péché ». Ainsi, je crois vraiment que nous sommes dans cette bataille finale. C'est l'une des raisons pour lesquelles — à ma manière — je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour défendre la vérité sur le mariage et la famille.

Au cours du Forum de la Vie de Rome, en mai dernier, le Cardinal Caffarra a raconté une histoire concernant le début de son service après avoir été nommé par le Pape Saint Jean-Paul II en tant que premier Président de l'Institut Pontifical Jean Paul II d'Études sur le Mariage et la Famille. Il a indiqué qu'il y avait de nombreuses difficultés à surmonter lors du lancement de l'Institut. Il a décidé d'écrire à Soeur Lucie à son monastère des Carmélites à Coimbra, au Portugal pour lui demander ses prières. C’est dans sa lettre réponse que Sœur Lucie a déclaré que la bataille finale sera au sujet du mariage et de la famille.

Il est extrêmement important pour les laïcs de connaître l'enseignement sur mariage et la famille, l'enseignement qui est présenté si clairement dans le Catéchisme de l'Église Catholique. Dans les discussions avec d'autres laïcs, que ce soit dans des situations au travail ou dans des relations commerciales ou dans les universités, ils doivent être prêts à réfuter les fausses notions. Ils doivent être prêts à dire : « Non, ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas ce que l'Église enseigne ». Même ceux qui manquent d'éloquence et / ou n'ont pas de fond théologique ont un sens de la foi. Ces personnes peuvent répondre à des notions douteuses en disant : « Non, ce que vous dites, je n’y crois pas. Ce n'est pas l'enseignement du Christ ».

QUESTION :  Dans l'apparition de Notre Dame de Fatima le 13 juillet 1917, il fut montré aux enfants bergers une vision de l'Enfer. Sœur Lucie a rapporté que des multitudes de pécheurs vont en enfer (comme des flocons de neige) parce qu'il n'y avait personne pour prier et faire des sacrifices pour eux. Pourtant, dans la société moderne, l'existence de l'enfer est refusée par plusieurs et beaucoup de ceux qui croient en son existence supposent que très peu d'âmes sont condamnées (seulement les plus grands meurtriers en série notoires). Même parmi les prélats de haut rang de l'Église, la position universaliste est promue (ce qui suppose que tout le monde est sauvé en fin de compte et que l'Enfer est vide).

Ce point de vue semble contredire non seulement la révélation privée de Soeur Lucie, mais aussi de nombreux passages de l'Écriture Sainte. Quel est l'enseignement de l'Église sur l'existence de l'Enfer et du nombre d'âmes qui seront condamnées ?

RÉPONSE :  L'Église enseigne clairement qu'il y a un lieu de châtiment éternel pour ceux qui rejettent la grâce de Dieu, pour ceux qui, consciencieusement et volontairement, pèchent gravement contre Dieu et contre Sa grâce. C'est l'endroit où nous appelons l'Enfer, c'est un lieu de punition éternelle. Nous savons avec certitude que les anges déchus (les démons) sont en enfer, donc de dire que l'enfer est vide n'a aucun sens. Nous savons aussi que ces anges déchus (Satan et ses cohortes), comme on dit dans la prière à Saint Michel Archange, « rôdent sur le monde cherchant la ruine des âmes ». L'Écriture Sacrée témoigne de ceci dans la première lettre de Saint Pierre : « Soyez bien éveillés, lucides ! Car votre ennemi, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant quelqu'un à dévorer ». (1 Pierre 5 : 8).

Outre les anges déchus, nous savons que les pécheurs impénitents sont en enfer. Mais, à ma connaissance, l'Église n'a jamais déterminé qui ils sont ni combien il y en a. Cependant, dans l'Écriture Sainte, Notre Seigneur semble indiquer qu'il peut y avoir beaucoup d'âmes en enfer. Par exemple, il dit : « Beaucoup sont invités, mais peu sont admis ». (Matthieu 22 :14) et « Entrez par la porte étroite ! Car large est la porte et facile le chemin qui mènent à la ruine ; nombreux sont ceux qui passent par là ». (Matthieu 7 :13).

