A BETHLEEM DE GALILEE
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A BETHLEEM DE GALILEE

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A BETHLEEM DE GALILEE

Message  Invité le Sam 14 Jan 2012 - 12:44

A BETHLEEM DE GALILEE
(Maria Valtorta, tome 4, chapitre 110, pages 141/153)
Contrairement aux envois précédents, qui se limitaient aux passages où Jésus donnait son enseignement, ce dernier reprend, à titre d'essai, dans sa totalité, le texte de tout le chapitre du livre.
Merci d'avance à ceux et celles qui voudront bien me donner leur avis sur cette nouvelle présentation de l'Oeuvre de Maria Valtorta.
Les paroles de Jésus sont en gras et de couleur indigo, celles de Marie en gras et en bleu. Le reste est en noir avec des caractères gras ou normaux.


C'est le soir quand ils arrivent à Bethléem de Galilée. On comprend que c'est la destinée des villes qui portent ce nom de s'étendre sur des collines ondulées, entourées de verdure, de bois, de prairies sur lesquels paissent les troupeaux qui descendent vers les bercails pour la nuit.
Le ciel est rouge, reste d'un crépuscule puissant qui s'achève. L'atmosphère est pleine de la musique pastorale des cloches et des bêlements tremblants auxquels s'unissent les cris joyeux des enfants qui jouent et les voix de leurs mères qui les appellent.

«Judas de Simon, va avec Simon chercher un logement pour nous et les femmes. L'auberge est au centre du pays et nous vous rejoindrons là.»

Alors que Judas et le Zélote obéissent, Jésus se tourne vers la Mère et dit :
«Cette fois ce ne sera pas comme à l'autre Bethléem. Tu trouveras où te reposer, ma Mère. Il n’y a pas beaucoup de voyageurs en cette saison et il n'y a pas d'édit.»

«En cette saison, il serait même agréable de dormir dans les prés ou au milieu de ces bergers, parmi les agneaux»
et Marie sourit à son Fils et sourit à des pastoureaux curieux qui la regardent fixement. Elle sourit de telle manière que l'un d'eux donne un coup de coude à un autre et lui dit tout bas : «Ce ne peut être qu'Elle» et il s'avance, sûr de lui, en disant: «Je te salue, Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est-il avec toi ?» Marie répond par un sourire encore plus doux :«Voilà le Seigneur» et elle montre Jésus qui s'est retourné pour parler avec ses cousins, en les chargeant de donner des oboles aux pauvres qui s'approchent avec des demandes plaintives. Et la Mère touche légèrement son Fils en Lui disant :
«Mon Fils, ces pastoureaux te cherchent et ils m'ont reconnue, je ne sais comment...»

«Sûrement qu'Isaac est passé par ici en y laissant le parfum de la révélation. Garçon, viens ici.»

Le pastoureau, un brunet d'environ douze-quatorze ans, robuste malgré sa maigreur, aux yeux noirs très vifs, aux cheveux qui retombent en une tignasse d'ébène, enveloppé dans sa peau de brebis -il me semble une copie du jeune Précurseur- s'approche de Jésus, avec un sourire de bonheur, comme fasciné.

«La paix à toi, enfant, comment as-tu reconnu Marie ?»

«Parce que seule la Mère du Sauveur pouvait avoir ce sourire et ce visage.
On m'a dit : "Un visage d'ange, des yeux comme des étoiles
et un sourire qui est plus doux que le baiser d'une mère,
doux comme son nom Marie,
saint au point de pouvoir se pencher sur le Dieu nouveau-né".

J'ai vu cela en Elle et je l'ai saluée parce que je te cherchais. Nous te cherchions, Seigneur, et... je n'osais pas te saluer Toi, en premier.»

