La Communauté des Béatitudes - Une bonne volonté hélas déviée !
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Message  Violaine le Jeu 1 Sep 2011 - 17:39

La Communauté des Béatitudes - Une bonne volonté hélas déviée, abbé de Cacqueray

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La Communauté des Béatitudes (anciennement du Lion de Juda et de l'Agneau immolé) fait partie de ces communautés « nouvelles » ou « charismatiques » nées dans les années soixante-dix en réaction à certaines dérives constatées dans l'Église. Face à l'esprit de sécularisation, de politisation, de mépris de la grande tradition catholique de prière, de culte, d'oraison, de silence, qui faisait rage dans les années d'après Vatican II, des hommes et des femmes ont voulu agir et réagir pour conserver ce précieux patrimoine spirituel enraciné dans la foi et dans l'histoire de l'Église : visée noble et louable.

Ces chrétiens se sont donc regroupés en petites communautés ferventes, qui ont eu rapidement du succès auprès de nombreuses âmes assoiffées de Dieu et qui ne trouvaient plus, dans des mouvements d'Action catholique moribonds et très politisés, de quoi apaiser leur désir spirituel. La crise, étant généralisée, avait frappé tous les milieux et de multiples façons. Selon l'expression de Péguy, « quand il y a une éclipse, tout le monde est à l'ombre ». Il n'est donc pas étonnant que ces pionniers du « renouveau » (comme ils se nomment eux-mêmes) aient été affectés de diverses erreurs et insuffisances qui mettaient en péril leur désir sincère de s'inscrire dans la droite ligne de la foi et de la vie catholiques.

Dans le cas des Béatitudes, le fondateur, frère Éphraïm (Gérard Croissant), était un protestant qui se préparait à devenir pasteur : ce n'est que deux ans après la fondation de la communauté qu'il se convertit au catholicisme sous l'influence de Marthe Robin. Par ailleurs, le charismatisme catholique, né en février 1967 à Pittsburgh (USA), a pour origine le pentecôtisme apparu au sein du protestantisme nord-américain et gallois au début du xxe siècle. On constate donc aux sources de cette communautée celle qui, ayant conservé tout ce qu’elle a vu dans son coeur, nous aide à y pénétrer dans une toujours plus grande intimité. une forte influence protestante. Les Béatitudes, de plus, y ajoutent une contamination par le judaïsme talmudique, le judaïsme moderne qui n'a pas reçu Jésus comme Messie et Fils de Dieu. Ses membres célèbrent, en particulier, le shabbat.

Ces errements ne seraient évidemment pas un motif de rejeter la Communauté des Béatitudes s'ils appartenaient au passé. La conversion comporte, forcément, le fait de passer de l'erreur à la vérité, du péché à la sanctification. Après tout, saint Paul était un pharisien acharné avant sa conversion, un persécuteur de l'Église, et le futur saint Augustin fut de longues années un manichéen militant. Malheureusement, les fondateurs n'ont pas fait l'effort (mais les autorités ecclésiastiques ne les ont guère aidés en ce sens) de réviser leur doctrine et leurs pratiques à l'aune exclusive de la foi catholique et de la Tradition de l'Église. Ils ont donc conservé, au coeur même de leur vie, des erreurs, des illusions, des faux principes, des pratiques douteuses.

Ainsi, ces groupes, dont l'inspiration était bonne (revenir à une vie de prière, vivre en communauté et pratiquer l'évangélisation, spécialement auprès des plus démunis), n'ont pas donné les fruits doctrinaux et spirituels qu'on aurait été en droit d'espérer, à l'instar de ces mouvements de renouveau que nous présente l'histoire de l'Église, comme les ordres mendiants au xiiie siècle ou les jésuites au xvie. Il est donc à désirer que les personnes généreuses qui se sont engagées de bonne foi dans ces mouvements, pour le salut de leur âme et le service de l'Église, s'aperçoivent des erreurs dont elles sont les victimes et, avec une énergique résolution, les arrachent pour y planter uniquement ce qui est conforme à l'enseignement de la foi et à la Tradition catholique.

Abbé Régis de Cacqueray †, Supérieur du District de France




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Message  Octo le Jeu 1 Sep 2011 - 23:00

@ Violaine :
@ Tous :

Plus encore, il y aurait même eu de grosses dissensions au sein du groupe avec un nouveau chef remplaçant Éphraïm, lequel serait introuvable depuis deux ans étant parti avec une partie de la cagnotte et ayant vécu comme un pachat, raconte-t-on.

Je cherche des infos plus élaborées là-dessus et je vous reviens !

Octo !

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Message  Octo le Jeu 1 Sep 2011 - 23:23

LA SECTE QUI PROSPÈRE AVEC LA BÉNÉDICTION DE L'ÉGLISE

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La communauté des béatitudes et son gourou, Ephraïm, vident les portefeuilles des bonnes âmes. Et le Vatican ne bronche pas.


(Le Canard enchaîné, 17 janvier 2007) - A la suite d'une embrouille avec les services fiscaux français, Ephraïm, fondateur de la très catholique communauté des Béatitudes, vient de délocaliser une partie de ses activités sectaires en Suisse. Gérard Croissant, de son vrai nom, et ses ouailles charismatiques échapperont peut-être ainsi à la justice des hommes.

Il était temps. Jean-Michel Roulet, le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) - qui rendra son rapport annuel le 24 janvier-, assure qu'«un faisceau concordant d'éléments justifie pleinement que la justice soit saisie». Car «des familles nous ont décrit des situations que l'on peut qualifier de dérives sectaires», Et les pratiques financières de cette drôle de communauté font déjà l'objet d'une information judiciaire au tribunal de Castres.

Patrimoine divin

Ephraim est à la tête d'une véritable entreprise familiale. Son épouse, Josette, en est l'experte-comptable. Ses frères et soeurs, beaux-frères et belles-soeurs dirigent les différentes succursales. La communauté des Béatitudes compte, à l'en croire, 75 implantations à travers le monde. Dont une trentaine en France. Chaque «maison» est conduite par un «berger» qui soigne les âmes et gère un joli patrimoine immobilier, acquis depuis 1973.

Les «Béatitudes» se nommaient alors le «Lion de Juda» («Le Canard» du 17 août 1988 et du 2 mai 1990) et prétendaient être à «l'image des communautés primitives», les vraies, les pures, les dures. Avec la béné- diction du Vatican, ces charismatiques ont, peu à peu, récupéré monastères et abbayes laissés à l'abandon par des religieux vieillissants. Une sorte d'héritage spirituel...

A Nouan-le-Fuzelier, en Sologne, le «berger» et ses «frères et soeurs» ont ainsi hérité d'un «bel ensemble», composé d'une ferme, d'une grange, de quelques écuries et d'un pavillon de chasse du XIXème. Sans oublier 30 hectares de terrains et forêts alentour. C'est peut-être là, le royaume de Dieu ... A moins que ce ne soit en Seine-Maritime, où «la Maison du cour de Marie» tient plus du château que de la crèche, ou bien encore en Côte-d'Or, où les Béatitudes possèdent un impres- sionnant domaine baptisé «Notre-Dame-des-sept douleurs». On les plaint.

Ces braves gens ont pourtant fait voeu de dénuement. C'est écrit dans leurs statuts : «Par leur engagement de pauvreté, tous les membres de la communauté choisissent librement de ne plus rien avoir en propriété personnelle, mettant tout en commun (...).» Concrètement, le fidèle «verse normalement à la maison commune ses revenus (salaires, retraites, pensions, allocations, assurances) et les dons qu'il reçoit». Et même les héritages.

Ainsi, la famille M. s'est retrouvée dépouillée de ses maigres économies. Pascal et Myriam, avec leurs deux enfants en bas âge, ont séjourné trois ans au château Saint-Luc, dans le Tarn. Jusqu'en 2003, ils y ont occupé différentes fonctions : jardiniers, secrétaires, infirmiers. «Nous n'étions bien entendu jamais rému- nérés, raconte le couple. Il nous était demandé de verser une dîme sur les allocations familiales, le RMI et les dons que nous recevions de notre entourage.»

