Le prix à payer
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Le prix à payer

Message  Invité le Mar 18 Mai 2010 - 8:15

(Vincent, le 17 mai 2010) J’aimerais vous parler d’un livre qui m’a particulièrement enthousiasmé. Il s’agit du livre « Le prix à payer » racontant l’histoire mouvementé de la conversion d’un musulman chiite irakien, de ses problèmes et de sa fuite, avec sa femme (aussi convertie) et leurs enfants.

Après avoir lu un article dans l’hebdomadaire « Famille chrétienne », j’ai voulu l’acheter, mais j’ai dû attendre plusieurs semaines car les magasins étaient tous en rupture de stock, il faut dire que l’article rendait ce livre très attrayant… et bien effectivement, il l’est.

Outre le parcours de foi de ce musulman de bonne famille, on en apprend beaucoup sur l’Islam, la société irakienne, les usages dans les familles aristo-bourgoises, la vie de caserne, on fait même un tour dans les prisons de Saddam Hussein. On en apprend également sur les rapports entre chrétiens et musulmans en Irak et en Jordanie. Bref, une fois plongé dans cet ouvrage où l’auteur frôle la mort à plusieurs reprises, on doit se forcer de faire des pauses tellement on aimerait tout lire d’un coup.

En résumé, ils ont vécu la phrase des évangiles (Luc 21, 16) « Vous serez livrés même par vos parents, par vos frères, par vos proches et par vos amis, (…)

Voici un extrait du livre « Le prix à payer” de Joseph Fadelle - pages 54-55 - Avec l’autorisation des Editions de L’œuvre


(…) Ce que mon père ne sait pas, c'est que, de mon côté, je n'ai qu'une idée en tête : partir de chez moi au plus vite, pour pouvoir vivre ma foi au grand jour. Je n'éprouve aucune envie de fonder un foyer ici, de succéder à mon père comme nouveau chef du clan, quand bien même j'obtiendrais ainsi le pouvoir absolu sur ma famille, accompagné de privilèges et richesses innombrables...

Au début de l'année 1992, je suis donc loin d'imaginer ce qui m'attend lorsque je me rends dans la grande salle, juste avant le déjeuner, convoqué par mon père:
- Mon fils, j'ai une grande nouvelle à t'annoncer: je t'ai trouvé une fiancée
Abasourdi, je bredouille une objection, en ayant peine à articuler trois mots
- Mais... Je n'ai pas tellement envie de me marier pour l'instant...
- Ttt ! De toute façon j'ai déjà payé la dot, al-mahr, et surtout j'ai donné ma parole à la famille, donc c'est maintenant mon propre honneur qui est en jeu: il n'est pas question que tu refuses.

Ainsi, me voici acculé, sans aucune possibilité de m'échapper. Si je recule, cela sera considéré comme une insulte par la belle-famille, et provoquera sûrement un conflit grave entre les deux clans. D'un autre côté, il est absolument imaginable que j'avoue à mon père la véritable raison pour laquelle je ne veux pas me marier.


Devant ma mine décomposée, mon père ajoute cependant avec un sourire entendu, destiné à me convaincre : «Ecoute, je t'ai choisi cette femme parce que c'est bien pour la famille, mais si tu veux en prendre une autre, tu fais ce que tu veux ! Tu n'auras qu'à prendre celle-ci comme un meuble dans ta chambre... »

Pour clore la discussion, il précise, d'un air impératif, qu'il a déjà tout organisé : je suis officiellement fiancé depuis un mois, les deux familles se sont entendues, sans aucun souci de nous informer, ma fiancée et moi. A cette occasion, me raconte fièrement mon père, ils ont offert un luxe de bijoux et de produits de beauté, conformément à la tradition, pour que la mariée soit belle le jour des noces. Lesquelles auront lieu.., dans une semaine.

Blême de rage, mais impuissant, il ne me reste qu'à me soumettre à cette parodie de mariage. Durant les quelques journées qui précédent l'événement, j'assiste en spectateur, sans joie, aux préparatifs de la fête où je serai au centre de tous les regards. Je me sens d'une tristesse à fendre les pierres, emmuré dans ma solitude sans pouvoir me confier à quiconque... Le comble est que je n'ai même pas l'autorisation de voir à quoi ressemble ma future femme!


Le jour venu, on me conduit, tel un automate, d'abord chez les sunnites qui tiennent les tribunaux civils. C'est là que j'aperçois pour la première fois ma future épouse, Anouar. C'est une belle femme souriante de 24 ans, aux yeux et aux cheveux noirs.

Elle semble très timide, n'osant pas lever les yeux sur moi. Anouar paraît également troublée par les questions du juge du tribunal coranique, qui lui demande très vulgairement si elle accepte l'acte sexuel, pour constituer le contrat de mariage. La mariée devient toute rouge. J'en suis confus pour elle. Sa réponse tarde, au point que le juge se voit obligé de répéter sa question. La confusion grandit, et un «oui » plein de honte sort enfin de sa bouche.
Puis nous nous rendons devant le cheikh, comme le veut la tradition chiite. La cérémonie religieuse, al-Zaffeh, a lieu au nord de Bagdad, dans le grand mausolée de l'imam Moussa al-Khadim, (…)


Suggestion de Vincent, apparitions mariales
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