«Qui t'a parlé de nous ?»
«Isaac de l'autre Bethléem. Il nous a promis de nous amener vers Toi à l'automne.»
«Isaac est venu ici ?»
«Il est encore dans ces contrées, avec tant de disciples. Mais à nous, bergers, c'est lui qui a parlé. Et nous avons cru à sa parole. Seigneur, permets-nous aussi de t'adorer comme nos compagnons de la nuit bienheureuse» et, tout en s'agenouillant dans la poussière du chemin, il lance un cri aux autres bergers qui ont arrêté le troupeau aux portes de la cité (portes, c'est une façon de dire car cette cité n'a pas de murs) là où Jésus aussi s'était arrêté pour attendre les femmes et entrer avec elles dans le pays.
Le pastoureau crie :

«Père, frères et amis, nous avons trouvé le Seigneur.
Venez et adorons.»

Les bergers viennent se grouper avec leur troupeau auprès de Jésus et le prient de ne pas aller ailleurs, mais d'accepter leur pauvre maison, qui n'est pas éloignée, pour y habiter avec ses amis.
«Il y a un grand bercail» expliquent-ils «puisque Dieu nous protège, et il y a des pièces et des portiques pleins de foin odorant. Les pièces pour la Mère et ses soeurs, puisque ce sont des femmes, mais il y en a une aussi pour Toi. Les autres peuvent dormir avec nous sur le foin, sous les portiques.»
«Moi aussi, je resterai avec vous et ce sera pour Moi un plus doux repos que si je dormais dans l'appartement d'un roi. Mais allons d'abord prévenir Judas et Simon.»

«J'y vais, moi, Maître» dit Pierre et il s'en va avec Jacques de Zébédée.
Ils s'arrêtent sur le bord de la route, en attendant le retour des quatre apôtres.
Les bergers regardent Jésus comme si c'était déjà Dieu dans sa gloire. Et les plus jeunes sont réellement bienheureux et semblent vouloir s'imprimer dans l'esprit tous détails sur Jésus et sur Marie qui s'est penchée pour caresser des agneaux, venus frotter leurs museaux en bêlant contre ses genoux.

«Il y en avait un, dans la maison d'Elisabeth ma parente, qui léchait mes tresses toutes les fois qu'il me voyait. Je l'appelais : ami, car il était vraiment pour moi un ami comme un enfant et, dès qu'il le pouvait, il courait vers moi. Celui-ci me le rappelle tout à fait, avec ses yeux de deux couleurs. Ne le tuez pas ! L'autre aussi, on le laissa vivre à cause de son amour pour moi.»

«C'est une agnelle, Femme, et nous voulions la vendre parce qu'elle a des yeux de deux couleurs et je crois que d'un oeil elle y voit peu. Mais nous la garderons si tu veux.»
«Oh ! oui ! Je voudrais bien que jamais on ne tue un agneau... Ils sont tellement innocents et leur voix est une voix d'enfant qui appelle la mère. Il me semble qu'on tue un enfant en tuant un de ceux-ci.»

«Mais alors, Femme, il n'y aurait plus de place pour nous sur la terre si tous les agneaux restaient en vie» dit le berger le plus âgé.

«Je le sais. Mais je pense à leur douleur et à celle des brebis, leurs mères. Elles pleurent tant quand on leur enlève leurs petits. Elles semblent vraiment des mères, comme nous. Et moi, je ne peux voir souffrir personne, mais j'éprouve un déchirement pour une mère ainsi déchirée. C'est une douleur différente de toute autre, car pour nous se déchirent non seulement le coeur et le cerveau par le choc de la mort d'un enfant, mais jusqu'à nos entrailles. Nous, les mères, restons unies à notre enfant, toujours. Et c'est nous déchirer complètement que de nous l'enlever.»

Marie ne sourit plus, mais une larme brille dans son oeil bleu et elle regarde Jésus qui L'écoute et la regarde et elle Lui met une main sur le bras, comme si elle craignait qu'on fût sur le point de l'arracher à son côté
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AU SECOURS D'UN INNOCENT

Message  Invité le Sam 14 Jan 2012 - 13:30

Sur la route poussiéreuse arrive un petit groupe de gens armés : six hommes accompagnés de gens qui poussent des cris. Les bergers regardent et parlent entre eux à voix basse. Puis, ils regardent Marie et Jésus. Le plus âgé parle: «Heureusement que tu n'entres pas à Bethléem ce soir.»
«Pourquoi ?»
«Parce que ces gens, qui viennent de passer et qui entrent dans la cité, y vont pour arracher un fils à une mère.»
«Oh ! mais pourquoi?» « Pour le tuer.» « Oh ! non ! Qu'a-t-il fait ?»

