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lettre ouverte du cardinal Ouellet sur les récentes accusations contre le saint - siège

Message  robert adelaide le Dim 7 Oct 2018 - 17:11

Lettre ouverte du cardinal Ouellet sur les récentes accusations contre le Saint-Siège




Dans une lettre ouverte, le Préfet de la Congrégation pour les Evêques répond aux accusations formulées par l’ancien nonce à Washington Mgr Carlo Maria Viganò qui visaient le Pape François et le Saint-Siège, à propos de la gestion du cas Mc Carrick.


Voici le texte intégral de cette lettre, publiée ce samedi 7 octobre:
LETTRE OUVERTE DU PRÉFET DE LA CONGRÉGATION POUR LES ÉVÊQUES, CARDINAL MARC OUELLET, AU SUJET DES RÉCENTES ACCUSATIONS CONTRE LE SAINT SIÈGE



Cher confrère Carlo Maria Vigano,

Dans ton dernier message aux Media pour dénoncer le Pape François et la Curie romaine, tu m’exhortes à dire la vérité sur des faits que tu interprètes comme une corruption endémique qui a envahi la hiérarchie de l’Église jusqu’à son plus haut niveau. Avec la permission pontificale requise, j’offre ici mon témoignage personnel comme préfet de la Congrégation pour les Évêques, sur les faits concernant l’Archevêque émérite de Washington Theodore McCarrick et sur ses liens présumés avec le Pape François, qui font l’objet de ta dénonciation publique retentissante, ainsi que de ton exigence de démission à l’égard du Saint Père. Mon témoignage s’appuie sur mes contacts personnels et sur les documents d’archive de la Congrégation qui font actuellement l’objet d’une étude pour éclairer ce triste cas.

Permets-moi toutefois de te dire d’abord en toute sincérité, à cause de la bonne collaboration qui a existé entre nous quand tu étais nonce à Washington, que ta position actuelle m’apparaît incompréhensible et extrêmement regrettable, non seulement à cause de la confusion qu’elle sème dans le peuple de Dieu, mais à cause des accusations publiques qui lèsent gravement la réputation des évêques, successeurs des Apôtres. Je me souviens d’avoir joui un certain temps de ton estime et de ta confiance, et je constate que j’aurais maintenant perdu à tes yeux la dignité qui m’était reconnue, pour la seule raison que je suis resté fidèle aux orientations du Saint Père dans le service qu’il me confie dans l’Église. La communion avec le Successeur de Pierre n’est-elle pas l’expression de notre obéissance au Christ qui l’a choisi et qui le soutient de sa grâce? Mon interprétation d’Amoris Laetitia que tu dénonces, s’inscrit dans cette fidélité à la tradition vivante dont François nous a donné un autre exemple en modifiant récemment le Catéchisme de l’Église Catholique sur la question de la peine de mort.


Venons-en aux faits. Tu dis avoir informé le Pape François le 23 juin 2013 sur le cas McCarrick lors de l’audience qu’il t’a concédée, de même qu’à tant d’autres représentants pontificaux qu’il a rencontrés alors pour la première fois. J’imagine la quantité énorme d’informations verbales ou écrites qu’il a dû alors recueillir sur beaucoup de personnes et de situations. Je doute fort que McCarrick l’intéressait au point où tu voudrais le faire croire, puisqu’il était un Archevêque émérite de 82 ans et sans office depuis sept ans. C’est pourquoi les instructions écrites de la Congrégation qui t’ont été données au début de ta mission à Washington en novembre 2011, ne disaient rien de McCarrick, si ce n’est que, oralement, je t’ai informé de sa situation comme évêque émérite devant obéir à certaines conditions et restrictions à cause des rumeurs sur son comportement dans le passé.


Depuis le 30 juin 2010 que je suis préfet de cette Congrégation, je n’ai jamais porté en audience auprès du pape Benoit XVI ou du pape François le cas McCarrick, sauf ces jours derniers après sa déchéance du Collège des Cardinaux. L’ex-cardinal, retraité en mai 2006, était exhorté à ne pas voyager et à ne pas faire d’apparitions publiques afin de ne pas provoquer d’autres rumeurs qui circulaient à son sujet. Il est faux de présenter les mesures prises à son égard comme des « sanctions » décrétées par le Pape Benoît XVI et annulées par le Pape François.