Donc, l'enseignement est ferme à savoir qu'il y a un enfer et qu'il y a des âmes en enfer. Combien, nous ne le savons pas, mais c'est certainement une cause pour nous de réfléchir sur nos propres vies et de ne pas tomber dans cette erreur de ce que le théologien Allemand Dietrich Bonhoeffer appelait « une grâce peu coûteuse » selon laquelle on pense que Dieu pardonne simplement tout — que nous pouvons continuer à faire tout ce que nous voulons et, pourtant, être ultimement sauvés. Non ! Si nous ne coopérons pas activement et n’essayons pas de répondre à la grâce de Dieu, nous courons le risque de la damnation éternelle.

QUESTION :  Selon les documents sur Fatima (de l'Apostolat Familial de Fatima), Soeur Lucie a écrit le 29 août 1989 que la Consécration du Monde par le Pape Saint Jean-Paul II au Cœur Immaculé de Marie le 25 mars 1984 a satisfait la demande de Notre-Dame. Au Forum de la Vie de Rome il y a environ trois mois, vous avez invité les fidèles Catholiques à « travailler pour la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie ». Qu'est-ce que la Consécration que vous appelez à être accomplie implique ; est-ce plus que ce que le Pape désigne simplement la Russie explicitement ?

RÉPONSE :  C'est exactement cela ; C'est aussi simple que cela, à savoir répondre à la demande de Notre-Dame exactement comme elle l'a demandée. Il ne fait aucun doute que le Pape Saint Jean-Paul II était profondément conscient de la gravité de la situation, de la nécessité de consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Il voulait précisément le faire le 25 mars 1984. Pour ma part, je crois qu'il l'aurait fait explicitement sauf qu’à ce moment-là, il a été soutenu que, pour favoriser une relation plus amicale avec les pays du Bloc de l'Est, le nom de la Russie devrait ne pas être mentionné en particulier.

Je crois que c'était l'intention du Saint-Père — qu'il a, en fait, consacré la Russie. Cependant, je crois aussi que, compte tenu de la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui, la Consécration de la Russie doit être faite explicitement, exactement comme l'a demandée Notre-Dame (tout en ne niant en rien l'intention de Jean-Paul II d'inclure la Russie lorsqu'il a consacré le monde à Son Cœur Immaculé). Mon intention n'est pas de porter des accusations contre quiconque, mais plutôt, en réponse au temps présent qui est si grave, d’exhorter à la nécessité de mener à bien ce que Notre-Dame a demandé exactement comme elle l'a demandé.

Pour me répéter, la Consécration que j'ai demandée n'est en aucun cas de remettre en question ce qu'a raconté Soeur Lucie sur Saint Jean-Paul II qui accomplissait ce que Notre-Dame avait demandé. C'est simplement de répondre à cette demande encore une fois et de consacrer la Russie de manière explicite. En même temps, c’est le droit et le devoir des fidèles de demander au Pape François de faire cette consécration.

En réalité, je crois qu’envers la Russie, c'est un signe d'un respect et d'une affection particuliers pour le pays que l'Église qui la consacrerait explicitement au Cœur Immaculé de Marie. Certes, au moment des Apparitions, Notre Sainte Mère avait en tête la propagation du Communisme athée. C’est lié à une propagation du matérialisme et du relativisme que les gens n'appellent pas le Communisme athée mais qui est si virulent dans notre société. Que la Russie soit consacrée maintenant exprimerait aussi le respect de leur nation qui pourrait maintenant conduire à une répudiation de la pensée sans Dieu. De cette façon, la Russie pourrait revenir à son passé noble au cours duquel elle était l'une des nations qui craignait le plus Dieu dans le monde et où il y avait un dévotion énorme à Notre Mère Bienheureuse, en particulier comme moyen d'exprimer sa foi en Dieu.

Collégialité

QUESTION :  Dans sa récente lettre adressée au Saint-Père en votre nom et auprès de vos collègues Cardinaux qui ont respectueusement rédigé les cinq dubia au sujet des déclarations confuses d’Amoris Laetitia, le Cardinal Caffarra a écrit que vous « étiez ému uniquement par la conscience de la grave responsabilité découlant de la munus [ devoir ] des Cardinaux ».

Comme préface aux questions qui suivront, pouvez-vous expliquer la lourde responsabilité qui vous incombe dans votre fonction en tant que Cardinal de l'Église ? En outre, quelle est l'importance de la collégialité des autres Cardinaux (et Évêques) dans le monde ? Est-il temps pour ceux qui ont été silencieux de s’affirmer ?