Jésus aussi le demande et les apôtres s'approchent pour écouter.
«On a trouvé, tué sur le chemin de la montagne, le riche Joël. Il revenait de Sicaminon avec beaucoup d'argent. Mais ce n'étaient pas des voleurs car l'argent était encore sur le mort. Le serviteur qui l'accompagnait a dit que son maître lui avait dit de courir en avant pour prévenir de son retour, et sur la route, se dirigeant vers le lieu où fut commis l'homicide, il vit seul le jeune homme que l'on va tuer. Deux hommes du pays, ensuite, jurent qu'ils l'ont vu attaquer Joël. Maintenant les parents du mort exigent la mort du jeune homme. Et s'il est homicide...»
« Tu ne le crois pas ? »
« Cela ne me paraît pas possible. Le jeune est un peu plus âgé qu'un adolescent. Il est bon. Il vit toujours avec sa mère dont il est le fils unique, et elle est veuve, une sainte veuve. Il ne manque pas de ressources, il ne pense pas aux femmes. Il n'est pas querelleur, il n'est pas fou. Pourquoi alors a-t-il tué ?»

«Mais il a peut-être des ennemis ?»
« Qui ? Joël qui est mort ou Abel, l’accusé ? »
«L'accusé.»
«Ah! Je ne saurais... Mais... Je ne saurais.»
«Sois franc homme.»
«Seigneur, c'est une chose que je pense, et Isaac nous a dit de ne pas penser du mal du prochain.»
«Mais on doit avoir le courage de parler pour sauver un innocent.» «
Si je parle, que j'aie raison ou tort, je devrai m'enfuir d'ici parce que Aser et Jacob sont puissants.»
«Parle sans crainte. Tu ne seras pas contraint de fuir.»
«Seigneur, la mère d'Abel est belle, jeune et sage. Aser n'est pas sage, ni non plus Jacob. Au premier, la veuve plaît, et au second... le pays sait que le second est un coucou dans le ménage de Joël. Je pense que...»
«J'ai compris. Allons, amis. Vous, les femmes, restez donc avec les bergers. Je reviendrai bientôt.»

«Non, Fils. Je viens avec Toi.»
Jésus s'en va rapidement vers le centre de la cité. Les bergers restent indécis, mais ensuite ils laissent le troupeau aux plus jeunes qui restent avec toutes les femmes, sauf la Mère et Marie d'Alphée qui suivent Jésus et se hâtent de rejoindre le groupe apostolique.
A la troisième rue qui coupe la voie principale de Bethléem, ils rencontrent l'Iscariote, Simon, Pierre et Jacques qui arrivent en gesticulant et en criant.
«Quelle affaire, Maître! Quelle affaire ! Et quelle peine !» dit Pierre bouleversé.
«Un fils enlevé de force à sa mère pour qu'on le tue. Elle le défend comme une hyène. Mais c'est une femme contre des gens armés.» ajoute Simon le Zélote.
«Elle saigne déjà de partout» dit l'Iscariote.
«Ils ont défoncé sa porte car elle s'était barricadée dans sa maison» termine Jacques de Zébédée.

«Je vais la trouver.»