Après révision des archives, je constate qu’il n’y a pas de documents à ce sujet signés par l’un ou l’autre pape, ni de note d’audience de mon prédécesseur le Cardinal Jean-Baptiste Re, qui donnerait le mandat d’obliger l’Archevêque émérite McCarrick au silence et à la vie privée avec la rigueur de peines canoniques. La raison en est qu’on ne disposait pas alors, à la différence d’aujourd’hui, de preuves suffisantes de sa culpabilité présumée. D’où la position de la Congrégation, inspirée à la prudence, et les lettres de mon prédécesseur et de moi-même l’exhortant, par l’intermédiaire des Nonces Apostoliques Pietro Sambi et toi-même, à un style de vie discret de prière et pénitence pour son propre bien et celui de l’Église. Son cas aurait fait l’objet de nouvelles mesures disciplinaires si la Nonciature à Washington ou une quelconque autre source nous avait fourni des informations récentes et décisives sur son comportement. Je suis d’avis que, par respect des victimes et exigence de justice, la recherche en cours aux États-Unis et à la Curie romaine fournisse une analyse critique complète des procédures et des circonstances de ce cas douloureux afin d’éviter que cela se reproduise dans l’avenir.


Comment se fait-il que cet homme d’Église dont on connaît aujourd’hui l’incohérence, ait été promu à plusieurs reprises jusqu’à occuper les très hautes fonctions d’Archevêque de Washington et de Cardinal ? J’en suis moi-même fort étonné, et je reconnais des failles dans le processus de sélection qui a été mené dans son cas. Mais sans fournir ici de détails, on doit comprendre que les décisions qui sont prises par le Souverain Pontife reposent sur les informations dont on dispose au moment précis, et qui font l’objet d’un jugement prudentiel qui n’est pas infaillible. Il me semble injuste de conclure à la corruption des personnes en charge du discernement préalable même si, dans le cas concret, certains indices fournis par des témoignages auraient dû être davantage examinés. Le prélat en cause a su se défendre très habilement des doutes soulevés à son endroit. Par ailleurs, qu’il puisse y avoir au Vatican des personnes qui pratiquent et soutiennent des comportements contraires aux valeurs de l’Évangile en matière de sexualité, ne nous autorise pas à généraliser et à déclarer indignes et complices un tel et un tel, et même le Saint Père lui-même. Ne faut-il pas que les ministres de la vérité se gardent avant tout de la calomnie et de la diffamation?


Cher représentant pontifical émérite, je te dis franchement qu’accuser le pape François d’avoir couvert en toute connaissance de cause ce présumé prédateur sexuel, et donc d’être complice de la corruption qui sévit dans l’Église au point d’être devenu indigne de poursuivre sa réforme en tant que premier pasteur de l’Église, me semble à tous les points de vue incroyable et invraisemblable. Je n’arrive pas à comprendre comment tu as pu te laisser convaincre de cette monstrueuse accusation qui ne tient pas la route. François n’a eu rien à voir avec les promotions de McCarrick à New York, Metuchen, Newark et Washington. Il l’a destitué de sa dignité de cardinal dès qu’est apparue une accusation crédible d’abus de mineur. Je ne l’ai jamais entendu faire allusion à ce soi-disant grand conseiller de son pontificat pour les nominations en Amérique, alors que le Pape ne cache pas la confiance qu’il accorde à certains prélats. Je devine que ceux-ci ne sont pas de ta préférence ni de celle des amis qui soutiennent ton interprétation des faits. Mais je trouve aberrant que tu profites du scandale retentissant des abus sexuels aux États-Unis pour infliger à l’autorité morale de ton supérieur, le Souverain Pontife, un coup inouï et immérité !