Logée modestement et gracieusement, la famille M. était nourrie, selon la plainte qu'elle a déposée, «grâce à des marchan- dises périmées données par des commences. Les reaos étaient préparés dans des locaux totalement inappropriés». Décidément, rien ne remplace les nourritures spirituelles ...

En attendant, la petite «entreprise» d'Ephraïm et de ses «bergers» engraisse. Les Béatitudes ont ainsi créé plusieurs associations ou SARL écrans, agréées par l'Etal comme «centres de formation continue», et donc non soumises à la TVA. Des centaines de bedeaux nantis viennent, chaque année, y «guérir de leur histoire familiale» grâce à des techniques «psycho-spirituelles», de «psycho-généalogie», d'«agapè-thérapie» et «recevoir l'enseignement d'Ephraïm», prier... et alléger leur compte en banque.

Multiplication du blé

Officiellement, le coût d'une formation de quatre jours oscille entre 400 et 800 euros. Mais comme les fidèles sont priés de faire ouvre de charité, ils versent une obole supplémentaire, en liquide ou par chèque, mais sans mention du destinataire, s'il vous plaît ... De l'argent frais qui permet aux «bergers» d'employer des manoeuvres chargés d'embellir les demeures dans lesquelles ils résident pauvrement. Christian T. a été de ceux-là entre août 2003 et janvier 2004. Il se rappelle avoir installé baignoire d'angle, Jacuzzi, réseaux Internet et fausses cloisons dans la résidence d'Ephraïm à Labrit (Landes).

Comme en témoignent les relevés bancaires de Christian T., le gourou lui donnait de l'argent en liquide et des chèques censés couvrir ses frais. Parfois de petites sommes, mais souvent aussi des chèques de 4'000 ou 6'000 euros. Toujours des «dons» de fidèles. Jusqu'au jour où le banquier de Christian T. a cru déceler un circuit de travailé au noir, voire de blanchiment d'argent. Une variante de la multiplication des pains ?

L'âme et le corps

Les soupçons du banquier pointilleux n'ont pas empêché la poursuite des stages «psycho-spirituels», à Labrit comme ailleurs. Les théories douteuses de prétendus thérapeutes, membres du réseau d'un certain «docteur» Ryke Geerd Hamer, y sont largement enseignées. Ce pape des «thérapies nouvelles» a été condamné en septembre 2004 pour exercice illégal de la médecine et complicité de non-assistance à personne en danger. Selon lui, il est très simple de guérir d'un cancer lorsqu'on peut «réparer l'événement qui l'a déclenché». Dans ce cas-là, inutile de se soigner.

Mais Ephraïm et les siens font mieux ils soignent aussi les âmes. Pour être certains d'y parvenir, ils s'y prennent tôt, Les Béatitudes disposent ainsi de leur propre école privée. A Autrey, dans les Vosges, une trentaine d'ados de 13 à 18 ans prient et se préparent à devenir la future élite de la communauté.

Pour appartenir un jour à cette fine fleur de la Béatitude, leurs parents versent mensuellement 350 euros. L'enseignement quotidien, dispensé par 27 profs bénévoles, commence et finit par des prières.

Pendant ce temps, Ephraïm proclame, urbi et orbi, la parole du père. Aux dernières nouvelles, il vient d'arriver au Sénégal et, par courriel, réclame «en urgence» à ses fidèles «entre 75'000 et 120'000 euros» pour acquérir «un terrain au une maison». Avec piscine, on espère.

Didier Hassoux

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Message  Octo le Jeu 1 Sep 2011 - 23:38

LA COMMUNAUTÉ DES BÉATITUDES : UNE SECTE AU SEIN DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE ?


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( hedo.nouvelobs.com , 29 mars 2007) - Il se passe des choses étranges dans cette «communauté nouvelle», l'une des plus importantes du monde catholique. Plusieurs de ses membres dénoncent des manipulations mentales, des abus de pouvoir, voire une entreprise de racket. Son fondateur a disparu. La justice est saisie, et l'Eglise bien embarrassée.

Enquête de Marie Lemonnier

Il a un sourire jovial, une barbe vaguement méphistophélique. Un prénom inoffensif: Gérard. Mais il se fait appeler Ephraïm, du nom de l'une des douze tribus d'Israël. Où est-il aujourd'hui ? En Afrique ? En Espagne ? Gérard Croissant, alias frère Ephraïm, s'est volatilisé en mai 2006. «En ermitage» selon les siens, «en fuite» pour les gendarmes, il est dans le collimateur des organismes de prévention contre les sectes. Un juge d'instruction du tribunal de Castres aimerait bien l'entendre.

Comment cet exétudiant en art a-t-il transformé en une trentaine d'années une petite communauté en un vaste mouve- ment implanté sur les cinq continents, du Liban au Burkina Faso, en passant par la Bosnie, le Canada ou le Mexique ? Comment ce chantre d'une nouvelle spiritualité empruntant à toutes les religions du Livre a-t-il obtenu la reconnais- sance du Vatican ?

Gérard Croissant est le fondateur des Béatitudes, un ensemble de 77 communautés religieuses présentes dans 30 pays à travers le monde. En France, ses 27 «maisons» (terme utilisé chez les «Béats» pour désigner chaque communauté) ont pignon sur rue à Blagnac, à Nouan-le-Fuzelier, à Lisieux ou à Lourdes. Elles sont installées dans de splendides monastères ou des châteaux. Animées le plus souvent par des chrétiens convaincus, attirant à elles des «communautaires» très engagés tout comme des paroissiens lambda qui se contentent d'assister à ses offices. Elles sont surtout adoubées par l'Eglise catholique.

Certes, ces dernières années, l'institution a pris ses distances avec frère Ephraïm. Lui-même ne dirige plus le mouvement. Mais il en reste l'un des principaux inspirateurs. Selon les associations de lutte contre les sectes, en tout cas, ses pratiques et ses préceptes sentent le soufre. Il aurait franchi la ligne jaune. Comme quelques autres responsables de «maison», appelés les «bergers» dans le langage communautaire.

Aujourd'hui, ces associations ont entre les mains une quarantaine de plaintes, émanant de toute la France. Surtout, depuis le 25 avril 2005, la justice est officiellement saisie par un couple de trentenaires opiniâtres. Myriam et Pascal Michelena (1), parents de trois enfants, ont séjourné entre 1999 et 2001 dans l'une des maisons des Béatitudes, au château Saint-Luc, à Cuq-les-Vielmur (Tarn).

Pendant trois ans, ils ont vécu selon les préceptes de Gérard Croissant. Obéissance absolue, pauvreté, humilité... Un beau programme - ils y ont cru. Aujourd'hui, ils parlent d'esclavage, de racket, d'humiliations. Ils portent plainte pour «abus de faiblesse» et «travail dissimulé»: «On nous a fait croire que nous faisions partie de «l'élite». Comment avons-nous pu imaginer qu'une telle existence pouvait correspondre à un idéal de vie chrétien ? Nous avons honte.»

Que cachent les Béatitudes ? Une communauté fraternelle incomprise ?

Seulement quelques dérives qui ne sauraient entacher l'ensemble du mouvement ? Ou une véritable secte qui s'est habilement infiltrée à l'intérieur de l'Eglise catholique ? Selon la légende colportée par frère Ephraïm, tout aurait commencé autour d'une «quatre-saisons». En 1973, en effet, il dîne dans une pizzeria de Montpellier avec sa compagne Jo et un couple d'amis protestants. Soudain, une «inspiration divine» frappe Gérard. «Et si on vivait en communauté ?» Aussitôt, les quatre convives créent la Communauté du Lion de Judas et de l'Agneau immolé (qui sera rebaptisée en 1991 Communauté des Béatitudes).

Gérard a alors 24 ans et il est membre de l'Eglise réformée. Il se destine à devenir pasteur. Mais il a rencontré Lanza del Vasto, le disciple occidental de Gandhi, militant de la non-violence et du dialogue interreligieux, qui a fondé sur le modèle des ashrams indiens la Communauté de l'Arche dans le sud de la France. Gérard Croissant a-t-il voulu imiter le philosophe contestataire en créant sa propre «succursale» ?