«Oh! oui ! Toi seul peux la consoler.»
C'est un bel adolescent, grand et élancé, aux yeux noirs et doux, aux cheveux noir foncés, légèrement frisés. Son vêtement déchiré laisse voir son corps souple et jeune presque comme celui d'un enfant.
Ils tournent à droite, puis à gauche vers le centre du pays. Déjà, on voit l'attroupement tumultueux qui s'agite et se presse près de la maison d 'Abel, et les cris d'une femme, déchirants, inhumains, féroces, en même temps que pitoyables, arrivent jusqu'ici.
Jésus se hâte en arrivant sur une place minuscule, un élargissement de la rue plutôt qu'une place, où le tumulte est à son comble.
La femme dispute encore son fils aux gardes. Elle s'accroche d'une main qui est devenue une griffe de fer aux débris de la porte abattue et de l'autre reste attachée à la ceinture de son fils. Si quelqu'un cherche à l'en séparer elle le mord férocement, insensible aux coups qu'elle reçoit et à la souffrance des cheveux qu'on lui tire d'une manière si féroce qui amène sa tête en arrière. Et, quand elle ne mord pas, elle crie : «Lâchez-le ! Assassins ! Il est innocent ! La nuit du meurtre de Joël il était au lit près de moi ! Assassins ! Assassins! Calomniateurs ! Immondes ! Parjures !»
Le jeune garçon, saisi aux épaules par ceux qui veulent l'enlever, traîné par les bras, se retourne, le visage bouleversé et crie : «Maman ! Maman, pourquoi dois-je mourir si je n'ai rien fait ?»
Jésus, aidé par ceux qui l'accompagnent, fend la foule compacte et se fraie un chemin jusqu'au groupe pitoyable juste au moment où la femme, à bout de forces, a été arrachée à la porte et traînée comme un sac lié au corps de son fils sur les pierres du chemin. Mais cela dure pendant quelques mètres seulement. Un coup plus violent arrache la main de la mère à la ceinture du fils et la femme tombe en avant, en frappant durement son visage contre le sol et en saignant encore davantage. Mais tout de suite elle se redresse sur les genoux, en tendant les bras pendant que le fils, qu'on emporte rapidement autant que le permet la foule qui s'écarte difficilement, libère son bras gauche et l'agite en se tordant en arrière et en criant :

«Maman ! Adieu ! Rappelle-toi, toi au moins, que je suis innocent !»
La femme le regarde avec des yeux de folle, et puis tombe à terre, évanouie.
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Le jugement de Jésus

Message  Invité le Sam 14 Jan 2012 - 13:50

Jésus se présente devant le groupe des gardes :
«Arrêtez-vous un moment. Je vous l'ordonne !» et son visage ne souffre pas de réplique.
«Qui es-tu ?» demande, agressif, un citadin du groupe. «Nous ne te connaissons pas. Ecarte-toi et laisse-nous aller pour qu'il soit tué avant que la nuit arrive.»

«Je suis un Rabbi. Le plus grand. Au nom de Jéhovah, arrêtez-vous ou Dieu vous foudroiera.»

A ce moment, il semble que Lui va les foudroyer.
« Qui est témoin contre celui-ci ?»
«Moi, lui et lui» répond celui qui a parlé le premier.
«Votre témoignage n'est pas valable parce qu'il n'est pas vrai.»
«Et pourquoi peux-tu le dire ? Nous sommes prêts à le jurer.»
« Votre serment est un péché.»
« Nous, pécher ? Nous ?»
«Vous. De même que vous couvez la luxure, que vous nourrissez la haine, que vous êtes avides des richesses, que vous êtes homicides, vous êtes également parjures. Vous vous êtes vendus à l'Impureté. Vous êtes capables d'accomplir n'importe quelle infamie.»

« Fais attention à tes paroles. Je suis Aser...» !!
« Et Moi, je suis Jésus.»
«Tu n'es pas d'ici. Tu n'es pas prêtre, ni juge. Tu n'es rien. Tu es l'étranger.»
«Oui, je suis l'Etranger car la Terre n'est pas mon Royaume. Mais je suis Juge et Prêtre. Non seulement de cette petite portion d'Israël, mais de tout Israël et du monde entier.»

«AlIons, allons ! Nous n'avons affaire avec un fou» dit l'autre témoin et il pousse Jésus pour l'écarter.
«Tu ne feras pas un pas de plus» tonne Jésus en le regardant d'un regard de miracle qui subjugue et paralyse, comme il rend la vie et la joie quand il le veut.