J’ai le privilège de rencontrer longuement le pape François chaque semaine pour traiter les nominations d’évêques et les problèmes qui affectent leur gouvernement. Je sais très bien comment il traite les personnes et les problèmes, avec beaucoup de charité, de miséricorde, d’attention et de sérieux, comme tu en as fait toi-même l’expérience. De lire comment tu termines ton dernier message apparemment très spirituel en te moquant et en jetant un doute sur sa foi m’a semblé vraiment trop sarcastique, voire blasphématoire. Cela ne peut pas venir de l’Esprit de Dieu.
Cher confrère, je voudrais bien t’aider à retrouver la communion avec celui qui est le garant visible de la communion de l’Église catholique ; je comprends que des peines et des déceptions aient jalonné ta route au service du Saint Siège, mais tu ne peux pas terminer ainsi ta vie sacerdotale dans une rébellion ouverte et scandaleuse qui inflige une blessure très douloureuse à l’Épouse du Christ, que tu prétends mieux servir, en aggravant la division et le désarroi dans le peuple de Dieu. Que puis-je répondre à ton appel sinon te dire : sors de ta clandestinité, repens-toi de ta révolte et reviens à de meilleurs sentiments à l’égard du Saint Père au lieu de fomenter l’hostilité contre lui. Comment peux-tu célébrer l’Eucharistie et prononcer son nom au canon de la messe? Comment peux-tu prier le saint Rosaire, Saint Michel Archange et la Mère de Dieu en condamnant celui qu’elle protège et accompagne tous les jours dans son lourd et courageux ministère ?


Si le Pape n’était pas un homme de prière, s’il était attaché à l’argent, s’il favorisait les riches aux dépens des pauvres, s’il ne démontrait pas une énergie infatigable pour accueillir toutes les misères et donner le généreux réconfort de sa parole et de ses gestes, s’il ne multipliait pas tous les moyens possibles d’annoncer et de communiquer la joie de l’évangile à tous et à toutes, dans l’Église et au-delà de ses frontières visibles, s’il ne tendait pas la main aux familles, aux vieillards abandonnés, aux malades de l’âme et du corps, et surtout aux jeunes en recherche de bonheur, on pourrait peut-être lui préférer, selon toi, quelqu’un qui adopte d’autres attitudes diplomatiques et politiques, mais je ne peux pas mettre en cause son intégrité personnelle, sa consécration à la mission et surtout le charisme et la paix qui l’habitent, par la grâce de Dieu et la puissance du Ressuscité.


En réponse à ton attaque injuste et injustifiée dans les faits, cher Vigano, je conclus donc que l’accusation est un montage politique privé de fondement réel incriminant le pape, et qu’elle blesse profondément la communion de l’Église. Plût à Dieu que cette injustice flagrante soit rapidement réparée et que le Pape François continue à être reconnu pour ce qu’il est : un pasteur insigne, un père compatissant et ferme, une grâce prophétique pour l’Église et pour le monde. Qu’il poursuive joyeusement et en toute confiance la réforme missionnaire qu’il a entreprise, en sachant qu’il peut compter encore davantage sur la prière du peuple de Dieu et la solidarité renouvelée de toute l’Église unie à Très Sainte Vierge Marie, Reine du Saint Rosaire!


Marc Cardinal Ouellet Préfet de la Congrégation pour les Évêques,
En la Fête de Notre-Dame du Rosaire, 7 octobre 2018.



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Re: lettre ouverte du cardinal Ouellet sur les récentes accusations contre le saint - siège

Message  Admin le Mar 9 Oct 2018 - 10:27

@ Tous :

Quoi en penser ?

La question ?

C'est une opinion différente, mais quand on connaît le Pape François avec toutes ses paroles et toutes ses actions ambigües, on peut difficilement se rallier au point de vue du Cardinal Ouellet !