Un autre événement décisif va l'influencer. En 1974, il part aux Etats-Unis et découvre les grands rassem- blements évangéliques. Il est fasciné par ces prédicateurs ébouriffants qui haranguent des foules de born-again. Il voit des assemblées entières prises de transe, frappant des mains, habitées par l'Esprit saint. Les fidèles «parlent en langue», chantent dans un verbiage incompréhensible et exaltant. Gérard est emballé. Jo, elle, se fait poser une couronne sur laquelle un dentiste charismatique grave Jésus !

De retour en France, le couple retrouve les amis de la pizzeria et s'installent du côté de Charmes-sur-Rhône. Là, Gérard Croissant reçoit un nouveau «signe du ciel» : il doit renoncer au protestantisme et se tourner vers le catholicisme. Croissant - qui dans la foulée s'attribue le nom de frère Ephraïm - veut réveiller les cathos, faire passer sur eux le grand souffle qu'il a ressenti chez les évangéliques américains.

Une légende de plus ?

«M. Croissant s'était brouillé avec les protestants, assure aujourd'hui un curé qui l'a bien connu à cette époque. Il a toujours voulu constituer son propre mouvement.

Il a profité de la faiblesse de l'Eglise catholique pour faire son beurre !» Un opportuniste, le futur prophète des Béatitudes ? Un cynique qui module ses inspirations divines au gré de ses intérêts ? «Un maquignon, oui!», dit le vieil abbé, très remonté.

Toujours est-il qu'Ephraïm est ordonné diacre en 1978. Mieux, sa petite troupe est décrétée «pieuse union» l'année suivante par l'évêque d'Albi, Mgr Coffy. Le fils prodigue, transfuge du protestantisme, est accueilli à bras ouverts. Choyé même, puisque l'évêché lui permet de s'installer dans le magnifique couvent des capucins de Cordes-sur-Ciel.

La communauté de Cordes est la «maison mère». Le coeur de l'entreprise Croissant. C'est là qu'Ephraïm va construire les fondements de son «Eglise». Il l'inscrit dans la mouvance du Renouveau charismatique catholique qui apparaît dans la France baba d'après-68, dans le sillage du pentecôtisme nord-américain.

La spécificité des Béatitudes ?

Laïques, mariés ou célibataires vivent sous le même toit que des religieux consacrés. Un mélange qui susci- tera bien des controverses au sein même de l'épiscopat. Mais, en ces temps de déchristianisation, comment ne pas se réjouir quand naît un nouveau mouvement qui recrute activement parmi la jeunesse ? D'autant que celui-là promet de renouer avec le modèle des premiers chrétiens communiant dans le partage des biens et de la pauvreté volontaire. Défendant le plus souvent des valeurs en perte de vitesse : l'hostilité à l'avor- tement ou au féminisme.

Pour les temps de prière communautaire, Ephraïm applique les méthodes «américaines»: guérisons miraculeuses, transe, glossolalie... Et met au point une liturgie très esthétique (aubes blanches, bougies, fleurs, danses, lectures en latin, chants en hébreu ...) qui séduira bien au-delà du cercle des résidents des Béatitudes.

Ainsi va la «maison» de Cordes. Elle prospère, dans une ambiance très «familiale». Philippe Madre, beau-frère d'Ephraïm, devient le premier «berger» de la «maison». Jo s'assigne le rôle de grand argentier. Bientôt, elle voyagera à travers le monde, ordinateur portable sous le bras, pour relever les comptes de près de... 80 «maisons» !

Extraordinaire croissance

Les enquêteurs essaient aujourd'hui de démêler l'écheveau. Ils s'interrogent sur ses multiples sociétés et l'important patrimoine immobilier des Béatitudes. Certes, la communauté a bénéficié d'une aide de l'Eglise, mais aussi de dons de fidèles prompts à se défaire de leurs richesses matérielles. «Les engagés définitifs se dépouillaient de la totalité de leurs biens. Nous, nous devions verser une dîme sur toutes nos ressources», expliquent les Michelena. En trois ans, leurs 60'000 francs d'économies y passent.

Le couple raconte un rythme de vie harassant: laudes, messes, vêpres, oraisons... - et travail bénévole de 7h30 à 22 heures. Pascal trime au jardin puis au secrétariat. Myriam s'occupe des enfants et de la cuisine, pour des tablées pouvant aller jusqu'à soixante personnes les semaines de séminaires ! «Nous devions manger les restes avariés des supermarchés quand se construisait dans le même temps une maison à 6,5 millions de francs en contrebas du château et que le «berger» faisait appel aux services d'un paysagiste pour le parc!» Certains «bergers» semblent en effet avoir une vision toute relative du voeu de pauvreté.

Philippe Madre demeure dans une résidence avec piscine, attenante au monastère de Cordes. Un autre de ces bons «pasteurs» s'est offert une maison de sept chambres avec minigolf près d'Arcachon. Et le prophète Ephraïm ? Christian T., artisan, a travaillé six mois à la réfection de son Moulin de Marie, dans les Landes. Il se souvient d'y avoir installé «fausses cloisons, baignoire d'angle, Jacuzzi et sèche-serviettes d'une valeur de 1'500 euros». Comme l'attestent ses relevés bancaires, il était rémunéré en liquide, ou avec les chèques de dons sans ordre (allant parfois jusqu'à 6'000 euros) qu'étaient priés de verser les adeptes venus suivre une «formation à l'accompagnement spirituel» pour une somme oscillant entre 400 et 800 euros les quatre jours.

Car la communauté organise aussi des stages.

Ephraïm se veut une sorte de thérapeute religieux

N'hésitant pas à faire le grand écart entre théologie et psychothérapie. Côté théologie d'abord: après plusieurs séjours en Israël, il élabore une spiritualité mélangeant judaïsme, protestantisme et orthodoxie sur fond de catholicisme. Comme certains évangéliques, il est convaincu que seul le rapprochement de tous les chrétiens avec leurs racines juives peut réaliser les conditions du retour du Christ sur terre (dont les guérisons spontanées et autres miracles seraient les premiers signes). Côté «psy» : il prône des thérapies plus ou moins New Age censées mener à la «guérison intérieure». Résultat: dans les «maisons», le «berger» est à la fois un «médiateur vers Dieu» et un «accompagnateur psychospirituel». «On vous maintient dans une introspection permanente, dans une confusion des plans psychologique et spirituel complètement déstructurante», explique Pascal Michelena. «Il est alors très facile de vous couper de vos parents en les accusant de ne pas vous apporter tout l'amour que vous réclamez, mais qu'heureusement vous pouvez trouver en Dieu», ajoute Myriam, qui évoque une véritable «manipulation mentale».

Une «emprise» renforcée par la peur de l'extérieur

Chaque jour, on leur répète que «l'Esprit du monde est infesté par le Diable personnifié». Un seul salut, la communauté et le «renoncement au monde», «à toute propriété», «à soi», «à sa volonté», l'«obéissance» absolue à la «Règle» et au «berger» à qui l'on doit «soumission» et «transparence fraternelle»!

«C'est un système qui donne un pouvoir colossal aux responsables des «maisons», confie un ex-communautaire qui veut garder l'anonymat. Pour peu qu'ils aient une personnalité tordue, ils deviennent des petits gourous.» Jacques Héliot, président de l'Association Vie religieuse et Familles (Avref), qui a reçu plusieurs témoignages d'ex-«Béats», confirme: «Dans certaines «maisons», les membres n'ont plus la liberté de penser ou d'agir.»

Mme D., par exemple, n'a pas revu sa fille depuis sept ans. «Ces sessions d'agapéthérapie [«guérison par l'amour de Dieu»] détruisent tous les liens!», se révolte cette mère impuissante. En 2005, sa fille l'a cependant contactée: elle lui a réclamé 250'000 francs... pour la communauté. Mme D. n'a pas voulu céder. Elle est depuis sans nouvelles.