RÉPONSE :  Le Collège des Cardinaux est souvent appelé le Sénat du Pontife Romain. Ils doivent être les principaux conseillers du Saint-Père dans la gouvernance de l'Église universelle. Chaque Cardinal a une très grave responsabilité d'exprimer ce qui, dans sa conscience, il croit être pour le bien de l'Église. Dans la crise actuelle où nous nous trouvons, comme le Cardinal Caffarra l'a exprimé en son nom ainsi que au nom des trois autres Cardinaux (Cardinaux Brandmüller, Meisner et Burke), l'Église connaît un moment de confusion effrayante et alarmante et de division.

Comme l'indique le Cardinal Caffarra dans sa lettre : « Ce qui est péché en Pologne est bon en Allemagne, ce qui est interdit dans l'Archidiocèse de Philadelphie est autorisé à Malte ». De même, ce qui est dit dans certains diocèses des États-Unis à propos de la réception de la Sainte Communion et de la Pénitence est contredit par des Évêques dans d'autres diocèses. Cela a entraîné une situation dans l'Église Catholique qui est presque impossible — c'est comme si nous étions simplement une dénomination de la communauté Protestante dans laquelle nous trions et choisissions lequel des enseignements constants de l'Église que nous allons suivre. Les Cardinaux ont donc une très lourde responsabilité.

En ce qui concerne la collégialité des Cardinaux, nous sommes en fait un Collège et il devrait y avoir une unité parmi nous. Quel est le principe de cette unité ? Ce n'est pas un principe politique où les Cardinaux qui sont plus politiquement habiles convainquent le Collège des Cardinaux d'être d'accord avec leur point de vue sur diverses questions. Le principe qui consiste à nous unifier est l'enseignement et la pratique constants de l'Église ; c'est le seul principe qui mène à l'unité.

Comme je l'ai mentionné lors de ma récente présentation à « The Church Teaches Forum », il est scandaleux qu'un Cardinal accuse un autre Cardinal de prendre une certaine position parce qu'il est aigri de ne pas être capable de devenir une figure de pouvoir dans l'Église. C'est vraiment du langage politique et ça n'a pas sa place dans l'Église. Je crois que les Cardinaux et les Évêques du monde doivent porter leur attention sur ce qui est central : Notre Seigneur Lui-Même, vivant dans son Église, et Son enseignement et Sa discipline immuables — la Loi qu'Il nous enseigne.

Jusqu'à présent, plusieurs Cardinaux et Évêques ont communiqué avec moi en privé et m’ont exprimé leur soutien. Beaucoup n'ont pas voulu parler publiquement et m'ont ouvertement dit que la raison en est qu'ils ne veulent pas endurer les attaques des médias et les attaques internes de l'Église.

Nous sommes maintenant dans une situation dans laquelle, si l'on défend ce que l'Église a toujours enseigné et pratiqué, on est accusé d'être « un ennemi du Pape ». C'est une terrible accusation à l'encontre d'un frère Cardinal ou Évêque.

Je crois qu'il est essentiel pour ceux qui sont restés silencieux — pour quelque raison que ce soit — de réaliser que le temps est venu de parler. Sinon, nous verrons une situation semblable à celle rencontrée par Saint John Fisher et Saint Thomas More à l'époque du Roi Henri VIII.

D'une part, ils défendaient l'autorité du Pontife Romain qui refusait d'autoriser Henri à divorcer de sa femme et à en épouser une autre. Au même moment où ils défendaient le mariage, ce que Henri VIII voulait faire était, en fait, vivre avec une autre femme quand il était vraiment marié à sa femme. Pratiquement parlant, les Saints John Fisher et Thomas More étaient seuls à ce moment-là.

Pendant le procès de Saint Thomas More, il a rappelé que la plus grande partie des Évêques et abbés des monastères, et beaucoup d'autres, ont soutenu le Roi. La réponse de Saint Thomas était qu'il avait la Sainte Écriture, l'enseignement des Conciles Oecuméniques et de tous les grands saints comme témoins, et qu'il choisissait de rester avec eux. Pour ma part, c'est l'exemple de ces deux grands saints que j'essaie de suivre.