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Re: lettre ouverte du cardinal Ouellet sur les récentes accusations contre le saint - siège

Message  Admin le Mar 9 Oct 2018 - 21:16

Quand Ouellet marque contre son camp


Loin de dédouaner la responsabilité du Pape, dans sa réponse à Mgr Vigano le Préfet de la Congrégation des Évêques se débat maladroitement et surtout admet implicitement que les sanctions prises par Benoît XVI contre McCarrick existent bel et bien. Commentaire de Marco Tosatti (8/10/2018)

>>> Documents reliés

¤ Le premier "mémorendum Vigano ([Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])
¤ La seconde lettre de Mgr Vigano ([Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])
¤ La lettre ouverte du cardinal Ouellet ([Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])

>>> Et aussi: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]




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Luigi Accattroli avait révélé récemment lors d'un de ses débats récurrents avec Giuseppe Rusconi (cf. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ) que la réponse du Saint-Siège à Vigano allait être publiée incessamment.
Il semble bien que l'indiscrétion était une information fiable. Coup sur coup, nous avons un communiqué du Saint-Siège (sur lequel nous reviendrons), et une lettre du cardinal Ouellet.
Dans cette lettre, le cardinal répond à Mgr Vigano qui le mettait en cause directement dans son second rapport. Et le moins qu'on puisse dire est que son plaidoyer est maladroit, puisqu'il admet très explicitement que des "sanctions" existaient bel et bien.


« Les instructions écrites de la Congrégation qui t’ont été données au début de ta mission à Washington en novembre 2011, ne disaient rien de McCarrick, si ce n’est qu'oralement, je t’ai informé de sa situation comme évêque émérite devant obéir à certaines conditions et restrictions à cause des rumeurs sur son comportement dans le passé. L’ex-cardinal, retraité en mai 2006, était exhorté à ne pas voyager et à ne pas faire d’apparitions publiques afin de ne pas provoquer d’autres rumeurs qui circulaient à son sujet».



Tout aussi peu convaincant, le ton larmoyant, qui appuie sur la corde sensible (mais ne répond pas aux questions) et verse dans l'hagiographie, rendant le plaidoyer suspect ou à tout le moins inefficace:


J’ai le privilège de rencontrer longuement le pape François chaque semaine pour traiter les nominations d’évêques et les problèmes qui affectent leur gouvernement. Je sais très bien comment il traite les personnes et les problèmes, avec beaucoup de charité, de miséricorde, d’attention et de sérieux, comme tu en as fait toi-même l’expérience. De lire comment tu termines ton dernier message apparemment très spirituel en te moquant et en jetant un doute sur sa foi m’a semblé vraiment trop sarcastique, voire blasphématoire. Cela ne peut pas venir de l’Esprit de Dieu.
Cher confrère, je voudrais bien t’aider à retrouver la communion avec celui qui est le garant visible de la communion de l’Église catholique; je comprends que des peines et des déceptions aient jalonné ta route au service du Saint Siège, mais tu ne peux pas terminer ainsi ta vie sacerdotale dans une rébellion ouverte et scandaleuse qui inflige une blessure très douloureuse à l’Épouse du Christ, que tu prétends mieux servir, en aggravant la division et le désarroi dans le peuple de Dieu. Que puis-je répondre à ton appel sinon te dire: sors de ta clandestinité, repens-toi de ta révolte et reviens à de meilleurs sentiments à l’égard du Saint Père au lieu de fomenter l’hostilité contre lui. Comment peux-tu célébrer l’Eucharistie et prononcer son nom au canon de la messe? Comment peux-tu prier le saint Rosaire, Saint Michel Archange et la Mère de Dieu en condamnant celui qu’elle protège et accompagne tous les jours dans son lourd et courageux ministère ?



Je laisse la parole à Marco Tosatti, l'un des journalistes les plus directement impliqués comme récipiendaire des deux "rapports Vigano". Il décrypte les propos du cardinal, démontant point par point ses arguments.
Malgré cela, je n'exclus évidemment pas que les habituels bergogliens, qui persistent dans leur autisme, vont exulter: "Le cardinal Ouellet dément Vigano"; "le cardinal Ouellet: Vigano a menti"; "Ouellet: Il n'y avait pas de sanction". Etc.