«Les parents sont nombreux à nous solliciter, confirme l'Unadfi, l'association d'aide aux victimes de sectes, mais ils ne peuvent pas déposer plainte: leurs enfants sont majeurs.» En attendant, certains guides «psychospirituels» vont parfois jusqu'à promettre la guérison du cancer, du sida ou de l'homosexualité, et développent leurs activités. Ou les déplacent, quand des inspections se font trop pressantes. Ainsi que semble le faire un autre beau-frère de Gérard Croissant, Roland Blanquart, ex-cuisinier autoproclamé psy, qui a un programme très chargé du côté de la Suisse pour l'année à venir. Guy Rouquet, président de Psychothérapie Vigilance, se désole: «Il y a beaucoup de gens sincères à l'intérieur de la commu- nauté qui ne voient pas la superstructure et la manière dont ils sont utilisés et abusés.»

Pour compléter leur «cauchemar», les Michelena ont appris par hasard qu'un prêtre condamné quatre mois plus tôt par la cour d'appel de Rouen à cinq ans de prison pour pédophilie sur mineurs de moins de 15 ans logeait en toute tranquillité au-dessus de la chambre de leurs trois enfants, dans la «maison» de Saint-Luc où ils séjournaient. Et ce en contradiction flagrante avec les indications de la cour. Le «berger» d'alors lui avait même accordé le titre d'« accompagnateur psychospirituel » !

En 2004 aussi, dans le «petit séminaire» créé par les Béatitudes (une école hors contrat installée en 1988 à l'abbaye d'Autrey, dans les Vosges, pour assurer la relève), un autre prêtre a été accusé de pédophilie. L'affaire a cependant abouti à un non-lieu. L'un des garçons qui se disait victime s'est depuis suicidé. Un ancien élève de l'établissement, très affecté, témoigne également des «exorcismes pratiqués sur les élèves qui montraient le moindre signe d'insoumission».

Simples brebis galeuses ? Accidents de parcours ?

La «modération générale» de Blagnac, instance supérieure de la Communauté des Béatitudes, sollicitée par «le Nouvel Observateur», refuse de commenter les accusations qui pèsent aujourd'hui sur les «maisons» et leur fondateur. En décembre 2002, le modérateur général avait pourtant envoyé une «lettre de pardon» «aux frères et aux soeurs ayant vécu à la communauté et l'ayant quittée». Il s'était excusé «pour les fautes commises et pour les souffrances infligées». Le père Bernard Marie, nouveau «berger» depuis septembre, de l'ancienne «maison» des Michelena, évoque quant à lui d'«éventuelles erreurs de jeunesse». Lors d'une AG de novembre, les statuts de la communauté ont été révisés. Un léger nettoyage à destination du Conseil pontifical ?

Les évêques, eux, sont embarrassés. Un rapport interne et confidentiel d'avril 2005 les invitait déjà à être vigilants sur «les conséquences graves sur la liberté de la personne et ses rapports familiaux» que peut entraîner la confusion des plans spirituel et psychologique dans les communautés. L'Unadfi et la Miviludes ont aussi alerté les autorités ecclésiales à de nombreuses reprises. Mgr Maupu, président de la commission sur les associations laïques, plaide pourtant le «manque d'information». Plus au fait, Mgr Carré, évêque d'Albi, affirme avoir «signalé un certain nombre de problèmes». Seulement, «les évêques n'ont pas autorité sur les associations de laïques. Ce sera à Rome de trancher», conclut-il prudemment. D'autant que fin 2002 les Béatitudes ont été reconnues par Rome «association internationale laïque de droit pontifical ad experimentum» pour cinq ans. Une consécration.

Aux dernières nouvelles, Ephraïm aurait fondé au Sénégal une association pour les enfants de Dakar. Par internet, il réclame «en urgence» à ses fidèles «entre 75'000 et 120'000 euros» pour acquérir «un terrain ou une maison» !

(1) Myriam et Pascal Michelena racontent leur expérience dans « les Marchands d'âmes. Enquête au coeur des Béatitudes: les thérapies chrétiennes en question», Golias.

Marie Lemonnier
Le Nouvel Observateur

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Message  Octo le Ven 2 Sep 2011 - 0:28



L'affaire de la communauté des Béatitudes



Par le CICNS (mis à jour décembre 2009)



La communauté des béatitudes a été l’objet
d’une couverture médiatique importante ces dernières années en raison
d’un certain nombre de plaintes déposées à son encontre. Nous
proposons ci-dessous un récapitulatif de ces événements et mettons en
évidence le rôle des médias dans la construction d’une image négative
de ce groupe, indépendamment des faits qui peuvent être reprochés à
certains de ses membres, et qui sont en cours de traitement par la
justice.

Origines et statuts



«La communauté est née en France en 1973, dans la
mouvance charismatique sous le nom de « Communauté du lion de Juda et
de l’agneau immolé
». Gérard Croissant, appelé Frère Ephraïm, marié,
est à son origine, avec un autre couple.


C’est en 1987 que la
communauté décide de prendre le nom de « Communauté des
Béatitudes
» Le changement devient officiel en 1991. Elle est
aujourd’hui implantée sur les cinq continents, dans 65 diocèses .
« Association internationale de fidèles
de droit pontifical depuis 2002, la communauté relève du Conseil
pontifical pour les laïcs et non plus directement de son diocèse
d’origine
» (La Croix,24 juin 2008).
« La communauté des Béatitudes a été reconnue
"ad experimento" (à titre provisoire, ndlr) en 2002 par
le Vatican pour une période de cinq ans. Sa reconnaissance définitive
n'ayant pas abouti, le statut provisoire a été prolongé de deux ans,
a indiqué à l'AFP le père Jean-Baptiste Tison, l'un des membres de la
communauté de Notre-Dame de Bonnecombe 
» (AFP, 17 octobre 2008)



Plaintes et procédures judiciaires



En avril 2005, Myriam et Pascal Michelena, anciens membres de la
communauté déposent plainte contre cette
organisation pour faits d'escroquerie et abus de faiblesse.
La justice classe sans suite la plainte des Michelena : « Dans
son ordonnance de renvoi (...), la juge d'instruction estime en effet
qu'il n'y a pas eu abus de faiblesse mais plutôt un ressenti de
«manipulation mentale», une notion qui n'entre pas dans le droit tel
quel
». (La
Dépêche
).



L'article précise que la juge ne se prononce pas sur les faits
d'escroquerie puisqu'ils sont prescrits. Myriam et Pascal Michelana
précisent : « Si nous avons tardé à porter plainte, c'est
parce que nous avons essayé en premier lieu de trouver une solution
avec les institutions ecclésiales et le tribunal d'officialité de
Toulouse. N'ayant pas été entendus, nous sommes allés vers la justice
pénale. Aujourd'hui, nous sommes écœurés par tout cela. Mais nous
voulons tourner la page en espérant que d'autres victimes trouvent le
courage et l'énergie de prendre le relais
» (ibid.)



À la suite de cette décision de justice de nombreuses autres plaintes vont émerger donnant lieu à différentes
procédures judiciaires.



Quatre membres de la communauté religieuse des Béatitudes de l'Aveyron dénoncent le frère Pierre-Etienne Albert pour
« attouchements sexuels sur mineurs » (AFP, 12 juin 2008). Cet homme de 57 ans avoue à la justice « une
cinquantaine d'agressions sexuelles commises dans toute la France sur des enfants de 5 à 14 ans entre 1985 et 2000
» (La Dépêche,3 octobre 2008).
« Il est mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, en février 2008 à Rodez » (AFP, 17 octobre 2008).