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Partie 2

QUESTION :  Lorsque je vous ai interviewé pour The Wanderer il y a environ un an et demi, vous avez noté que « de nombreux bons prêtres, même les Évêques, vous parlent de la difficulté de faire face à la confusion lorsqu'ils présentent l'enseignement de l'Église ».

Et cela se produisait avant même la promulgation d'Amoris Laetitia. La confusion a augmenté comme le montre clairement la citation dans la lettre du Cardinal Caffarra au Saint-Père dont vous avez parlé tout à l'heure : « Ce qui est péché en Pologne est bon en Allemagne, ce qui est interdit dans l'Archidiocèse de Philadelphie est autorisé à Malte ».

En fait, il semble que certaines interprétations soient directement opposées à ce qui est enseigné au paragraphe 1650 du Catéchisme de l'Église Catholique. À la lumière de la situation actuelle, avez-vous des conseils aujourd'hui pour les Évêques fidèles, les prêtres, les religieux et les laïcs qui aspirent à la clarté ?

RÉPONSE :  Mon conseil est simple. Nous savons ce que l'Église enseigne et pratique. C’est contenu dans le Catéchisme de l'Église Catholique ; c’est contenu dans l'enseignement magistériel constant de l'Église. C'est ce que nous croyons être vrai. Depuis la publication d'Amoris Laetitia, je trouve que la situation ne s'est qu’aggraver. Je voyage beaucoup et partout où je vais, je trouve invariablement de grands groupes de fidèles laïcs (ainsi que des prêtres et même des Évêques) qui se confient à moi à propos de cette situation — ils sont pratiquement désespérés.

Je dis souvent que les prêtres sont ceux qui souffrent le plus ; ce sont eux qui ont un contact direct avec les fidèles laïcs qui les abordent et leur demandent de faire des choses qu'ils ne peuvent tout simplement pas faire. Lorsque les prêtres fidèles expliquent aux gens pourquoi ils ne sont pas en mesure de répondre à leurs demandes, ils sont accusés d'aller contre le Pape, d'aller contre cette soi-disant nouvelle direction dans l'Église.

C'est pourquoi j'admire ce que vous faites en écrivant un commentaire complet sur le Catéchisme qui apparaît chaque semaine dans The Wanderer. Nous devons revenir au Catéchisme et l'étudier attentivement, paragraphe par paragraphe, en veillant à ce que nous comprenions la profondeur de l'enseignement de l'Église sur le mariage et tout ce qu'il exige de nous.

QUESTION :  Cela mène à un autre sujet dont nous avons parlé en décembre 2015. Lorsque je vous ai posé une question sur la décentralisation possible de la structure hiérarchique de gouvernance de l'Église, vous avez souligné qu'il n'y a rien dans « la tradition de l'Église qui donnerait aux Conférences des Évêques [ ou aux Ordinaires diocésains ] l'autorité de prendre des décisions sur les pratiques pastorales qui impliqueraient un changement dans l'enseignement de l'Église ».

Pourtant, comme cela ressort clairement de la question précédente, c'est exactement ce qui semble se produire. En ce qui concerne le mariage, est-ce que nous atteignons le point d'avoir une Église où les Catholiques peuvent littéralement magasiner un endroit qui convient à leurs désirs ? L'Église est-elle en danger de schisme à moins que la discipline doctrinale universelle ne soit rétablie ?

RÉPONSE :  En fait, c'est exactement ce qui se passe. Les Évêques me disent que lorsqu'ils insistent sur l'enseignement authentique de l'Église en ce qui concerne les unions matrimoniales irrégulières, les gens rejettent simplement leurs enseignements. Ils disent qu'un autre Évêque enseigne différemment et ils choisissent de le suivre.

La réponse de l'Archevêque de Malte a été choquante ; il a déclaré, après avoir été critiqué au sujet du document gênant que les Évêques de Malte ont publié sur Amoris Laetitia, qu'ils suivaient l'enseignement du Pape François et non des autres Papes. Comment cela peut-il être ? Les Papes doivent tous proclamer et être obéissants à la seule et unique Foi Catholique. Quand ce n‘était pas le cas, ils ont été déposés, comme dans le cas du Pape Honorius. Donc, cela n'est tout simplement pas possible.