A noter: AM Valli, lui aussi intermédiaire choisi par Mgr Vigano pour la publication de ses deux "mémo" commente également la lettre de Ouellet (cf. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]).
Et il apporte cette précision:
« Même le Wall Street Journal, au sujet de la lettre du cardinal, écrit: le Vatican dénonce l'accusation contre le Pape mais confirme le point clé ([Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]) et le point clé est que les sanctions contre McCarrick existaient, mais l''oncle Ted' ne les a pas respectées».

Evidemment, le WSJ, propriété de Rupert Murdoch est l'un des pires suppôts de l'ultra-libéralisme économique américain, en collusion avec l'ultra-droite et la frange ultra-conservatrice de l'épiscopat. Complot?
[Malheureusement, l'article du WSJ est en accès payant...]


Ouellet contre Vigano. Mais il confirme les sanctions contre McCarrick



Marco Tosatti
8 octobre 2010
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Ma traduction

* * *

Le Préfet de la Congrégation des Évêques Ouellet, a écrit à l'archevêque Viganò, qui l'avait mis directement en cause. Le cardinal lui reproche sa position à l'égard du Souverain Pontife, mais confirme que des mesures de vie retirée avaient été prises à l'encontre de McCarrick, compte tenu de son comportement prédateur. Néanmoins, à partir de 2013, il a recommencé à voyager y compris au nom du nouveau Pape.



----

Le Préfet de la Congrégation des Évêques, le cardinal Marc Ouellet, a écrit hier une lettre ouverte à l'archevêque Carlo Maria Viganò, qui l'avait directement mis en cause avec son second message. La lettre a été publiée sur le site web de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

Le cardinal y reproche à l'archevêque sa position à l'égard du Pontife, à qui il n'épargne pas des éloges à n'en plus finir. La partie la plus intéressante du message est certainement celle qui touche certains points centraux du témoignage de Mgr Viganò; en particulier l'audience du 23 juin 2013, où l'ex-nonce aurait dit clairement qui était McCarrick et ce qu'il avait fait, et comment Benoît XVI l'avait puni; et précisément les "sanctions" contre l'archevêque prédateur homosexuel.

Le point central du témoignage de Mgr Viganò concerne la conversation du 23 juin 2013 avec le Pape. Ouellet écrit:


«Venons-en aux faits. Tu dis avoir informé le Pape François le 23 juin 2013 sur le cas McCarrick lors de l’audience qu’il t’a concédée, de même qu’à tant d’autres représentants pontificaux qu’il a rencontrés alors pour la première fois. J’imagine la quantité énorme d’informations verbales ou écrites qu’il a dû alors recueillir sur beaucoup de personnes et de situations. Je doute fort que McCarrick l’intéressait au point où tu voudrais le faire croire, puisqu’il était un Archevêque émérite de 82 ans et sans office depuis sept ans.»



Cette objection aurait un sens si Mgr Viganò avait abordé le thème McCarrick de sa propre initiative. Mais il ne l'a pas fait. C'est le Pape qui lui a demandé: «McCarrick, comment est-il?». A quoi le nonce lui répondit en lui disant des choses d'une gravité et d'un poids tels qu'elles auraient difficilement pu passer inaperçues ou être oubliées. Et ce cardinal américain l'intéressait suffisamment pour s'enquérir de lui et l'envoyer en Chine et ailleurs en son nom, changeant ainsi la situation d'interdiction de voyage et de présence publique demandée par son prédécesseur. Par conséquent, cette tentative de minimiser l'importance de la rencontre du 23 juin, aussi louable soit-elle pour décharger le Souverain Pontife de ses responsabilités, ne fonctionne pas vraiment; au contraire, elle permet de penser que le récit de l'audience rendu public par Viganò est correct.