Selon Pierre-Etienne Albert :« La hiérarchie de la communauté était parfaitement au courant de ses
agissements et n'aurait rien fait pour y mettre fin, se contentant de
le déplacer de « maison » en « maison»
.» (Sud Ouest, 3 octobre 2008)



« C'est dans ce cadre qu’une information judiciaire pour
non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs a été ouverte à
Rodez (12). Six responsables des Béatitudes ont été placés en garde à vue ces
derniers jours à Toulouse, La Roche-sur-Yon (86) et Prayssas (47). À Prayssas, c'est un couple de retraités, animateurs d'une association
liée à la communauté, Alliances internationales, qui ont été entendus
par les gendarmes du service de recherche de Toulouse. Placés en
garde à vue lundi, ils en sont ressortis le lendemain sans qu'aucune
charge n'ait été retenue à leur encontre. Dans le même temps, les
enquêteurs ont également perquisitionné la propriété de l'association
Kinor, à Labrit (40), considérée comme le domicile du fondateur des
Béatitudes, Gérard Croissant
». ( Sud Ouest,3 octobre 2008)



Nicolas Le Port-Letexier, 28 ans, élève de 1995 à 1999 du cours Agnès de Langeac, collège de la communauté situé à Autrey (Vosges)
donne le témoignage suivant : « Le responsable de la communauté d'Autrey, qu'on appelle le berger,
venait me savonner sous la douche. Le soir, il invitait d'autres jeunes à le masser nu sur le lit dans sa chambre. Il caressait les
fesses et embrassait la poitrine d'un autre. Certains responsables
avaient des relations sexuelles avec les élèves (…) Huit jeunes à ma
connaissance ont mis fin à leurs jours
»
(Le
Parisien
). À noter que le Parisien titre son article : « Enquête sur une série de suicides dans une communauté religieuse
» alors que
dans son numéro du 21 janvier 2009, il précise que l’une des personnes a mis fin à ses jours dans un hôtel de Toulouse.



« Le procureur d'Epinal, Bernard Marchal, a décidé
l'ouverture d'une enquête préliminaire suite à « des éléments
nouveaux » sur les événements survenus au sein du collège
Agnès de Langeac, entre 1995 et 1999, à Autrey (Vosges)
» ( Le Parisien, 21 janvier 2009).




Un membre des groupes de prières de la communauté des Béatitudes de Vaumoise s'est adressé à une association
antisectes : « Il se sentait pris au piège et avait peur que cette
communauté religieuse se substitue à la médecine pour soigner les
gens avec des prières lors de certains offices
 » ( Le Parisien, 8 août 2008).



Olivier Demarle, qui avait rejoint la communauté installée dans le
château de Thy en Belgique dit avoir été confronté à des manipulations mentales et à une thérapie
« hautement
dangereuse
»» ( Le Parisien – Aujourd’hui en France, 15 décembre 2008).



« Gérard Croissant, 59 ans, le fondateur de la communauté catholique
des Béatitudes (…) a été interpellé à sa descente d'avion mardi matin
à l'aéroport de Roissy. Il arrivait du Rwanda où il s'était réfugié
depuis dix mois. (…) Il a été remis en liberté mais sera convoqué par
la juge d'instruction pour être mis en examen pour « non dénonciation
d'agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans
. » (Le
Parisien
, jeudi 6 novembre 2008)



Le Conseil
pontifical pour les laïcs a pour sa part souligné « la nécessité
d'aller au fond des problèmes soulevés et d'entreprendre dès à
présent un chemin de refondation spirituelle et structurelle" et
demandé que l'assemblée générale se tienne avant novembre 2009 »
( AFP, 17 octobre 2008). Elle s'est tenue du 1 au 31 octobre
2009 à Chateauneuf-de-Galaure et autorise toujours la communauté
à garder « pour quelques temps encore le statut d'Association
privée de Fidèles de droit pontifical, comme c'est le cas depuis
le 8 décembre 2002. Une surprise de taille ! Pour nombre
d’observateurs religieux, cette assemblée générale ne devait rien
moins que signer la fin de la coexistence des différents états de
vie à l’intérieur des Béatitud
es »

(
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]).




MIVILUDES et associations antisectes



Dans un article du
Canard Enchainé
du 10 janvier 2007, le journaliste Didier Hassoux rapporte un commentaire de Jean-Michel Roulet (alors président de la MIVILUDES)
sur la communauté des Béatitudes : « Un faisceau concordant d'éléments justifie pleinement que la justice
soit saisie
», car « des familles nous ont décrit des situations que l'on peut qualifier
de dérives sectaires
».

L’actuel président de la MIVILUDES « Georges Fenech et ses
conseillers se sont rendus au siège blagnacois national et
international des Béatitudes où ils ont rencontré le modérateur
général Françoic-Xavier Wallays, son adjoint et plusieurs membres
 ».
Le président de la MIVILUDES précise : «J'ai initié une méthode qui
est d'aller sur le terrain plutôt que de rester dans un bureau (…).
Nous avions reçu une vingtaine de plaintes ou de signalements,
d'anciens membres ou de leurs familles, concernant les Béatitudes :
agressions sexuelles, ruptures familiales, abandon de patrimoine pour
travailler ensuite bénévolement, pratiques psycho spirituelles,
confusion entre pratique religieuse de congrégation de vie consacrée
alors qu'une demande de statut de congrégation est instruite par le
bureau des cultes du ministère de l'Intérieur (…) J'ai saisi le
préfet de Haute-Garonne pour vérifier le fonctionnement sur la
légalité du travail bénévole, et pour qu'il demande où sont les
filles d'un couple sans nouvelle d'elles. Je vais réunir le conseil
qui m'entoure. Nous sommes au stade de la réflexion. Mais il faut une
surveillance de la MIVILUDES.
». (La
Dépêche
).



Le ton de Jean-Michel Roulet reste prudent et Georges Fenech ne
prononce ni l’expression « dérive sectaire », ni l’expression
« emprise mentale », pourtant « consacrées » dans la rhétorique de la
mission. Ces expressions sont néanmoins utilisées par des plaignants
et par la presse.



Il est intéressant de comparer les propos de Georges Fenech sur la
communauté des Béatitudes avec ceux qu’il a tenus au sujet de la
communauté « Amour et Miséricorde » dans le Jura, très rapidement
accusée d’être une « secte » : « selon la MIVILUDES (…) les
informations recueillies « attestent
de comportements constitutifs de dérives sectaires au sein de ce
groupe à travers des témoignages révélant un processus d’emprise sur
ses membres, de rupture avec l’environnement familial et social et de
pressions financières
.» .
Si l’on compare les plaintes déposées pour ces deux groupes, il est
clair pourtant que la communauté des Béatitudes est plus
controversée.



La différence de traitement tient apparemment à la
proximité de cette communauté avec l’Eglise catholique qui a un
statut particulier en France ; la terminologie antisecte ne peut être
utilisée sans précautions. Loin de nous l’idée de regretter la
prudence de la MIVILUDES, mais cette attitude, plutôt qu’une
salutaire prise de recul globale, illustre la laïcité à géométrie
variable qui caractérise notre pays.



Certains commentateurs critiquent par ailleurs la nouvelle stratégie
d’action de la MIVILUDES : « Il y a effectivement mélange des genres
: si le député Fenech est effectivement chargé d'une mission
d'évaluation des dispositifs
judiciaires conçus pour lutter plus efficacement contre les dérives sectaires.
il n'est pas inspecteur de police judiciaire et ses perquisitions/visites chez des communautés relèvent du mélange des
genres
 ». (Michel Janva,
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])



Dans un article du
Nouvel Observateur
du 29 mars 2007, la journaliste Marie Lemonnier rapporte les propos
de Guy Rouquet, président de Psychothérapie Vigilance, qui se désole
: « Il y a beaucoup de gens sincères à l'intérieur de la communauté qui ne voient pas la
superstructure et la manière dont ils sont utilisés et abusés
».



Le thème de l’emprise mentale est l’argument favori des associations
antisectes. Il a la particularité appréciable d’être anxiogène, ce qui
dispense en général d'avoir à apporter des preuves, et la double
fonction de discréditer d’emblée la ou les personnes accusées de ces
pratiques et de frapper d’irresponsabilité leurs supposées victimes.



Réactions de la communauté, de son environnement et de l’Eglise
catholique



La communauté a déposé un certain nombre de
plaintes pour diffamation : « Cela porte à une dizaine le nombre de
plaintes déposées contre des médias : chaînes de télévision, journaux
de la presse quotidienne nationale ou régionale, hebdomadaire,
journal gratuit et même un site internet 
» ( La Dépêche, 20 janvier 2009).