Les gens parlent d'un schisme de fait. Je suis absolument opposé à tout type de schisme formel — un schisme ne peut jamais être correct. Cependant, les gens peuvent vivre dans une situation schismatique si l'enseignement du Christ a été abandonné. La parole la plus appropriée serait celle que Notre-Dame utilisait dans son Message de Fatima : apostasie. Il peut y avoir de l'apostasie au sein de l'Église et, en fait, c'est ce qui se passe. Dans le cadre de l'apostasie, Notre-Dame a également évoqué l'échec des pasteurs à amener l'Église à l'unité.

QUESTION :  En mettant de côté la question du timing, je vous prie d’expliquer comment le processus d'exécution d'une « correction formelle » se déroulerait si une réponse aux cinq dubia ne venait pas ? Comment une correction formelle est-elle officiellement soumise, à qui est-elle adressée dans la structure hiérarchique de l'Église, etc. ?

RÉPONSE :  Le processus n'a pas été fréquemment invoqué dans l'Église et pas maintenant depuis plusieurs siècles. Il y a eu la correction des anciens Saints Pères sur des points importants, mais pas de façon doctrinale. Il me semble que l'essence de la correction est assez simple. D'une part, on énonce l'enseignement clair de l'Église ; d'autre part, ce qui est actuellement enseigné par le Pontife Romain est indiqué. S'il y a contradiction, le Pontife Romain est appelé à se conformer dans son enseignement en obéissance au Christ et au Magistère de l'Église.

La question est posée : « Comment cela se fera-t-il ? » Cela se fait très simplement par une déclaration formelle à laquelle le Saint-Père serait obligé de répondre. Les Cardinaux Brandmüller, Caffarra, Meisner et moi avons utilisé une ancienne institution [ ou instrument ] dans l'Église pour proposer les dubia au Pape.

Cela a été fait de manière très respectueuse et d'aucune manière agressive afin de lui donner l'occasion d'exposer l'enseignement immuable de l'Église. Le Pape François a choisi de ne pas répondre aux cinq dubia, il faut maintenant simplement dire ce que l'Église enseigne au sujet du mariage, de la famille, des actes intrinsèquement mauvais, etc. Ce sont les points qui ne sont pas clairs dans les enseignements actuels du Pontife Romain ; par conséquent, cette situation doit être corrigée. La correction se dirigerait alors principalement vers ces points doctrinaux.

Il y a eu des cas, comme je l'ai mentionné, de correction des Pontifes Romains du passé sur les points non doctrinaux où les Cardinaux sont allés au Saint-Père sur une chose ou l'autre comme par exemple les affaires concernant l'administration de l'Église.

Une autre question peut également être soulevé. Le Pape est le principe de l'unité des Évêques et de tous les fidèles. Cependant, l'Église est déchirée en ce moment par la confusion et la division. Le Saint-Père doit être appelé à exercer sa fonction pour mettre un terme à cela.

Alors, la prochaine étape serait une déclaration officielle indiquant les enseignements clairs de l'Église tels qu'ils sont énoncés dans les dubia. En outre, il y serait indiqué que ces vérités de la Foi ne sont pas clairement définies par le Pontife Romain. En d'autres termes, au lieu de poser des questions comme cela a été fait dans la dubia, la correction formelle indiquerait les réponses que l'Église a clairement enseignées.

QUESTION :  Pendant son mandat de Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF), le Cardinal Gerhard Mueller, était un défenseur inébranlable au fait que les déclarations confuses dans Amoris Laetitia devaient être interprétées conformément à l'enseignement traditionnel de l'Église sur la réception de la Sainte Communion par les Catholiques divorcés et qui se sont civilement remariés. Prévoyez-vous la possibilité d'un renversement de cet enseignement de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) à la suite de son non-renouvellement en tant que préfet ?

RÉPONSE : Il n'est pas possible que la Congrégation de la Doctrine de la Foi déclare autrement. Si c'était le cas, elle serait en dehors de la communion avec l'Église. Ce que le Cardinal Mueller a exposé, c'est exactement ce qui a toujours été enseigné par l'Église. Plus récemment, le paragraphe 84 de l'Exhortation apostolique du Pape Saint Jean Paul II, Familiaris Consortio, a déclaré l'enseignement constant de l'Église. Donc, ce type de renversement n'est tout simplement pas possible.