«Tu ne fais pas un pas de plus. Tu ne crois pas à ce que je dis ? Eh bien, alors, regarde. Ici, il n'y a pas la poussière du Temple, ni son eau, et il n'y a pas de paroles écrites avec de l'encre pour rendre très amère l'eau qui est le jugement pour la jalousie et l'adultère. Mais ici, il y a Moi. Et c'est Moi qui rends le jugement.»
La voix de Jésus est une sonnerie de trompette tant elle est pénétrante.
Les gens se bousculent pour voir. Seules Marie très Sainte et Marie d'Alphée sont restées pour secourir la mère évanouie.
« Et voici comment je juge. Donnez-moi une pincée de la poussière de la route et une goutte d'eau dans un vase. Et pendant qu'on me les donne, vous les accusateurs, et toi l'accusé, répondez; moi. Es-tu innocent, fils ?

«Dis-le avec sincérité à Celui qui est pour toi le Sauveur. » "
« Je le suis, Seigneur. »
« Aser, peux-tu jurer n'avoir dit que la vérité ? »
« Je le jure. Je n'aurais pas de raison de mentir. Je le jure par l'autel. Que descende du Ciel une flamme qui me brûle si je ne dis pas la vérité. »
«Jacob, peux-tu jurer que tu es sincère dans l'accusation et sans un motif secret qui te pousse à mentir ?»

« Je le jure par Jéhovah. Seul l'amour pour mon ami assassiné me pousse à parler. Avec celui-ci, je n'ai rien de personnel.»
«Et toi, serviteur, peux-tu jurer d'avoir dit la vérité ?»
«Je le jure mille fois, s'il le faut ! Mon maître ! Mon pauvre maître !» et il pleure en cachant sa tête avec son manteau.

« C'est bien. Voici l'eau et voici la poussière. Et voici la parole : "Toi, Père Saint et Dieu Très-Haut, accomplis par mon intermédiaire le jugement de vérité pour que vie et honneur soient rendus à l'innocent et à sa mère désolée, et un juste châtiment à qui n'est pas innocent. Mais, pour la grâce que j'ai à tes yeux, ni flamme ni mort, mais qu'une longue expiation arrive à ceux qui ont commis le péché".»

Il dit ces paroles en tenant les mains étendues sur le vase comme fait le prêtre pendant la Messe, à l'offertoire. Puis il plonge sa main droite dans le vase et de sa main mouillée il asperge les quatre qui sont soumis au jugement et leur fait boire une gorgée de cette eau, d'abord au jeune homme, puis aux trois autres.
Ensuite il croise les bras sur sa poitrine et les regarde. La foule aussi regarde et après un moment pousse un cri et se jette le visage contre terre. Alors les quatre qui étaient alignés se regardent entre eux et crient à leur tour.

Le premier, le jeune homme, crie de stupeur, les autres d'horreur, car ils voient leurs visages couverts d'une lèpre subite, alors que le jeune homme en est indemne.
Le serviteur se jette aux pieds de Jésus qui s'écarte comme tout le monde, y compris les soldats, et il s'écarte en prenant par la main le jeune Abel pour qu'il ne se contamine pas près des trois lépreux.
Et le serviteur crie : « Non ! Non ! Pardon ! Je suis lépreux ! Ce sont eux qui m'ont payé pour retarder le maître jusqu'au soir pour le frapper sur le chemin désert. Ils m'ont fait exprès déferrer la mule. Ils m'ont appris à mentir en disant que j'étais venu en avant. Au contraire, j'étais avec eux pour le tuer et je dis aussi pourquoi ils l'ont fait. Parce que Joël s'était aperçu que Jacob aimait sa jeune femme et parce que Aser voulait la mère d'Abel et qu'elle le repoussait. Ils se sont mis d'accord pour se débarrasser en même temps de Joël et d'Abel et jouir des femmes. J'ai parlé. Enlève-moi la lèpre, enlève-la-moi ! Abel, tu es bon, prie pour moi !»
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Abel désirait suivre Jésus et Jésus l'accepte. Myrta, la maman, fait de même.