Suite aux déclarations d’un membre de la communauté de Vaumoise craignant
que la communauté se substitue à la médecine, Bernard Grenier, le vicaire général de l'évêché de Beauvais, déclare
: « Ce n'est pas le cas !. Ils prennent sous leur aile ceux qui leur demandent de l'aide. Je
pense que l'homme qui s'est alarmé et a cru à une secte a dû être
surpris par la ferveur manifeste des religieux. Peut-être l'a-t-on
invité à participer à des prières, et peut-être ne s'est-il pas
reconnu ?
» Même son de cloche du côté du maire de Vaumoise, Germain Nicolas, pour qui il s'agit d'une malheureuse
incompréhension.« Nous cohabitons avec eux depuis vingt ans. Grâce à eux, certaines
communes désertées par les prêtres ont retrouvé un office. Les
offices de guérison existent bien, mais il ne s'agit en aucun cas de
soigner les gens par la prière. C'est appelé offices des malades et
cela a lieu une fois par trimestre environ. Les gens y viennent prier
pour ceux qui se sentent condamnés ou qui ont une maladie grave que
la médecine n'a pas réussi à guérir. Ils cherchent du réconfort,
c'est tout. D'ailleurs, que ceux qui se posent des questions sur
cette communauté viennent à leurs portes ouvertes le 16 septembre. Il
n'y a rien à cacher.
»» ([Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])



Suite aux accusations portées contre le frère Pierre-Etienne Albert,
des tensions internes se sont révélées : « On vit une sorte d'inquisition. C'est la conséquence de la
dénonciation » a déclaré cette laïque à l'AFP, regrettant que tout
le monde se renvoie la balle 
». « La vérité a ruiné notre vie, notre intégrité  » a regretté
cette femme pour qui « c'est nous qui sommes les criminels désormais
».
Muriel, qui a accompagné l'auteur des faits depuis sept ans, a estimé qu'avec
plus d'hommes courageux et des évêques avec plus de convictions,
la situation aurait été différente. «Il faut que cette histoire serve»
a souligné cette stagiaire
en cheminement pour s'engager dans la communauté présente à l'abbaye depuis 2000
»(AFP, 12 juin 2008).



Le cardinal Bernard Panafieu, archevêque
émérite de Marseille,
chargé par le Vatican d'une mission auprès des Béatitudes, fait état
de « récents évènements douloureux touchant (la) communauté »
( AFP 17 octobre 2008).



Le Conseil pontifical pour les laïcs a pour sa
part souligné « la nécessité d'aller au fond des problèmes soulevés et
d'entreprendre dès à présent un chemin de refondation spirituelle et
structurelle" et demandé que l'assemblée générale se
tienne avant novembre 2009 » ( AFP, 17 octobre 2008).



«D’un point de vue juridique, le Saint-Siège attend que chaque état
de vie soit bien « défini » au sein de la communauté : laïcs,
consacrés hommes et femmes, religieux et religieuses, familles… «
On s’oriente donc vers la
création d’un institut religieux féminin, un institut masculin, et
une association de familles, indique-t-on à Rome. Actuellement, ce
n’est pas encore le cas, ce qui suscite parfois des confusions. Nous
leur avons indiqué une issue possible, qui passe par une rénovation
de fond.
» ». « Pour l’archevêque émérite de Marseille, cette «
crise de croissance » aura permis aux Béatitudes (1 100 membres
répartis dans le monde, dont une centaine de prêtres) de « faire le
point et de réajuster (leurs) orientations », en vue d’enraciner leur
« dynamisme » dans la vie de l’Église » (La
Croix
)



Le traitement médiatique



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] démarre ainsi : « Il se
passe des choses étranges dans cette « communauté nouvelle », l'une
des plus importantes du monde catholique. Plusieurs de ses membres
dénoncent des manipulations mentales, des abus de pouvoir, voire une
entreprise de racket. Son fondateur a disparu. La justice est saisie,
et l'Église bien embarrassée
 ». Quant au fondateur : « Il a (...) une barbe vaguement
méphistophélique
 ». A aucun moment la journaliste ne semble
s'intéresser à l'avis des membres satisfaits de leur appartenance à
la communauté. L'article est construit comme ces nouvelles à frisson
dont les magazines nous gratifient en été pour nous distraire et
cela au mépris des conséquences sur les personnes qui participent
toujours à cette communauté. Ce style journalistique peut être
qualifié de "mépris social", une attitude que s'interdiraient les
rédacteurs du Nouvel Observateur... si l'on en croit la charte de
déontologie du journal.

Fidèle à son style satirique - il était difficile d'espérer mieux - [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
oriente son article sur les déviances financières de l'organisation
dont l'objet serait la « multiplication du blé ». N'importe quel
chiffre est utilisé pour démontrer l'escroquerie. Le coût d'une
formation sur 4 jours « oscille entre 400 et 800 euros », un chiffre
qui, en lui-même, a peu de chances de provoquer de réactions. Qu'à
cela ne tienne : « comme les fidèles sont priés de faire œuvre de
charité, ils versent une obole supplémentaire, en liquide ou par
chèque, mais sans mention du destinataire, s'il vous plaît... 
». Pour
s'assurer l'adhésion définitive du lecteur, le journaliste évoque une
valeur sûre d'indignation en mentionnant les pratiques thérapeutiques
alternatives du docteur Hamer qui seraient utilisées au sein de la
communauté. En l'espace de quelques lignes, des centaines de personnes
sont dévalorisées : soit en escrocs, soit en pauvres victimes
inconscientes.



Le Parisien, dans l’article de Stéphanie Forestier
du 8 août 2007, équilibre son propos par des témoignages positifs sur
la communauté. L’annonce d’une journée « portes ouvertes » dans la
communauté de Vaumoise lui inspire néanmoins ce commentaire : « on
peut s'interroger sur la discrétion affichée par la communauté, qui
ne semble pas vouloir ouvrir ses portes avant le mi-septembre ». Il
suffirait à cette journaliste de reconnaître le climat antisecte qui
règne en France pour comprendre la prudence des minorités
spirituelles vis-à-vis des médias.


S’il est naturel que les plaintes et le contexte
des affaires citées soient restitués dans la presse et à la
télévision, nous constatons une nouvelle fois que beaucoup de
journalistes se défoulent à peu de frais sur des communautés de
personnes dont ils ne connaissent presque rien, si ce n’est à travers
les témoignages de quelques plaignants. Leur traitement généralement
très partial de l’information dans les affaires dites de « sectes »
n’invite pas les groupes ainsi qualifiés à l’ouverture. Personne n'a
en effet le goût du lynchage médiatique, en particulier lorsque des
procédures judiciaires sont en cours. L'objectif de produire une information plus
équilibrée et plus respectueuse du temps judiciaire est-il un
objectif si difficile à atteindre ?



Suite aux articles
parus fin mai 2008 dans les colonnes des journaux quotidiens français
Nord Eclair et la Voix du Nord
contre la communauté, la justice a condamné en appel les deux
journaux pour diffamation publique (
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]).


La communauté des
béatitudes poursuit également le journal
Le Parsisien-Aujourd'hui en France
 pour
diffamation. Le journal vient de faire l'objet d'une ordonnance de
renvoi devant le Tribunal Correctionnel ([Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])
 





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La Communauté des Béatitudes - Une bonne volonté hélas déviée ! Empty Vidéo-reportage : "La Communautés des Béatitudes, une secte aux portes du Vatican ?"

Message  Admin le Mer 1 Aoû 2012 - 18:47

VIDÉO-REPORTAGE : "LA COMMUNAUTÉ DES BÉATITUDES, UNE SECTE AUX PORTES DU VATICAN ?"

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"Oui, mon retour est proche!
Amen, viens, Seigneur Jésus!"


Apocalypse, 22, 20


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Message  Admin le Mer 1 Aoû 2012 - 18:55

LA COMMUNAUTÉ DES BÉATITUDES COMMUNIQUE !

La communauté des Béatitudes communique :

Des émissions de télévision, la publication d'un livre et l'ouverture prochaine à Rodez du procès de Pierre-Etienne Albert, accusé de pédophilie, interpellent la Communauté des Béatitudes, alors même qu'elle est engagée, depuis plusieurs années, à la demande des autorités de l'Eglise catholique, dans un processus non seulement de clarification et d'assainissement mais de restructuration en profondeur et de refondation. La mise à jour des actes gravement coupables commis par plusieurs de ses membres, en particulier son fondateur, la conduit à aller plus avant dans la démarche de repentance et de purification de sa mémoire.