QUESTION :  Le Pape Émérite Benoît XVI, dans un message lu à la Messe funèbre de Joachim, le Cardinal Meisner, a exprimé son admiration pour la capacité du Cardinal à « laisser aller et vivre avec une conviction profonde que le Seigneur n'abandonne pas son Église, même si le bateau a pris tant d'eau qu'il est sur le point du chavirer ».

L'ancien Vicaire du Christ a préfacé sa remarque en se référant au Cardinal Meisner comme « un pasteur passionné et un pasteur [qui] a eu du mal à quitter son poste, surtout à un moment où l'Église est dans un besoin particulièrement pressant de bergers convaincants qui peuvent résister à la dictature de l'esprit du temps et qui vivent et pensent la Foi avec détermination ».

Votre Éminence, en tant qu'ami et proche collaborateur du Cardinal Meisner, comment comprenez-vous ces paroles émouvantes de Benoît XVI ? Pouvez-vous nous proposer des réflexions personnelles sur la vie et l'héritage de ce grand Prince de l'Église ?

RÉPONSE : Il ne fait aucun doute que le Cardinal Meisner avait un sens profond de la Foi Catholique dans son intégralité et un amour profond pour notre Seigneur et son Église. Il était complètement dévoué à être un bon berger. Je me souviens particulièrement d'une rencontre avec lui en février 2014 à un consistoire lorsque Walter Cardinal Kasper a donné son exposé suggérant qu'il était possible de changer la discipline de l'Église à l'égard de ceux qui vivent dans des unions matrimoniales irrégulières afin qu’ils reçoivent les Sacrements de la Sainte Communion et de la Confession.

Le Cardinal Meisner et moi nous sommes sortis après une des séances et il m'a dit : « Ce n'est pas possible. Cela va entraîner un schisme ». Et il était très passionné par cela.

Tout le temps du Consistoire, le Cardinal Meisner a tout suivi avec beaucoup d’attention, il a soutenu et encouragé ceux qui défendaient l'enseignement et la pratique constants de l'Église. Il était un pasteur merveilleux et n'a jamais été celui pour dire que ceux qui soutenaient l'enseignement de l'Église étaient des légalistes et qu’ils ne se souciaient pas des gens, qu'ils leur jetaient des pierres. Il était un pasteur très aimant qui a compris qu'un bon berger du troupeau doit enseigner la Vérité aux fidèles dans son intégralité.

« Je l'ai vu le 4 mars 2017 à Cologne quand un ancien camarade de classe en droit canonique a célébré son 65e anniversaire. Un certain nombre d'entre nous ont écrit des essais pour l'honorer et qui ont été publiés dans un livre. J'ai assisté à la présentation du livre et le Cardinal Meisner était là. C'est absolument vrai ce que le Pape Benoît XVI a écrit de lui : il était serein, mais aussi très ardent ».

« Je me souviens vivement du Cardinal Meisner qui m’a dit que nous devions continuer à nous battre pour l'Église et son enseignement. Il possédait une merveilleuse combinaison de ces deux qualités, de sérénité et d'ardeur. J'ai toujours eu l'impression qu'il était quelqu'un qui était très proche de Notre Seigneur en prière et qu'il parlait avec une conviction qui n'était pas fondée sur lui-même, mais sur une connaissance intime de Notre-Seigneur ».

QUESTION :  Plusieurs rapports non confirmés ont fait surface suggérant qu'une « commission secrète » a été formée à Rome pour réexaminer les enseignements sur la contraception contenus dans l'Encyclique Humanae Vitae du Pape Paul VI. Est-ce que l'on peut accorder une crédibilité à ces rapports ? N'est-ce pas l'enseignement infaillible et immuable de l'Église qu'il est intrinsèquement désordonné de séparer les aspects unitifs et procréatifs de l'acte conjugal ?

RÉPONSE :  Je ne peux pas parler directement de la situation parce que personne qui fait partie d'une telle commission ne m'a parlé. Cependant, j'ai entendu un certain nombre de personnes sérieuses et bien informées qui affirment, en fait, qu’une telle commission a déjà été créée et que les membres de la commission sont au travail. Je crois donc qu’une crédibilité peut être donnée à ces rapports.