Y a-t-il eu oui ou non des sanctions contre McCarrick à l'époque de Benoît (vers 2009-2010)? Ouellet écrit:


« Les instructions écrites de la Congrégation qui t’ont été données au début de ta mission à Washington en novembre 2011, ne disaient rien de McCarrick, si ce n’est que, oralement, je t’ai informé de sa situation comme évêque émérite devant obéir à certaines conditions et restrictions à cause des rumeurs sur son comportement dans le passé. L’ex-cardinal, retraité en mai 2006, était exhorté à ne pas voyager et à ne pas faire d’apparitions publiques afin de ne pas provoquer d’autres rumeurs qui circulaient à son sujet. Il est faux [!!! ]de présenter les mesures prises à son égard comme des "sanctions" décrétées par le Pape Benoît XVI et annulées par le Pape François»


Cela s'appelle jouer sur les mots. Il y a donc bel et bien eu contre McCarrick des sanctions, ou restrictions, ou conditions, appelez-les comme vous voulez, non pas écrites, mais verbales. C'est une confirmation importante, qui déblaie le terrain autour d'une question sur laquelle on bataille sans fin, surtout dans la presse proche du Pontife. Pas de voyages; mais la première chose que McCarrick a dite à Viganò en le rencontrant après l'élection de mars 2013, c'est qu'il avait parlé avec le Pape et qu'il lui avait dit d'aller en Chine. Donc le pape François a modifié les "conditions" fixées par Benoît XVI pour McCarrick, c'est-à-dire de ne pas voyager et de ne pas paraître en public. Qu'est-ce qui est le plus plus faux, présenter ces "exhortations" comme des sanctions ou essayer de faire croire que François n'a pas eu envers McCarrick une attitude différente de celle de Benoît XVI?

Ouellet écrit encore qu'il y a eu «lettres de mon prédécesseur et de moi-même l’exhortant, par l’intermédiaire des Nonces Apostoliques Pietro Sambi et toi-même, à un style de vie discret de prière et pénitence pour son propre bien et celui de l’Église». Par conséquent, même en l'absence d'ordres écrits sous forme de sanctions, McCarrick était exhorté à agir comme s'il y avait de véritables sanctions; la vie qu'il mène aujourd'hui, sur ordre du Vatican, est une vie de prière et de pénitence. Et cela a dû être vrai jusqu'à ce que Jorge Mario Bergoglio devienne pape: depuis lors - c'est la chronique de ces années, pas le cardinal Ouellet, qui nous le dit - exhortations, conditionnements et sanctions ont disparu. Le préfet des évêques confirme également dans ce cas le témoignage de Viganò.

Ouellet écrit encore:


Son cas aurait fait l’objet de nouvelles mesures disciplinaires si la Nonciature à Washington ou une quelconque autre source nous avait fourni des informations récentes et décisives sur son comportement. Je suis d’avis que, par respect des victimes et exigence de justice, la recherche en cours aux États-Unis et à la Curie romaine fournisse une analyse critique complète des procédures et des circonstances de ce cas douloureux afin d’éviter que cela se reproduise dans l’avenir.



Très juste. Mais cette exhortation-argument ne tient pas compte d'une série de facteurs qui le rendent très faible, et rendent faible la position de l'ensemble de la Curie romaine dans cette affaire.

Lisez cette partie du premier témoignage de Mgr Viganò:


Le nonce Sambi transmit au cardinal secrétaire d’État Tarcisio Bertone un mémorandum d’accusation contre McCarrick par le prêtre Gregory Littleton du diocèse de Charlotte, réduit à l'état laïc pour viol de mineurs, accompagné de deux documents du même Littleton, dans lequel celui-ci racontait l’histoire tragique des abus sexuels commis à l’époque par l’archevêque de Newark et par plusieurs autres prêtres et séminaristes. Le nonce a ajouté que Littleton avait déjà transmis son mémorandum à une vingtaine de personnes, y compris les autorités judiciaires civiles et ecclésiastiques, la police et les avocats, en juin 2006, et qu’il était donc très probable que l’information serait bientôt rendue publique. Il a donc appelé à une intervention rapide du Saint-Siège.
En rédigeant une note sur ces documents qui m’ont été confiés, en tant que délégué aux représentations pontificales, le 6 décembre 2006, j’ai écrit à mes supérieurs, le cardinal Tarcisio Bertone et le Substitut Leonardo Sandri, que les faits attribués à McCarrick par Littleton étaient d’une telle gravité et d’une telle bassesse qu’ils provoquaient chez le lecteur un sentiment de confusion, de dégoût, de chagrin profond et d’amertume, et qu’ils constituent des crimes de séduction, invitation à des actes dépravés commis par des séminaristes et de prêtres, de façon répétée et simultanée avec plusieurs personnes, moquerie d’un jeune séminariste qui tentait de résister aux séductions de l’archevêque en présence de deux autres prêtres, absolution des complices de ces actes dépravés, célébration sacrilège de l’Eucharistie avec les mêmes prêtres après avoir commis de tels actes.
Dans ma note, que j’ai remise le même jour du 6 décembre 2006 à mon supérieur direct, le Substitut Leonardo Sandri, j’ai proposé à mes supérieurs les points suivants :