Un processus d'assainissement et de restructuration en cours

Fondée en 1973 dans l'élan du renouveau charismatique, la Communauté des Béatitudes a connu, durant ses trois premières décennies, une croissance rapide, qui l'a conduite à fonder plus de soixante dix maisons sur les cinq continents. Son dynamisme, sa ferveur, son rayonnement spirituel et apostolique, sa capacité à toucher tous les milieux, même incroyants, ont conduit les autorités ecclésiales à discerner en elle un authentique don de Dieu. En 2002, la Communauté d'alors avait été reconnue par le Saint Siège comme « association privée de fidèles de droit pontifical », avec approbation « à l'essai » de ses Statuts.

Depuis lors, sont apparus plus nettement les fragilités, les défauts, les dérives qui, sans remettre en cause la valeur d'ensemble de sa mission, ont gravement affecté sa croissance : des pratiques psycho-spirituelles mal équilibrées, une confusion dans la vie commune des différents états de vie (laïcs, consacrés), des problèmes de gouvernance, de graves délits commis par certains de ses membres. Signe certain d'un malaise profond, de nombreux membres de la Communauté, prêtres, consacrés et laïcs, l'ont quittée durant ces dix dernières années.

En 2007, le Saint Siège fixa à la Communauté un impératif de refondation spirituelle et structurelle, en lui donnant des directives précises : cesser les pratiques mélangeant le psychologique et le spirituel, mettre fin à la mixité des lieux de vie, mieux honorer les exigences propres de la vie consacrée, respecter davantage les droits et devoirs propres des laïcs, en particulier des familles, au sein de la Communauté. Depuis lors, la Communauté d'aujourd'hui s'est attachée à cesser toute activité pouvant prêter à la confusion psycho-spirituelle. Elle s'est engagée dans la redéfinition de son charisme et de ses structures, pour mieux honorer la spécificité de chaque état de vie. Ce processus a abouti à l'approbation de nouveaux statuts et à sa refondation comme « association publique de fidèles de droit diocésain », par Mgr Robert Le Gall, Archevêque de Toulouse, le 29 juin 2011.

Du fait des difficultés persistantes de gouvernance, et en particulier des divisions intérieures provoquées par ce processus de restructuration et par certaines réticences à entrer dans l'esprit des directives romaines, le Saint Siège avait nommé de façon exceptionnelle à la tête de la Communauté, en octobre 2010, un Dominicain, le P. Henry Donneaud, comme Commissaire pontifical, en remplacement du précédent gouvernement. Dans la mission du Commissaire pontifical figurent, outre l'achèvement du processus de restructuration, un travail de pacification intérieure, d'explication pédagogique du bien fondé des directives romaines, de purification des séquelles du passé et de préparation des futures instances de gouvernement que la Communauté, le moment venu, sera appelée à se donner.

La mise à jour des graves fautes commises par certains membres de la Communauté n'a pas été suscitée par la vague médiatique actuelle, car les autorités ecclésiales s'attachent à cet impératif de clarification et de refondation depuis déjà plusieurs années. Mais la Communauté, sous la forme nouvelle qu'elle a prise récemment, entend assumer toutes ses responsabilités devant l'étalage public de ces délits.

Pierre-Etienne Albert

Cet ancien frère consacré, qui n'est ni prêtre ni diacre mais fut très proche du fondateur Ephraïm, a longtemps exercé les fonctions de chantre de la Communauté. Une première plainte pour pédophilie avait été déposée contre lui en 2003, devant le tribunal d'Avranches. Elle fut alors classée sans suite. Pierre Etienne Albert s'est ensuite accusé lui-même, en 2008, de nombreux actes de pédophilie. Son procès s'ouvrira devant le Tribunal Correctionnel de Rodez, le 30 novembre prochain.

Même s'il convient de laisser la justice établir exactement les faits et leur degré de culpabilité, la Communauté reconnaît dès aujourd'hui, avec grande souffrance, que des actes très graves ont été commis, par lesquels de jeunes enfants et adolescents ont été irrémédiablement blessés au plus profond de leur personne. Elle tient à exprimer aux victimes et à leur famille sa douleur, son regret, sa honte devant de tels abus commis par celui qui était alors l'un des siens. Les responsables de la Communauté ont déjà eu l'occasion de rencontrer telle ou telle d'entre elles. Elles feront tout pour leur manifester personnellement et concrètement la proximité douloureuse de la Communauté à leur égard.

Les anciens dirigeants de la Communauté, au titre de leurs responsabilités dans le suivi communautaire de Pierre-Etienne Albert, furent mis en garde à vue, en 2008, sans que cela débouche sur aucune mise en examen. Ils sont appelés à comparaître comme témoins lors de l'audience du 30 novembre à Rodez. Si des défaillances s'avéraient établies dans la manière dont ils ont réagi devant les délits commis par Pierre-Etienne Albert au cours des années 1980 et 1990, quoique infiniment regrettables, elles doivent aussi être replacées dans le contexte général d'impréparation, voire d'aveuglement des esprits et de la société face au drame de la pédophilie avant l'affaire d'Outreau.

Par ailleurs, si les anciens communautaires qui résident toujours à l'abbaye de Bonnecombe ont quitté la Communauté, ce n'est aucunement en rétorsion, de la part de celle-ci, pour leur dénonciation du scandale de Pierre-Etienne Albert, mais en conséquence de leur refus persistant d'obtempérer à la décision prise par la Communauté, pour des raisons financières et pastorales, de fermer cette maison. Muriel Gauthier, quant à elle, n'a jamais appartenu canoniquement à la Communauté : sans dépasser le stade de postulante, elle n'y a prononcé aucun engagement, même temporaire.

Ephraïm (Gérard) Croissant

La Communauté est également conduite aujourd'hui à porter avec grande souffrance les délits commis contre la loi morale de l'Eglise par son fondateur, Ephraïm. Ce dernier a reconnu de graves manquements à son devoir d'état en matière sexuelle, en particulier avec des sœurs de la Communauté, ce qui a entraîné plusieurs d'entre elles à quitter la Communauté. Un cas concerne même une jeune fille mineure. Son prestige de fondateur charismatique, joint à la séduction de sa parole, a conduit la plupart de ces victimes à se laisse abuser par un discours prétendument mystique, couvrant de motifs spirituels de graves entorses à la morale évangélique. Ces justifications erronées d'actes délictueux ont même pu faire école dans le cercle restreint de ses proches.

Ces faits n'ont jamais été l'objet d'aucune plainte publique. Ils sont restés, hélas, trop longtemps secrets au sein d'un petit cercle. Ephraïm avait certes renoncé à toute participation au gouvernement direct de la Communauté depuis 1996. Mais c'est par intervention des autorités épiscopale et pontificale, une fois qu'elles en eurent connaissance, qu'Ephraïm a été relevé de l'exercice du ministère diaconal et poussé à quitter la Communauté en 2008.

Malgré la demande expresse qui lui fut alors faite de se retirer dans le silence d'une retraite de prière et de pénitence, Ephraïm a continué à donner des sessions, sans aucun mandat ecclésial. La Communauté émet les plus extrêmes réserves sur le contenu de ses sessions, dont elle n'est d'aucune manière partie prenante.
La Communauté a profondément honte des égarements d'Ephraïm et dit sa proximité dans l'épreuve à toutes les personnes qui ont été abusées par lui.

Philippe Madre

Beau-frère d'Ephraïm, Philippe Madre lui succéda à la tête de la Communauté comme premier modérateur général. Il avait lui aussi été ordonné diacre permanent. Suite à plusieurs plaintes déposées contre lui, une sentence de première instance de l'Officialité interdiocésaine de Toulouse de mai 2010 l'a déclaré coupable de faits moralement graves et renvoyé de l'état clérical, ce qui entraîna immédiatement son exclusion de la Communauté. Cette sentence a été confirmée par l'Officialité d'appel de Rodez, en janvier 2011. Une plainte a également été déposée contre lui au civil. D'autres témoignages ont été portés à son encontre de la part d'anciens membres de la Communauté qui ne souhaitent pas porter plainte.