Message  Invité le Sam 14 Jan 2012 - 15:14

«Toi, va auprès de ta mère. Qu'en sortant de son évanouissement elle voie ton visage et revienne à une vie tranquille.

Et vous... A vous je devrais dire : "Qu'il vous soit fait ce que vous avez fait". Et ce serait humaine justice. Mais je vous livre à une expiation surhumaine. La lèpre, dont vous êtes horrifiés, vous préserve d'être saisis et tués comme vous le méritez. Peuple de Bethléem, écartez-vous, ouvrez-vous comme les eaux de la mer pour les laisser aller à leur longue galère. Galère terrible ! Plus atroce qu'une mort immédiate. Et c'est une pitié de Dieu pour leur donner possibilité de se repentir, s'ils le veulent. Allez !»

La foule se colle aux murs pour laisser libre le milieu du chemin. Les trois, recouverts de la lèpre comme s'ils étaient malades depuis des années, s'en vont, l'un derrière l'autre, vers la montagne. Dans le silence du crépuscule qui descend et qui a fait taire toutes les voix d'oiseaux et de quadrupèdes, on n'entend que leurs pleurs.


«Purifiez le chemin avec quantité d'eau après y avoir allumé le feu. Et vous, soldats, allez rapporter que justice est faite et faite selon la plus parfaite loi mosaïque.»

Jésus se dispose à aller où sa Mère et Marie d'Alphée continuent de secourir la femme qui revient lentement à elle, pendant que son fils caresse ses mains glacées et les baise. Mais les gens de Bethléem, avec un respect mêlé de crainte, le prient : «Parle-nous, Seigneur. Tu es réellement puissant. Tu es certainement Celui dont a parlé l'homme qui en passant par ici a annoncé le Messie.»
«Je parlerai à la nuit, près du bercail des bergers. Pour l'instant, je vais aider la mère à se rétablir.»

Et il va trouver la femme qui est assise sur les genoux de Marie d 'Alphée. Elle se remet de plus en plus en regardant le visage affectueux de Marie qui lui sourit. Elle ne se rend pas bien compte jusqu'au moment où elle dirige son regard sur la chevelure d'ébène de son fils qui est penché sur ses mains tremblantes et elle demande : «Je suis morte, moi aussi ? Ce sont les Limbes ? »
«Non, femme, c'est la Terre et celui-ci est ton fils, sauvé de la mort. Et Celui-là, c'est Jésus, mon Fils, le Sauveur.»

La femme a un premier mouvement, bien humain. Elle rassemble ses forces et s'avance pour prendre la tête inclinée de son enfant. Elle le voit sain et sauf, l'embrasse avec frénésie, pleurant, riant, retrouvant tous les noms qu'elle lui donnait quand il était petit pour lui dire sa joie.

«Oui, maman, oui. Mais maintenant, regarde, non pas moi,
mais Lui. Lui qui m'a sauvé. Bénis le Seigneur.»

La femme, encore trop faible pour se lever ou pour se mettre à genoux, tend ses mains qui tremblent et saignent encore. Elle prend la main de Jésus en la couvrant de baisers et de larmes.
Jésus lui met sa main gauche sur la tête, en lui disant :

«Sois heureuse, en paix et sois toujours bonne. Et toi aussi, Abel.»
« Non, mon Seigneur. Ma vie et celle de mon fils sont à Toi parce que tu les as sauvées. Permets-lui d'aller avec les disciples, comme déjà il le désirait depuis qu'ils sont venus ici. Je te le donne avec tant de joie et je te prie de permettre que moi je le suive pour le servir et servir les serviteurs de Dieu.»