- Etant donné ce qui semblait qu’un nouveau scandale d’une gravité particulière, dans la mesure où il concernait un cardinal, allait s’ajouter aux nombreux scandales touchant l’Église aux États-Unis,
- Et, puisque cette affaire concernait un cardinal (...) j’ai proposé qu’une mesure exemplaire soit prise contre le cardinal qui pourrait avoir une fonction médicinale, prévenir de futurs abus contre des victimes innocentes et atténuer le scandale très grave pour les fidèles, qui malgré tout continuaient à aimer et à croire en l’Église.
- J’ai ajouté qu’il serait salutaire que, pour une fois, l’autorité ecclésiastique intervienne avant les autorités civiles et, si possible, avant que le scandale n’éclate dans la presse. Cela aurait pu rendre une certaine dignité à une Église si cruellement éprouvée et humiliée par tant d’actes abominables de la part de certains pasteurs. Si cela était fait, l’autorité civile n’aurait plus à juger un cardinal, mais un pasteur avec lequel l’Église avait déjà pris des mesures appropriées pour l’empêcher d’abuser de son autorité et de continuer à détruire des victimes innocentes.

Ma note du 6 décembre 2006 a été conservée par mes supérieurs et ne m’a jamais été retournée avec quelque décision que ce soit de la part des supérieurs.



Et ce n'était pas suffisant, selon le cardinal Ouellet?

Ce n'est pas tout. En avril 2008, fut publiée sur Internet la longue dénonciation d'un religieux, Richard Sipe, sur son site <richardsipe.com>, sous le titre "Statement for Pope Benedict XVI about the pattern of sexual abuse crisis in the United States". « Le 24 avril, ce texte a été transmis par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal William Levada, au cardinal secrétaire d’État Tarcisio Bertone. Il m’a été transmis un mois plus tard, le 24 mai 2008», écrit Viganò.
Sipe, écrit le National Catholic Register, «rapportait qu'un certain nombre de séminaristes au Séminaire Pontifical de Sainte-Marie à Baltimore lui avaient fait part de leurs inquiétudes au sujet du comportement de l'évêque de Metuchen Theodore McCarrick». Sipe connaissait le nom d'au moins quatre prêtres qui avaient eu des rapports sexuels avec McCarrick. Il disait également disposer de lettres dans lesquelles étaient enregistrées des témoignages de première main et des témoins oculaires qui rapportaient que McCarrck, alors archevêque de Newark, avait eu des relations sexuelles avec un prêtre et qu'à d'autres moments, un autre prêtre avait fait l'objet de ses avances sexuelles. Et déjà en 2006, le Substitut de l'époque, Mgr Sandri, demandait des informations à un ex-recteur de séminaire, Mgr Ramsey. En 2000, Ramsey avait écrit une lettre au nonce de l'époque Gabriel Montalvo, qui l'avait transmise à Rome, dénonçant le fait que McCarrick avait couché avec des séminaristes. Aujourd'hui, le cardinal Ouellet qualifie cette masse d'éléments de "voix" et "rumeurs", dans une tentative d'alléger certaines responsabilités, à la fois anciennes et très récentes. Et à la Congrégation qu'Ouellet dirige, il y a certainement beaucoup plus à propos de McCarrick. Mais Ouellet n'en parle pas.