La Communauté demande pardon aux personnes qui ont eu à subir de sa part des comportements abusifs dans l'exercice de l'autorité et de l'accompagnement spirituel.

Ces graves délits accomplis en son sein, - par un nombre restreint de personnes, - la Communauté des Béatitudes entend les reconnaître lucidement, avec humilité et repentance. Ils ne doivent cependant pas conduire à méconnaître, voire déconsidérer la valeur de son identité attestée par l'Eglise ni la qualité de son action spirituelle, apostolique et humanitaire, appréciées unanimement par tous les évêques qui l'accueillent dans leurs diocèses, sur les cinq continents. La Communauté déplore à cet égard les amalgames simplistes et erronés qui ne tiennent aucun compte de son évolution récente réalisée sous la conduite de l'Eglise. Elle dénonce les accusations mensongères et diffamatoires portées contre elle, en particulier lorsqu'elle se voit traitée de « secte ». Elle se remet avec confiance entre les mains de l'Eglise catholique qui a su préciser et valider son charisme, et reconnaît en elle d'authentiques fruits de vitalité, de solidarité et de témoignage évangélique.

La Communauté des Béatitudes, dans sa forme et ses statuts d'aujourd'hui, reconnaît ses erreurs passées et s'engage à tout faire, au cœur de l'Eglise et sous sa conduite, pour que de telles dérives ne se reproduisent plus.

15 novembre 2011
Le Commissaire Pontifical
et le Conseil Général
de la Communauté des Béatitudes

Cordialement dans le Christ-Roi Maitre des Nations

SOURCE :
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Dernière édition par Admin le Mer 1 Aoû 2012 - 19:24, édité 1 fois

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La Communauté des Béatitudes - Une bonne volonté hélas déviée ! Empty Re: La Communauté des Béatitudes - Une bonne volonté hélas déviée !

Message  Admin le Mer 1 Aoû 2012 - 18:57

VIDÉO-REPORTAGE : "LA COMMUNAUTÉ DES BÉATITUDES - APRÈS LE SCANDALE" !


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La Communauté des Béatitudes - Une bonne volonté hélas déviée ! Empty Les marchands d'Âmes ou les dérives thérapeutiques de la Communauté des Béatitudes !

Message  Admin le Jeu 2 Aoû 2012 - 12:50

LES MARCHANDS D'ÂMES OU LES DÉRIVES THÉRAPEUTIQUES DE LA COMMUNAUTÉ DES BÉATITUDES - 1/10 !

par Pascal MICHELENA

"J’ai mis un an et demi à me rendre compte
que j’avais été victime d’une spiritualité déstructurante."

Immergé durant trois années au cœur de la communauté des Béatitudes, un séminaire de «thérapie chrétienne» situé à la maison de Château Saint Luc, dans le Tarn, Pascal Michelena livre dans Les Marchands d’âmes publié en février 2007 aux éditions Golias (1) un témoignage fort sur son expérience au sein d’une communauté en pleine dérive sectaire qu’il complète par une analyse des processus de manipulation dont il a été la victime en compagnie de sa famille.

1 – Pourquoi avez-vous écrit ce livre ? Pour vous livrer à un exercice thérapeutique ou délivrer un message d’alerte ?

Quand j’ai commencé à écrire, je n’avais pas comme objectif de faire un livre structuré sur la communauté de Béatitudes. J’ai mis un an et demi à me rendre compte que j’avais été victime d’une spiritualité déstructurante. Comme nous étions sortis en bons termes de Château Saint Luc (Tarn), et que nous avions décidé de nous-mêmes de poursuivre « l’intuition Saint Luc » sur le psycho-spirituel « dans le monde », je n’avais jamais mis en doute la vérité des éléments transmis tout au long de ce « séminaire thérapeutique ». Quand, j’ai dû consulter un psychiatre parce que je n’arrivais plus à travailler dans mon domaine de compétence (j’ai été magasinier pendant deux an et demi alors que je suis technicien en bureau d’études), et, plus grave, que je ne supportais plus mes enfants et que je me sentais capable de leur faire du mal, j’ai réalisé alors que je n’étais plus le même qu’avant mon entrée dans la communauté. J’étais devenu complètement introverti, mélancolique, asocial, hyper-paranoïaque, angoissé… C’est Myriam, mon épouse, qui la première m’a dit que ce n’était pas possible d’être tombé aussi bas, que l’on avait subi des dérives sectaires. J’ai compulsé avec elle toute la littérature possible sur les sectes pour arriver à la terrible conclusion que presque tous les phénomènes décrits faisaient écho à notre vécu communautaire.

C’est à partir de là que j’ai commencé à étudier le psycho-spirituel et « la guérison intérieure » avant d’élargir mon analyse à l’ensemble de la communauté des Béatitudes (les deux sont indissociables). C’est donc dans un but de compréhension et de thérapie que j’ai commencé. Toutefois, un certain nombre de personnes qui, dès le départ, se sont penchés sur mon étude m’ont encouragé à continuer plus avant, car il fallait qu’un maximum de gens puissent comprendre le phénomène : victimes, proches, familles…

En parallèle, nous avons engagé une procédure avec l’officialité de Toulouse pour obtenir réparation du préjudice que nous estimions avoir subi. La communauté a répondu par le biais d’un avocat civil, alors que nous étions entre les mains d’une ancienne secrétaire juridique à la retraite. Voyant le déséquilibre des forces, réalisant l’incapacité de l’Eglise à faire quoi que se soit, nous avons décidé de porter plainte au pénal avec le soutien de l’ADFI de Biarritz.

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La Communauté des Béatitudes - Une bonne volonté hélas déviée ! Empty Re: La Communauté des Béatitudes - Une bonne volonté hélas déviée !

Message  Admin le Jeu 2 Aoû 2012 - 12:53

LES MARCHANDS D'ÂMES OU LES DÉRIVES THÉRAPEUTIQUES DE LA COMMUNAUTÉ DES BÉATITUDES - 2/10 !

2 - Comment est-on conduit à se laisser embrigader dans ce genre de communauté ?

C’est une question bien vaste ; je préfère renvoyer au livre, qui donne la réponse je crois. Toutefois, je dirai en bref que c’est le fruit de cinq conjonctures : la beauté de la liturgie, la chaleur de la fraternité, la force du témoignage, la ferveur émotionnelle, la séduction de la spiritualité ouvertement mystique. Il y a dans le renouveau charismatique un désir de sacralisation par la beauté : la liturgie n’est pas un spectacle mais un effort particulier est fait pour « esthétiser la prière » et cela touche particulièrement les personnes habituées à la « tiédeur » de la vie paroissiale classique. De plus, la musique, les chants polyphoniques sont porteurs d’une douceur ou d’une ferveur qui ne laisse personne insensible. La communauté est un lieu d’accueil à l’image d’une famille : on se sent exister, on est écouté et il faut longtemps pour que le sortilège en vienne à s’effacer. Le témoignage est également un élément incontournable de la stratégie de séduction car il formate le vocabulaire et dogmatise le bonheur et le malheur. Je veux dire par là qu’il est bâti toujours de la même façon ; il y a un credo minimal : Dieu t’aime, Jésus sauve, tu peux être guéri. C’est à ce moment-là que l’on découvre que l’on est malade… !

Les grandes assemblées sont particulièrement efficaces pour le recrutement car le bouillonnement émotionnel qui y est créé affaiblit les capacités de chacun pour exercer sa raison et son esprit critique tout en simplifiant l’adhésion au credo minimal. De plus, ces grands rassemblements permettent à des personnes en quête de sensationnel, en recherche du divin, de se fondre dans une expérience pseudo-mystique de la foi qui fausse d’entrée de jeu une construction spirituelle véritable. L’attente de l’expérience renouvelable du contact avec le divin attire de nombreuses personnes dans la communauté, comme sympathisants ou comme communautaires, car c’est uniquement là qu’elles pourront le revivre.

Un autre aspect fondamental de l’adhésion à la communauté est le fait que plus on la fréquente plus s’imprime dans notre conscience spirituelle qu’il n’y a pas d’autre voie possible pour un chrétien que l’engagement dans la radicalité et surtout celle prophétique de la communauté. En dehors de la communauté, point de salut !

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