« Et ta maison ?»
« Oh ! Seigneur! Est-ce que quelqu’un qui renaît à la vie peut avoir les sentiments qu'il avait avant de mourir ? Par Toi, Mirta est sortie de la mort et de l'enfer. Dans ce pays, je pourrais arriver à haïr ceux qui m'ont torturée dans mon enfant. Et tu prêches l'amour, je le sais. Permets donc à la pauvre Mirta d'aimer le Seul qui mérite l'amour, sa mission, ses serviteurs. Maintenant, je suis encore épuisée et ne pourrais te suivre. Mais, dès que je le pourrai, permets-le moi Seigneur. Je serai à ta suite et près de mon Abel...»
« Tu suivras ton fils, et Moi avec lui. Sois heureuse. Sois en paix, maintenant. Avec ma paix. Adieu.»

Et, pendant que la femme soutenue par son fils et quelques pieuses personnes rentre à la maison, Jésus, avec les bergers, les apôtres, la Mère et Marie d ' Alphée, sort du pays pour se rendre ensuite au bercail situé à l'extrémité d'une rue qui débouche dans les champs...
..Un grand feu a été allumé pour éclairer la réunion. Assis en demi-cercle dans les champs, un grand nombre de gens attendent que Jésus vienne parler. En attendant, ils parlent des événements du jour. Abel aussi est là avec beaucoup de gens qui se félicitent en disant que tous croyaient à son innocence.
« Mais, vous étiez prêts à me tuer, pourtant.! Même toi qui m’avais salué à la porte de ma maison, à l'heure où on tuait Joël» ne peut se retenir de répondre le jeune homme. Et il ajoute :

« Mais moi, je te pardonne au nom de Jésus.»
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Jésus parle aux gens de Bethléem de Galilée.

Message  Invité le Sam 14 Jan 2012 - 15:37

Voilà que Jésus vient du bercail vers eux. Grand, vêtu de blanc; entouré par les apôtres, suivi par les bergers et les femmes.

« La paix à vous tous.
Si ma venue a servi à instaurer le Règne de Dieu parmi vous, que béni soit le Seigneur.
Si ma venue a servi à faire éclater une innocence, que béni soit le Seigneur.
Si le fait d'être arrivé à temps pour empêcher un crime sert aussi à donner à trois coupables un moyen de se racheter, que béni soit le Seigneur.

Maintenant cette journée nous incite à méditer un grand nombre de choses. Nous les méditerons pendant que la nuit descend pour envelopper de ténèbres la joie de deux coeurs et le remords de trois autres. Dans ses ténèbres, elle voile comme sous un voile pudique les larmes joyeuses des premiers et les larmes brûlantes des autres, que cependant Dieu voit. Entre toutes ces choses, il y a cette tendance à considérer comme nul et inutile ce que Dieu a donné par la Loi.

La Loi donnée par Dieu est théoriquement très observée
en Israël, mais réellement elle ne l'est pas.

La Loi est là, analysée, disséquée, mise en morceaux au point de la faire mourir par des tortures subtiles. Elle est là. Mais comme un cadavre momifié, elle est sans vie, sans respiration, sans circulation de sang bien qu'elle ait l'apparence de quelqu'un que le sommeil a immobilisé, ainsi la Loi n'a ni vie, ni respiration, ni sang en trop, trop, trop de coeurs. Sur une momie, on s'assoit comme sur un tabouret, sur une momie on peut poser des objets, des vêtements, même des ordures si on veut, et elle ne se révolte pas parce qu'elle n'a pas de vie. Ainsi trop de gens font de la Loi un tabouret, un appui, une décharge pour leurs ordures, certains qu'elle ne se révolte pas en leur conscience parce que, pour eux, elle est morte.