Dans le même temps, ce qui est indiqué dans votre question est exactement le cas — c'est l'enseignement infaillible de l'Église que la contraception est intrinsèquement désordonnée, que séparer les aspects unitifs et procréatifs de l'acte conjugal est toujours et partout mal. Si cet enseignement n'est pas respecté, non seulement il y a une violation de l'acte conjugal dans son essence, mais il y aurait alors une ouverture pour toutes sortes d'activités immorales impliquant nos facultés sexuelles alors que les gens justifieraient des actes génitaux pécheurs.

Je les appelle des actes génitaux plutôt que des actes sexuels parce qu'ils ne respectent pas les aspects unitifs et procréatifs de l'acte conjugal. C'est, par exemple, comment deux personnes du même sexe justifient l'activité génitale entre elles ; elles justifient leur comportement immoral en disant qu'ils « s'aiment » et qu'il importe peu que leurs actions ne soient pas procréatives.

Ensuite, les gens s'engagent dans une activité gravement immorale dans le but d'avoir des enfants comme un produit de leur soi-disant amour. De la même manière, c'est la justification utilisée pour les actes solitaires impliquant nos organes sexuels. Bien sûr, cela ne peut pas non plus être juste.

Amour et vérité

QUESTION :  Plusieurs aujourd'hui semblent comprendre la « miséricorde » comme si cela signifiait la tolérance des maux moraux et pour caractériser les actes d'autrui comme « pécheurs » comme étant un jugement intolérable. Pourtant, nous savons que la miséricorde ne peut jamais être séparée de la vérité. Comment pouvons-nous être des champions efficaces d'une miséricorde « discriminatoire » ? La repentance est-elle une condition préalable à la miséricorde ?

RÉPONSE :  Quand j'étais enfant, je me souviens avoir appris que nous aimions le pécheur mais que nous détestions le péché. Le fait de ne pas suivre cette vérité est la source de la confusion que nous voyons aujourd'hui. Les gens croient de façon erronée qu’en identifiant certains actes comme pécheurs, ils expriment une haine pour les personnes qui commettent ces actes. En réalité, ils expriment le plus grand amour possible pour eux. En d'autres termes, si l'un aime vraiment une autre personne et que cette personne commet des actes qui mettent en danger son salut éternel, il est obligé de dire quelque chose pour aider cette personne à laisser derrière lui l'acte pécheur et à réformer sa vie.

C'est un peu comme la situation des parents essayant d'élever leurs enfants. Je me souviens toujours que, lorsque mes parents m'ont corrigé étant enfant pour avoir fait des choses qui étaient mauvaises, je ne les ai pas aimés. Maintenant, en tant qu'adulte, je vois très clairement pourquoi j'ai été corrigé. Lorsque les parents corrigent leurs enfants, les enfants courent souvent en dehors de la pièce en disant : « Je te déteste ». Plus tard, ils seront très reconnaissants à leurs parents parce qu'ils les ont aidés à devenir une personne vertueuse.

Discriminer la miséricorde, qui est une excellente façon de la décrire, distingue le péché du pécheur. Une expression d'amour envers le pécheur rend très clair que le javascript:;péché qu'il commet est absolument répugnant et doit être arrêté. Pourtant, la tendance est de répondre avec un faux sentiment de miséricorde.

Si nous ne sommes pas conscients de notre péché et ne nous repentons pas de lui, qu'est-ce que cela veut dire de demander la miséricorde de Dieu ? Pourquoi demandons la miséricorde de Dieu si nous n'avons pas péché ? C'est donc aussi simple que cela. Sinon, la miséricorde est un terme sans signification. Nous devons admettre que le péché que nous avons commis est mal, que nous regrettons profondément et que nous demandons la miséricorde de Dieu.

SOURCE : http://dieuetmoilenul.blogspot.ca/2017/08/cardinal-burke-interview-integral.html 

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Message  Admin le Mer 30 Aoû 2017 - 13:39

@ Tous :

Très intéressant interview de ce Saint Cardinal !

Heureusement que nous avons le Cardinal Burke et quelques autres pour défendre encore la Vérité !

Yeeeees !

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"Oui, mon retour est proche!
Amen, viens, Seigneur Jésus!"


Apocalypse, 22, 20


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