En conclusion. Le Cardinal Ouellet a été reçu en audience par le Pape immédiatement après sa mise en cause par Viganò. Il est raisonnable de penser qu'il a également été question de cela dans la conversation [ndt: ou plutôt, il a été reçu dans le seul but de mettre au point une réponse]. D'après ce que nous pouvons comprendre de la lettre ouverte d'Ouellet, outre son indignation à l'encontre de l'ex-nonce apostolique et l'éloge inconditionnel de son supérieur, l'audience du 23 juin a bien eu lieu, et il a été question de McCarrick; McCarrick avait fait l'objet de la part de Benoît XVI  de mesures restrictives dans les voyages et dans la présence publique; cette situation a changé radicalement malgré l'avertissement du Viganò à l'élection du pape François. Ouellet minimise comme "rumeurs" et "voix", les dénonciations ponctuelles que le Saint-Siège avait depuis 2000 sur McCarrick. Et ce n'est qu'avec Benoît qu'il y a eu une réaction à ces dénonciations, mais elles ont été annulées à partir de 2013. Il ne nous semble pas que dans les faits les déclarations du cardinal Ouellet démente grand chose. Bien eu contraire.




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Re: lettre ouverte du cardinal Ouellet sur les récentes accusations contre le saint - siège

Message  Admin le Ven 12 Oct 2018 - 10:54

@ Tous :

Ce commentaire du Vaticaniste Marco Tosatti remet les pendules à l'heure juste !

Mgr Ouellet, un Québécois très connu et très aimé des Québécois, est assurément une personne intègre, droite et loyale. Pour le dire autrement, "C'EST UN BON SOLDAT" qui obéit aux ordres et qui respecte l'autorité.

Malheureusement, il est là son problème dans ce dossier !

Étant un fidèle du Pape François, étant un homme droit et loyal, il ne peut pas voir les nombreux défauts du Pape François, ni ses actions ou ses paroles ambigües qu'il interprétera toujours en faveur du Pape, et ce à cause justement de son trop grand respect pour l'autorité !

En conséquence, son jugement sur la lettre du Père Vigano s'en voit quelque peu altéré, ce qui l'amène a défendre le Saint Père et à condamner Mgr Vigano !

Malheureusement, la loyauté de Mgr Ouellet l'aveugle quand il porte un regard sur François. Il lui faudrait prendre ses distances et accepter de voir le Pape tel qu'il est et non tel que lui s'en est fait une idée !

Prions pour Mgr Ouellet afin qu'il retrouve ce saint discernement !

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"Oui, mon retour est proche!
Amen, viens, Seigneur Jésus!"


Apocalypse, 22, 20


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C'est la Béatitude Éternelle du Ciel !
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Le Cardinal Quellet a peur de perdre son poste et il préfère celui-ci au Christ

Message  Angebizi Aujourd'hui à 16:22

Paix du Christ à toutes et a tous!
Toute personne qui connait le pontificat de François depuis son commencement jusqu'à present ne peut s'empêcher de constater avec grant dégoût la dévotion du pape François pour tout ce qui est le contraire de Dieu, du Christ et de l'Evangile qu'il nous a enseigné. Tous ceux qui siègent avec ce faux prophète et qui enseignent ses hérésies et promouvent ses scandales ne sont que de faux prophètes comme lui.Le cardinal Quellet en appuyant les mensonges et en refusant de dénoncer l'erreur et la corruption de Jorge Mara Berglorio et de son pontificat lui aussi tombe dans le même trou de la corruption, du péché et du mensonge or le père du mensonge est le diable lui-même. L'Archeveque Vigano est tres credible car li parle vraiment pour le Christ et son Eglise, le pape François ne l'est pas car il parle pour le monde et le prince des ténèbres et ainsi font tous ceux qui le soutiennent. Donc cette lettre ne peut tromper que ceux qui sont déjà dans l'erreur et personne ne peut trouver dans sa réponse la vérité. Je suis désolé du fait que le le cardinal Quellet juit d'un certain respect au Quebec mais il est tombé jusqu' à defendre le mensonge et la corruption, on doit prier pour sa conversion sinon il est completement en train de crucifier notre Seigneur Jesus Christ car il ne parle pas pour lui!
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Angebizi
Première Demeure : J'évite le péché mortel.
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