Je pourrais comparer une grande partie d'Israël aux forêts pétrifiées que l'on voit çà et là dans la vallée du Nil et dans le désert de l'Egypte. C'étaient des bois et des bois de plantes vivantes, nourries par la sève bruissant au soleil, couvertes de beaux feuillages, de fleurs, de fruits. Elles faisaient du lieu où elles avaient grandi un petit paradis terrestre, chers aux hommes et aux animaux qui oubliaient l'aridité désolée du désert, la soif ardente que le sable donne à l'homme par sa poussière brûlante qui pénètre dans la gorge. Ils oubliaient le soleil impitoyable qui, en peu de temps, calcifie les cadavres en les décharnant, en consumant les chairs en poussière, et en laissant couchés dans les vagues des sables, des squelettes et encore des squelettes polis comme par un ouvrier soigneux. Ils oubliaient tout sous cette ombre verte, bruissant, riche en eau et en fruits qui restauraient, consolaient, redonnaient du courage pour de nouveaux parcours.

Puis, pour une cause inconnue, comme des choses maudites, elles se sont non seulement desséchées comme font les arbres qui, bien que morts, servent encore à faire du feu dans les foyers de l'homme ou des braisiers pour éclairer la nuit, éloigner les fauves et chasser l'humidité de la nuit pour les voyageurs éloignés des pays. Mais ces arbres n'ont pas servi comme bois. Ils sont devenus de la pierre. De la pierre. La silice du sol semble, par un sortilège, être montée des racines, au tronc, aux branches, au feuillage. Puis les vents ont brisé les branches les plus faibles, devenues semblables a de l'albâtre qui est, à la fois, dur et mou. Mais les branches, les plus grosses, sont là, sur leurs troncs puissants pour tromper les caravanes fatiguées, qui sous les reflets éblouissants du soleil ou sous la lumière spectrale de la lune, voient se profiler les ombres des troncs qui se dressent sur les plaines ou dans le fond des vallées qui ne voient l'eau qu'aux époques des crues fécondes, cherchant avec angoisse un refuge, de quoi se .restaurer, un puits, des fruits frais et, les yeux fatigués par le reflet du soleil sur les sables sans rien qui en abrite, les caravaniers se précipitent vers les forêts fantômes. De vrais fantômes ! Apparences illusoires de corps vivants, présence réelle de choses mortes.

Je les ai vues. J'en ai gardé le souvenir, bien que je fusse seulement un peu plus grand qu'un tout petit, comme d'une des plus tristes choses de la Terre. C'est ainsi qu'elles m'étaient apparues tant que je n'ai pas eu touché, mesuré, pesé les choses de la Terre qui sont totalement tristes parce qu'elles sont complètement mortes. Les choses immatérielles, c'est-à-dire les vertus et les âmes mortes. Les premières, mortes dans les âmes, mortes les âmes parce qu'elles se sont tuées.

La Loi est en Israël, mais elle y est comme les arbres pétrifiés dans le désert : devenue silice. Morte. Cause d'erreur, objet destiné à se corroder sans utilité. Objets nuisibles même comme les arbres pétrifiés parce qu'ils créent des mirages qui attirent en éloignant des vraies oasis, en faisant mourir de faim, de soif, de désolation, en attirant vers leur mort. Choses mortes qui en attirent d'autres à la mort, comme on lit dans certains récits de mythes païens.

Aujourd'hui, vous avez eu un exemple de ce que c'est qu'une Loi
réduite à l'état de pierre dans une âme devenue elle aussi de pierre.
C'est la source de toutes sortes de péchés et de malheurs.

Que cela vous serve à savoir vivre et à savoir faire vivre la Loi en vous,
dans son intégrité que Moi j'éclaire
par des lumières de miséricorde.

La nuit est profonde. Les étoiles nous regardent, et Dieu avec elles. Levez votre regard vers le ciel étoilé et élevez votre esprit vers Dieu. Et sans critiquer les malheureux déjà punis par Dieu, sans orgueil pour n'avoir pas leur péché, promettez à Dieu et à vous mêmes de ne pas tomber dans l'aridité des plantes maudites des déserts et des vallées d'Egypte.
La paix soit avec vous.»

Il les bénit, et puis se retire dans la vaste enceinte du bercail entouré de portiques rustiques sous lesquels les bergers ont étendu une bonne couche de foin pour servir de lit aux serviteurs du Seigneur.
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